Histoire des rois et des ducs de Bretagne par Prudence Guillaume, baron de Roujoux. 383-825AD in Book 1-3 (not 4)

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PREFACE

C'est une grande témérité que d'entreprendre d'écrire l'histoire. Les travaux qui tendent à produire une narration suivie et complète exigent autant d'activité que de constance; et, cependant, lorsque par de longues et fastidieuses recherches, on s'est rendu maître des matériaux nécessaires, et que l'on croit les avoir disposés convenablement, on ne donne encore au public qu'une vérité d'emprunt. On engage envers lui sa parole, sur celle d'un auteur qui, peut-être, ne méritait aucune confiance, suides faits rapportés par des gens inconnus; on devient le garant de leurs pensées, de leurs conjectures; tandis qu'à peine oserait-on soi-même rendre témoignage des événemens dont on est contemporain. L'historien est forcé de publier des jugemens qui ne sont pas les siens, des opinions qu'il ne saurait embrasser; et, s'il lui est loisible de le faire pressentir au lecteur, il ne le peut encore qu'en mettant une extrême adresse dans ses insinuations. On lui saurait le plus mauvais gré du monde de se placer dans ses tableaux comme une figure principale. Il doit agir et ne jamais paraître.

Si les limites du mensonge et de la vérité sont difficiles à saisir, c'est principaiement dans l'histoire » non quand elle s'occupe des siècles reculés, car il n'existe alors aucun choix à faire; souvent un seul historien sert de guide durant de longues périodes d'années, et l'on est forcé de l'adopter ou de le rejeter tout entier. Qu'importe d'ailleurs, après mille ans, une erreur de quelques jours, si, de l'exposé dramatique d'un fait, il peut surgir d'utiles et grandes leçons? Qu'importe même le nom du héros qui les donne? La Grèce fabuleuse, délivrée des monstres qui la désolaient, confondit Hercule et Thésée dans les mêmes actions de grâces. Elle avait recueilli le bienfait; le récit en pouvait servir d'instruction à la postérité; que fallait-il de plus?

Il n'en est pas ainsi des temps modernés. A mesure que l'on avance, le nombre des historiens s'accroît, les mémoires particuliers apparaissent, les rapports contradictoires se multiplient. Ii faut choisir; et l'écrivain consciencieux tombe dans une étrange perplexité. Parmi les plus recommandables annalistes, il en est beaucoup qui, sans considérer que les actions des hommes et même leurs raisonnemens portent constamment l'empreinte des préjugés d'enfance, et que les usages dont ils sont entourés, qui les pressent de toutes parts, leur font, pour ainsi dire, une nature spéciale, représentent les peuples des temps passés comme ceux de l'époque où ils vivent. Ils ne les décrivent pas tels qu'ils étaient, mais tels qu'ils sont eux-mêmes; on croirait qu'aucune inodification ne s'est opérée dans les relations, les habitudes, les idées. « Pour eux, dit « Montaigne, ce qui est hors les gonds de la coutume est hors les gonds de la raison. »

Il existe des historiens habiles dont tout le talent s'épuise à donner une haute importance à de petits intérêts. Ils n'ont vu que la cour de leur maître; ils ne connaissent que dix familles qui méritent d'attirer les regards de la postérité, encore sont-elles de leur province. Tout est là. Le train du monde doitse régler d'après les discussions de leur parlement. Toutefois, ces discussions peuvent être graves; des guerres en sont les résultats, et ces guerres, si leurs causes paraissent frivoles, n'en touchent pas moins aux premiers in térêts des peuples. Il en découle de précieuses leçons, qu'il convient d'enregistrer, pour l'enseignement des nations.

Une erreur trop fréquente chez de grands historiens, est de croire les peuples plus formés que leur siècle ne le comporte; ils jugent des masses militantes par quelques sentinelles avancées. Le mot de peuple est, sans contredit, celui que l'on rencontre le moins souvent dans les anciens écrits. Les améliorations ne marchent que pas à pas, et si lentement, et si peu à la fois, et sont sujettes à tant de mouvemens rétrogrades, que les actes des princes, et les besoins généraux, et la volonté même des peuples, ne produisent de changements réels et profitables qu'après des siècles de persévérance dont la physionomie est presque la même. L'imperfection du jugement populaire est si grande, la faiblesse publique est si naturelle, qu'on ne doit pas s'étonner de voir les nations mettre une sorte d'opiniâtreté à refuser des avantages à venir, et renoncer même à ceux qu'elles ont obtenus, mais qu'elles ne sauraient apprécier. Il faut du temps, de la réflexion, des connaissances acquises, pour distinguer entre l'empire de la justice et celui de la force, qui sait s'en approprier les formes; entre la servitude et l'obéissance légale; entre la licence et la liberté.

Le style, qui donne la facilité de fixer l'attention et de persuader, est quelquefois un tort de l' écrivain moderne. Il substitue la pureté, les formes élégantes de son langage exact, à la naïveté du chroniqueur. C'est le sculpteur qui fait une belle statue, c'est le peintre qui termine un charmant portrait; mais ni l'un ni l'autre n'ont reproduit l'homme qu'ils voulaient représenter. Je dois en faire l'aveu, ma conscience ne me reproche aucune falsification; je n'en dirai pas autant de ma faconde. Il m'est, parfois, arrivé de mettre en action ce que je n'ai vu qu'en récit. Je l'ai fait, parce que je crois que la manière de décrire un événement amène à réfléchir sur ses causes autant que sa propre importance. Mais, en adoptant une forme plus agréable, plus frappante, qui fasse mieux ressortir un fait, j'ai mis le soin le plus minutieux h lui conserver son exactitude, je suis aile jus qu'au scrupule. Il est probable qu'au milieu de tant d'écueils, je me suis heurté contre tous. Je serai satisfait cependant, et ne regretterai point mes pénibles travaux, si les hommes qui apprécient les difficultés de ce genre d'ouvrage veulent reconnaître que, bien que j'aie dit des choses semblables à celles que l'on a déjà dites, je n'ai pourtant copié personne; que je n'ai point donné des réflexions sur l'histoire pour l'histoire elle-même; que je n'ai pas rabaissé les grandes choses et n'ai pas trop exalté les petites; que j'ai, peut-être, inspiré le désir de mieux connaître la Bretagne, partie bien oubliée de notre belle France, et digne, selon mon cœur, d'être placée à l'un des premiers rangs.

Dans mes rêves patriotiques, j'ai vu quelquefois les couches sablonneuses des ruines druidiques de Carnac foulées aux pieds légers de l'une de nos augustes princesses, qui, semblable à la beauté majestueuse de l'île de Sène, venait répandre dans ces contrées des grâces et des bienfaits. Le dolmen, ou la tribune des Druides, était orné de fleurs; la fontaine Azeuladour, ou du Sacrifice, coulait argentée sous le frais ombrage qui l'entoure; la lune, brillante, frappait ces monumens séculaires; et des torches lointaines figuraient les danses nocturnes des génies qui gardent les trésors enfouis sous les pierres pyramidales. J'ai cru voir la noble princesse parcourir les sombres allées de la forêt de Brocéliande, demandant aux échos du Val sans Retour le tombeau de Merlin; je l'ai aperçue au sommet de la roche de Penmarc'h, défiant ses épouvantables tonnerres, comme la chanteuse des mers au sein de la tempête; je l'ai suivie à Saint-Pol-de-Léon sur la tombe de Tristan et d'Iseult; je l'ai retrouvée à Brest même où, parmi l'attirail de la guerre, elle s'attendrissait au souvenir du bel Arthur, jeune victime des fureurs de Jean-sans Terre. Mais ces pensées, où je rattachais le bonheur du plus ancien des peuples de la France, n'ont eu que la durée d'un rêve. La Bretagne n'a point encore attiré les regards des fées tutélaires du trône.

Jadis, et lorsque plein de jeunesse et d'espoir, les souvenirs des ingénieux travaux des peuples apparaissaient à ma mé moire revêtus de tous les charmes de la science et de la poésie, je les recueillis avec enthousiasme, et, confiant dans mes forces, je les livrai inconsidérément au jugement du public. Ils me valurent une grande et haute récompense. Plus imprudent peut-être, aujourd'hui que l'âge a mûri ma pensée, j'entre dans une carrière où m'ont devancé de redoutables athlètes, et cependant je ne prétends lutter avec aucun adversaire. Ce que je désire, ce que j'attends du produit de mes veilles, ce n'est point une vaine gloire. L'estime de ma patrie est le noble but où j'aspire. J'ai voulu soumettre ses mérites à son propre jugement. L'orgueil du nom français, dont s'honorent aujourd'hui les fils de la Bretagne, n'a point à s'offenser du re'cit de leur vaillance, de leur magnanimité, de leur franchise, de leurs antiques vertus.

PREFACE

This is a great temerity to undertake to write history. Work that tend to produce a narrative followed and complete all required activities that constancy and yet, when by long and tedious research, it has mastered the necessary materials, and is believed to have prepared properly, it is still gives the public a truth borrowing. It urges him to his word over that of an author who, perhaps, did not deserve any confidence, swine facts reported by unknown people, you become the guarantor of their thoughts, their conjectures, while in we hardly dare yourself to witness the events which we are today. The historian is forced to publish of judgments that are not his, opinions that can not kiss her; and if it is free to do anticipate the reader, he does still possible that putting a great address in his insinuations. He was not the worst the world will place themselves in his paintings as a main figure. It must act and never published.

If the limits of lies and Truth is elusive, it principaiement in history "not when it handles remote ages, as there then no choice to make, and often one historian guides for long periods of years, and we are forced to adopt or reject it entirely. Matter of fact, after a thousand years, an error of a few days, if, in the dramatic presentation of a fact, it may arise useful and important lessons? Whatever even the name of the hero who gives? Greece fabulous monsters that issued desolation, mingled Hercules Theseus and the same thanks. She had received the blessing and the narrative could be used to instruct the posterity, that was it for?

It is not the case in modern times. As we advance, the number historians increases, the memories individuals appear, reports contradictory multiply. We must choose; and conscientious writer falls into a strange perplexity. Among the most recommendable chroniclers, there are many who, without believing that the actions men and even their reasoning always wear the imprint of prejudices of childhood, and the uses they are surrounded, who urged all shares, they are, so to speak, a special nature, represent the people of the past such as the time in which they live. They do not describe as they were, but as they are themselves, no one would do inodification took place in relationships, habits, ideas. "For them, says "Montaigne, which is off the hinges of custom is off the hinges of the reason. "

There are historians that all skilled the talent runs out to give high importance to small interest. They saw that the court of their master, they know that ten families deserve to attract the attention of posterity, they are still in their province. Everything is there. The train set in the world according doitse discussions in their parliaments. However, these discussions can be severe; wars are the results, and these war, if their causes seem frivolous, do not touch unless the first in terests of the people. This results in valuable lessons, which should be recorded, for the teaching of nations.

A mistake too common in the great historians, is to believe the people more educated than their age has not, they judge the masses by activists few sentinels. The word people is unquestionably the one we meets less often in ancient writings. Improvements only work step by step, and so slowly, and so little time, and are subject to so many retrograde movements, that acts princes, and the general needs and the will of the people, do not produce real change and profitable after centuries of perseverance the face is almost the same. The imperfection of Judgement popular so great, low public is so natural that one should not wonder nations to see a kind of obstinacy in refusing benefits to come, and give even those they have obtained, but they can not enjoy. It takes time, thought, knowledge gained, to distinguish between the empire of justice and that of the force, which knows to appropriate forms; between legal servitude and obedience; between license and liberty.

The style, which gives the ease of setting attention and persuade, is sometimes a mistake of the modern writer. It replaces the purity, the elegant shapes of its exact language, the simplicity of the columnist. It is the sculptor who made a beautiful statue, the artist who completes a charming portrait, but neither the other man they have reproduced wanted to represent. I have to make admittedly, my conscience reproaches me any falsification, I will not say much of my eloquence. I find it sometimes arrived to put into action what I did seen that story. I did, because I think how to describe a event leads to reflect on their causes as much as his own importance. But by adopting a more pleasant, more strikingly, that makes better out a fact, I have the utmost care am careful to maintain its accuracy, I'm jus wing that scruple. It is likely that in the midst of so pitfalls, I ran against all. I will be satisfied though, and do not regret my tedious work, if the men who appreciate the difficulties of this kind of work want to recognize that, although I have said things similar to what we have already said, I have person yet copied that I have not gave reflections on the story the story itself that I have not lowered the big things and do not really Exalted small, I have, perhaps, inspired by the desire to learn about the Britain, although forgotten part of our belle France, and worthy, in my heart, to be placed among the first ranks.

Patriotic in my dreams, I saw Sometimes the layers of sandy Druid ruins of Carnac trampled light feet of one of our August princesses, who, like the majestic beauty of the island of Sene, had spread in these parts of Pardons and benefits. The dolmen, or the platform of the Druids, was decorated with flowers, the fountain Azeuladour, or Sacrifice, silver flowed under the cool shade that surrounds it; the moon, bright, striking those monuments secular, and distant torches were the geniuses who dances nightly keep the treasures buried under stones pyramid. I thought I saw the noble princess through the dark alleys of the Brocéliande Forest, asking Echoes of the Valley of No Return of Merlin's tomb, I saw her at the top of the Rock Penmarc'h, defying its dreadful thunder, as the singer of seas in the storm I have followed Saint-Pol-de-Leon at the tomb of Tristan and Isolde, I found even in Brest where, among the paraphernalia of war, she softened the memory of the beautiful Arthur, young victim from the fury of John Lackland. But these thoughts, I connected the happiness of older people France, have had the duration of a dream. Brittany has not yet attracted the eyes of the fairy guardian of the throne.

Once, and when full of youth and of hope, memories of the ingenious work of people appeared to Tu coated memory of all the charms of science and poetry, I collected enthusiastic, and confident in my forces, I thoughtlessly deliveries to public scrutiny. It earned me a great and high reward. More imprudent perhaps today Age has matured my mind, I go into a career where I was ahead of formidable athletes, and yet I do not pretend to fight with any opponent. What I want, what I expect of my product watches, it is not a vain glory. The esteem of my country is a noble goal which I aspire. I wanted to submit its merits at his own trial. The pride of the name French, which were honored today son of Brittany, has not to take offense re'cit of their bravery, their generosity, their openness, their ancient virtues.

INTRODUCTION

La physionomie antique de la Bretagne ne s'est pas totalement effacée par le mélange de ses races indigènes avec les races étrangères: des traits larges et ori- ginaux la signalent encore à l'attention des hommes.

Trois siècles se sont écoulés depuis que cette contrée a vu tomber la dernière barrière qui défendait son individualité. Réunie à l'héritage des Bourbons, elle a vu ses lois particulières s'abaisser successivement devant le système des lois générales; ses vieilles coutumes ont disparu, ses mœurs soûl changées; c'est aujourd'hui la Fiance , avec son brillant idiome, sa politesse, son savoir, son industrie et sa gloire. Mais sous le bord de ce voile éclatant, de ce tissu partout si semblable à lui-même, l'œil distingue encore avec surprise un reste des Gaulois, de ces hommes durs de l'Armorique, derniers dépositaires du langage et des souvenirs du Celle.

L'uniformité des sables du désert répand un plus vif intérêt sur le roc de l'Oasis, sa fontaine solitaire, et l'unique palmier qui l'ombrage.

Les Gaules , envahies par les légions romaines, adoptèrent promptement la jurisprudence, les usages, le langage même des vainqueurs. Les autels de Jupiter et de Vesta s'élevèrent sous le chêne de Teutatès ou de Belen; le grand chef des Druides se couvrit des ornemens du flamine ; et bientôt, l'un et l'autre disparurent devant l'ardente prière et l'active chanté du vieillard qui annonçait hautement l'unité d'un Dieu de paix et l'égalité des hommes, au pied de la croix de Jésus-Christ. Des peuplades guerrières qui fuyaient le Nord, ses frimas et ses misères, succédèrent aux Romains désunis ou dégénérés; elles se partagèrent les Gaules, et leurs chefs, en courbant le front sous la main qui versait l'eau du baptême, portèrent une dernière atteinte au fantôme expirant du polythéisme. La piété des rois et des peuples multiplia et enrichit les prélats et les cloîtres. La plupart des hommes lettrés de ces siècles barbares se réfugièrent dans les monastères; et là, sous la protection des princes de l'Eglise, ils préparèrent ou rétablirent ces chroniques, ces titres, ces chartres, ces légendes où d'infatigables écrivains ont puisé les matériaux de l'histoire de France.

La Bretagne armoricaine n'eut pas une destinée pareille. Attaquée par les Romains, avec cette savante tactique qui les rendit maîtres du monde, elle céda sans doute à leur ascendant, comme toutes les nations Gauloises; mais elle ne céda que la dernière. Ses peuples n'adorèrent ni Jupiter, ni Vesta, ni Mercure; et ils continuèrent à porter leurs offrandes aux prêtresses de l'île de Sène, aux vieillards des îles Nésiades et de la forêt de Brocéliande. On a écrit que des temples avaient été construits, en l'honneur des déités latines, dans les cités occupées par les légions slationnaires; mais il n'en reste aucun vestige, et l'on ne découvre nulle part, en Bretagne, de ces médailles que les Romains ont répandues avec tant de profusion en Bourgogne, en Provence, en Guienne et même en Normandie. Le combat qui s'éleva entre la religion de Jésus-Christ et celle des Druides fut immédiat; et la transition de l'une à l'autre fut d'autant plus prolongée, que l'amour de la solitude, la retraite au fond des bois et près des fontaines, l'usage de la prédication publique, et l'annonce d'un Dieu vengeur et rémunérateur, appartenant également aux apôtres chrétiens et à leurs adversaires, laissèrent plus long -temps dans l'indécision un peuple ignorant et superstitieux. Au septième siècle, il existait encore des Druides en Bretagne. A cette époque aussi, les monastères chrétiens étaient devenus nombreux; mais les Druides avaient été les dépositaires des annales nationales; et comme ils n'écrivaient rien, l'histoire armoricaine mise en vers, et confiée à la mémoire des Bardes, s'évanouit avec le dernier des adorateurs de Hy-ar-bras. Il n'en est resté que des laits isolés, recueillis par des moines, souvent dénaturés, et noyés dans un océan de fables.

Si l'on ajoute à cet exposé que, dans lui de l'écriture n'ont pénétré plus difficilement que dans la Bretagne, dont l'idiome était un obstacle presqu' insurmontable à leurs progrès; si l'on veut considérer que les rois de France ont été constamment en guerre avec les rois de Bretagne; et que les chroniqueurs français des premiers âges, indépendamment du préjugé national, avaient encore, au fond du cloître, un intérêt direct à représenter sous un faux jour, ou à laisser dans l'ombre la nation bretonne, dont les audacieux évêques se refusaient à reconnaître la suprématie de la métropole de Tours, on ne sera pas surpris des difficultés sans nombre qui ont effrayé les historiens modernes, quand ils ont voulu montrer à la France une des plus intéressantes parties d'elle-même.

Il est bizarre, mais il est réel, que toutes les fois que des hommes, dignes du nom d'historien, ont voulu replacer laBreta^in au rang qu'elle mérite d'occuper, il s'est élevé contre eux des orages auxquels ils ont eu rarement la force de résister. Le vieux Bertrand d'Argentré se vit obligé, dans son épître dédicatoire au roi Henri III, de se plaindre des calomniateurs, de rappeler quarante années de fidèles services, et de s'excuser d'avoir dit la vérité, en attestant des magistrats irréprochables et l'autorité des arrêts des cours souveraines. Il ne rétracta aucune de ses paroles, mais il mourut de douleur dans la disgrâce. Toute la sagesse, toute l'exactitude des pères de Saint-Benoît ne purent les garantir de la persécution; et si dom Lobineau ne fut pas renfermé dans une étroite prison, il ne dut sa liberté qu'à la modération du premier magistrat du royaume, qui ne voulut pas attacher aux crimes d'Etat dont l'abbé de Vertot accusait le savant religieux, toute l'importance que le rhéteur prétendait v décou vrir. Toutefois doni Lobineau, réduit au silence, brisa sa plume désormais iuulile.

Ces rigueurs étranges envers des historiens dont toute la vie semblait vouée au culte de la vérité, sont aujourd'hui difficiles à comprendre. Elles provenaient, en général, de l'orgueil d'un trône que de lâches adulateurs tenaient pour offensé, parce que les antiques annales bretonnes n'en reconnaissaient pas la suzeraineté mais un intérêt plus grave se rattachait à cette question. La Bretagne, apportée en dot aux rois de France, par les mariages successifs de la duchesse Anne avec Charles VIII et Louis XII, et par celui de madame Claude avec François I er, avait conservé des privilèges, des droits, des libertés, qu'elle faisait valoir énergiquement toutes les fois qu'on y portait atteinte. Elle s'expliquait si hautement et avec tant de constance, que les ministres absolus, dont ses réclamations troublaient le repos et contrariaient les desseins, cherchèrent à rabaisser la valeur de ses titres, ou même à les anéantir. Il s'agissait de prouver que jamais la Bretagne n'avait formé un Etat indépendant; que les rois dont elle se vantait n'avaient été que des comtes, ou tout au plus des ducs, relevant de la couronne de France; et que ses prétentions à des franchises sans exemple s'écroulaient toutes devant le pouvoir plus réel que conférait la suzeraineté. Une foule de plumes vénales, suscitées par les intendans, se hâtèrent de proscrire la Bretagne; on ne voulut la considérer que comme un arrière-fief, tenu par la Normandie; on nia les faits les plus authentiques; et l'on persécuta les écrivains qui, fidèles à l'ordre des événemens écoulés, respectaient dans l'histoire un monument sacré, semblable à l'arche du seigneur.

La question de la mouvance de Bretagne, celle de la conquête de cette contrée par Clovis, n'ont plus d'intérêt de nos jours. Des savans du premier ordre les ont épuisées; ils ont porté la lumière dans ce dédale de chartres et d'actes où sont égarées les preuves de l'histoire; et s'il est indispensable que chaque historien en parcoure comme eux tous les détours., il est également important qu'il sauve à ses lecteurs la discussion fastidieuse des dates et des récits contradictoires à laquelle il a dû. se livrer. Telle est la première loi que je me suis imposée.

La génération nouvelle, celle qui tient aujourd'hui le sceptre de l'opinion, a manifesté hautement l'intime conviction que la narration historique doit reproduire l'image fidèle des temps qu'elle décrit; et le succès de quelques bons ouvrages a démontré l'absurdité du système qui faisait parler, agii et penser les hommes du neuvième siècle comme ceux du dixneuvième, ou qui coupait sans cesse le récit, pour introduire des réflexions sur les mœurs et sur l'esprit général. La conduite des événemens est l'expression même des mœurs publiques et du mouvement imprimé au corps social. Il n'est pas nécessaire d'en faire des croquis séparés, pour les signaler à l'attention du lecteur. Ce sont des conséquences qu'il saura bien déduire de lui-même, si la couleur du tableau est vraie, si les personnages sont groupés comme la nature les avait placés, si le costume est fidèlement observé. Je me suis fortement attaché à ce costume, à cette couleur, à ce mouvement dans l'ouvrage que je me hasarde à publier. Si je n'ai pas réussi, ce n'est pas la faute de l'histoire de Bretagne.

Tous les peuples ont la singulière vanité de faire remonter leur origine à des temps fabuleux. Si l'on en vcui croire nos vieux chroniqueurs, la France doit la sienne à quelque lils d'Hector, échappé au grand désastre de Troie. La Bretagne n'est pas restée en arrière. Elle fut peuplée, ainsi que l'Angleterre, par un descendant du pieux Enée; et j'ai sous les yeux la série chronologique de tous les rois qui se succédèrent depuis Ascagne jusqu'à Conan Mériadech, qui favorisa l'usurpation de l'empereur Maximus, et qui fonda la domination de sa propre race dans l'Armorique péninsulaire. La plupart des historiens modernes ont dédaigneusement rejeté ce qu'ils nommaient des fables, sans songer qu'à ces fables mêmes se mêlaient des vérités, et qu'ils enlevaient à la physionomie bretonne le trait distinctif qui pouvait servir à la caractériser. L'histoire, sans doute, ne repose que sur des laits prouvés; mais il existe des époques où l'absence d'autorités incontestables ne doit pas réduire au silence l'écrivain consciencieux. En rapportant les faits comme les ont vus les anciens chroniqueurs, à travers leurs préjugés et leurs intérêts, il décrit au moins la physionomie des temps; il donne à réfléchir sur l'esprit des peuples et des gouvernails; et je crois qu'il lui suffit de prévenir une fois ses lecteurs, pour être à l'abri de tout reproche de crédulité ou d'affectation. Les avertir à chaque fait, autrement que par le récit lui-même, serait doUther de leurs lumières, et il s'en ferait scrupule. Je soumettrai brièvement aux miens une partie des notions qui nous restent sur les événemens dont fut précédée la conquête de Conan. Ces notions serviront de prolégomènes à l'histoire de la petite Bretagne.

La Bretagne armoricaine, ou la Péninsule occidentale de la Gaule celtique, se composait jadis de six cantons principaux, habités par des peuples de même origine, parlant le même langage, constamment unis par la similitude des intérêts, mais administres par des gouvernemens indëpendans les uns des autres. Les Romains donnaient à ces peuples les noms de Diablinlhcs, de Rliedones, de Nannètes, de Curiosolites, de Venètes et d'Ossismiens. Les territoires qu'ils occupaient étaient divisés en districts, dont les limites ont fort embarrassé les géographes. Mais la circonscription cpii fut la suite de l'établissement du christianisme en Bretagne, et de la création des évêchés, vers la lin du quatrième siècle, peut résoudre la plupart des difficultés. Les Diablinthes, réunis aux Unelles et aux Aulerciens, prirent le nom de Maclo\ienses ou Malouins. Les Rliedones ou Rennais, les Nannètes ou Nantais, les Dolenses ou Dolois, conservèrent leurs anciennes dénominations. Les Lexobiens et les Biducenses se séparèrent des Curiosolites qui disparurent, et devinrent les Tre'corenses ou gens de Tréguier, et les Briocenses ou gens de SaintBrieuc. La portion la plus occidentale du pays des Venètes, jointe aux débris des Curiosolites, forma le diocèse des Corisopitenses ou Quimpérois; et les Ossismiens continuèrent à s'appeler Légionenses ou Léonais, d'après l'expression que les Romains avaient employée pour les désigner. Le diocèse de Quimper fut aussi connu, à cette époque, sous le nom de Cornu-Galliœ ou Cornonaille, et la division septentrionale de la Bretagne armoricaine, qui comprenait les diocèses de Léon, de Saint-Brieuc et de Dol, sous celui de Donnonée. Ces dénominations avaient remplacé celles de Letanla prima et de Letania secunda, par lesquelles les Romains indiquaient les deux parties tributaires de FArmorique péninsulaire.

Je supplie de me pardonner ces détails; ils sont nécessaires à l'intelligence du récit.

Il est assez remarquable qu'on ne puisse écrire l'histoire ancienne d'une partie quelconque de la France, sans être forcé de recourir à des auteurs étrangers. Mille ans après avoir passé le Rhin, les Français ne comptaient d'autre historien que Grégoire de Tours, « saint évêque, «sans doute, dit Bertrand d'Argentré, (( mais pauvre et mal appris en tel sujet, « et encore un moine Aymoin, légendaire « sans discernement, et n'écrivant qu'à « versets rompus. » Cette disette d'autorités nationales a donné du crédit à certains préjugés, qui se sont établis parce qu'ils n'avaient pas de contradicteurs. Ainsi l'on a publié que la Bretagne armoricaine devait son nom à la conquête de Conan Mériadech, et cependant Strabon, qui vivait au siècle d'Auguste, dit positivement qu'à l'embouchuve de la Loire existait, dès le temps de Scipion l' africain, une grande ville qu'il appelle Britannica. Pline, en décrivant les peuples de la Gaule, voisins des rivages de la mer, parle des Bretons du littoral gallique, Brïtannos ingallico littore. Martial se sert des mots veteres braccœ britonis pauperis, pour designer certain vêtement nécessaire, en visage de nos jours parmi les paysans bretons, sous le nom de bragou bras. Juvenal dit encore: "Quà nec terribiles Cimbri necBritones unquam" Sat XV et tous ces écrivains vivaient plusieurs siècles avant que le séjour des compagnons de Conan se fût assez prolongé pour parvenir à imposer un nom nouveau à l'Armorique péninsulaire.

Les hommes ne naissent pas spontanément, et nous ne connaissons pas de peuples autochtones. Il est extrêmement probable que les habitans des îles sont originaires des continens voisins. Tacite, dans la vie d'Agricola, l'ait entendre que l'île de Bretagne avait été peuplée par des familles gauloises; et le vénérable Bède, qui écrivait au commencement du huitième siècle, qui lut l'un des hommes les plus instruits de son âge,, que l'Angleterre s'honore d'avoir produit, affirme dans son Histoire ecclésiastique, que les premiers habitans de la GrandeBretagne sont venus de l'Armorique, et qu'ils se sont établis d'abord dans la partie méridionale de l'île. Le témoignage de Bède est presque irrécusable, cl vaut la plupart des autres. Mais si l'on veut connaître le système que beaucoup d'érudits ont adopté, je dirai que lorsque les trois fds de Noé, Sem, Cham et Japhet, départirent la terre a leurs familles, la Gaule que l'on a de puis nommée Celtique, échut à Gomer, iils de Japhet. Ce patriarche se fixa dans l'Armorique; il engendra les Celtes gomérites ou gombrites, dont la langue, le gomérac'h, legombrac'h ou le breton, s'est conservée dans la petite Bretagne, aux pays de Léon, de Cornouaille, de Vannes et de Tréguier, et dans la grande Bretagne, aux pays de Galles, de Cambrie et de Montgomery . Telle est l'opinion formelle du savant recteur de Bishopton, Edward Davies.

Ce fut également celle du célèbre La Tour-d'Auvergne, aussi passionné, comme écrivain, pour les antiquités bretonnes, qu'il le parut, comme soldat, pour la gloire de la France. Je n'oserai me prononcer, après lui, pour ou contre Gomer et ses descendans; mais il me semble que, sans jeter un regard profane sur les mystères de l'arche, il est facile d'établir que la langue, aujourd'hui parlée en Basse Bretagne, est un débris assez pur de la langue gauloise celtique. Cette portion de l'Avmorique était l'extrémité du monde, finis terre. Si les Romains pénétrèrent jusqu'à ses limites occidentales, ils se contentèrent d'y placer des garnisons isolées, qui n'eurent aucune influence sur l'idiome populaire. Les hordes venues du Nord, les Visigoths, les Bourguignons, les Francs, touchèrent à peine à ses frontières, et n'y fondèrent aucune colonie. Les rois, Jes princes de Bretagne, ne furent jamais choisis dans un sang étranger. Les guerriers qui accompagnèrent Conan étaient de la même race que les indigènes, et ils avaient un même langage. On les accueillit comme des libérateurs; et ces vainqueurs, peu nombreux, se trouvèrent trop heureux d'adopter les mœurs des vaincus qui les admirent dans leurs familles. Peut-on doUther que la langue qu'ils parlaient ne fut, avec de légères modifications, celle que l'on y parle encore de nos jours? Peut-on doUther que celle-ci ne soit un reste delà langue celtique? Bien des probabilités, au moins, se réunissent en faveur de cette assertion.

J'ai nommé Conan Mériadech. C'est le fondateur du royaume de Bretagne, une de ces figures héroïques autour desquelles nos ancêtres ont groupé de nobles actions, de hauts faits d'armes, de grandes vertus. Conquérant et législateur, il eut la gloire d'effacer les dernières traces du polythéisme, de renverser les derniers autels de la religion druidique, et d'élever sur leurs débris la croix généreuse de Jésus-Christ et l'épiscopat. Son règne, fécond en événemens, commencera mon histoire: non, toutefois, celle qu'il est impossible de contester j elle ne peut dater que de Noménoé, chef de la seconde dynastie, et tout ce qui le précédé, écrit par des moines ou des romanciers, a subi l'influence de leur position et de leurs préjugés; mais la partie de l'histoire de la petite Bretagne, liée pendant plusieurs siècles, et sous neuf rois consécutifs, à l'histoire de la grande Bretagne. Les chroniqueurs donnent une origine commune à ces deux états. Ces chroniqueurs sont nombreux, et leurs récits ne diffèrent que par de légers détails ' . Voici l'abrégé des temps qui précédèrent la conquête de Conan.

Le pieux Enée avait laissé le trône des Latins à son fils Ascagne qui remit, en mourant, la couronneà son frère Sylvius, unique enfant de Lavinie. Un rejeton d'Ascagne, qui portait aussi le nom de Sylvius, épousa une seconde Lavinie, qui combla tous ses vœux en lui donnant un fils; mais la naissance de cet enfant coûta la vie à sa mère; et bientôt les Augures lui prédirent une destinée funeste. En effet, ce malheureux prince que l'on nommait Brutus, tua son père à la chasse par une méprise cruelle; et, chargé de la haine publique, il s'enfuit en Grèce, où il trouva un asile près du vieil Hélénus que Pyrrhus avait emmené en esclavage, et qui vivait encore à la cour de Pandrase. Brutus saisit diverses occasions de déployer sa valeur. Il se lit des amis parmi les princes de l'Epire, et il devint l'espoir des Troyens prisonniers et de leurs descendans, qui se réunirent au nombre d'environ sept mille et le reconnurent pour chef. Brutus ne répudia pas un titre qui lui imposait de si grandes obligations. Il se retira dans les bois avec ses nouveaux compagnons, plaça des garnisons sur des hauteurs fortifiées, qui lui furent livrées par un jeune prince grec, fils d'une Troyenne; et après avoir pourvu aux besoins de ses amis, il envoya des messagers à Pandrase pour le supplier de prendre en pitié les derniers débris de Troye, et de leur accorder la liberté, avec la permission d'habiter les cantons qu'ils occupaient, ou de quitter la Grèce et d'aller aux terres étrangères demander l'hospitalité. Pandrase, loin de se rendre à ces humbles sollicitations, rassembla une armée et marcha contre les Troyens révoltés; mais il tomba dans une embuscade. Tandis qu'il assiégeait la forteresse de Spartanum, Brutus vint attaquer les derrières de son armée avec trois mille hommes déterminés. Les troupes de Pandrase furent défaites; et lui-même, arrêté dans sa fuite par une rivière, resta au pouvoir des Troyens. Un traité favorable à ces infortunés fut le résultat de cet événement. Pandrase leur donna la liberté, et leur fit présent de plusieurs vaisseaux pour se retirer où les dieux les conduiraient. Brutus épousa la princesse Inogène, l'une des filles de Pandrase '.

Ce chef et ses compagnons mirent à la voile dans le dessein de chercher une terre propice et d'y fonder une colonie. Ils s'élancèrent dans la Méditerranée, et débarquèrent dans une petite île que des pirates avaient dévastée. Ces malfaiteurs n'avaient respecté qu'un temple de Diane, dont la déesse se manifestait aux hommes durant leur sommeil. Brutus la supplia de lui montrer la terre qu'il devait habiter- et la déité lui désigna une île occidentale, très éloignée, qu'il devait reconnaître à sa couleur blanchâtre . Les aventuriers reprirent la mer, atteignirent les côtes de l'Afrique, et les prolongèrent, en se dirigeant toujours à i 'Ouest. Ils passèrent les sables de Lybie, le promontoire d'Hermès le golfe de Rusticade, les montagnes Numidiques, le fleuve de Maulue, la Mauritanie tingitane, et se trouvèrent enfin dans la mer Tyrienne, où ils rencontrèrent les restes des Troyens qui avaient suivi Anthénor, commandés alors par Corinée. Ces illustres proscrits versèrent des larmes en se rejoignant; ils se décidèrent à courir les mêmes hasards, et ils parvinrent ensemble à l'embouchure de la Loire. Ils débarquèrent à Ratiate, aujourd'hui Retz, près Saint-Nazaire, et ils y élevèrent leurs tentes. (836 ans av. J. C. )

Les habitans de la contrée, mécontens de cet étrange voisinage, accoururent bientôt sous la conduite d'un de leurs rois, et attaquèrent les Troyens, qui les mirent en fuite et les poursuivirent, en remontant le fleuve, jusqu'au lieu où se trouve aujourd'hui la ville de Tours. Mais ce n'était pas là que les dieux réservaient de paisibles destinées à Brutus. Il redescendit la Loire, suivit les côtes de l'Armorique péninsulaire etparvintà l'extrémité de celte région maritime. Il y prit terre. La situation lui parut agréable. De belles forêts, de vertes prairies, des sources d'eau vive, lui annoncèrent la fertilité du sol; mais il parcourut en vain ce beau pays, il n'y rencontra aucun habitant. La plupart des Troyens, las de tant de courses inutiles, voulurent borner leur voyage, et sollicitèrent Brutus de se fixer sur cette terre que personne ne leur disputait. Brutus répondit qu'il tenterait encore les mers pour obéir à l'ordre des dieux, mais qu'il ne s'opposait point à ce qu'une partie de ses compagnons se déterminassent à rester sur ce rivage. Ils y jetèrent en effet les fondemens d'une ville qu'ils appelèrent Occismor (Saint-Pol de Léon), et donnèrent à la contrée le nom de Britannia. Le prince Troyen remonta sur ses vaisseaux, afin de chercher cette île qui semblait fuir devant lui. Il l'aperçut deux jours après son départ; les vents lui lurent favorables el il aborda au port de Tolonésie. La conquête coûta peu d'eiforts aux Troyens. Brutus leur partagea cette terre tant désirée; la charrue bientôt la rendit productive; des habitations s'élevèrent de toutes parts; et sur les rives de la Tamise, Brutus édifia une ville qu'il nomma Troye-Nouvelle, ou Trinovante. Elle s'appela ensuite Kaerlud; c'est aujourd'hui la ville de Londres. Corinée donna son nom à la province de Corinwall ou Cornwall, qui lui échut en partage; et l'île entière, comme la péninsule gauloise, reçut la dénomination de Bretagne. La série de ses souverains va nous conduire à Conan Mériadech.

Bru Lus eut Lrois fils de sa femme Inogène, Locrius, Albanatus et Kember. Après vingt-quatre ans de règne, il mourut et fut inhume à Trinovante. Ses fils se partagèrent l'héritage de leur père, Locrius gouverna quelques provinces centrales, qui prirent le nom de Logrie; Kember, les provinces occidentales sous celui deCambrie, c'est actuellemenl le pays de Galles; Albanatus se contenta d'une partie de l'Ecosse, ou Albanie.

Ils vivaient en paix, lorsque Humber, l'un des rois de la Chersonèse cimbrique, descendit en Albanie, combattit Albanatus etle tua. Locrius et Kember, prompts à venger la mort de leur frère, poursuivirent le pirate jusqu'aux rives d'un fleuve immense où il se noya, et qui prit le nom de cet aventurier. Les princes s'emparèrent des vaisseaux de Humber et de trois jeunes pucelles, dont l'une, la belle Astrilclc, fille d'un roi des Germains, avait ëtë arrachée à son père par les soldats du pirate. Loerius en devint épris et voulut l'épouser; mais Corinée, dont il avait recherché la fille, lui rappela la foi jurée, etLocrius, fidèle à sa parole, épousa Guendo'lerj. Cette princesse lui donna un fils nommé Madan. Cependant Loerius n'avait point abandonné Astrildej elle était cachée à Trinovante; et une fille qu'elle appela Savren, lui fit connaître dans sa solitude les douceurs de l'amour maternel. Après la mort de Corinée, Loerius répudia Guendolen et fit monter Astrilde sur le trône. Guendolen, à la tête des troupes de Cornwall, réclama le rang qui lui appartenait, et combattit son infidèle, qui périt dans une bataille. La fille de Corinée s'empara de la couronne, et se vengea, en faisant précipiter Astrilde et sa fille dans une rivière que, depuis cette époque, ou nomme la Saverne.

Madan régna quarante années. Après sa mort, ses deux fils, Memprice et Malin, se disputèrent l'empire. Memprice assassina Malin au conseil même où il l'avait appelé. Il proscrivit tous les grands dont il redoutait le pouvoir, et, couvert de leur sang, il se livra aux plus infâmes voluptés.

Mais les plus médians rois n'ont, comme les meilleurs, que des années dont le nombre est limité. Memprice fut dévoré des loups dans la vingtième année de son règne. Ebranch son fils lui succéda. Il avait une haute stature, une force extrême et un caractère aventureux. Ce fut le premier des princes bretons qui songèrent à faire des descentes dans les Gaules. Il se lassa bientôt des ravages inutiles, et il s'occupa de bâtir des villes dans ses propres états. On lui dut la ville de Kaerbranch au delà du Humber, la cité d'Asclud, la forteresse de Montaguen, aujourd'hui le château des Pucelles et celle du Mont-Douloureux. Ce prince épousa vingt femmes, qui luidonnèrent une nombreuse postérité. On cite parmi ses (ils, Brutus au-vert-escu, Margadud, Bladud, Bod, Loan, Kincar, etc. Ebranch laissa le trône à Brutus au-vert-escu, qui le transmit à son fils Leir, homme juste et pacifique; des guerres civiles affligèrent cependant sa vieillesse, mais elles cédèrent aux sages dispositions du princeRudhudibras, qui édifia aussi les villes de Kaerleii, et de Guitonie.

Rudhudibras fut remplacé par Bladud. Ce monarque posa les fondemens de Kaerbarum ou Bath, et fut l'un des hommes les plus ingénieux de son siècle. Ou lui doit le premier établissement public des bains thermaux. Il était grand magicien, et ses enebantemens créèrent ces feux inextinguibles, retenus dans le sein de la terre, et qui transmettent aux eaux de Bath leur chaleur bienfaisante. Bladud voulut enseigner la nécromancie à ses sujets. Cette science consiste à interroger sur l'avenir des cadavres qui semblent un moment ressuscites, et qui répondent aux questions qu'on leur adresse. Ilsufiit,pour obtenir ce résultat, de mélanger d'eau pure un peu de sang humain, et d'écrire avec cette liqueur les propositions auxquelles on désire une solution. La couleur de l'eau, teinte de sang, attire, les mauvais esprits, les engage à entrer dans les corps privés de la vie, et leur confère la puissance de rendre un instant la parole à ces froides reliques. Bladud reçut la punition de son impiété: il se fabriqua des ailes artificielles, mais elles ne purent le soutenir, et il tomba du haut des airs sur le temple d'Apollon, à Trinovante.

Le trône appartint à son iils Leir (Lear), qui, durant soixante années, se fit adorer de ses sujets, et qui fixa son séjour dans la ville de Leicester. Ce prince avait trois filles, Gonérille, Régane et Cordéiia, qu'il aimait avec une extrême tendresse. Il conçut le projet de leur partager ses états, et les interrogea sur les sentimens qu'elles avaient pour lui, afin de les récompenser en proportion de l'énergie de leur amour filial. Les deux aînées cherchèrent à le flatter, en l'assurant qu'elles l'aimaient plus que toute chose au monde; Cordéiia répondit avec simplicité qu'elle l'aimait comme son père. Le roi Leir, se croyant dédaigné par sa fille, l'exclut du partage de ses biens. Il donna les provinces australes à Gonérille, en la mariant au duc de Cornwall ., les provinces du nord à Régane, qui reçut la main d'Ennui, duc d'Albanie; et il se réserva la moitié du royaume. La belle Cordélia, déshéritée, épousa cependant un roi de Neustrie nommé Agamp, qui ne lui de manda que son cceur. Mais bientôt les deux duchesses parvinrent, en excitant l'ambition de leurs maris, à les armer contre leur père. Le malheureux Leir se réfugia dans les Gaules, près de Cordélia, qui déposa en pleurant la couronne de Neustrie à ses pieds. Agamp embrassa la cause du monarque détrôné. Cordélia prit elle-même le commandement de l'armée de son époux; elle passa dans l'îie britannique, délit les troupes que les deux ducs lui opposèrent, et rétablit son père dans lous ses droits. Agamp recueillit la succession du roi Leir; mais il mourut peu de mois après, et Cordélia gouverna pendant cinq années des peuples qui l'adoraient. Cependant les fils de Gonérille et de Régane, Morgan el Cymedage, s'allièrent à des guerriers qui s'indignaient de voir le sceptre dans les mains d'une femme. Ils fomentèrent un soulèvement, parvinrent à se saisir de Cordélia, et la plongèrent dans un affreux cachot. La noble princesse, pour se soustraire à l'infortune et aux outrages qui la menaçaient, s'arracha courageusement la vie. Morgan et Cymedage se disputèrent alors la couronne. Ils combattirent en bataille rangée sur les confins de la Kambrie; Cymedage succomba, et Morgan, devenu roi, maintint ses états en paix durant l'espace de trente années. Le beau jouvenceau Riowal lui succéda. Le trône fut ensuite occupé par Gurgusc, par Sicilius, par Lago, par Çymmer, par Gorboduc qui, de sa femme Indora, eut deux fils, Fterrex et Porrex, nouveaux frères ennemis. Porrex ayant voulu faire assassiner Fterrex, celui-ci passa dans la petite Bretagne, d'où bientôt il revint avec un secours formidable; mais il ne put éviter son sort, et il périt sous les coups de son frère. Leur mère indora qui préférait Fterrex, indignée et furieuse, pénétra la nuit près de la couche de son fils Porrex, lui plongea un poignard dans le cœur, et, nouvelle Médée, dispersa ses membres paîpitans. Le peuple, exaspéré par tant d'horreurs, s'empara de cette mère dénaturée et la mit à mort à son tour. La Bretagne, alors, se trouva livrée à tous les maux qui accompagnent la guerre civile. Cinq chefs prirent à la fois le titre de rois» Mais Dowalo Molmith, fils de Cloten, duc de Cornwall, parvint à se délai re de ses rivaux. Il tua de sa propre main, dans un combat, Rudanc, roi de Kambrie, Pugnor, roi de Logrie, et Staler, roi d'Albanie, qui s'étaient réunis contre lui. Il subjugua l'île entière, décora son front du diadème d'or, et, d'in trépide soldat devenu sage législateur, il gratiiia ses peuples d'un code de lois qui, de son nom, s'appelèrent les loi Molrnithines, et dont plusieurs étaient encore observées, en Angleterre, au douzième siècle. Ce fut lui qui, le premier, voulut que les cités, les villes, les voies publiques, fussent des lieux de sûreté pour tous, et que les temples servissent d'asile aux fugitifs. Ce héros lût enseveli à Trinovante, près du temple de la Concorde, érigé par ses soins, et dans lequel il avait obtenu de ses grands et du peuple ' le serment de veiller à l'exécution de ses lois.

Dowalo laissa deux fils, Belinus et le célèbre Brennus. Leur premier mouvement fut de se dispUther la couronne; mais les sages conseillers qui avaient entouré leur père parvinrent à les apaiser. Belinus eut la Logrie, la Kambric et le Cornwall. Brennus le reconnut pour suzerain et gouverna la Northumbrie, depuis le Humber jusqu'à Cathnesie (Caithness). Après quelques années de repos, ce prince s'embarqua pour la Norwége, afin de solliciter la main d'Elfrige, iille du roi de cette contrée. Il l'obtint en effet; mais il ne revint avec elle vers la Bretagne, que dans le dessein de combattre son frère et de le détrôner. Ses vaisseaux rencontrèrent en pleine mer ceux du roi de Danie, Wilter, dès longtemps épris de la princesse de Norwége. Wilter ne laissa pas échapper une si belle occasion; il s'empara du vaisseau qui portait la pucelle, et, désertant le combat, il fit force de voiles pour échapper avec sa proie. Les vents lui refusèrent leurs laveurs et le jetèrent sur les côtes de Bretagne, où Belinus, instruit des projets de Brennus, attendait, sous les armes, l'arrivée de son frère. Wilter, entouré par les troupes de Belinus, offrit à Ce princile secours de ses soldats. La bataille fut terrible, mais Wilter combattait pour l'amour et la liberté, il fit des prodiges de valeur, et Brennus lut défait. Le roi Danois ayant fait hommage de ses états au roi Breton, en reçut des vaisseaux qui le ramenèrent en triomphe à ses sujets, avec sa belle épouse.

Cependant les jeunes guerriers de la petite Bretagne et de la Neustrie accouraient en foule sous les drapeaux de Brennus repoussé, mais non vaincu; et Belinus augmentait incessamment ses cohortes. La reine Towina, leur mère, leur inspira des sentimens plus généreux. Les deux frères passèrent ensemble dans les Gaules, réunirent d'innombrables bataillons, s'élancèrent au sommet des Alpes, retombèrent comme un torrent sur la molle Italie, subjuguèrent les Toscans et les Etrusques, et pénétrèrent dans la v il le de Rome.

Après ce mémorable événement, Belinus reprit la route de ses états. Brenuus resta dans la contrée qu'il avait conquise, lit la paix avec les Romains, marcha vers la Macédoine, et forma le projet d'aller à Delphes spolier le temple d'Apollon; mais il périt misérablement. La plupart des Gaulois qui avaient suivi ce chef aventureux passèrent dans l'Asie mineure, s'y fixèrent, et leurs descendans turent connus sous le nom de Galates Tectosages.

Belinus mourut après un règne glorieux et fut inhumé à Trinovante. Gurgunit Bardut, son fils, déclara la guerre au roi de Danie,qui refusait le tribut auquel il s'était engagé; il le vainquit et le tua . Guthelin, qui porta ensuite le sceptre de la grande Bretagne, gouverna ses peuples avec sagesse, et leur donna pour reine la belle Marcia, princesse d'une haute vertu et d'un rare savoir, qui rédigea un code de lois qu'on nomma marcianes, et que, long-temps après, le grand Alfred traduisit en langue saxonne, sous le nom de marcelage. Sicilius, Rimer, Danius, le féroce Mornid, le sage Gorbonien, le fourbe Arthagalo, se succédèrent sur le trône. Cet Arthagalo fut dépose par les barons, qui couronnèrent son frère Elidure, modèle de douceur et de piété. Trois fois détrôné par ses frères, livré aux tortures, plongé dans des cachots infects, trois fois rétabli par la volonté du peuple, Elidure refusa constamment la vengeance qui lui était offerte, et combla de bienfaits jusqu'à ses bourreaux. Après lui, la jouissance royale appartint successivement à Morgan, à Idwalo, à Euman, à Rimo, à Seroncius, à Coïllus, à une série de princes dont les noms ne rappellent aucune action éclatante. Leurs batailles, leurs triomphes, leurs magnificences, sont effacés de la mémoire des hommes, et n'ont été déposés que dans des archives qui ont disparu comme eux. Belgabred, cependant, lut un moment célèbre par son extrême courtoisie et l'étonnante beauté de sa voix. Orphée ne produisit pas plus de merveilles chez les Thraces; Néron n'obtint pas plus de succès chez les Romains, que le roi Belgabred parmi les Bretons enthousiasmés.

Hély, l'un des derniers rois de cette longue dynastie, engendra trois iils, Lud, Cassibelan et Nennius. Lud lut roi de la Grande-Bretagne. Il environnaTrinovante de tours et la nomma Kaerlud; elle s'est appelée depuis Kaerlondon, puis simplement London (Londres). Lud fut enseveli près de l'une des portes de la ville, que l'on désigna sous le nom de Poithlud, et qui devint Ludegate a en Saxon. Il laissa deux (ils, Androgée, duc de Kent, etTeunancius, duc de Cornwall; mais ce fut Cassibelan, sou frère, qui lui succéda.

Ici l'histoire des deux Bretagnes prend un nouveau caractère; la scène s'ouvre, les Romains apparaissent. La petite Bretagne, aperçue par les légions de César, sort de son obscurité. Les deux contrées sont dévouées à la conquête. C'est une proie nouvelle, offerte à la cupidité du peuple qui veut porter jusqu'aux bornes du inonde les limites de sa domination. Attaquées avec l'immense supériorité de l'expérience, de la civilisation et des arts, elles seront vaincues; mais elles devront le secret de leur force à leurs propres malheurs.

Le récit de la conquête des Gaules armoricaines peut se lire dans les Commentaires de César. Je me garderai de le répéter. Je ne puis, toutefois, résister au besoin de faire connaître le caractère que déployèrent les Bretons péninsulaires, dans une lutte sanglante où le bon droit, le patriotisme et le courage, succombèrent sous les forces immenses et l'impitoyable habileté des Romains.

Jules César venait de pacifier les Gaules après une longue, mais inutile résistance. Il avait placé des légions en quartier d'hiver à Chartres, à Tours et à Angers. La septième légion, sous le commandement dePublius Crassus, gardait ses aigles dans cette dernière ville. Les subsistances étaient rares, et Crassus avait envoyé des tribuns équestres dans les principales provinces de la Bretagne, afin de hâter le paiement du tribut et de veiller à l'envoi des approvisionnemens. Trébius et Terracidius s'étaient rendus chez les Eusébiens, dont la ville de Dol était la capitale; Marcus Trébius et Gallus chez les Curiosolites, à Tréguier; Qui Il tus Vélanius et Titurius Gillius chez les Vénètes ou les habitans de Vannes. Ces derniers s'imaginèrent qu'en retenant Gillius et Vélanius, ils parviendraient à se faire rendre les otages que Crassus avait choisis dans les familles les plus honorables.

Les Eusébiens, à leur exemple, s'opposèrent au départ de Trébius et de Terracidius. Les princes, les chefs des sénateurs, s'envoyèrent réciproquement des ambassadeurs, s'engagèrent à ne rien entreprendre que d'un commun accord, se promirent de s'exposer aux mêmes dangers et de subir ensemble les conséquences rigoureuses des événemens qui se préparaient; et 'ils sollicitèrent les autres cités de repousser la servitude que leur avaient apportée les Romains, et de ressaisir la liberté qu'ils tenaient de leurs pères. Toute la région maritime accéda sans balancer à cette proposition, et dès qu'on fut assuré de son adhésion, les Vénètes et les Eusébiens députèrent vers Publias Crassus pour lui proposer l'échange des otages.

Crassus se hâta d'informer César de cet événement. Le général romain fit construire des navires sur la Loire et la côte Pictavienne, et donna l'ordre de réunir des mariniers et des pilotes, qui devaient se trouver prêts à l'époque où lui-même aurait rassemblé son armée.

Les Vénètes ne doutaient pas que César ne leur fît un grand crime d'avoir jeté dans les prisons, d'avoir mis aux fers les envoyés de Rome, dont le nom seul était alors la terreur des nations. Le péril leur apparut dans toute sa grandeur, et ils résolurent de l'affronter. A cet effet, ils préparèrent tous les objets nécessaires à l'armement de leurs vaisseaux. Ils n'ignoraient pas que les Romains n'avaient que des connaissances imparfaites sur la topographie de leur pays et la situation de leurs ports, que leurs chemins étaient après et difficiles, et que les armées ennemies ne pouvaient, à défaut de vivres, rester long -temps sur leur territoire. Il est bien vrai qu'ils avaient été déjà victimes d'accidens qu'ils n'avaient ni prévus, ni supposés. Mais ils se confiaient en la bonté de leur cause; ils possédaient de meilleurs navires que les Romains; ceux-ci n'avaient jamais pratiqué les plages, les îles, les retraites où. l'on se proposait de les attirer et de les combattre -, la navigation de l'Océan était tout autre que celle des fleuves ou de la Méditerranée; ils s'armèrent donc décourage, approvisionnèrent leurs forteresses maritimes, assemblèrent leur armée navale à Vannes, dans le golfe du Morbihan ', point vers lequel ils pensaient que César dirigerait ses efforts s'adjoignirent les Léonais, les Trécorenses, les Nantais, les Diablinthes, et envoyèrent des messagers dans la grande Bretagne pour solliciter des secours.

César pesa toutes les difficultés de l'opération qu'il allait entreprendre. Il jugea que, dans l'état des choses, il serait imprudent de pardonner l'injure faite à Rome, ou à lui-même, dans la personne de ses chevaliers, la rébellion après la foi jurée, et surtout la conjuration de tant de villes. Toutes les Gaules avaient les yeux fixés sur l'Armorique péninsulaire. Le plus insignifiant des événemens pourrait attirer au combat des hommes qui aimaient encore la liberté, et qui ne sentaient qu'en frémissant les liens de la servitude. S'il différait un instant sa vengeance, le feu de la révolte, en se propageant, allait le plonger dans un embarras inextricable.

César songea donc à frapper des coups décisifs, avant qu'un plus grand nombre de cités entrevissent la possibilité de lui échapper. Il chargea Titus Labiénus, à la tête d'une cavalerie éprouvée, de contenir Reims, les Belges et les Germains; il confia la défense de l'Aquitaine à Publius Crassus, avec douze cohortes; il envoya trois légions, sous les ordres de Quintus Titurius Sabinus, contre les Un elles ou Dinanais, les Trécorenses et les Corisopitenses; il donna le commandement de l'armée navale à Décius Brutus, en lui ordonnant de suivre les côtes méridionales de la péninsule et d'aller combattre les Vénètes; et lui-même, suivi de ses légions d'élite, s'avança, par terre, contre ce peuple infortuné. Les Diablinthes ou Macloviens coururent au secours des Vénètes.

Viridonix défendait les frontières des Uneîles. Il commandait l'armée confédérée, que de nouvelles troupes accroissaient journellement. La cause des Vénètes et des Eusébiens était devenue celle de tous les cœurs généreux. Les chefs des Aulerciens, ayant émis le vœu de recourir à la clémence de César, n'avaient •éussi qu'à provoquer l'indignation du peuple dePloërmel, qui, dans sa fureur, avait massacré plusieurs sénateurs, avait terme les portes de la ville et s'était joint en masse aux cohortes de Viridonix. Ce qui nourrissait encore la passion désespérée des Armoricains, c'est que les Romains se faisaient accompagner d'une multitude de brigands, de lâches sans aveu, appelés de toutes les parties des Gaules, et dont l'unique occupation était le pillage, le meurtre et l'incendie; l'exaspération était au comble.

Parvenu près du territoire des Unelles, Sabinus choisit une position favorable, traça un camp, s'y fortifia et se renferma dans ses tentes, comme s'il eût redouté son ennemi. L'ardent Viridonix fit de vains efforts pour L'attirer au combat. Les Armoricains insultaient chaque jour les clôtures des Romains qui se gardèrent de se commettre avec eux, et dont la patience devint bientôt un sujet de risée. Sabinus fit répandre adroitement le bruit qu'il était frappé de crainte. Il envoya même à ses adversaires un transfuge gaulois qui leur parla de la frayeur extrême des Romains, leur apprit que les légions de César étaient vivement pressées par les Vénètes, et que Sabinus faisait secrètement ses dispositions pour évacuer son camp la nuit suivante, et voler avec son armée au secours de César. A cette nouvelle, Viridonix et les chefs s'assemblèrent et formèrent le projet d'aller combler les fossés du camp des Romains et de les attaquer dans le désordre du départ. Les Unelîes employèrent la journée à fabriquer des fascines, et, chargés de ce fardeau, ils arrivèrent, au milieu de la nuit, jusqu'aux clôtures; mais Sabinus et les siens les attendaient en bon ordre. Ils prirent les Armoricains en face et de flanc . Les assaillans surpris, s'embarrassèrent dans leurs fascines. Le courage était égal de part et d'autre, mais les Romains avaient l'avantage du lieu, celui du sang-froid, celui de l'habileté; les Armoricains refusèrent d'écoUther leurs chefs, qui voulaient en sauver une partie, en ordonnant la retraite; et le carnage ne cessa que lorsque les Romains furent fatigués de tuer.

Pendant que ces événemens se passaient, César marchait contre les Vénètes, et son armée s'avançait à la fois par mer et par terre. Les forteresses des Vénètes étaient placées sur des rochers que la mer entourait quand elle était haute, c'est-àdire deux fois le jour; et les vaisseaux qui la proie de l'ennemi, à marée basse. Les ingénieurs romains parvinrent à élever des dignes et des chaussées, afin de donner l'assaut; mais quand les Vénètes sevoyaient trop pressés dans un lieu, leurs navires les transportaient sur un autre rocher, où ils se défendaient de nouveau. César éprouva d'assez grandes pertes; les vents avaient retardé ses vaisseaux: ils n'arrivèrent que par divisions successives, et ils se trouvèrent, pendant quelque temps, inférieurs en nombre à ceux des Vénètes. Les vaisseaux des Armoricains bretons, plus larges, construits avec plus de science que ceux des Romains, supportaient aussi beaucoup mieux l'effort des vagues. Les proues et les poupes étaient fort élevées au-dessus des eaux; des bordages de chêne d'une grande épaisseur adhéraient aux flancs par d'énormes boulons de fer; les ancres étaient attachées par des chaînes au lieu de cables; et pour voiles, ils avaient des peaux flexibles, bien tannées, bien corroyées, dont la solidité pouvait affronter les tempêtes de l'Océan ' . Il parait que les Bretons avaient déjà renoncé à l'usage des avirons.

La flotte romaine, plus légère, n'était au contraire servie que par des rames; elle devait se briser contre les masses ennemies, ou sur les rochers qui bordaient les rivages. César renonça bientôt au système d'attaque qu'il avait adopté; il voulut tenter la fortune qui, jusqu'à ce jour, l'avait si bien secondé, et il donna l'ordre à Brutus de défier au combat les Armoricains. Les Vénètes ne doutèrent pas de la victoire; et leur armée navale, sortant des ports où elle était en sûreté, vint se placer devant celle des Romains.

Ni Brutus, qui commandait la flotte romaine, ni les tribuns des chevaliers, ni les centurions à qui les vaisseaux étaient confiés, ne songèrent d'abord à la possibilité du succès. Les traits que leur lançaient les vaisseaux bretons, les frappaient de haut en bas avec une force extrême, tandis que les leurs, tirés de bas en haut, manquaient tout leur effet.

Mais le vent venant à faiblir, les Romains s'aperçurent que leurs ennemis perdaient les moyens de manœuvrer avec facilité, l'aspect d'un inévitable danger leur suggéra un merveilleux expédient; ils préparèrent de grandes faulx, semblables à celles dont on se servait pour la défense des remparts, se placèrent côte à côte des navires armoricains, et déployant une rare intrépidité, ils parvinrent à couper les cordages qui servaient à la manœuvre des voiles. Les Vénètes se trouvèrent bientôt dans l'impossibilité de se mouvoir. Il ne restait qu'à se battre corps à corps, et les Romains montrèrent une ardeur d'autant plus vive que la bataille se donnait sous les yeux de César, en présence de l'armée de terre qui occupait tous les postes élevés du rivage, et qu'aucune action glorieuse ne pouvait rester inaperçue.

Le sort de la malheureuse Armoiique lut décidé. Les Romains escaladèrent ses navires; ils en prirent un grand nombre; les vaisseaux même qui avaient évité l'atteinte des faux tranchantes, se virent attaqués, au milieu d'un calme absolu, par des forces supérieures. Quelques uns s'échappèrent à la faveur des ténèbres.

Un peuple tout entier tomba dans un seul jour. Cette défaite fut d'autant plus désastreuse, que la jeunesse et l'âge mûr étaient accourus de toutes parts, afin de défendre l'indépendance et la liberté bretonnes. La plupart des guerriers préférèrent la mort aux fers que leur présentaient les Romains. Les forteresses, privées de défenseurs et de subsistances, se rendirent successivement à César, qui se vengea d'une manière barbare. Il ordonna, de sang-froid, le massacre du sénat des Vénètes, et fit vendre à l'encan toutes les familles qui peuplaient la contrée.

Il paraît que les habitans de la. GrandeBretagne n'avaient pas été sourds à l'appel des Vénètes, et que plusieurs de leurs vaisseaux avaient combattu avec la flotte qui succomba sur les côtes du Morbihan. Ce fut pour Jules César un prétexte de guerre; et, le 16 du mois d'août de la cinquante -cinquième année avant l'ère chrétienne, il traversa la Manche avec deux légions. Ses premiers succès furent douteux, si l'on en croit Lucain faisant parler Pompée Il revint, l'armée suivante, avec cinq légions et plus de deux mille chevaux, et trouva un adversaire digne de lui dans Cassibelan, qui, suivi de plusieurs rois, ses sujets, repoussa les Romains à Dorobern ', et les força d'ajourner encore leurs projets. Mais tandis que Cassibelan célébrait sa victoire par des réjouissances, il était trahi par Androgée, son neveu, qui livrait Trinovante à César. L'armée de Cassibelan, divisée, fut facilement défaite; et l'infortuné capitaine se soumit à payer aux Romains un tribut annuel de trois mille livres d'argent.

La grande Bretagne, après la mort de Cassibelan, ne tenta que des efforts partiels pour se soustraire au joug des Romains, qui s'appesantissait sur elle. Son histoire, jusqu'à l'époque où le premier des Constantins monta sur le trône des Césars, ne serait ici qu'un tableau sans intérêt des nombreuses misères infligées aux peuples par les passions des grands.

Les diverses provinces bretonnes étoient gouvernées, sous la domination suzeraine de l'empire de Rome, par des princes qui prenaient le titre de rois ou de ducs, et qui reconnaissaient encore la suprématie du roi de Trino vante. L'un des derniers, nommé Cohel, d'abord duc de Kaereolum ouGlocester,futpère delà célèbre et pieuse Hélène, la première impératrice que les tidèles aient placée au rang des saints, la mère du grand Constantin ' . A la mort de Cohel, Octavius, son frère,, duc de Windisiloie ou Windsor, s'empara du trône de Bretagne. Constantin avait disposé de cette couronne en faveur d'un autre frère de Cohel, et il lui donna des troupes pour combattre Octavius, qui se vit forcé de chercher un asile en Norwége. Mais son antagoniste ayant péri par un accident imprévu, Octavius remonta sur le trône, et vécut en paix jusqu'au règne de l'empereur Gratien.

Octavius, accablé de vieillesse, et désirant pourvoir au soin de son gouvernement, rassemblâtes grands de ses Etats, et leur demanda conseil sur le choix de son successeur.il n'avait qu'une fille; mais il lui restait un neveu, et ce neveu était Conan Mériadech. Les conseillers furent d'opinions diverses. Quelques uns pensèrent qu'il serait convenable de marier la princesse à quelque souverain étranger, en lui remettant une dot en numéraire, et de réserver le trône à Conan qui le méritait. D'autres parurent s'étonner que l'on cherchât un héritier quand il existait une héritière. Le duc de Cornwall, Caradoc, ouvrit un avis différent. La Bretagne, disait-il, avait apprécie les talens et les vertus de Maximus, (ils d'un oncle d'Hélène, romain de nation, et tout à la fois du sang royal de Bretagne et de celui de l'Empire. Il proposait de l'appeler à Trinovante, et de lui confier la couronne et la fille d'Octavius. Cet heureux hymen devait être le gage d'une paix éternelle avec les Romains. Le conseil se sépara sans rien conclure. Conan sortit indigné.

Tandis que les princes étaient divises, qu'une rumeur croissante se propageait de province en province, et que des partis se formaient, Caradoc, sans perdre de temps, avait-^envoyé à Rome son fils Maurice, avec un message pressant pour Maximus. Le vieux breton connaissait l'ambition du général romain et son génie entreprenant. Il savait combien ce cœur énergique s'était trouvé blessé lorsque Théodose avait reçu la pourpre romaine. Il devinait son avenir, et il l'engageait à venir épouser la fille d'Octavius,qui mettrait sous ses ordres une foule de braves chevaliers, tandis que son nom, que son rang, que sa valeur détermineraient les légions romaines, fatiguées du ciel brumeux des îles britanniques, à le suivre en Italie, et à faire valoir ses sur les côtes de la Grande-Bretagne avec de nombreux amis. L'arrivée du général romain étonna le vieil Octavius, qui penchait pour son neveu Conan. Sa première pensée fut que les avares dominateurs du monde lui demandaient de nouveaux tributs. Il appela Conan et lui ordonna de réunir ses chevaliers et de marcher à la rencontre de l'étranger. Conan vit bientôt accourir près de lui la plus brillante jeunesse, et il se présenta au Port-Hamon où Maximus était campé.

Ce guerrier songeait aux suites probables de sa témérité, et s'indignait d'avoir accédé si légèrement aux insinuations de Maurice. Les hommes qui l'accompagnaient, bien que ce fussent des gens d'élite, étaient hors d'état de se mesurer contre une armée dix fois plus forte. Maurice, qui connaissait les mœurs de ses compatriotes et les adroites menées de son père, lui conseilla de faire sortir de son camp douze personnes d'un âge vénérable, élevant des branches vertes en signe de paix, et chargées d'annoncer que Maximus n'avait d'autre mission que de porter à Octavius des mandemens impériaux. Les chevaliers bretons les accueillirent et leur demandèrent par quel motif ils étaient si nombreux, car ils avaient plutôt l'air de chercheurs de querelles que de pacifiques envoyés. Maurice porta la parole; il répondit qu'il n'eût pas été séant qu'un si grand monarque se fût présenté seul et sans armée, d'autant qu'il n'ignorait pas que plusieurs chefs le haïssaient à raison des actions éclatantes de ses aïeux, et de la puissance de Rome qu'il représentait.

Des historiens le font naître en Espagne , et de basse extraction : ils ne désignent pas le lieu de sa naissance. Maximus se vantait, suivant eux. d'être issu de sang royal , et ils ne disent pas quelle est la race dont il sortait ou prétendait sortir. Ils écrivent qu'il vint en Bretagne pour la première fois, a la suite de Théodose. Nos chroniqueurs affirment que Théodose l'y trouva et lui conféra le grade de général.

Conan voulait la guerre; Caradoc et d'autres hauts seigneurs l'en dissuadèrent. Le glaive rentra dans le fourreau, et le chef breton escorta Maximus jusqu'à Trinovante, et l'introduisit près de son oncle.

Mais Octavius se survivait à lui-même; et le titre de gouverneur de la GrandeBretagne, dont l'empereur Gratien avait décoré Maximus à son départ, valut à ce général un parti formidable; il épousa la fille d' Octavius, et devint héritier de la couronne (an 381 de J.-C.). Conan se rendit en Albanie, arma des Pietés et des Ecossais, et déclara la guerre à Maximus J . La lutte fut sanglante; le sort des combats parut long-temps indécis; mais les légions romaines, ébranlées par les promesses de Maximus, l'ayant proclamé empereur, il demanda une entrevue à Conan, lui dévoila tous ses projets, et offrit à son ambition une partie de l'empire que sa nouvelle position lui ordonnait de conquérir. Il ne mettait à ses largesses d'autre condition que l'amitié du prince breton et le secours de son bras. Conan se donna sans réserve à l'usurpateur.

Les historiens ont raconté diversement l'événement qui plaça le diadème impérial sur le front de Maximus. Selon Sulpice Sévère, les vieilles bandes romaines, reléguées dans la Bretagne, regrettaient le séjour de l'Orient, ses vins, ses fruits, ses mœurs polies, et se plaignaient d'être bannies sous un climat glacial, loin du beau soleil de leur patrie, au milieu des marécages et des forêts, chez un peuple de sauvages; l'armée en tumulte se donna un empereur dans l'espoir de retourner à Rome; Maximus ne pouvait refuser la pourpre sans péril, et l'ayant reçue, il devait la défendre par les armes. Sigebert prétend que le soulèvement des soldats ne fut que la conséquence de ses intrigues. Paulin sur Eutrope assure qu'il repoussa d'abord avec indignation les propositions qui lui furent faites, mais qu'il se vit contraint de les accepter. Prosper déclare qu'il lut choisi par les chevaliers romains, et confirme par les soldats. Quoi qu'il en soit, il vit que sa destinée l'entraînait inévitablement vers l'empire ou à la mort: il n'était plus temps de réfléchir.

Le vaillant, le hardi, le généreux Conan rassembla ses amis, ses alliés, ses serviteurs, tout ce que la jeunesse de l'île comptait de brillant, de brave et d'aventureux. L'air martial des cohortes qui se formèrent sous sa bannière, anima les légions romaines d'une nouvelle ardeur. Elles se promirent la conquête du monde, s'embarquèrent suivies de plus de douze mille Bretons, et firent voile vers la péninsule Armoricaine (an de J.C. 383.)

Je m'arrête. L'histoire que j'entreprends de donner au public commence au moment où la flotte de Maximus toucha le rivage de la Péninsule. Je ne quitterai désormais son territoire que lorsqu'il sera nécessaire d'expliquer, par des événemens étrangers, ceux qui décidèrent de son sort. En rappelant mes souvenirs, je vais évoquer de grandes ombres. Je montrerai une nation simple, ignorante de fraude, laborieuse, patiente dans l'adversité; dans la prospérité, généreuse; forte d'ame et de courage; loyale surtout, et d'amitié franche et bonne. Je la montrerai dans toutes les situations où l'ambition des grands jette les peuples, ses instrumens; tourmentée par les guerres, les superstitions, la misère, les mauvaises lois j repoussant les unes par la bravoure, les autres par la morale, le travail, la constance dans la poursuite des améliorations sociales. Si je parviens à conquérir pour elle l'intérêt qui s'attache à l'originalité des faits, le respect que sollicite la peinture naïve des vertus publiques et privées, l'admiration qui s'éveille au récit des grandes et nobles actions, j'aurai fait connaître la Bretagne, ma patrie, plus belle encore à mes yeux que je ne saurais le dire.

INTRODUCTION

The face of ancient Britain has not fully erased by the mixture of his native breeds with alien races: the broad strokes and ori- ginal still report to the attention men.

Three centuries have passed since that this country has seen the fall of the last barrier defending their individuality. Held in the heritage of the Bourbons, it has seen its own laws successively lowered to the system of laws general, and its old customs have disappeared, changed his habits drunk, it now engaged, with his brilliant idiom, his politeness, his knowledge, his industry and his glory. But under the edge of bursting the veil, if all of this tissue similar to itself, the eye distinguishes still remains a surprise with the Gauls, of the hard men of Armorica, last custodians of language and memories.

Uniformity of the desert sands spread a great interest on the rock of Oasis, the fountain alone, and only palm shade.

Gaul, invaded by legions Roman, quickly adopted the case law uses the same language winners. The altars of Jupiter and Vesta arose under the oak of Teutates or Belen, the great leader of the Druids was covered with ornaments of the Flamen, and soon, both disappeared before the ardent prayer and sang the old active announcing the unity of a highly God of peace and equality of men, foot of the cross of Jesus Christ. Warlike tribes who fled the north, its frost and misery, succeeded the Disunited or degenerate Romans, they divided Gaul, and their leaders in bending his forehead as the hand that poured the water of baptism, brought an infringement of the last expiring ghost of polytheism. The piety of the kings and peoples multiplied and enriched and the prelates the cloisters. Most of these learned men took refuge dark ages in monasteries, and there, under the protection of the princes of the Church, they prepared or restored these chronicles, these titles, these charters, these legends of tireless writers have drawn the materials of the history of France.rials of the history of France.

Armorican Brittany was not a for none. Attacked by the Romans, with this clever tactic that the made them masters of the world, it yielded no doubt their influence, like all Gauloises nations, but it only yielded the last. N'adorèrent or its people Jupiter, or Vesta, or Mercury, and they continued to bring their offerings to priestesses of the Isle of Sene, the aged Islands Nésiades and Broceliande forest. It wrote that the temple had been built in honor of the deities Latin in the cities occupied by the slationnaires legions, but the fact remains no trace, and can not find anywhere hand, in Britain, these medals the Romans were so prevalent profusion in Burgundy, Provence, in Guienne, and even in Normandy. The struggle that arose between the religion of Jesus Christ and that of the Druids was immediate, and the transition from one to another was more prolonged than love of solitude, retired to the woods and near the fountains, the use of public preaching, and the announcement of a God avenging and rewarding, part also to the Christian apostles and their opponents, left longer in indecision and an ignorant superstitious. In the seventh century, there was still the Druids in Britain. A this time too, the Christian monasteries had become numerous, but the Druids were the custodians of national history, and as they wrote nothing, history Armorican set to, and entrusted to the memory of the Bard, vanishes with the last of the worshipers Hy-ar-arms. The fact remains that milk isolated, collected by monks, often denatured, and drowned in a sea of fables.

If we add to this discussion that in his writing have penetrated more easily than in Britain, which the language was a barrier peninsula 'insurmountable their progress if we want consider that the kings of France were constantly at war with the kings of Britain and the French chroniclers the early ages, regardless of national bias, were still at the bottom the cloister, to represent a direct interest in a false light, or leave it in Shadow Nation Breton, whose bold bishops refused to recognize the supremacy of the metropolis Tours, we will not be surprised by the innumerable difficulties that have frightened the Modern historians, when they wanted show France one of the most interesting parts of herself.

It is strange, but it is real, that all Whenever men, worthy of the name historian, wanted to put in labret ^ to the level it deserves to occupy, he raised against them storms they rarely have the strength to resist. The Bertrand Argentré old was forced, in his dedicatory epistle to King Henry III, to complain of slanderers, to recall forty years of faithful services, and apologize for saying the truth, confirming judges blameless and authority of decisions of the Courts sovereign. It does not retracted any of his words, but he died of grief in disgrace. All wisdom, all the accuracy of the fathers of St. Benedict could not protect them from persecution, and if dom Lobineau was not enclosed in a narrow prison, he owed his freedom to moderation of the first magistrate of the kingdom, which would not attach to crimes of state, including the abbot of Vertot accused the religious scholar, the importance that the rhetorician claimed v dis vrir. Doni Lobineau However, reduced silence, broke his pen now iuulile.

These rigors strange to historians whose life seemed doomed to cult of truth, are now difficult to understand. They came in Generally, the pride of a throne than cowardly sycophants took for offended because the ancient annals Breton did not recognize the suzerainty but a more serious interest was connected with this issue. Brittany, made in dot to the kings of France, by successive marriages of Anne with the Duchess Charles VIII and Louis XII, and that of Madame Claude with Francis I, was retained the privileges, rights, freedoms, she argued vigorously whenever it was there reached. It explained so highly and so steadily, that ministers Absolute, which claims its troubled rest and thwarted the designs, sought to belittle the value of its securities, or even destroy them. This was prove that Britain had never formed an independent state, the kings it boasted had been merely counts, or at most of the Dukes, under the crown of France and its claims of unparalleled franchises all crumbled before the power gave more real than the suzerainty. A host of venal pens, produced by the stewards, hastened to outlaw Britain would not consider it as as a fief held by Normandy denied the facts on the most authentic, and we persecuted writers who, faithful to the order of events passed, respected in the story a sacred monument, similar to the ark of the Lord.

The issue of movement of Britain, the conquest of this region by Clovis, have more interest in our days. Learned of the first order were exhausted, they focused the light in the labyrinth of Chartres and acts which are lost the evidence of history and is essential that each historian goes through every turn like them. it is also important that it saves its readers the tedious discussion of the dates and conflicting stories on which it due. engage. This is the first law that I imposed.

The new generation, one that is Today the scepter of the opinion, has highly expressed the firm conviction the historical narrative must reproduce true and fair view of the times it describes; and the success of a few good books demonstrated the absurdity of the system that was talk, and think Agii men's ninth century as those of the nineteenth, or cut ever the narrative, to introduce ideas on the morals and the general spirit. The conduct of events is the expression even public morality and the movement imparted to the social body. It is not necessary to make separate sketches, to bring to the attention of the reader. These are consequences that he will know deduced from itself, if the color of picture is true, if the characters are grouped as nature had placed them, If the costume is faithfully observed. I I am strongly committed to this suit, this color, this movement in the work which I venture to publish. If I could not, it's not the fault of the history of Britain.

All peoples have the singular vain to trace their origin to fabulous time. If we vcui believe our old chroniclers, France to his son to some of Hector, survived the great disaster of Troy. The Britain is not left behind. It was populated, and England, for a descendant of the pious Aeneas, and as I eyes all the time series the kings who succeeded since Ascanius jusqu'à Conan Mériadech, which favored the usurpation of the Emperor Maximus, and founded the domination of his own race in the Brittany peninsula. Most modern historians have scornfully rejected what they called fables, without considering that these fables are the same mingled truths, and they took away Breton to face the distinctive feature that could be used to characterize. The story, of course, is based only on milk proven, but there are times when the absence of indisputable authorities should not silence the conscientious writer. In reporting the facts as have seen the old writers, through their prejudices and their interests, he describes at least the appearance of time, it is sobering on the minds of people and rudders, and I believe that it is sufficient to prevent both its readers to be free from reproach of credulity or station. Warn each fact other than the story itself, would doubt their lights, and he would scruple. I will submit a brief mine some of the concepts We remain on the events which was preceded the conquest of Conan. These concepts serve as prolegomena to the history of early Britain.

Armorican Brittany, or the Western Peninsula of Celtic Gaul, is formerly consisted of six main townships, inhabited by people of the same origin, speaking the same language, constantly united by the similarity of interests, but administered by governments independent of one another. The Romans gave these peoples names Diablinlhcs of Rliedones of Nannette, of Curiosolites, Veneto and Ossismiens. The territories they occupied were divided into districts, whose boundaries have puzzled geographers. But the district was following CPII the establishment of Christianity in Britain, and the establishment of bishoprics, towards the end of the fourth century, can solve most problems. The Diablinthes, meeting with and Unelles Aulerciens, took the name of Maclo \ Malouins or inks. The Rliedones or Rennes, Nantes or the Nannette, the Dolenses or Dolois, retained their former names. The Lexobiens Biducenses and separated Curiosolites of which disappeared, and became the Tre'corenses or Tréguier people, and people or Briocenses SaintBrieuc. The westernmost portion of the country of the Veneti, together with the Curiosolites debris, formed the diocese of Corisopitenses or Quimper, and Ossismiens continued to call or Légionenses Leone, according to the expression that the Romans used to designate them. The Diocese of Quimper was also known at that time, under the name of Cornu-or Cornonaille Gallio, and the division of northern Brittany, which included the Dioceses of Leon, Saint-Brieuc and Dol, under that of Donnonée. These names have replaced those of Letanla prima and secunda Letania, by which the Romans showed the Both parties rely FArmorique Peninsular.

I beg to forgive me these details they are necessary for the understanding of the story.

It is remarkable that no can write the story of a former any part of France, without be forced to resort to foreign authors. A thousand years after passing the Rhine, the French had no other historian Gregory of Tours, "holy bishop "Without doubt, 'said Bertrand Argentré, ((But poor and poorly taught in this subject, "And even a monk Aymoin, legendary "Indiscriminately, and wrote that "Broken Verses. "This dearth of national authorities gave credence to certain prejudices, who settled because they had no opponents. So we published the Armorican Britain owed its name to Conan Mériadech conquest, and yet Strabo, who lived in the century Augustus, says positively that in the Loire embouchuve existed from the time Scipio the African, a large city he calls Britannica. Pliny, describing the people of Gaul, neighbors shores of the sea, the coast of the Britons speak Gallic, Brïtannos ingallico littorea. Martial uses words veteres Bracco britons pauperis, to designate certain clothing necessary in the face of our days from the Breton peasants, under the name bragou arm. Juvenal says: "Quà ultimate terribile Cimbri necBritones unquam" Sat XV and all these writers lived several centuries before the holiday companions of Conan would have rather long imposed to achieve a new name for Brittany peninsula.

Men are not born spontaneously, and we do not indigenous peoples. It is extremely probable that the inhabitants of the islands are from the neighboring continents. Tacitus in the life of Agricola, has suggested that the the island of Britain was populated by Gallic families, and the venerable Bede, who wrote at the beginning of eighth century, who read one of the men the most educated of his age, that England is proud to have produced, says in his Ecclesiastical History, that the early inhabitants of Great Britain came from Armorica, and they settled first in the southern part of the island. The testimony of Bede is almost indisputable, cl worth the most. But if you want to know the system that many scholars have adopted, I would say when the three sons of Noah, Shem, Ham and Japheth, departed the earth their families, Gaul that was the then called Celtic, fell to Gomer IILS Japheth. This patriarch settled in Armorica; begat the Celts gomérites or gombrites, including language, the gomérac'h, legombrac'h and Breton, has been preserved in the small Brittany countries of Leon, Cornwall, in Valves and Tréguier, and the greater Britain, with Wales, of Wales and Montgomery. This is the formal opinion of the learned Rector of Bishopton, Edward Davies.

It was also one of the famous La Tour d'Auvergne, passionate, as a writer for the antiques from Brittany, he appeared as a soldier for the glory of France. I dare to speak after him, for or against Gomer and his descendants, but it seems to me that without looking profane the mysteries of the ark, it is easy to establish that language, now spoken in Lower Britain is a fairly pure debris Celtic language Gaulish. This portion of the Avmor was the end of world, finished floor. If the Romans penetrated to its western limits, they were content to place isolated garrisons, which had no influence on the popular idiom. Hordes from the north, the Visigoths, the Burgundians, the Franks, barely touched at its borders, and there founded no colony. Kings, princes of Jes Britain, were never selected a foreign blood. The warriors who accompanied Conan were of the same race the natives, and they had the same language. We welcomed them as liberators, and these winners, few, were too happy to adopt the customs of the vanquished who admire their families. Can we doubt that the language they spoke was with slight modifications, the one we are still speaks today? Is there any doubt that it is still a language beyond Celtic? Although the probability at least come together in support of this assertion.

I named Conan Mériadech. This is the founder of the kingdom of Britain, one of these heroic figures around which our ancestors group of nobles actions, great deeds, great virtues. Conqueror and legislator, he had glory to erase the last traces of polytheism, to reverse the last Druid altars of religion, and raise debris on their generous cross of Jesus Christ and the episcopate. His reign, fruitful in events, will begin my story: not, however, that it is impossible j challenging it can be dated as Nomenoe, head of the second dynasty, and everything that preceded it, written by monks or novelists, has been influenced by their position and their prejudices, but part of the story of little Britain linked for several centuries, and in nine kings in succession, the history of the great Britain. The chroniclers give a common origin for these two states. These columnists are numerous, and their stories differ only in minor details'. Here is the abstract of the times that preceded the conquest of Conan.

The pious Aeneas had left the throne of Latin to his son Ascanius who handed in dying, his brother the crown Sylvius, only child of Lavinia. An offspring Ascanius, who was also the name of Sylvius, married Lavinia one second, which filled all her wishes by giving it a son, but the birth of this child cost life to his mother and soon Augurs foretold a fatal destiny. In Indeed, this unfortunate prince we named Brutus, killed his father in the hunt by a cruel mistake, and in charge of public hatred, he fled to Greece, where he found a home near the old Helenus that Pyrrhus had taken into slavery, and who still lived at the court of Pandrase. Brutus seized various opportunities to deploy its value. He reads from friends the rulers of Epirus and became the hope of the Trojans and their prisoners descendants, who met the number about seven miles and recognized leader. Brutus does not repudiated title which required such great obligations. He retired to the woods with his new companions, placed garrisons in the fortified heights, which were delivered by a young Greek prince, son of a Trojan, and after providing the needs of his friends, he sent Pandrase messengers to beg take pity on the last remnants of Troy, and to grant them freedom with permission to live in the townships they occupied, or to leave Greece and go to foreign lands ask for hospitality. Pandrase far to go to these humble requests, collected a army and rebels marched against the Trojans, but he was ambushed. While he was besieging the fortress of Spartanum, Brutus came to attack the rear of his army with three miles determined men. Pandrase troops were defeated, and himself, arrested in his flight by a river, remained in to the Trojans. Favorable treatment these unfortunates was the result of this event. Pandrase gave them freedom, and made a present of several vessels to withdraw where the gods would take them. Brutus married Princess Inogen, one of the girls Pandrase '.

The chief and his companions began to sailing with the intention to seek a suitable land and to found a colony. They rushed into the Mediterranean, and landed in a small island pirates were devastated. These criminals had met a temple Diane, the goddess manifested in men in their sleep. Brutus the begged to show him the land he was living, and pointed to a deity western island, far away, it must recognize its whitish color. The adventurers took over the sea, reached the coast of Africa, and prolonged, heading always i West. They spent the Libyan sands, the promontory of the Gulf of Hermes Rusticade, mountains Numidia Maulue the river, Mauritania Tingitana, and finally found themselves in the Wed Tyrian, where they met the remnants of the Trojans who had followed Anthenor, commanded by then Corinée. These illustrious exiles wept by joining, they decided to run the same chance, and they succeeded together at the mouth of the Loire. They landed at Ratiate today Retz, near Saint-Nazaire, and they raised their tents. (836 BC. JC)

The inhabitants of the country, dissatisfied this strange neighborhood, ran soon under the leadership of one of their kings, and attacked the Trojans, who put to flight and pursued them in up the river to the place where is now the city of Tours. But it was not that the gods reserved for peaceful Brutus. It went down the Loire, followed the coast Armorica Peninsular etparvintà the end of Celtic sea region. He took land. The situation seemed nice. Of beautiful forests, green meadows, springs Whitewater, told him fertility ground, but he ran unsuccessfully this beautiful countries, there is no resident met. Most Trojans, tired of of unnecessary running simply wanted their journey, and solicited to Brutus set on earth no one their arguing. Brutus said he would try yet the seas to obey the order of gods, but he had no objection to this point that some of his companions determined to stay on this shore. They indeed cast the foundations of a city they called Occismor (Saint-Pol de Leon), and gave the country the name of Britannia. The Trojan prince remounted his ships to seek the island that seemed to flee before him. He saw two days after his depArthure, he winds lurent el favor he landed at the port of Tolonésie. The conquest cost little eiforts the Trojans. Brutus their shared this land as desired, the plow soon rendered productive; houses rose on every side and on the banks of the Thames, built a city that Brutus New Trojan named or Trinobantes. It was called then Kaerlud; is Today the city of London. Corinée gave its name to the province of Corinwall or Cornwall, which fell to the lot; and the entire island, as the Gallic Peninsula, was the name of Britain. His series of rulers will lead us Conan Mériadech.

Read Lrois Bru was the son of his wife Inogen, Locrius, Albanatus and Kember. After twenty-four years of reign, and he died was buried in Trinobantes. His son divided the inheritance of their father, Locrius ruled some central provinces, who took the name of Logres; Kember, the in the western provinces deCambrie is actuellemenl Wales; Albanatus merely a part of Scotland, or Albania.

They lived in peace, when Humber one of the kings of the Chersonese Cimbrian, down in Albania, fought Albanatus andTHE killed. Locrius and Kember, quick to avenge the death of their brother, the attacker continued to the banks of a river immense when he was drowned, and who took the name of this adventurer. The princes seized the ships and three Humber young virgins, one of which, the beautiful Astrilclc, daughter of a king of the Germans, had been torn from his father by the soldiers of pirate. Loerius became enamored and wanted to marry, but Corinée, which he had looking for the girl reminded him of his oath, etLocrius, true to his word, married Guendo'lerj. The princess gave him a son named Madan. However Loerius had Astrildej not left it was hidden to Trinobantes, and a daughter she named Savren, introduced him in his solitude the sweetness of a mother's love. After Corinée death, repudiated Loerius Guendolen and brought up on Waxbill throne. Guendolen, head of the troops Cornwall, claimed the rank which belonged, and fought the infidel who perished in battle. The girl of Corinée seized the crown, and revenge, by precipitating Waxbill and daughter in a river, since that time, or call the Severn.

Madan reigned forty years. After his death, his two son, Memprice and Malin, contended for the empire. Malin Memprice murdered on the board as he had called. He proscribed all that great he feared the power, and covered with their blood, he devoted himself to the most infamous pleasures.

But the most wicked kings were, as the best, as the years whose number is limited. Memprice was devoured Wolves in the twentieth year of his reign. Lopped his son succeeded him. It was a tall, extremely strong and an adventurous character. It was the first of the British princes who thought of make raids into Gaul. It soon tired of the unnecessary destruction, and attended to build cities in their own states. He had the city of Kaerbranch beyond the Humber, the city of Asclud, Fortress Montaguen today Castle of Maidens' and the Mount painful. This prince married twenty women, a large luidonnèrent posterity. It cites among his (they, Brutus escu-to-green, Margadud, Bladud, Bod, Loan, Kincar, etc.. Trimmed left the Brutus the throne to-green-escu, who passed it to his son Leir, righteous and peaceful civil wars afflicted his old age, however, they gave way to wise provisions of princeRudhudibras, who also built the cities of Kaerleii, Guiton and.

Rudhudibras was replaced by Bladud. This monarch laid the foundations of Kaerbarum or Bath, and was one of the men the most ingenious of his century. Or her is the first public institution of thermal baths. He was a great magician, enebantemens and created these inextinguishable fires, retained in the womb of the earth, and to transmit water Bath their warmth. Bladud wanted to teach his necromancy subjects. This science is to ask on the future of corpses that seem a when resurrected, and respond to questions addressed to them. Ilsufiit for obtain this result, mixing of pure water some human blood, and writing with proposals to which this liquor we want a solution. Color water, stained with blood, draws, ill minds, encourages them to enter the body deprived of life, and gives them the power to make a second call on those cold relics. Bladud received the punishment of his impiety: he makes artificial wings, but they could not the support, and he fell from the sky on the temple of Apollo at Trinobantes.

The throne belonged to his IILS Leir (Lear) which for sixty years, was worshiped of his subjects, and fixed his residence in the city of Leicester. This prince had three daughters, Goneril, Regan and Cordéiia, he loved with great tenderness. He conceived the project of their share states, and asked about the feelings they had for him to reward them in proportion to the energy their filial love. The two eldest tried to flatter him, assuring that they loved him more than anything in the world; Cordéiia answered simply that it loved him as his father. King Leir, is believer scorned by his daughter, excludes the sharing of property. He gave the southern provinces to Goneril, by marrying the Duke of Cornwall., the provinces of north Regan, who received the hand of boredom, Duke of Albany, and he reserved the half of the kingdom. The beautiful Cordelia, deprived, however, married a king of Agamp called Neustria, who summoned him to his heart. But soon the two duchesses reached by exciting the ambition of their husbands, to arm against their father. Leir is the unfortunate refuge in Gaul, near Cordelia, who placed the crown of weeping Neustria at his feet. Agamp embraced the cause of the dethroned monarch. Cordelia took itself the Army Command her husband, she went into the EII British troops offense that the two Dukes opposed him, and restored his father lous in his rights. Agamp collected the succession of King Leir, but he died few months later and ruled Cordelia during five years of the peoples adored him. However, the son of Goneril and Regan, Morgan el Cymedage, allied with the warriors who were angry to see the scepter in the hands a woman. They fomented an uprising, succeeded in seizing Cordelia, and plunged into a frightful cell. The noble princess, to avoid misfortune and outrages which threatened her, tore courageously life. Morgan Cymedage and then fought the crown. They fought in battle on the confines of the Kambris; Cymedage died, and Morgan, who became king maintained his statements in peace in the space of thirty years. The beautiful Riowal youngster succeeded him. The throne was then occupied by Gurgusc by Sicilius by Lago, for Cymmer by Gorboduc that his wife Indore, had two son, and Fterrex Porrex, new brothers enemies. Porrex having wanted to assassinate Fterrex, it passed in early Britain, where he soon returned with a great help, but he could not avoid his fate, and he died at the hands of his brother. Their mother who preferred indore Fterrex, indignant and angry, entered the night near the bed of her son Porrex, he plunged a dagger into the heart, and new Medea, its members scattered paîpitans. The people, exasperated by so many horrors, took the mother denatured and put to death in turn. The Britain, then found himself engaged in all ills that accompany a civil war. Five leaders took both the title of kings "But Dowalo Molmith son of Cloten, Duke of Cornwall, managed to delay re of its rivals. He killed his own hand in a fight, Rudanc king of Kambris, Pugnor king of Logres and Stalis, King of Albania, who had gathered against him. He subdued the entire island, decorated his brow the diadem of gold, and, in quiver soldier become wise legislator It gratiiia its people a code of laws which, in its name, were called the law Molrnithines, and many of them still observed in England in the twelfth century. It was he who first, wanted the cities, towns, roads public should be places of safety for all, and that the temple was used asylum to fugitives. Read this hero buried Trinobantes to near the Temple of Concord, erected by him, in which he got his big and the people 'Oath to ensure the performance of its laws.

Dowalo left two son, and Belinus Brennus famous. Their first impulse was to dispute the crown; but the wise advisers who had surrounded their father managed to appease them. Belinus had the Logre the Kambric and Cornwall. Brennus recognized for Overlord and ruled Northumbria from the Humber to Cathnesie (Caithness). After some years of rest, the prince sailed for Norway, to solicit the hand of Elfrige, iille the king of that country. He obtained it by Indeed, but he returned with it to the Britain, as the intention to fight his brother and dethrone him. Its vessels met at sea those of the King of Danie, Wilts, had long love of the Princess of Norway. Wilt did not let slip so beautiful opportunity, he seized the vessel was the maid, and, deserting the battle he made all sail to escape with its prey. Winds denied him their washers and threw him on the coast of Brittany, where Belinus, educated projects Brennus, waiting, under arms, the arrival of his brother. Wilt, surrounded by Belinus troops, offered this princile aid of his soldiers. The battle was terrible, but Wilt was fighting for love and freedom, he performed prodigies of value, and read Brennus defeated. King of Danes is a tribute to the statements King Breton, who received the vessels brought back in triumph to his subjects, with his beautiful wife.

But the young warriors of the little Britain and Neustria came in crowds to the colors of Brennus pushed, but not defeated; and constantly increasing its Belinus cohorts. Towina Queen, their mother, inspired them the most generous sentiments. The two brothers went together Gaul, met countless battalions rushed to the top of the Alps, fell like a torrent of Italy the soft, subdued the Tuscans and the Etruscans, and entered the v it in Rome.

After this memorable event, Belinus took the road of its states. Brenuus remained in the country he had conquered, Bed peace with the Romans marched Macedonia, and formed the project to go Delphi plunder the temple of Apollo; but he perished miserably. Most the Gauls who had followed the adventurous chef passed into Asia Minor, it fixed, and their descendants silent known Tectosages of Galatians.

Belinus died after a glorious reign and was buried in Trinobantes. Gurgunit Bardut his son, declared war the king of Danie, who refused the tribute which he had committed, he defeated and killed him. Guthelin, who then turned the scepter of Great Britain, ruled his people wisely, and gave them to Queen Marcia's beautiful, a princess of great virtue and a rare find, who wrote a code of laws that called Marciana, and that long after, the great Alfred translated Saxon language, as the marcelage. Sicilius, Rimer, Danius, the fierce Mornid, Gorbonien the wise, the crafty Arthagalo, succeeded to the throne. This Arthagalo was deposed by the barons, who Elidure crowned his brother, model gentleness and piety. Three times dethroned by his brothers, comes to torture, immersed in cells infected three times restored by the will of the people, refused Elidure constantly revenge to him offered, and showered his blessings to executioners. After him, the enjoyment Royal successively belonged to Morgan, Idwalo to Euman to Rimo to Seroncius, to Coïllus, a series of princes whose names do not recall any brilliant action. Their battles, their triumphs, their magnificence, are erased from the memory of men, and were deposited in the archives have disappeared like them. Belgabred, however, read one time famous for his extreme courtesy and the astonishing beauty of his voice. Orpheus did not produce more wonders among the Thracians, Nero did not obtain most successful among the Romans, the Belgabred king among the Britons excited.

Heli, one of the last kings of this long dynasty, the father of three IILS, Lud, Cassibelan and Nennius. King Lud read the Great Britain. It environnaTrinovante towers and named Kaerlud, she Kaerlondon called from and then simply (London). Lud was buried near one of the city gates, that is referred to as Poithlud, and became a Ludegate in Saxon. It left two (they, Androgeos, Duke of Kent, etTeunancius, Duke of Cornwall, but this Cassibelan was, her brother, who succeeded him.

Here the story of two Britains takes a new character, the scene opens, Romans appear. The Little Britain, seen by the legions of Caesar, out of its obscurity. The two countries are dedicated to the conquest. It is a new prey, given the greed of people who want to bring to the terminals of the world the limits of its domination. Attacked with the immense superiority of experience, civilization and the arts, they will be defeated, but they will the secret of their strength to their own misfortunes.

The story of the conquest of Gaul Armorican can read Caesar's Commentaries. I will refrain from the repeat. I can not, however, resist the need to know the character deployed Britons peninsular in a bloody struggle in which the right, patriotism and courage, died under the immense forces and the ruthless ability of the Romans.

Julius Caesar had pacified Gaul after a long but fruitless resistance. He placed the legions into winter quarters in Chartres, Tours and Angers. The seventh legion, under the command dePublius Crassus, kept his eagles the latter city. Subsistence were rare, and Crassus had sent equestrian tribunes in the major provinces of Brittany, to hasten the payment of tribute and to ensure the shipment of approvisionnemens. Trebius and Terracidius Eusebians had gone in, the city was the capital of Dol; Marcus Trebius and Gallus in Curiosolites at Tréguier; Who He fell silent and Vélanius Titurius Gillius in Veneti or the people of Vannes. These imagined that holding and Gillius Vélanius, they would be able to be to the hostages that Crassus had chosen families in the most honorable.

The Eusebians, their example, opposed the depArthure of Trebius and Terracidius. The princes, the heads of senators, each of s'envoyèrent Ambassadors pledged to do nothing except by mutual agreement, be promised to be exposed to the same dangers and suffer all the consequences severe events which were preparing, and 'they requested other cities to push their servitude had brought the Romans, and regain the freedom they held their fathers. Any maritime region acceded without hesitation to the proposal, and soon it was assured of its membership, Veneti and sent a deputation to Eusebians Publius Crassus to propose the exchange of hostages.

Crassus hastened to inform Caesar this event. The Roman general had built ships on the Loire and the coast Pictavienne, and gave orders to gather the sailors and pilots, who were be ready at the time itself had collected his army.

The Veneti had no doubt that Caesar did them a great crime of throwing in prisons, have shackled the sent from Rome, whose name alone was Then the terror of the nations. The danger they appeared in all his greatness, and they resolved to confront it. To this end, they prepared all things necessary for arming their vessels. They knew that the Romans had only imperfect knowledge about the topography of their country and the situation their ports, their paths were after and difficult, and that the armies could not, in the absence of food, long remain in their territory. It is true that they were already victims of accidents they had neither planned nor expected. But they trusted in the goodness of their cause, they had ships better than the Romans; they had never practiced the beaches, islands, where pensions. it was intended to attract them and fight them - navigation of the ocean was quite different than rivers or the Mediterranean, they armed themselves so discouraged, provisioned their maritime fortresses, assembled their navy Vannes, in the Gulf of Morbihan ' point to which they thought Caesar would direct its efforts were joined by the Leone, the Trécorenses the Nantais, the Diablinthes, and sent messengers in Great Britain to seek relief.

Caesar weighed the difficulties of the operation he was about to undertake. He considered that in the state of things, it would be unwise to forgive the injury done to Rome, or to himself in the person of his knights, the rebellion after faith sworn, and especially the conspiracy of both cities. All the Gauls had eyes fixed on the Brittany peninsula. The most insignificant of events could attract men into battle still loved freedom, and who felt that the bonds of quivering servitude. If it differed a moment vengeance, the fire of rebellion, by spread, was about to plunge into an inextricable embarrassment.

Caesar thought so to hit shots critical before a more of cities saw the possibility of him escape. He instructed Titus Labienus to the head of a cavalry proven to contain Reims, Belgians and Germans; he entrusted the defense of Aquitaine Publius Crassus, with twelve cohorts, it sent three legions under the command of Quintus Sabinus Titurius against the They or a Dinan and the Trécorenses the Corisopitenses, he gave the command of the navy to Decius Brutus, ordering him to follow the coast southern peninsula and move fight the Veneti, and himself, followed his legions of elite, advanced by land against this unfortunate people. The Diablinthes Macloviens or ran to the rescue of the Veneti.

Viridonix defended the borders of Uneîles. He commanded the Confederate army, as new troops increasing daily. The cause of the Veneti and became the Eusebians all the generous hearts. Leaders Aulerciens of having hoped to use the clemency of Caesar, had • should have to provoke outrage dePloërmel people, who in his fury, had killed several senators had term outside the city and joined mass to cohorts Viridonix. This who still harbored the desperate passion of Armoricans is that the Romans were accompanied by a multitude of robbers, cowards without admission, called from all parts of Gaul, and whose sole occupation was looting, murder and arson; exasperation was at its height.

Reached near the territory of Unelles, Sabinus chooses a favorable position, drew a camp, fortified it and shut in their tents, as if he feared his enemy. The ardent Viridonix made The vain efforts to bring into battle. The Armorican insulted every day fencing of the Romans who took care of be committed with them, and whose patience soon became a subject of ridicule. Sabinus had spread the rumor that he deftly was struck with fear. He even sent his opponents a Gaulish deserter they spoke of the fear of extreme Romans told them that the legions of Caesar was strongly pressed by the Veneti, and was secretly Sabinus its provisions to evacuate its camp the next night, and steal his Caesar's army for help. On hearing this, Viridonix and leaders gathered and formed the bridge project to go the ditches of the Roman camp and the attack in the chaos of depArthure. The Unelles employed to make the day of weirs, and charged with this burden, they arrived in the middle of the night, to the fence, but Sabinus and his family were waiting in order. They took the Armoricans in front and flank. The assailants caught, entangled in their weirs. Courage was equal to both sides, but the Romans had the advantage of the place, that of self-control, the skill, the Bretons refused to listen to their leaders, who wanted to save some, by ordering the retreat, and did not stop the carnage that when the Romans were tired to kill.

While these events were happening, Caesar marched against the Veneti, and his army advanced through both Wed and land. The strongholds of the Veneti were placed on rocks by the sea surrounded her when she was high, that is to say twice a day, and the vessels that prey to the enemy, at low tide. The Roman engineers were able to raise worthy of pavement and to give the assault, but when the Veneti sevoyaient in a hurry, their ships transported them to another rock, where they were defending again. Caesar experienced relatively large losses, the winds had delayed his ships, they arrived only by successive divisions, and they found themselves, for some time, outnumbered those of the Veneti. The vessels of the Armorican Breton larger, constructed with more science than those of the Romans, also supported the efforts of a lot better waves. The prows and sterns were very high above the waters of Oak planks of a great thickness adhered to the sides by huge iron bolts, anchors were attached by chains instead of cables, and sails, they had skin flexible, well tanned, well-wrought, with the strength could face the storms of the ocean '. It seems that the Britons had already renounced the use of oars.

The Roman fleet, lighter, was instead served only by oars; it was broken against the masses of the enemy, or on the rocks that lined shorelines. Caesar soon abandoned the system of attack that it had adopted, he wanted try capital which, to date, had so well supported, and he ordered Brutus in battle to challenge the Bretons. The Venetians did not doubt of victory, and naval forces, leaving ports where it was safe, came place before the Romans.

Or Brutus, who commanded the fleet Roman, nor the tribunes of the knights, nor centurions who were the vessels assigned, not first thought of the possibility of success. Throwing their features Brittany vessels, the beating of up and down with extreme force, while than their own, from the bottom up, lacked any effect.

But the wind come to weaken, the Romans realized that their enemies were losing how to maneuver with ease, the appearance of an inevitable threat to their suggested a wonderful ship, they prepared large scythe, similar to those were used to defend the ramparts, be placed side by side Armorican ships and deploying a rare fearlessness, they managed to cut the ropes that used to maneuver the sails. The Veneti were soon unable to move. There remained to fight hand to hand, and the Romans showed an ardor all the more acute that the battle is given under the eyes Caesar, in the presence of the army land occupied all top positions the shore, and no action glorious could not remain unnoticed.

The fate of the unfortunate Armoiique read decided. The Romans climbed its ships, they took a lot; the same vessels that had prevented the achievement of the sharp sickle, saw themselves attacked in the middle of a quiet, by superior forces. Some escaped under cover of darkness.

A whole people fell into a single day. This defeat was all the more disastrous, as the youth and middle age came running from all sides to defend the independence and freedom of Brittany. Most preferred warriors death in irons that their had the Romans. Fortresses, private advocates and food, went succession to Caesar, who avenged in a barbarous manner. Ordered from cool, the massacre of the senate of the Veneti, and was sold at auction all families that lived in the country.

It seems that the inhabitants of the. Great Britain had not been deaf to the call of the Veneti, and that many of their vessels had fought with the fleet who died on the coast of Morbihan. It has been a pretext for Julius Caesar war and on 16 August of fifty-fifth year before the era Christian, he crossed the Channel with two legions. His first successes were doubtful, if we are to believe by Lucan Pompey talk He returned, following the army, with five legions and two thousand horses, and found a worthy adversary Cassibelan in which, followed by several king, his subjects, the Romans pushed to Dorobern ', and forced them to postpone their plans yet. But while celebrating his victory Cassibelan rejoicing, he was betrayed by Androgeos his nephew, who Trinobantes delivered to Caesar. Cassibelan's army divided, was easily defeated, and the unfortunate captain submitted to pay tribute to the Romans annual three-thousand pounds of silver.

Great Britain, after the death of Cassibelan, not tried that efforts partial to throw off the yoke of the Romans, which weighed on her. Its history, until the time of Constantine the first ascended the throne of the Caesars, not Here is a table of no interest many miseries inflicted on the peoples by the passions of old.

The various provinces were Breton governed under the rule suzerain of the empire of Rome, by princes took the title of kings or dukes, and which still acknowledged the supremacy King of Trino boasts. One of the last, Cohel appointed, first Duke of Kaereolum ouGlocester, famous and pious beyond futpère Helen, as the first Empress Tidel have placed among the saints, the mother of Constantine the Great '. On the death of Cohel, Octavius, his brother, the Duke of Windsor or Windisiloie, seized the throne Brittany. Constantine had disposed of the crown in favor of another brother of Cohel, and he gave the troops to fight Octavius, who was forced to seek asylum in Norway. But his antagonist who perished by an unforeseen accident, Octavius ​​went up on the throne, and lived in peace until the reign of Emperor Gratian.

Octavius, overcome by old age and wish to provide for the care of his government, its major rassemblâtes States, and their advice on the choice of successeur.il had a girl, but he he was a nephew and his nephew was Conan Mériadech. The counselors were of diverse opinions. Some thought it would be appropriate to combine Princess to some foreign sovereign, giving him a dowry in cash, and reserve the throne to Conan who deserved. Others seemed surprised that is an heir when cherchât there was an heiress. The Duke of Cornwall, Caradoc, opened a different view. Brittany, he said, had appreciated the talents and virtues of Maximus, (they an uncle of Helen, the Roman nation, and at the same time the blood royal of Britain and that of the Empire. It proposed Trinobantes call it, and entrust the crown and the daughter of Octavius. This happy marriage was to be the guarantee of a eternal peace with the Romans. The Board separated without any conclusion. Conan came out indignant.

While the princes were divided, a rumor spread by increasing province to province, and that parties formed, Caradoc, without losing time, had sent to Rome ^ his son Maurice, with an urgent message for Maximus. The old man knew Breton the ambition of the Roman general and enterprising genius. He knew how had found that energetic heart hurt When Theodosius had received the Purple Roman. He guessed the future, and urged him to come and marry the daughter of Octavius, who would under him a host of brave knights, while its name, his rank, its value would determine the Roman legions, tired the hazy sky in the British Isles to follow him to Italy, and to assert his on the shores of Britain with many friends.

The arrival of the Roman general surprised the old Octavius, who leaned on his nephew Conan. His first thought was the greedy rulers of the world asked her new tribute. It Conan called him and ordered him to gather his knights and walk to meet abroad. Conan was soon rush at his most brilliant youth, and he presented himself at Port-Hamon where Maximus was encamped.

This warrior was thinking of probable consequences of his temerity, and was indignant to have gained so slightly to the insinuations of Mauritius. Men with him, although it might be elite people were incapable of be measured against an army ten times stronger. Maurice, who knew the morals of his countrymen and skilful conducted by his father, advised him to leave his camp twelve persons of a venerable age, raising green branches as a sign of peace, and charged to announce that Maxim had other mission than to bring to Octavius commandments of Imperial. The Breton knights greeted them and asked them for what reason they were so many because they had more the air of researchers wrangling that peaceful sent. Maurice put his word, he replied that he had not been sitting that so monarch was presented alone and army, especially since it was aware that heads hated him on account of brilliant actions of his ancestors, and Roman power he represented.

Historians believe that Maximus was born in Spain, and of low birth, they do not designate the place of his birth. Maximus boasted, according to them. to be born of royal blood, and they do not say what is the race he came out and claimed. they Britain came to write it for the first Once, as a result of Theodosius. Our chroniclers claim that Theodosius found him there and gave him the rank of general.

Conan wanted war, and Caradoc other high lords dissuaded. The sword went back into the sheath, and British chieftain Maximus escorted up Trinobantes, and introduced by her uncle.

But Octavius ​​is survived itself; and the title of Governor of the Great Britain, including the Emperor Gratian had Maximus decorated his depArthure, earned a formidable party that general, he married the daughter of Octavius, and became heir of the crown (the year 381 BC). Conan went Albania, armed of the Picts and Scots, and declared war on Maximus J. The fight was bloody, the fate of war seemed a long time undecided, but the legions Roman, shaken by the promises of Maximus, having proclaimed emperor, he Conan asked in an interview, he revealed all his plans and offered to his ambition a part of the empire that his new position he was ordered to conquer. He does not put his largesse to other conditions that the friendship of the British prince and the aid of his arms. Conan gave no Subject to the usurper.

Historians have variously told the event which placed the imperial crown on the front of Maximus. According Sulpice Severus, the old tapes Roman relegated to Brittany, regretted the stay of the East, its wines, fruits, polished manners, and complained of being banned under a glacial climate, away from the bright sunshine from their homeland in the mid- swamps and forests, among a people of wild tumult in the army gave an emperor in the hope of returning in Rome, Maximus could not refuse Purple without peril, and having received it must defend it by arms. Sigebert claims that the uprising soldiers was the result of his intrigues. Paulin on Eutropius ensures that first rejected with indignation the proposals made to him, but he was forced to accept them. Prosper said he read selected by the Roman knights, and confirmed by soldiers. Anyway, he saw that his destiny led him inevitably to Empire or death: he was no longer time to think.

The brave, the bold, the generous Conan gathered his friends, allies, his servants, all youth Island had the brilliant, brave and adventurous. The martial cohorts which were formed under its banner, animated Roman legions of new ardor. They promised to conquer the world, embarked followed by more twelve thousand Britons, and sailed to the Armorican peninsula (year J.C. 383.)

I stop. The story that I undertake to give the public begins when the fleet of Maximus touched the shore of the peninsula. Now I will not leave its territory when will be necessary to explain events by foreigners, who decided his fate. In recalling my memories, I will discuss long shadows. I show a single nation, ignorant fraud, laborious, patient in adversity, in prosperity, generous, strong of mind and courage, fair above all, honest and friendly and good. I the show in all situations where the ambition of the great throws peoples, his instruments, tormented by war, superstition, poverty, bad laws pushing each day by the bravery, the other by morality, work, constancy in the pursuit of social improvement. If I can win it for the desirability of originality of the facts, the respect that seeks naive painting of public and private virtues, which awakens the admiration the story of the great and noble actions, I know that Britain, my homeland even more beautiful in my eyes I can not say.

CONAN MÉRIADECH (383 à 421 AD) LIVRE PREMIER

Conquête de la Bretagne armoricaine par Conan Meriadec. — Distribution des gouvernemens et charges principales de l'Etat à ses capitaines. — Mariage de Conan. — Etablissement de la foi chrétienne. — Druides. — Assemble'e des Etats-Generaux. — Amélioration dans l'assiette des impôts et dans la distribution de la justice. — Abolition des Druides. — Mort des Druidesses. — Mort de Conan.

Le trône de l'Orient était occupé par Théodose, et Gratien portait le sceptre de l'Occident, lorsque Maximus Magnus, général romain, à la tête de quelques légions qui l'avaient revêtu de la pourpre impériale, quitta les rivages de la Grande-Bretagne. Il rêvait la conquête du monde. Il parcourut les Gaules en vainqueur, et durant cinq années les nations l'admirèrent au faîte de la gloire. Il tomba sous les murs d'Aquilée; et l'inexorable histoire l'a placé parmi les tyrans.

Douze mille guerriers bretons, sous le commandement de Conan Mériadech, ou Murdoch, leur prince, composaient la portion de son armée sur laquelle il fondait ses plus grandes espérances . Maximus avait épousé l'héritière d'un royaume de Bretagne, parente de Conan Mériadech, et les nouveaux droits du Romain au trône de Trinovante; nuisaient seuls à ceux du chef Breton. Mais le cauteleux Maximus, dont les vœux ne se bornaient pas à régner sur un peuple à demi sauvage, n'avait désiré la puissance souveraine dans l'île Britannique, qu'afin de l'employer à former des cohortes auxiliaires de ses légions romaines. Après avoir combattu Conan, dont il avait admiré la valeur, il était parvenu à l'attirer dans ses rangs avec les princes ses amis, et leurs créatures. Il lui avait confié ses vastes projets; l'ambition du Breton s'était éveillée; et, dans la nef d'où les deux guerriers voyaient se dérouler devant eux les côtes Armoricaines, Maximus disait encore à Conan: « Oublie à jamais ce pays froid et « chétif que tu quittes; je te ferai si bonne part « de mes conquêtes, que tu n'auras nul regret à « ta malplaisante patrie. «Peu d'heures après, la flotte impériale se rangeait dans le havre d'Occismor, ou Legionenses, aujourd'hui SaintPol de Léon, à l'extrémité septentrionale de la péninsule Armoricaine, ou de la petite Bretagne.

D'importantes considérations avaient déterminé Maximus à choisir ce point de débarquement sur les côtes gauloises. Il savait que des troupes nombreuses occupaient la Neustrie, tandis qu'une seule légion était répartie sur tout le territoire de laLétauie seconde, la moitié la plus occidentale de la petite Bretagne '.Il n'ignorait pas que les peuples de cette contrée ne portaient qu'avec impatience le joug des Romains; que la plupart des communautés ou des villes, associées pour la défense, mais indépendantes les unes des autres sous tout autre rapport, se rangeraient sans peine au parti du chef puissant qui viendrait diminuer la quotité du tribut qu'elles ne payaient qu'à regret; et que les cités, fatiguées du séjour continuel des étrangers, saisiraient avec ardeur l'occasion de s'en délivrer. Maximus était né chrétien; mais si l'ambition est parfois superstitieuse, elle est le plus souvent athée. La religion des Druides paraissait encore toute-puissante dans la Bretagne gauloise, bien que de saints personnages y prêchassent l'Evangile et sa morale salutaire; et le nouvel empereur s'était promis de favoriser l'une ou l'autre croyance, selon qu'il trouverait plus de secours et de partisans dans les disciples des apôtres, ou parmi les fauteurs du druidisme, Le polythéisme n'était défendu que par le petit nombre d'hommes qui avaient adopté les mœurs et les opinions des anciens Romains; leur puissance n'était point redoutable, elle diminuait de jour en jour, et Maximus se trouvait disposé à les sacrifier entièrement. Ses vues se portaient plus loin que la Bretagne armoricaine.

Le premier pas de Conan Mériadech sur le territoire breton fut un succès. La ville d'Occismor était défendue par une forteresse où se trouvaient placées des troupes romaines; il en fit le siège, et elle se rendit. Maximus, maître de cette clef de l'Armorique, en augmenta la force par de nouvelles fortifications, afin de se préparer une place de retraite, s'il éprouvait un revers. Mais déjà son nom avait été répété dans toutes les garnisons qui défendaient la cote. Gratien et Théodose n'étaient, pour des soldats si éloignés du siège de leur empire, que des fantômes de souverains dont ils connaissaient à peine l'existence. Les grâces ni les faveurs ne venaient les chercher à cette extrémité du monde. Maximus était près d'eux; il portait la pourpre impériale; ses compagnons n'en parlaient qu'avec enthousiasme; la fortune accourait au devant de ce grand capitaine qui promettait de la partager; que fallait il de plus? Les légions ne balancèrent qu'un instant; elles remirent les places fortes à Maximus, et joignirent leurs aigles à celles qui le suivaient depuis Trinovante.

Gratien, toutefois, n'était pas resté dans l'inaction. Instruit de la révolte des légions britanniques, il avait adressé à tous les gouverneurs du littoral des Gaules occidentales, ou provinces Armoricaines, l'ordre de réunir leurs troupes, afin de s'opposer au débarquement de l'usurpateur. Jubaldus, préfet de ces contrées, reçut le commandement en chef de l'armée, et Gratien, qui se rendit à Lyon, en assembla une autre dans cette ville '.

Jubaldus pressa la marche de ses légions. Inquiet du résultat des mesures que Maximus avait prises, et informé que ce capitaine s'avançait rapidement sur Rennes, il espéra le surprendre. Sans attendre de renforts, il se hâta d'aller à sa rencontre avec vingt mille hommes, et les deux armées se joignirent à Guy-d'Aleth, entre Rennes et Saint-Malo. Le combat fut terrible: on usa largement, de part et d'autre, de l'affreux droit du glaive. Les flammes dévorèrent la plupart des villages voisins; et quand le sort du combat fut décidé, quand les Romains eurent abandonné leurs aigles, abattues sous des aigles qui se disaient aussi romaines, une fureur sauvage s'empara des vainqueurs; ils massacrèrent sans pitié le soldat qui s'était défendu et l'inoffensif paysan qui l'avait accueilli dans sa chaumière. Jubaldus perdit quinze mille hommes dans cette bataille, et lui-même fut compté au nombre des morts. Les débris échappés au carnage reconnurent l'empereur Maximus, et grossirent les rangs de son armée. De ce moment, il regarda le diadème impérial comme fixé sur sa tète.

Le destin des batailles les mieux combinées tient souvent, on le sait, à des événemens inattendus. Les Romains de Maximus et les Gaulois qui combattaient pour lui avaient déjà plié, lorsque le corps des Bretons, commandé par Mériadecb, s'avança en bon ordre contre une masse d'ennemis qui semblait indestructible. La cavalerie de Maximus, qui n'avait pu l'entamer, se trouvait hors d'état de tenter une nouvelle attaque. Conan et ses Bretons choisirent chacun leur adversaire, et par des prodiges de valeur pénétrèrent jusqu'au centre des légions romaines; la cavalerie, ralliée par Maximus, acheva de les mettre en désordre, et la victoire cessa d'être indécise. L'empereur déclara qu'on la devait à Conan .

"Tu vois, Conan, lui dit-il après la bataille, que mon estime te place au-dessus de tous mes guerriers. Tu m'as sacrifié le royaume qui devait être ton héritage; ce que tu as perdu pour moi, je veux te le rendre ici. Cette contrée avec ses belles prairies, ses forets, ses fleuves, sera la tienne. Mais hâtons nous de prendre et d'occuper les cités et forteresses, avant que la rumeur du péril où mon entreprise va mettre les Gaules ait provoqué les peuples à courir aux armes."

Le lendemain, ils mirent le siège devant la ville de Rennes. Sulpicius qui commandait sa garnison, apprenant la défaite de Jubaldus et la défection des troupes romaines échappées à la mort, se rendit sans résister. Le nom de l'empereur qu'il fallait servir ne lui importait guère. Maximus confia la ville de Rennes à Conan Mériadech, et, lui laissant assez de soldats pour soumettre les châteaux et les villes voisines, il marcha sur Nantes qu'il réduisit en peu de jours. Ce prince, que précédait le bruit de sa clémence, était partout accueilli comme un libérateur; car il accordait sans peine aux habitans, écrasés de charges et d'impôts par les préfets de l'empire, la punition des exacteurs. Il favorisait le culte des chrétiens qui commençaient à être nombreux et qui l'emportaient, dans sa politique, sur les aus tères partisans du druidisme; et il fermait les yeux sur les persécutions dont le peuple accablait les derniers sectateurs du polythéisme . La ville de Nantes devint le lieu de sa résidence.

Incertain du résultat de son entreprise, Maximus n'ignorait pas combien il lui importait de se faire des créatures à la fois puissantes et dévouées. Il existait dans la péninsule Armoricaine des places fortes, des ports nombreux, dont il appréciait toute l'utilité, si, pour lui, l'avenir se chargeait de nuages. Mais il craignait que les insulaires, qui combattaient sous ses enseignes, ne voulussent retourner dans leur île, après s'être partagé quelque butin. Il avait déjà songé à les attacher au sol même qu'ils avaient conquis, et pour y parvenir, il se hâta de couronner Conan.

"Cette terre, dit-il aux chefs bretons qu'il avait réunis, a servi de théâtre à vos exploits; elle a vu grandir votre gloire. Je proclame Conan Mériadech roi de cette terre; c'est vous récompenser tous. Le prix de vos nobles travaux est le sol de cette contrée; mais ils ne sont pas achevés. Nous en trouce verons le terme aux rivages du Rhin." Hist of Bret by Le Band.

La portion des Armoriques dont la souveraineté fut conférée à Conan par Maximus, comprenait non seulement celle que l'on a depuis nommée spécialement la Bretagne, mais encore une partie de l'Anjou, du Poitou, de la Touraine et du Berri .

Ces dispositions faites, Maximus quitta Nantes à la tète de quarante mille hommes. Après deux mois de séjour dans cette ville, il suivit les bords de la Loire, sans rencontrer d'ennemis. Conan le soutenait avec un autre corps d'armée, assurait ses derrières, lui procurait des subsistances, avisait à tous les accidens qui auraient pu troubler sa marche, et s'occupait, en chef prévoyant, de s'attacher par des bienfaits les chefs placés sous ses ordres. Gratien apprit à Trêves la marche triomphale de son ennemi; il envoya des troupes afin de le harceler et d'arrêter son mouvement, et il se jeta lui-même dans Paris. Des combats partiels affaiblirent, en effet, l'armée de Maximus; mais Gratien n'était pas aimé des chefs qui commandaient ses légions. Les soldats se révoltèrent, ils allèrent grossir les rangs de l'ennemi, et Gratien, pressé, se trouva trop heureux d'échapper avec trois cents cavaliers, et de se réfugier dans la ville de Lyon. Maximus prit sous ses ordres immédiats une partie des troupes bretonnes de Conan, permit à ce prince de se retirer dans ses nouveaux états, pour y veiller à l'affermissement de sa domination, et se hâta de poursuivre son adversaire. Le malheureux Gratien fut assassiné à Lyon par Andragaste. Maximus se fit reconnaître dans cette capitale des Gaules, associa son fils Victor à l'empire, et se rendit à Trêves, où il prit les rênes du gouvernement qu'avait abandonné Gratien pour courir au devant de sa destinée. Théodose confirma le titre d'empereur au général que justifiait la victoire.

Conan revint en Bretagne dont la totalité n'avait pu être conquise à la première apparition. Les Gaulois armoricains défendirent pied à pied la terre de leurs ancêtres, s'animant à la vue des cadavres sans sépulture de leurs frères, et s'efforçant de ressaisir leurs biens et leur liberté. Mais le glaive de Conan, son glaive d'horrible puissance ' s'abreuva de leur sang; et les Bretons insulaires, résistant à toutes les attaques, forcèrent les Gaulois à se contenter des manoirs qu'ils leur laissaient, et de la terre qu'ils leur permettaient de labourer.

Peu de mois suffirent, toutefois, pour pacifier la péninsule; et Conan, aussi sage administrateur qu'intrépide guerrier, pensa qu'un de ses premiers devoirs était de visiter toutes les parties de son royaume, afin de s'assurer des besoins de ses peuples. Il se rendit d'abord vers le pays de Léon, et fit entourer de murs et fortifier les principaux havres de la côte, trop souvent visités par les pirates '. Il posa les fondemens d'un château près d'Occismor et de la mer, et, lui imposant son nom, il se proposa d'en faire une de ses résidences . Il se dirigea vers la cité des Légions, ainsi nommée, parce que le territoire qui en dépendait pouvait fournir une légion complète, composée de six mille six cent soixantesix hommes. Il admira son port naturel, le golfe avec lequel il communique, le mulgul ou le détroit qui conduit à la mer, et la rivière de Landélorn, dont les rivages étaient couronnés de forêts. Il trouva cette situation si belle, qu'il ordonna de terminer les fortifications et les travaux du port, commencés par les Romains. Il parcourut ensuite la côte méridionale, visita Kemper et Vannes, reconnut avec satisfaction que les prés étaient arrosés par des eaux courantes, les champs chargés de moissons, et les vergers pleins de fruits; et il remercia le ciel, car il était chrétien. La ville de Vannes fixa surtout son attention; il la trouva parfaitement défendue, peuplée d'hommes sages et instruits, de philosophes et de poètes. La plupart des ces derniers étaient des bardes attachés aux Druides. Conan les fit venir, écouta leurs chants, et les engagea vivement à se rendre à la foi de Jésus-Christ. Après avoir quitté Vannes, il passa le fleuve Doenna , parut successivement à Dol, Dinan, Trecor, Montroulèz;, et revint à Nantes, qu'il disposa de manière à résister aux plus vigoureuses attaques, et dont il fit sa prin^ cipale résidence.

Conan, dans ses voyages, avait entendu les plaintes de ses sujets, et s'était empressé de remédier aux abus qu'il avait découverts. Après deux ans d'examen et de réflexion, il se crut suffisamment informé pour fixer, par des lois et des ordonnances, le sort des peuples qui lui étaient confiés.

L'Armorique gauloise ou bretonne était libre. Aucun prince indigène ou étranger n'y avait établi sa domination absolue; et elle se divisait en cantons, en villes, en communautés qui se gouvernaient indépendamment l'une de l'autre, au moyen de magistrats temporairement élus par le peuple. Ces magistrats jugeaient les procès entre les citoyens selon les coutumes locales, et réglaient toutes les affaires particulières de la communauté. Liés entr'eux par leur simple parole, ces petits états élisaient annuellement des députés qui se réunissaient dans une cité désignée, et discutaient les intérêts communs à toutes les villes de la Bretagne. Ils choisissaient, à leur tour, des espèces d'intendans généraux dont l'autorité ne durait qu'une année, et qui formaient un conseil exécutif simplement chargé de surveiller les levées d'hommes, d'argent et d'approvisionnemens, que l'assemblée des députés avait réparties entre les districts, selon leur importance territoriale et leur population. Un petit nombre de cantons, régis par des chefs ou seigneurs dont le pouvoir était fort limité, recevaient, comme les villes libres, les ordres de l'assemblée générale. Il paraît que trois classes d'hommes étaient représentées dans ces réunions, le peuple ou les communautés de villes, la noblesse ou les seigneurs de la terre, et les prêtres, c'est-à-dire les collèges de Druides. Les empereurs romains avaient défendu aux villes les assemblées de députés; s'ils le permettaient quelquefois, ce n'était que pour faciliter la répartition d'un impôt, l'établissement d'une charge nouvelle, ou la levée de ces cohortes destinées à ne revoir jamais leur patrie et qu'ils envoyaient périr en Asie ou en Afrique. Des préfets étaient chargés de présider à ces insignifiantes réunions, de surveiller et de diriger leurs délibérations; et ils avaient le pouvoir de les transférer d'une ville à l'autre, suivant leur bon plaisir.

Le droit judiciaire n'avait pas été plus respecté que le droit administratif. Les officiers de l'empire avaient aboli toutes les coutumes anciennes; et ils jugeaient eux-mêmes en matière civile comme dans les affaires criminelles ', non pas selon les usages et les lois du pays, non pas selon la jurisprudence romaine, qui peut-être, en beaucoup de points, eût semblé tutélaire aux Bretons, mais selon leur libre arbitre et leur caprice.

Les Bretons, à plusieurs reprises, avaient voulu secouer le joug rigoureux des Romains. Conan ne l'ignorait pas; et, pour éviter le retour de pareils efforts contre lui-même, il prit la résolution de rétablir une partie de leurs lois et des coutumes qu'ils regrettaient. Elevé parmi des peuples dont les rois n'étaient que les premiers guerriers, il ne se croyait pas institué pour commander à des esclaves, mais pour diriger des hommes soumis aux lois de leurs ancêtres, modifiées par le temps et ses soins. Peut-être même ces usages, ces essais grossiers de législation, qu'il avait appris à respecter dans sa patrie, lui apparaissaient-ils comme le chef-d'œuvre de la sagesse humaine. Il fut conseillé dans ses travaux par un philosophe du nom de Sylvius, qui avait été chargé de son éducation.

Ce prince commença par distribuer les gouvernemens et les premières charges de l'Etat aux capitaines qui l'avaient le mieux servi, aux conseillers qui avaient le mieux deviné sa politique. Il assigna des revenus, des terres, des districts à chacun d'eux, selon son mérite et sa condition, et leur donna des titres de ducs et de comtes. Ces titres ne conféraient alors que des distinctions personnelles. Les comtes accompagnaient constamment le prince et composaient son conseil; les ducs étaient chargés de conduire les armées. Conan prescrivit à ces nouveaux seigneurs la condition d'entretenir, sur les terres qu'il venait de leur donner, un certain nombre de soldats, choisis parmi ceux qu'ils avaient commandés, ou parmi leurs descendant, afin d'avoir toujours une armée disposée à se présenter au premier appel.

Ces mesures n'eurent pas d'abord tout le succès qu'en attendait Conan. Il s'éleva, entre les anciens possesseurs de la terre et les nouveaux, des querelles qui menacèrent de devenir sanglantes. Cependant, comme le nombre des dotations n'avait pas été considérable, et que celui des insulaires ne formait qu'une très faible partie de la population, on parvint à calmer les esprits et à satisfaire les compagnons devenaient les maîtres, et que continuèrent à cultiver les anciens propriétaires. Ces redevances en argent, en nature, en services personnels, constituèrent le principe de la féodalité, et, quelques siècles plus tard, amenèrent la mainmorte et l'esclavage de la glèbe.

Conan avait été marié, mais sa femme n'existait plus. Quelques uns de ses capitaines étaient engagés dans les liens de l'hymen; il leur permit de faire venir de la Grande-Bretagne leurs femmes et leurs enfans, et mit, à cet effet, des vaisseaux de transport à leur disposition. Il se chargea même de solliciter des compagnes bretonnes pour tous ceux qui ne jugeaient pas convenable de s'allier aux familles armoricaines, et il les destina, dans sa pensée, à servir de cour à la princesse dont il se proposait luimême de demander la main.

Dionote gouvernait alors le royaume de Trino vante. Il avait succédé à Caradoc son frère, que Maximus avait désigné pour remplacer Octavius. Conan lui envoya des messagers l avec une lettre conçue en ces termes: " Conan ci Armorique àDionote, conservateur des Bretons l: Je te mande salut,et t'expose que la terre de la moindre Bretagne où je règne, possède air serein, champs fructifères, belles forets, eaux et poissons, chasse plantureuse et terre convenable à labour. N'y a défaut maintenant, fors de sexe féminin pour les nobles.... Pourquoi, je te prie, que tu me veuilles donner, en alliance de sacré mariage, ta fille Ursule, qui surpasse en beauté les autres pucelles de Bretagne, à laquelle je désire être époux, et que tu pourvoyes d'autres femmes Brètes mes autres chers compagnons, et convenables à leur lignage; car ils refusent user des Gauloises, de maison peu insigne, et ignorantes de notre langage."

Dionote accorda sa fille à Conan, et fit réunir un grand nombre de jeunes pucelles de noble famille qu'il donna pour compagnes à la belle Ursule. Cette princesse, parée de vètemens de soie, de joyaux d'or, de fermaux, de gemmes et de saphirs, comme il convenait à sa naissance, fut embarquée à Trinovante, avec sa suite, sur les vaisseaux envoyés par Conan. Si le départ souriait à quelques unes de ces jeunes filles, il en affligeait beaucoup d'autres qui versèrent des larmes anières en quittant la terre qui les avait vues naître. Ce fut un jour de tristesse pour la Grande-Bretagne, et l'événement qui le suivit en rit un jour de deuil éternel.

A peine les vents eurent-ils enflé les voiles, qu'une tempête affreuse se déclara, et bientôt fut perdu tout espoir de salut. Les pauvres jeunes filles épouvantées implorèrent à genoux l'assistance du ciel; mais leurs prières ne furent point entendues. Plusieurs nefs se brisèrent sur les rochers, d'autres furent submergées; et le vaisseau qui portait la princesse et ses nobles amies, long-temps balotté par les vagues, fut jeté, après quelques jours, sur les rivages de la Hollande, vers l'embouchure du Rhin. Ces jeunes vierges, sauvées des flots, tombèrent bientôt après au pouvoir d'une horde de Pietés et de Huns, dont les chefs, furieux de n'en obtenir que des dédains, les massacrèrent sans pitié l . L'Église a mis au rang des saintes la belle Ursule et ses compagnes. Conan, privé par cet événement de l'épouse qu'il avait choisie, offrit, quelques mois après, sa main et sa couronne à Daréréa, soeur de Saint-Patrice, née sur les rives de la Clyde. La mère de Daréréa avait vu le jour dans les Gaules, et se trouvait proche parente de Saint-Martin que Maximus avait appelé à son conseil. Les compagnons de Conan s'allièrent presque tous à des familles armoricaines '.

Les légendaires rapportent que Dionote rassembla onze mille jeunes filles de noble lignage et soixante mille de plus basse extraction: ces soixante mille périrent sur les rochers; mais les onze mille vierges nobles qui accompagnaient Ursule arrivèrent saines et sauves sur les bords du Rhin. Elles se rendirent à Tyella (Thiel), puis à Cologne, puis à Baie, et trouvèrent dans cette ville la princesse Gérasine, reine de Sicile, sœur de l'évêque Macrisius, et de Daria, mère d'Ursule. Daria, instruite du se'jour de sa fille à Bâle, quitta la grande Bretagne avec quatre autres princesses ses filles, Babille, Juliane, Victorie et Aure'e, et un petit-fils nomme' Adrien. Toute cette re'union partit pour Rome en grand appareil, accompagne'e de Pantulus, évêque de Bâle. Le pape Cyriaque, breton d'origine, les reçut avec les plus grands honneurs. Il fut si touche de leurs vertus chrétiennes, qu'il abdiqua la papauté et se joignit à cette multitude de vierges, ainsi que le cardinal prêtre Vincent; Maurice, évêque de Lucanie; Ftolavius, évêque de Lucques; Sulpitius, évêque de Rayonnes; Martullus, évêque de Grèce, et sa nièce Cons tance, fille du roi Dorothée: elle avait voue' sa virginité au Seigneur. Cette pieuse compagnie, retournant à Cologne, trouva cette ville assiégée par les Huns, qui prirent pour une arme'e cette nombreuse réunion de femmes et de prêtres, et qui les massacrèrent sans pitié. Ursule tomba au pouvoir de Melga, chef des Huns, qui, la voyant si belle, fit tous ses efforts pour la consoler de la mort de ses compagnes, et lui proposa de l'épouser; mais elle le repoussa avec horreur, et quand il s'en vit ainsi dédaigné, il la perça de son javelot.

Tel est le récit de la Légende. Il est si romanesque, que j'ai long-temps hésité à conserver dans l'histoire de Conan le fait qui y a donné lieu. Ce lait, cependant, se trouve rapporté, sans tous ces incidens bizarres, dans les plus anciens chroniqueurs, et il n'a rien, à mon sens, que dé naturel. Il est assez simple que Conan ait cherché une épouse dans sa patrie, et très possible qu'une tempête ait fait périr le vaisseau qui la portail. Quant au texte des légendaires, je prie d'observer qu'il n'a point existé à cette époque de pape Cyriaque.

Ce fut vers cette époque que l'empereur Maximus, qui régnait à Trêves avec gloire, et qui s'était rendu redoutable aux Allemands, qu'il avait soumis à un tribut annuel, passa en Italie sous le prétexte de délivrer les chrétiens de la persécution que leur faisait éprouver Justine, mère de Valentinien; mais, dans le dessein plus réel de s'emparer des États de ce jeune prince, que Théodose reconnaissait comme empereur d'Occident. Il se rendit maîtrede Milan, etacheva en peu de mois la conquête de l'Italie. Théodose, alors, vint l'attaquer avec toutes les forces de l'Orient. Il remporta sur Maximus deux victoires consécutives, qui décidèrent de sa destinée. Livré par des soldats et conduit devant Théodose x, il fut massacré sous les yeux de cet empereur, non loin des remparts d'Aquilée. La politique de Théodose lui conseilla de ne pas opérer de trop grands changemens dans les provinces des Gaules, où Maximus avait établi ses partisans. Quelques uns d'entre eux reconnurent la suprématie de l'empereur d'Orient; d'autres se tinrent sur la défensive, et attendirent les événemens. Conan, qui reconnut toute l'étendue delà perte qu'il venait de faire, obtint, par des soumissions de peu d'importance, le retour des corps bretons qui avaient suivi son malheureux ami. Ils revinrent par détachemens dans la péninsule Armoricaine; et le roi de Bretagne, redoublant d'activité, s'en servit pour augmenter les garnisons qui défendaient les frontières de ses États.

Un projet, de difficile exécution, se mûrissait depuis long-temps dans la pensée de Conan, et il fondait, sur ses conséquences, raffermissement de sa puissance et de sa religion. Il ne s'agissait de rien moins que de renverser à jamais le polythéisme et le druidisme. Il se crut assez fort pour le tenter; et il y réussit en convoquant les états-généraux de la Bretagne, dans la ville de Rennes, selon les formes que les Armoricains avaient jadis affectionnées.

La foi chrétienne avait été préchée en Bretagne dès l'année 67 par saint Maximin, disciple de l'apôtre Philippe. L'Eglise de Rennes le tient pour son premier évèque, bien que de doctes écrivains aient reculé l'établissement de l'épiscopat dans cette ville, à l'époque où Conan dota de revenus et de terres les titulaires de cette haute fonction ecclésiastique '. Ils oubliaient que, dans l'origine, le titre d'évëque ne différait pas de celui de prêtre; que ceux qui le portaient n'avaient ni diocèse déterminé, ni temple; et que les assemblées de chrétiens se tenaient, en secret, dans un lieu caché. Ce fut seulement à l'époque où les empereurs embrassèrent la foi de JésusChrist, que les fidèles commencèrent à pourvoir les piètres ou évèques de domiciles fixes, qu'on leur fit part des biens temporels, qu'on leur concéda autorité sur le peuple, que l'on détermina l'étendue et les limites de leurs diocèses, et que l'on éleva des églises magnifiquement ornées.

Saint Lin, successeur de saint Pierre, envoya en Bretagne saint Clair et saint Adéodat. Le premier fonda l'Eglise de Nantes, et le second annonça l'Evangile aux habitans de Vannes. Les Druides, dont la doctrine avait jusqu'à ce jour prévalu dans toute la contrée, ne reçurent pas ces saints missionnaires avec faveur. Cependant, comme ils étaient eux-mêmes persécutés par les prêtres de Jupiter, de Mercure et deVesta, dont les efforts, soutenus par la puissance des armes, tendaient aies détruire; que, d'ailleurs, ils croyaient voir, dans les dogmes nouveaux, des principes qui se rapprochaient de la simplicité des leurs; et qu'ils trouvaient dans la Trinité des rapports indirects aux Triades, ils tolérèrent les prédications des chrétiens.

Il arriva même, qu'éclairés par la lumière qui leur venait de l'Orient, plusieurs Druides adoptèrent, avec ardeur, une religion si favorable à l'esprit d'indépendance qui animait les Armoricains. Les Romains idolâtres comprirent dans la même proscription les prédicateurs et leurs prosélytes; ils opposèrent le glaive à la propagation des doctrines nouvelles; et les malheureux Bretons, qui périrent dans les émeutes que l'abus de la force publique excita trop souvent, furent regardés par le peuple comme des martyrs. Il se trouvait à Nantes un temple dédié à Janus l ou à quelque divinité topique dont le nom rappelle celui du vieillard aux quatre fronts. Deux frères, d'une famille illustre, Donatien et Rogatien, fils du préfet de Nantes, renversèrent cette idole. Condamnés comme contempteurs des dieux, ils subirent la mort avec courage. Leur constance dans les tortures, la noblesse de leur naissance, l'immense autorité du nom de leur père, la haine que l'on portait aux Romains, tout concourut à pousser, jusqu'à l'exaltation, le sentiment qui entraînait les esprits vers la religion de JésusChrist; et le sang des deux martyrs engendra des légions de chrétiens. Les druides, toutefois, avaient conservé sur le peuple en général une influence d'autant plus grande, que la plupart des doctes personnages qui adoptaient la foi chrétienne se vouaient, comme eux, à la vie solitaire, et se créaient des ermitages à l'ombre des bois antiques, aux bord des fontaines sacrées. Si, dans les heures silencieuses de la nuit, où la superstition exerce son plus grand empire sur le cœur de l'homme, les Bretons ne se rappelaient qu'avec terreur les mystères de la foret profonde où reposait l'autel druidique, aucun d'eux cependant ne pouvait affirmer que ces mystères, dont tout profane était écarté, eussent exigé de sanglans sacrifices, comme le publiaient les Romains \. La vie des druides était austère et uniforme. Ils composaient des congrégations ou collèges, dans lesquels ils formaient des disciples destinés à les remplacer. Les deux plus célèbres établissemens de ce genre étaient placés dans l'île de Calonèse et dans celle d'Uxantis. Il en existait un troisième dans l'île de Sena; mais celui-ci était exclusivement réservé à des prêtresses que les marins consultaient sur le succès de leurs voyages, et qui se chargeaient d'adresser constamment au Ciel des prières pour leur prompt retour. Les prêtres de l'île Calonèse avaient un collège dans la presqu'île de Quiberon, à peu de distance de laquelle on voit encore le monument gigantesque où ils accomplissaient annuellement une de leurs plus saintes cérémonies. A une époque fixée, les Druides de toute la Bretagne, ceux de Belle-Ile, d'Ouessant, de Douarnenez, de l'île de Batz ou Barsa, de la pointe du Raz ou du. promontoire de Gobée, se réunissaient à Carnac; il y venait des députations des Cassitérides ou Sorlingues, des îles de Mona et d'Anglesey, des Hébrides, des Orcades et des côtes de l'Irlande. Là, les prêtresses de l'île de Sène, vêtues de blanc, la tète ornée d'une couronne de verveine, la faucille sacrée suspendue à leur ceinture d'or, les pieds nus, l'air inspiré, apportaient en pompe, dans un voile éclatant de blancheur, le Sélage ' qu'elles avaient cueilli au sixième jour de ia lune. Le voile qui contenait cette plante salutaire était déposé dans une arche d'or portée par deux taureaux sans tache, liés l'un à l'autre par les cornes. Les Bardes, archives vivantes de l'histoire, racontaient les actions récentes des princes et des guerriers, qu'ils avaient mises en vers; et dans ces récits, ils dispensaient sans crainte le blâme comme la louange. Le grand chef des Druides prononçait des paroles que le vulgaire n'a jamais entendues, et accomplissait des actions qu'aucun regard profane n'a pu souiller. En mémoire de cette fête solennelle, une pierre, un rocher, tel que, de nos jours, il semblerait impossible que la main des hommes l'ébranlât, était élevé sur le sol, et devait attester à la postérité la piété du peuple et des ministres de la religion. La tradition rapportait que, dans les temps anciens, lorsque des flottes armoricaines trafiquaient avec l'Egypte, la Perse, la Phénicie, les Druides se réunissaient, au retour des vaisseaux, pour rendre grâce au ciel de leur heureux voyage; et que le chef du navire, qui avait dirigé la flotte, érigeait une de ces pierres immenses qui ont bravé les siècles '. La Bretagne avait perdu son indépendance; les voyages avaient cessé; mais les druides continuaient à augmenter chaque année le nombre de ces pierres de souvenir . On en compte près de quatre mille dans la plaine de Carnac.

Indépendamment de ce monument extraordinaire, il en existait d'autres composés de plusieurs pierres élevées, surmontées d'une pierre plate et transversale; de plus simples encore n'avaient qu'une seule pierre pyramidale, souvent située près d'une fontaine. Ces monumens n'étaient pas des autels; les premiers servaient de tribunes aux druides pour adresser la parole à de nombreux disciples, les seconds servaient de points de ralliement à l'auditoire choisi, dont les réunions étaient journalières. C'était toujours la tombe d'un homme cher à la patrie '.

Depuis long- temps les druides ne se mêlaient plus de faire la paix ou la guerre. Sous ce rapport, les Romains leur avaient enlevé toute leur influence sur l'esprit des Armoricains. Elle avait été immense; car l'éducation de la jeunesse leur était confiée; et parmi les Maximuss qu'ils enseignaient, on retrouvait toujours l'injonction d'être braves, et de sacrifier tout ce qui peut attacher à l'existence, pour défendre la patrie du joug de l'étranger a . Ils étaient exempts de service militaire et d'impôts; mais ils ne manquaient jamais de suivre les armées pour inspirer aux guerriers l'énergie qui aurait pu les abandonner dans les revers; et quand ils voulaient terminer un combat, il leur suffisait de paraître sur le champ de bataille. A l'instant même les deux partis déposaient les armes.

De ces prérogatives et de beaucoup d'autres, il ne restait que ce que les Romaius n'avaient pu leur dispUther: le respect des peuples, une grande réputation de vertus et d'austérité, une instruction assez profonde dans les sciences exactes et l'astronomie, le talent de l'éloquence qu'ils cultivaient avec soin, et des connaissances médicales dont les bienfaits étaient attribués à une puissance magique. A cet égard, ils secondaient parfaitement l'erreur populaire, en mêlant à leurs prescriptions une foule de pratiques superstitieuses.

Mais ce qui contribuait le plus à perpétuer leur pouvoir sur l'esprit des Bretons, c'est que l'éducation publique leur était totalement abandonnée . Il est bien vrai que les édits des empereurs avaient prescrit de la leur retirer, en ordonnant la fermeture de tous les temples païens. Mais ces édits étaient restés sans exécution, ou n'avaient atteint que les sectateurs du polythéisme, puisque les Druides n'avaient ni temples, ni statues, ni représentation de leurs divinités '. Symmaque, d'ailleurs, partisan de l'idolâtrie, assez puissant à la cour des empereurs et près des patrices de Rome, usait de toute son influence pour retarder, au moins, s'il ne parvenait à l'empêcher, la chute des temples condamnés; et la plupart des gouverneurs et commandans de cités étaient païens ou disposés à les soutenir, dans l'intérêt de leur ambition. Cet état de choses avait, pour un moment, laissé dans l'ombre les Druides, et ils s'étaient gardés d'en sortir en sattaquant trop vivement à la religion nouvelle; mais leurs destinées étaient accomplies.

La volonté de Conan n'était pas indécise. Il avait la ferme résolution de renverser à jamais les temples païens, de briser leurs idoles, de confondre sous leurs débris toutes les institutions druidiques; et sa politique était d'accord avec ses idées religieuses, car il ne pouvait oublier que les Druides n'avaient semblé favoriser son établissement en Bretagne que par amour pour les anciennes libertés. L'époque où toutes les divisions de i'Armorique formaient autant de républiques dont ies chefs étaient éligibles, et dont l'association, qui semblait n'avoir d'autre principe qu'une égalité parfaite, voyait cependant son action soumise à leur autorité, ne s'était pas effacée de la mémoire de ces prêtres. C'étaient eux alors qui veillaient à la conservation des lois, qui réformaient les mœurs, qui punissaient le vice; ils donnaient des conseils aux capitaines; les magistrats leur en demandaient; et quelquefois même, leur volonté prévalant sur les services et sur la sainteté des élections, ils déposaient les généraux et forçaient les assemblées de citoyens à revenir sur des choix que leur désapprobation frappait de nullité \. Ils ne s'étaient plies qu'avec peine aux usages des Romains. Ceux-ci avaient pour habitude d'accepter tous les dieux étrangers, et d'en augmenter la cour de leur Jupiter en changeant quelques formes extérieures. Les druides s'étaient prêtés à ce caprice; ils avaient déguisé leur culte véritable, et s'étaient astreints à suivre publiquement les rites des sacrifices idolâtres et ceux de leur divination; mais ils les avaient abandonnés, au moment où le christianisme s'était introduit dans les légions qui gardaient la péninsule Armoricaine. Si l'arrivée de Conan avait un instant fait briller à leurs yeux l'espoir de reconquérir leur ancienne prépondérance, trompés dans leurs conjectures, ils étaient devenus dangereux, et il convenait à Conan de les anéantir.

Mais Conan redoutait les suites des mesures rigoureuses qu'il était disposé à employer. Le sort de Gratien lui apparaissait dans toute son horreur. Cet empereur, dans son enthousiasme religieux, avait répudié le titre et la dignité de souverain pontife, transmis par César-Auguste à tous ses successeurs. Bientôt après, il avait ordonné la fermeture des temples et prescrit aux gouverneurs des provinces de surveiller la conduite des païens. Le peuple, indigné, s'était éloigné de lui; et Maximus, se servant habilement de l'aversion qu'on marquait à ce prince, lui avait à la fois enlevé le trône et la vie. Conan résolut de se mettre à l'abri, sous l'égide du clergé catholique.

Les états-généraux furent convoqués dans la ville de Rennes. Comme autrefois, il fut permis aux communautés de villes de se réunir et d'élire des députés. Mais près de trois siècles s'étaient écoulés depuis les dernières assemblées, et l'on avait perdu jusqu'à la tradition des règles usitées dans les élections. On consulta les Druides. Ils répondirent que tous les suffrages étaient égaux et libres; que le vote du plus simple défenseur de la patrie avait autant de poids que celui d'un comte, d'un duc, du roi lui-même, et que trois classes d'hommes devaient composer les états-généraux, le peuple, les guerriers ou les nobles, et les prêtres. Il était évident que par le mot de prêtres ils entendaient les Druides. Conan déclara qu'on suivrait exactement leur avis; et, l'adoptant à la lettre, il ordonna que les prêtres chrétiens seraient éligibles, et que les évèques paraîtraient de droit dans L'assemblée comme le grand chef des Druides. Les prétresses de l'île de Sène réclamèrent le même privilège, et il leur fut accordé '.

Les ducs, les comtes, les gouverneurs de Gonan réunirent partout la majorité des suffrages. Ils avaient formé dans leurs terres une sorte de cour, composée de Bretons dévoués à leurs intérêts, épousant leurs querellas et leurs amitiés, liés par serment à combattre et à vivre et mourir pour eux. Ces vassaux recevaient une part dans les domaines du suzerain, qui, de son côté, s'engageait à les protéger en toute circonstance, à les défendre envers et contre tous. Leur grand nombre établissait sa prépondérance, et l'on s'en aperçut aux élections: soit conviction, soit obéissance aux invitations secrètes de Conan, ils nommèrent, pour représenter les opinions religieuses, tous les prêtres chrétiens qui se trouvaient alors dans la Bretagne. Les Druides se virent réduits à quelques chefs de communauté.

Les états -généraux s'ouvrirent, présidés par Conan, qui s'y montra revêtu de ses armes, ceint de l'épée, et tenant à la main une longue baguette blanche, dont l'extrémité était ornée d'une fleur d'argent semblable à celle du lotus. Un cercle d'or entourait son casque. On lui avait préparé un trône sous un dais; il s'assit, et ses plus vaillans capitaines prirent place à ses cotés.

La Bretagne n'avait alors que deux évêques: Modéran, qui gouvernait l'église de Rennes, et Arise, que ses vertus avaient mis à la tète de l'église de Nantes; mais ils étaient accompagnés de plusieurs savans personnages, tels que Judicaël; Didier, archidiacre de Nantes, qui, peu d'années après, reçut l'onction épiscopale des mains de saint Martin; Alethius, dont saint Jérôme nous a laissé un touchant éloge; Riotime, que l'Eglise compte au nombre des saints; Elleran, Jean l'abbé, et d'autres doctes prédicateurs de l'Évangile. Modéran et Arise se présentèrent revêtus des insignes pompeux de l'épiscopat, la mitre en tête et la crosse en main; un acolyte les précédait, avec une croix de buis curieusement sculptée. Conan se leva quand ils parurent dans la salle. Ils allèrent jusqu'au pied du trône, où ils rirent trois génuflexions, en prononçant à voix basse une courte prière, puis ils se rendirent aux stalles qu'on leur avait réservées.

Les Druides furentalors introduits. Leurchef, Eal-hirr-bad », était couvert d'une tunique de laine blanche d'une extrême finesse; sa ceinture était d'or, et il portait des bracelets du même métal: une couronne de chêne ceignait sa tête vénérable; de longs cheveux blancs retombaient sur ses épaules, et leurs anneaux venaient se mêler à la barbe argentée qui couvrait sa poitrine; il avait les pieds nus, et cachait modestement ses mains sous les plis d'un manteau de même étoffe que sa tunique . Comme lui, ses compagnons étaient vêtus de laine blanche, mais ils n'avaient ni bracelets, nicouronne de chêne. Ils paraissaient plongés dans le recueillement; et quand ils s'arrêtèrent devant Conan, quand leur chef leva les mains au ciel en suppliant le dieu de leurs pères, l'être inconnu, d'accorder au roi de longs jours et des prospérités sans fin, ils joignirent leurs voix à la sienne, et firent entendre une hymne sacrée, que leur bouche depuis long -temps n'avait osé prononcer. Conan n'accueillit qu'avec une légère salutation ce chant patriotique. Les vierges de l'île de Sène parurent les dernières: elles étaient au nombre de neuf. Uheldeda ', la grande-prêtresse, couronnée de verveine, une faucille d'or à la main, parée, comme le chef des Druides, de la ceinture et des bracelets d'or, s'avança, suivie de ses huit compagnes, dont quatre portaient avec respect l'arche précieuse qui contenait le gui sacré . Leurs vêtemens étaient blancs; et leurs voiles, d'un tissu transparent et léger, rejetés avec grâce sur leurs épaules, laissaient aperce voir des charmes qui, pour la première fois, se trouvaient exposés à des regards profanes. Un murmure flatteur les accueillit, et, sans doute, elles en tirèrent un heureux présage. Les Bardes, qui formaient leur cortège, se rangèrent, la hache à la main, derrière les sièges qu'on leur avait préparés.

La discussion fut vive et imposante. Il est probable que les bases des lois fondamentales du royaume, et de l'administration générale, y furent posées. La tradition n'a conservé qu'un faible souvenir de la plupart des points que l'on y traita.

On commença par examiner la nature des impôts, ou tributs, qu'on levait sur le peuple. Cou an voulut que l'on détruisit ceux qui semblaient les plus odieux, et que la répartition des taxes que l'on conservait, se fît avec plus d'équité que par le passé . Les communes furent autorisées à imposer elles-mêmes leurs citoyens, et les seigneurs de la terre à se rendre garans de leurs vassaux, sauf à se faire rembourser par eux à leur convenance. Cette dernière mesure n'eut d'autre résultat que d'attacher irrévocablement le paysan à la glèbe et d'assurer son esclavage pour l'avenir.

Déjà Conan avait essayé de fixer la juridiction civile, en ordonnant que les gouverneurs des cités rendissent eux-mêmes la justice, ou la fissent rendre par des délégués instruits et probes; et les seigneurs avaient obtenu la prérogative importante de juger eux-mêmes les sujets de leurs terres. Cependant les évèques prétendaient que ce droit leur appartenait, comme ayant été concédé à l'Eglise par les empereurs chrétiens. Des querelles s'étaient élevées entre eux et les juges laïques; et des prêtres ayant fait enlever plusieurs prisonniers des mains des magistrats, ces derniers avaient usé de représailles. L'assemblée décida que les juges séculiers continueraient à connaître des causes civiles et criminelles, mais qu'on pourrait appeler de leurs sentences à deux chefs souverains de justice, institués l'un à Rennes et l'autre à Nantes, et choisis parmi les ecclésiastiques. Arise fut chargé de ces hautes fonctions pour le comté de Nantes; et Riotime, qui devait résider dans la ville de Rennes, dont il devint évèque l'année suivante, eut sous sa juridiction le reste de la Bretagne.

Les Druides, forcés de prendre part à des délibérations qui leur étaient si étrangères, virent avec douleur que leur règne était passé. Ils tentèrent de vains efforts pour soustraire leurs partisans à la juridiction des chrétiens. Leurs observations ne furent accueillies que par des murmures, et Modéra n vint achever leur défaite.

Ce saint personnage commença par réclamer la stricte exécution des édits impériaux contre les païens. Il accusa les Druides de s'être opposés, par de ténébreuses intrigues, à la fermeture des temples des polythéistes, à la destruction de leurs statues et à la suppression des établisseniens idolâtres où l'on entraînait encore quelques jeunes gens séduits, sous prétexte de les instruire. Leurs motifs n'apparaissaient pas aux yeux du public, mais ils étaient faciles à reconnaître. Si les Druides avaient été tolérés jusqu'à ce jour, ils ne devaient cet excès d'indulgence qu'à l'espoir que l'on avait conçu de leur conversion à la foi de JésusChrist '. Ils apportaient sans cesse de nouvelles lenteurs à cette régénération, qui ne s'opérait que partiellement; et, dans l'intention de retarder indéfiniment l'époque où il deviendrait nécessaire de s'expliquer, ils usaient en secret de tout leur crédit pour maintenir les restes d'une secte odieuse aux vrais chrétiens et à eux-mêmes, mais dont la chute devait forcément entraîner la leur.

" Car, ajouta Modéran, ne sont-ils pas aussi des idolâtres, ces im posteurs qui présentent à l'adoration des hommes, Esus, ïaranis, Teutatès, Belenus, Nehalennia, que les autres nomment Mars, Jupiter, Mercure, Apollon et Diane? Ils n'ont pas de temples, il est vrai; mais ils réunissent à des temps marqués, dans des lieux désignés, la foule infortunée qu'ils dé çoivent; et là, devant ces malheureux, mais favorisés par les ténèbres, ils se livrent à des opérations magiques, ils parcourent les airs, portés par des êtres fantastiques, évoqués du sein de l'abîme, et, si l'on en croit des bruits trop répétés, ils versent le sang des hommes dans une exécrable cérémonie! Ce sont des calomnies peut-être? leurs mains sont pures et ils n'adorent qu'un seul Dieu comme nous? Que ce moment soit donc celui de la réconciliation avec le ciel comme avec la terre! Qu'ils tombent à genoux, l'eau sainte du baptême les attend. "

Un mouvement indéfinissable se fit remarquer au banc des Druides, mais ils gardèrent le silence.

Modéran continua. Il les représenta comme des séditieux, ennemis de toute autorité légale, et disposés à conspirer contre la domination récente du roi de la petite Bretagne. Il se plaignit de l'ignorance du peuple, qui n'était si générale que parce que l'éducation leur était abandonnée, et qu'ils imprégnaient de préjugés la jeunesse élevée dans leurs collèges. Il tonna contre les prêtresses de l'île de Sène, qui se servaient dé charmes pour exciter des tempêtes sur la mer, qui prenaient à volonté la figure d'animaux malfaisans, et qui se vantaient de prédire l'avenir. Il demanda que les ordonnances qui proscrivaient les idoles et leurs prêtres, fussent appliquées aux druides dans toute leur rigueur.

Eai-hirr-bad se leva. Le dieu que les druides adoraient, dit-il, n'était pas tel que l'avait annoncé Modéran: il était unique et toutpuissant; source de vie et de vertu, mais inconnu aux mortels, il ne se manifestait que par ses œuvres, et si l'œil de l'homme n'avait pas reçu le don de le contempler dans sa gloire, la main de l'homme n'avait pu lui donner une figure et des dimensions. Afin d'obéir aux injonctions des Romains, il était vrai que les Druides avaient caché sous des emblèmes les qualités inhérentes à sa sublimité; Esus était sa force; Taranis, sa vengeance; Teutatès, sa providence; Belenus,le pouvoir de sa parole; Nehalen, le symbole de sa lumière éternelle; mais, jamais les grottes sacrées, les bois mystérieux, la pierre de l'instruction, n'avaient entendu ces dénominations impures que les prêtres de Hy-ar-bras, le dieu inconnu, ne regardaient que comme des sacrilèges. Que pouvait-on opposer à l'austérité de leur vie? Leurs nobles et saintes Maximuss ne tendaientelles pas à rendre l'homme bon, équitable, religieux et vaillant? Adorer Dieu et l'honorer par le respect et le silence, plus que par les sacrifices; ne pas faire le mal, obéir aux lois, et tout immoler à la patrie, voilà les préceptes qu'ils développaient à la jeunesse, à l'ombre des forêts et dans les lieux solitaires, si favorables à la méditation ». Si quelquefois leurs récits, les exemples qu'ils citaient, semblaient obscurs et métaphoriques, c'est qu'ils jugeaient important d'exercer la mémoire et les facultés intellectuelles de leurs candides auditeurs. Les Druides n'ignoraient pas qu'ils ne devaient la paix actuelle de leurs collèges qu'à l'impossibilité de pourvoir sans eux à l'instruction des jeunes Bretons, et qu'ils n'existaient que par une tolérance intéressée. Toutefois, aucune injonction, aucune menace, pas même la persécution, ne les engagerait à renoncer à ce saint privilège. Eal-hirr-Bad combattit alors la partie de l'accusation qui représentait les Druides comme des imposteurs et des séditieux. Il s'exprimait avec énergie, mais avec prudence et circonspection, et les chrétiens semblaient entrevoir dans ses paroles des moyens de conciliation qui eussent conquis de nombreux disciples à l'Eglise évangélique, lorsque la grande prêtresse l'interrompit, et d'une voix animée par la colère:

"Qui donc a conduit tes vaisseaux dans le port, roi Murdoch, s'écria-t-elle? qui t'a donné puissance sur tes ennemis? qui t'a élevé sous ce dais orgueilleux? qui? si ce ne sont les prières des vierges de Sène? Elles ont veillé neuf nuits durant, près de la pierre pyramidale du rivage, interrogeant le cours des astres, cherchant des paroles salutaires dans le murmure des vagues, saisissant le premier et le dernier cri des oiseaux, au lever comme au coucher du soleil. Pour fléchir Hy-ar-bras en ta faveur, elles ont, à l'heure de minuit, malgré la terreur qui les poursui vait, enfoncé le fer d'une hache dans le chêne du bosquet où jamais n'a pénétré la lumière. Hier encore, je cueillais pour toi le gui de l'arbre de Carnac; je puisais dans ce vase d'or l'eau vivifiante de la fontaine Azeula dour. Cependant, que fais-tu? Le culte que professaient tes pères est menacé; et c'est ta main sacrilège qui lui porte des atteintes mor telles! Va! puisses - tu périr comme cette plante fragile que je détruis! puisse ta vie s'écouler comme cette eau que je répands!" Et d'une main forcenée, saisissant la branche légère qui reposait dans l'arche, et le vase qui contenait l'eau lustrale, l'insensée prêtresse réduisit l'une en poussière, et versa l'autre sur le pavé de la salle.

Un cri d'indignation s'éleva de toutes les parties de l'assemblée, et des paroles menaçantes se firent entendre. Le vénérable Eal-hirbad, qui n'avait pu s'opposer au mouvement rapide de la prêtresse, se couvrit la tète de son manteau, et fut imité par tous les Druides. Uheldeda, debout, l'œil fixe, le visage enflammé, semblait braver la puissance de Conan; ses compagnes avaient abaissé leurs voiles.

"Sortez, dit Conan aux Druides; la patrie vous rejette: je vous retire ma protection. J'ai trop long-temps balancé entre des inté« rets humains et ceux du dieu que je sers."

Les Druides se retirèrent en silence. Les prêtresses, entourées de leurs bardes, traversèrent la foule du peuple, qui s'inclina partout sur leur passage, et elles partirent à l'instant pour l'île de Sène.

L'assemblée des états continua ses travaux, qui n'éprouvèrent désormais aucune interruption. Des décrets ordonnèrent la fermeture des collèges de Druides comme celle des temples païens, et leur firent défense expresse de s'immiscer en rien dans l'éducation de la jeunesse. Les prêtres chrétiens reçurent l'injonction de s'occuper spécialement de l'instruction publique. Il fut résolu qu'on appellerait dans les villes des hommes sa vans, auxquels on assigna quelque rétribution pour subvenir à leur existence et récompenser leurs peines; et l'on chargea les supérieurs des monastères, qui s'élevaient en grand nombre, de prescrire à leurs religieux l'enseignement gratuit des sciences qu'ils pouvaient posséder, comme une action agréable à Dieu, et utile à la propagation de la foi catholique ». Cette partie des décrets de Conan ne reçut d'exécution que long-temps après.

Ce prince confirma dans cette assemblée la distribution des titres et des gouvernemens qu'il avait faite précédemment. Il créa les comtés de Léon, de Cornouaille et de Vannes; il nomma Judicaèl à l'évèché de cette dernière ville, dont le pape Siricius lui accorda l'érection en siège épiscopal; et tout parut ainsi concourir à l'accomplissement des volontés qu'il avait manifestées.

Mais la Gaule était en feu, et la faiblesse des empereurs d'Orient et d'Occident avait enhardi les habitans de plusieurs provinces à prendre les armes. Ceux du Poitou et de l'Aquitaine réunis résolurent de venir combattre le roi de Bretagne, et de lui enlever les territoires qu'il possédait au-delà des rives de la Loire, en vertu de la conquête de Maximus. Mais Conan, chef expérimenté, nouveau dominateur, s'était préparé à tout événement. Son armée, sans cesse exercée, était facile à rassembler; ses places frontières étaient bien approvisionnées; et quoique l'ennemi eût pénétré jusqu'aux portes de Nantes, il passa la Loire au-dessus de cette ville avec vingt mille hommes commandés par d'habiles capitaines. Il pénétra sans peine dans le Poitou, rencontra ses adversaires, les défit en bataille rangée, poursuivit les fuyards, fit faire main-basse sur ceux que l'on put saisir, et frappa de terreur toutes les populations qui auraient été tentées de suivre leur exemple. Il parcourut en vainqueur une partie de la Saintonge et du Limousin, revint dans le Berry, s'empara de la ville de Bourges ', y plaça une garnison, et rentra dans la Bretagne, où désormais il vécut en paix avec ses voisins.

Malgré son amour pour les armes, Conan saisissait toutes les occasions de montrer une extrême piété. Il fit de riches donations aux églises et aux monastères qu'il ordonna de construire dans la plupart des villes de la Bretagne. Les seigneurs les plus puissans l'imitèrent. Celui de Goetlo, qui fonda l'abbaye de Quimperlé, fit à ses religieux la collation de quinze villages ou paroisses, sans en rien réserver. D'autres consacrèrent à ces pieux établissemens des propriétés plus étendues encore.

La plupart des chefs qui avaient suivi la fortune de Conan se convertirent à la foi catholique. Les indigènes n'eurent pas besoin de cet exemple; le nombre des chrétiens Armoricains surpassait déjà, dans les villes, celui des idolâtres et des païens, à l'époque de l'invasion de Maximus. Il était plus difficile d'introduire le culte de l'Évangile dans les campagnes, où l'ignorance était générale, et que la superstition et ses préjugés avaient choisies pour retraite; des hommes, touchés de la grâce divine, se dévouèrent à combattre ces funestes adversaires. Ils établirent leurs demeures dans les bois, y construisirent des ermitages; et la sagesse de leurs prédications, comme la sainteté de leur vie, leur valut de prompts et durables succès.

Les Druides ne furent pas les derniers à reconnaître la futilité de leurs doctrines; soit conviction, soit amour des honneurs et ambition, la plupart quittèrent les cavernes de Hyar-bras pour les temples de Jésus-Christ, et Conan les en récompensa par des dignités et des places .On en vit plusieurs qui, véritablement touchés, se consacrèrent au service des autels, et achevèrent dans la retraite des jours sanctifiés par la prière. Un monastère, qui prit plus tard le nom de Saint-Gildas, s'éleva sur les ruines du collège païen de la presqu'île Druis.

Les vierges de Sène semblaient, seules, braver, dans leur île, la puissance de Conan. Elles donnaient asile à tous les mécontens; et l'on disait que des Druides, réfugiés près d'elles, instruisaient en secret de jeunes sectaires, et se proposaient de rétablir en Bretagne, par la forpe des armes et l'influence des opérations magiques, le culte de leurs dieux proscrits. Le vase étrange que les Druidesses nommaient la fontaine Azeuladour ou du Sacrifice, avait été placé sur un autel cubique; et toutes les nuits, à la clarté de la lune, elles accomplissaient des rites mystérieux. Il paraissait certain que des évocations funestes avaient troublé les échos des dangereux rochers de Pehmarc'h. Les bruits qui grondaient dans leurs sombres cavernes, avaient redoublé d'intensité, et les paysans ne s'entretenaient que des tonnerres continus qui s'en échappaient et qui venaient les effrayer à des distances inaccoutumées. Enfin, un orage terrible éclata: jamais les vagues n'avaient déployé tant de fureur; jamais le ciel n'avait été sillonné par des éclats de foudre si rapides; jamais les vents n'avaient causé tant de ravages. Il ne resta pas une habitation sur la côte méridionale de la Péninsule. La mer, qui semblait avoir rompu ses barrières, porta au loin les débris des chaumières mêlés à ceux des navires qu'elle avait engloutis; les moissons disparurent, et les bestiaux périrent sous des grêlons d'une grosseur inouïe jusqu'à ce jour.

Qui pouvait attirer de semblables calamités sur les pauvres habitans des campagnes? Le cri général n'accusa que les prêtresses de l'île de Sène. On les avait vues, au plus fort de la tempête, commander aux nuages et diriger la foudre '; elles avaient évoqué les démons et leur avaient livré la Bretagne avec une horrible joie. L'évèque de Rennes les déclara sacrilèges, et Conan, pour se rendre au vœu du peuple, prononça leur arrêt de mort. Il envoya des troupes dans l'île de Sène, et ordonna de les amener devant lui.

La mer alors était calme, et les bateaux qui portaient les soldats de Conan abordèrent avec facilité. Un spectacle imposant frappa bientôt leurs regards. Les vierges de Sène, échevelées, revêtues d'une simple tunique noire, environnaient le vase mystique où elles avaient déposé les plantes salutaires qui devaient composer l'eau de l'inspiration . Leurs visages amaigris portaient les traces de leurs austérités. Elles avaient les bras nus; et chacune d'elles tenait une torche allumée qu'elle ranimait de de temps à autre par une vive secousse,en figurant, autour de la pierre cubique, une sorte de danse qu'accompagnait un chant plaintif et lent '. A quelque distance, un petit nombre de Druides prosternés, priaient silencieusement, et des bardes, armés de la hache, semblaient placés entr'eux et le peuple qui partageait leur recueillement, bien moins pour les défendre que pour ajoUther à la pompe de cette fatale cérémonie. Apeineles Druides eurent-ilsaperçu les envoyés de Conan, qu'ils pressentirent le sort qui leur était réservé. Ils levèrent les mains au ciel, et, les accablant d'imprécations, ils appelèrent sur eux la colère du dieu des vengeances. Le peuple,alors,poussa des hurlemens terribles; et quelques hommes s'élancèrent sur les soldats, dont l'imagination déjà ébranlée ne vit d'autre moyen de salut, qu'une fuite précipitée vers les bateaux qui les avaient apportés. Ils se rembarquaient peut-être, et les vierges étaient sauvées, si les bardes n'eussent imprudemment fait usage de leur hache de combat. Un instinct irréfléchi mit en défense les soldats qui fuyaient; mais alors ils reconnurent la faiblesse de leurs adversaires; ils les comptèrent; et, saisis de honte et de rage, ils se jetèrent sur les bardes, le peuple, les Druides et les prêtresses. Armés des torches abandonnées, ils portèrent l'incendie dans le bois sacré, impuissant asile de ces infortunés, dont les derniers cris répétèrent encore le nom du dieu qu'ils adoraient. Trois des vierges de Sène périrent avec les Druides au milieu des flammes; trois autres, parmi lesquelles on comptait Uheldeda, se poignardèrent en chantant leur hymne de mort; les trois dernières avaient cherché leur délivrance au sein des flots; mais on parvint à les en arracher vivantes, et conduites devant le trône de Conan, il les dévoua au supplice, sans pitié ni remords '.

Une fièvre violente vint, peu de jours après, tarir les sources de la vie dans le sein du conquérant de la Bretagne. Il mourut, regretté du clergé, des guerriers qui lui devaient leur fortune, et du peuple dont il avait flatté les passions. Les partisans des Druides affirmèrent que la justice du ciel se manifestait dans une mort si prompt©. Leurs ennemis prétendirent que les malheureuses prêtresses de Sèue avaient jeté sur lui un sort infernal ».

Conan fut inhumé à Saint-Pol-de-Léon. On lui éleva un simple monument de pierre qui portait pour inscription: "Hic jacet Conanus, Britonum rex."

Tous les souverains et les ducs de Bretagne se sont fait honneur de descendre de Conan Mériadech, ou Cyning Murdoch. La généalogie de la princesse Anne, deux fois reine de France, commençait à cette souche héroïque.

CONAN MÉRIADECH (383-421 AD) Book I

Conquest of Brittany, Conan Meriadec. - Distribution of governments and major charges of the state to his captains. - Marriage of Conan. - Establishment of the Christian faith. - Druids. - Assembly of the States General. - Improvement in the plate taxes and the distribution of justice. - Abolition of the Druids. - Death of Druidesses. - Death of Conan.

The throne of the East was occupied by Theodosius and Gratian was the scepter of the West When Maximus Magnus, Roman general, to the head of some legions who had covered the imperial purple, left the shores of Great Britain. He dreamed of the conquest world. He traveled to Gaul as a winner, and during the five years the nations admired at the height of glory. He fell under the walls of Aquileia, and the inexorable history has placed among the tyrants.

Twelve thousand warriors Breton, under the command of Conan Mériadech or Murdoch their prince, made up the portion of its army on which he based his greatest expectations. Maximus had married the heiress a kingdom of Britain, a relative of Conan Mériadech, and new rights of the Roman Trinobantes to the throne, only to those harmed Head of Breton. But the crafty Maximus whose wishes were not confined to reign a half-savage people, had desired the sovereign power in the British Isles, in order to use it to form cohorts Auxiliary his Roman legions. After Conan fought, which he had admired the value it had succeeded in attracting to its ranks princes with his friends, and their beings. It had given him his vast projects ambition the Breton had awakened, and in the nave from which the two warriors saw unfold before them the Armorican coast, also said Maximus Conan: "Forget this country forever cold "Puny as you leave, I'll make you so much "Of my conquests, as you will have no regret "Malplaisante your home. "A few hours later, the Imperial fleet in the harbor stood aside of Occismor or Legionenses today SaintPol Leon, at the northern end of the Armorican peninsula, or the little Britain.

Important considerations in choosing Maximus had determined this point of landing on the coast of Gaul. He knew that Many troops occupied the Neustria while a single legion was divided on laLétauie throughout the second half the most western of the little Britain '. It knew that the people of this country not carried forward with the yoke of Romans that most communities or cities, combined to the defense, but independent of each other under any other report, would fall easily to the party of powerful leader that would reduce the proportion of the tribute they paid to regret; and cities, tired of living continued strangers, eagerly seize the opportunity to get rid of it. Maximus was born a Christian; but if the ambition is sometimes superstitious it is mostly atheist. The religion of the Druids still seemed all-powerful in Brittany Gaul, although saints preach the Gospel and its moral beneficial, and the new emperor had promised to promote any belief, according he would find more relief and supporters the disciples of the apostles, or among instigators of Druidism, was Polytheism defended by the small number of men who had adopted the habits and opinions of ancient Romans, their power was not formidable, it decreased from day to day, and Maximus was willing to sacrifice them entirely. His views were further than of Brittany.

The first step on the Conan Mériadech in Brittany was a success. The city of Occismor was defended by a fortress where Roman troops were placed, it besieged, and it went. Maximus, master This key Armorica, the increase in force with new fortifications to to prepare a place for retirement, whether experienced a setback. But already his name had been repeated in all the garrisons defending the coast. Gratian and Theodosius were, for soldiers so far from the seat of their empire, as the ghosts of which sovereign they barely knew existed. Graces neither favors only came to look for this end of the world. Maximus was near them; he wore the imperial purple, and his companions did not talk about with enthusiasm the fortune ran out to meet this great master, who promised to share it, that deceived them more. The legions not swung a moment, they resumed their strongholds with Maximus, and joined their eagles to those followed him since Trinobantes.

Gratian, however, had not remained in inaction. Informed of the revolt of the legions British, he had sent to all Governors of coastline west of Gaul, or Armorican provinces, the order to pool their troops to oppose the landing of the usurper. Jubaldus, prefect of these regions, received the command of the army, and Gratian, who went to Lyon, assembled another in this city '.

Jubaldus urged the march of his legions. Worried about the outcome measures that Maximus had taken, and informed that the captain of Rennes advanced rapidly, he hoped the surprise. Without waiting for reinforcements, he hastened to meet him with twenty thousand men, and the two armies joined at Guy-d'Aleth, between Rennes and Saint Malo. The combat was terrible: we made large, share and secondly, the awful law of the sword. The flames devoured most of the villages; and when the fate of the battle was decided when the Romans had abandoned their eagles, slaughtered under the eagles also said that Roman took a savage fury of winners, and they mercilessly massacred the soldier who had defended himself and the harmless peasant who had welcomed him in his cottage. Jubaldus lost fifteen thousand men in this battle, and himself was counted among the dead. Debris escaped the carnage recognized the Emperor Maximus, and swelled the ranks of his army. From that moment he looked at the imperial diadem set as its head.

The fate of the best battles combined is often, as we know, to events unexpected. Romans of Maximus and the Gauls who fought for him had already folded when the body of the Britons, commanded by Mériadec, advanced in good order against a mass of enemies who seemed indestructible. The cavalry of Maximus, who had been the start, were unable to try a new attack. Conan and his Bretons each chose their opponent, and prodigies of valor penetrated to center of the Roman legions, the cavalry, guided by Maximus, finished them in disorder, and the victory ceased to be undecided. The emperor said they owed it to Conan.

"You see, Conan, he said after the battle, my view puts you above all my warriors. You have sacrificed the kingdom which was to be thine inheritance; what you lost to me, I want to make here. This region with its beautiful meadows, forests, rivers, will be yours. But hurry us to take and occupy the cities and fortresses, before the peril which the word of my enterprise is going to have in Gaul that will provoke people to take up arms."

The next day they laid siege to the Rennes. Sulpicius, who commanded the garrison, learning of the defeat of Jubaldus defected with his Roman troops and escaped death, surrendering without resistance. The name of the emperor he served mattered little. Maximus gave the city of Rennes Mériadech Conan, and, leaving enough soldiers to hold the castles and cities nearby, he marched on and reduced Nantes in a few days. Hearing news of his clemency, the inhabitants welcomed this prince everywhere as a liberator, because he crushed the charges and taxes collected by the prefects of the Empire and the punishment of the taskmasters. He promoted the cult of the Christians who had began more numerous and and drew more support than the austere Druidism. And he stopped the persecution of the people overwhelmed by these last followers of polytheism (the Romans). The city of Nantes became the place of residence.

Uncertain of the outcome of his company, Maximus knew how important it was to make new beings at once powerful and dedicated. There Peninsula Armoricaine strongholds, ports many of which he appreciated all the utility, if, for him, the future is clouded. But he feared that the islanders, who fought under its banners, not voulussent return to their island, having shared some booty. He had already thought of attaching them to the ground as they had conquered, and to achieve this, he hastened to top Conan.

"This land, he told the British chiefs that had met, served as drama to your exploits; they've lived glory. I proclaim Conan Mériadech king of this earth is reward you all. The price of your noble work is the soil of this country; but they are not completed. We trouce term Verona on the shores of the Rhine. "Hist of Bret by The Band.

The portion of Armoricans whose sovereignty was conferred on Conan by Maximus, included not only the one we have been specifically named Brittany, but also part of the Anjou, Poitou, Touraine and Berry.

These arrangements made, Maximus left Nantes at the head of forty thousand men. After two months living in this city, he followed the banks of the Loire, without encountering any enemies. Conan supported him with another body Army, secured his rear, gave him of provisions, notice to all accidents that could disturb its progress, and looked after, providing in-chief, to focus in benefits the leaders under his command. Gratien Trier taught the triumphal march of the enemy, he sent troops to harass and arrest its movement, and he threw himself in Paris. Of Partial fighting weakened, in fact, the army of Maximus, but did not like Gratien leaders who commanded his legions. The soldiers rebelled, they swelled the ranks of the enemy, and Gratian, hurry, found himself too happy to escape with three hundred horse, and take refuge in the city of Lyon. Maximus took under his command an immediate part of the troops of Brittany Conan, allowed the prince to retire to his new state, to ensure the consolidation its dominance, and hastened to continue his opponent. Gratian was the unfortunate Andragaste assassinated in Lyon. Maximus made himself known in this capital of Gaul, associated his son Victor to the empire, and went in Trier, where he took the reins of government Gratien had left to run at meet his destiny. Theodosius confirmed the title of emperor in general justified the victory.

Conan returned to Britain where the total could not be conquered in the first appearance. Armorican Gauls defended foot walk the land of their ancestors, animated at the sight of unburied corpses of their brothers, and trying to recover their property and their freedom. But the sword of Conan the horrible sword of power 'drink in their blood, and the insular Britons, resistant to all attacks, forced the Gauls to be satisfied that their mansions left, and the land they allowed them to plow.

A few months sufficed, however, for peace to the peninsula, and Conan, as wise Administrator intrepid warrior, thought one of his first duties was to visit all parts of his kingdom, to ensure the needs of its people. It went first to the country of Leon, and made surrounded by walls and strengthen the main harbors of the coast, often visited by pirates'. He laid the foundations of a castle near Occismor and sea, and imposing his name, he decided to make one of his residences. He went to the city of Legions, so named because the territory that depended could provide a full legion, consisting of six thousand six hundred men soixantesix. He admired its natural harbor, the Gulf with which it communicates, or the mulgul Strait leading to the sea and the river Landélorn, whose shores were crowned with forests. He found this so beautiful he ordered to complete the fortifications and the work of the port, started by the Romans. Then he traveled the southern coast, visited Kemper and Vannes, recognized with satisfaction that the fields were watered by running water, the fields responsible for crops, and orchards full of fruit, and he thanked Heaven, for he was a Christian. City Vannes fixed his attention particularly, he found it perfectly defended, densely populated wise and learned men, philosophers and poets. Most of these were bards attached to the Druids. Conan the brought, heard their songs, and engaged strongly to come to faith in Jesus Christ. After leaving Vannes, he crossed the river Doen, appeared successively in Dol, Dinan, Trecor, Montroulèz, and returned to Nantes that it has to withstand more vigorous attacks, which he made his main ^ Cipale residence.

Conan, in his travels, had heard the complaints of his subjects, and had hastened to remedy the abuses he had discovered. After two years of review and reflection, he thought himself sufficient information to determine, by laws and ordinances, the fate of nations which were assigned.

The Gallic Armorica or Brittany was Free. Any native prince or foreign there had established his absolute rule, and it was divided into cantons, cities, communities which is governed independently the other, by means of temporary judges elected by the people. These judges felt suits between citizens according local customs, and settled all private affairs of the community. Related between them by their simple words, these small States annually elected MPs gathered in a designated city, and discussed the common interests of all cities of Britain. They chose, in their turn, species whose stewards general authority only lasted a year, and which formed an executive council responsible simply to monitor the exercise of men, money and approvisionnemens of that assembly members were divided among the districts, according to important territorial and population. A small number of cantons, governed by chiefs or lords whose power was very limited, received, such as free cities, the orders of the General Assembly. It seems that three classes of men were represented in these meetings, the people or communities of cities, the nobles or lords of the earth, and priests, that is to say colleges Druids. The Roman emperors had forbidden the town meetings of members and if they sometimes permitted, it was only to facilitate the distribution of a tax, the establishment a new charge, or the removal of these cohorts for not ever seeing their homeland and they sent perish in Asia or Africa. Prefects were responsible for chairing these meetings insignificant, monitor and direct their deliberations, and they the power to transfer them from one city to another, according to their pleasure.

Judicial law had not been more respected than administrative law. Officers of the empire had abolished all customs old, and they felt themselves in civil as in criminal cases' not according to the usages and laws of the country, not by Roman jurisprudence, which perhaps, in many ways, would have seemed guardian to Britons, but in their free will and their fancy.

The Britons, on several occasions, had wanted to throw off the yoke of the Romans rigorous. Conan knew this, and to prevent the return of such efforts against himself, he took resolution to restore some of their laws and customs that they regretted. High among people whose kings were the first warriors, he did not feel established to command the slaves, but leading men subject to the laws of their ancestors, modified by time and care. Perhaps even these uses, these tests coarse legislation, he had learned to respect to their homeland, they appeared to him as masterpiece of human wisdom. He was advised in its work by a philosopher name of Sylvius, which was responsible for its education.

The prince began distributing the governments and the first charges of the State captains who had best served, the counsel who had guessed the best policy. He assigned revenue, land, districts to each according to his merit and his condition, and gave them titles of dukes and counts. These titles did not confer while personal distinctions. Counts constantly accompanied the prince and his council made up, and the Dukes were responsible to lead armies. Conan prescribed these new lords to maintain the condition, on land he had to give them a number of soldiers, chosen from those they ordered, or among their descendants, to always have an army ready to go to the first call.

These measures did not have all the first success that awaited Conan. Arose between the former owners of the land and new disputes that threatened to become bloody. However, as the number of endowment was not large, and that of the island formed only a very small part of the population, we managed to calm minds and satisfy the companions became the masters, and continued to cultivate the former owners. These fees cash, in kind, personal services, constituted the principle of feudalism, and centuries later, led mortmain and bondage to the soil.

Conan had been married but his wife was dead. Some of his captains were involved in the bonds of marriage, he allowed them to come to Britain their women and their children, and put to this purpose, transport ships at their disposal. It charged even solicit Breton companions for those who did not consider suitable to ally with families Armorican, and the destination in his mind, to serve court of the princess whom he intended to ask luimême hand.

Dionote then ruled the kingdom of Trino boasts. He succeeded his brother, Caradoc, that Maximus was appointed to replace Octavius. Conan he sent messengers with the a letter worded as follows: "Conan àDionote it Armorica, Conservative l the Bretons: I will demand salvation, and that exposes you the land of the least Britain, where I reign has air serene, fruiting fields, beautiful forests, waters and fish, hunt busty and land suitable for tillage. No default Now, save for the female noble .... Why, I pray thee, thou me please, in the sacred covenant of marriage, your daughter Ursula, who surpasses in beauty the other maidens of Britain, to which I desire to be married, and you pourvoyes other Women Brettes my other dear friends, and suitable to their lineage, because they refuse use of Gauloises, little house badge and ignorant of our language. "

Dionote gave his daughter to Conan, and did meet a lot of young virgins to noble family he gave for companions to beautiful Ursula. The princess, dressed in garments of silk, jewels of gold, clasps, of gems and sapphires, as befitted his birth, was embarked at Trinobantes, with its Subsequently, the ships sent by Conan. If start smiling at some of these young girls, it afflicted many others who shed tears as he left the earth Anières which had seen being born. It was a sad day for Britain, and the event who followed him, laughing a day of mourning forever.

No sooner had they wind fills the sails, a terrible storm broke out, and soon was no hope of salvation. Poor terrified girls begged on his knees the assistance of heaven, but their prayers were not point heard. Several ships were wrecked on the rocks, others were overwhelmed, and the ship that carried the princess and her noble friends, long balotté by the waves, was discarded after a few days on the shores of Holland, to the mouth of the Rhine. These young virgins, saved from the waves, fell soon after the power of a horde of Picts and Huns, whose leaders, furious not get the disdain, the massacred without mercy. The Church has the rank of holy the beautiful Ursula and her companions. Conan, private event of the wife he had chosen, offered a few months later, his hand and his crown to Daréréa, sister St. Patrick, born on the banks of the Clyde. The Daréréa mother was born in Gaul, and was closely related to St. Martin that Maximus had called for his advice. The Conan fellow allied almost all Armorican to families'.

Report that the legendary Dionote gathered eleven thousand girls of noble lineage and sixty thousand of lower extraction: these sixty thousand perished on rocks, but the eleven thousand virgins nobles who accompanied Ursula arrived safe and sound on the edges the Rhine. They went to TyEL (Thiel), then to Cologne, then to Bay, and found in this city Gérasine Princess, Queen of Sicily, the sister of the Bishop Macrisius, and Daria, mother of Ursula. Daria, the educated se'jour his daughter in Basel, left Great Britain with four daughters princesses, Babbles, Juliane, Victor and Aure'e, and a little son-called 'Adrien. All this re'union went to Rome in state, accompagne'e of Pantulus, Bishop of Basel. Pope Cyriac, Breton of origin, received with highest honors. He was If their key Christian virtues, he abdicated the papacy and joined the multitude of virgins, and Cardinal priest Vincent Maurice, Bishop of Lucania; Ftolavius, Bishop of Lucca, Sulpicius, Bishop of Bayonne; Martullus, Bishop of Greece, and his niece Cons tance, the king's daughter Dorothy: she had dedicated "her virginity the Lord. This pious company, returning to Cologne, found that city besieged by the Huns, who took Armed for the large gathering of women and priests, and massacred them without mercy. Ursula fell the power of Melga, chief of the Huns, who, seeing her so nice, did his best to console her for the death of his companions, and he offered to marry her, but she pushed him away in horror, and when he saw it and spurned, he pierced with his javelin.

This is the story of the Legend. It is so romantic, that I have long hesitated to preserve the history of Conan the fact that it gave rise. This milk, however, is reported without these bizarre incidents in the oldest columnists, and it has nothing, in my opinion, what is natural. It is simple enough that Conan has sought a wife in his country, and very possible that a storm has destroyed the vessel that the portal. As for the text of the legendary I beg to observe that it has not existed at this time Pope Cyriac.

It was about this time that the emperor Maximus, who reigned in Trier with glory, and went to the Germans feared that he was subject to an annual tribute, passed in Italy under the pretext of delivering the Christians of the persecution that made them feel Justine mother of Valentinian, but more for the purpose actual possession of the States of the young prince, recognized as emperor Theodosius as West. He went maîtrede Milan, etacheva in a few months the conquest of Italy. Theodosius, then came the attack with all forces of the East. He won two consecutive victories over Maximus, who decided his fate. Delivered by soldiers and brought before X Theodosius, he was murdered in front of this emperor, near the walls of Aquileia. The policy of Theodosius advised him not make too great changes in the provinces of Gaul, where Maximus had established his followers. Some of them recognized the supremacy of the emperor of the East; others stood on the defensive, and waited for the events. Conan, who recognized any beyond the scope he had just lost, won, by bids of little importance, the return of the body Breton who had followed his unfortunate friend. They returned by detachments in the Armorican peninsula and the king Brittany, increasing its activity, used it to increase the garrison that defended the borders of his kingdom.

A project, run hard, be matured long time in the thought of Conan and based on its consequences, strengthening his power and his religion. It does was nothing less than to overthrow forever polytheism and Druidism. It is believed strong enough to attempt it, and he succeeded in convening the States-General of Britain, in the city of Rennes, in the forms the Bretons had once affectionate.

The Christian faith was preached in Britain as early as 67 by St. Maximin, a disciple of the apostle Philip. The church of Rennes holds for its first bishop, although of learned writers have dropped the establishment of the episcopate in this city, at the time Conan endowed income and land owners of this high ecclesiastical office. " They forgot that in the beginning, the title of bishop did not differ from that of priest; that those who were had no diocese determined, or temple, and that the assemblies Christians were held in secret in a hidden place. It was only when emperors embraced the faith of Jesus Christ, the faithful began to fill the homes of poor or bishops fixed we told them of worldly goods, which granted them authority over the people, which is determined the scope and limits of their dioceses, and we raised beautifully decorated churches.

St. Linus, successor of St. Peter, sent to Brittany St. Clair and St. Godsend. The first founded the Church of Nantes, and second proclaimed the Gospel to the inhabitants of Valves. The Druids, whose doctrine had so far prevailed throughout the country, did not receive these holy missionaries favorably. However, as they were themselves persecuted by the priests of Jupiter, Mercury and deVesta, whose efforts, supported by the power of weapons, tended hast destroyed and that, moreover, they believed they saw, in the new dogmas, principles that were close to the simplicity of their own; and they found in the Trinity of Triads in indirect reports, they tolerated the Christian preaching.

It even happened, enlightened by the light that they had the East, many Druids adopted, with ardor, a religion so favorable to the spirit of independence that animated the Bretons. The Idolatrous Romans understood in the same proscription preachers and their converts, they opposed the sword to spread of new doctrines, and the unfortunate Britons, who died in the riots that the abuse of public power excited too often, were regarded by the people as martyrs. It was a temple dedicated to Nantes Janus to the deity or any topic that the name is reminiscent of the old man to four fronts. Two brothers of an illustrious family, and Donatien Rogatien, son of the prefect of Nantes, overthrew the idol. Condemned as detractors of the gods, they suffered death with courage. Their constancy in torture, the nobility of their birth, the vast authority of their father's name, the hatred it was the Romans, all contributed to push up the excitement, the feeling that resulted minds to religion of Jesus Christ, and the blood of martyrs begat two legions of Christians. The Druids, however, were kept on the people in general affect all largest, most learned people who adopted the Christian faith vowed, like them, to the solitary life, and created hermitages in the shade of ancient wood, the edge of the sacred fountains. If in the silent hours of the night, where superstition has its greatest empire on the heart rights, the Britons did not recall terror with the mysteries of the deep forest where the altar was based druid, no of them, however, could not claim that these mysteries, which every layman was removed, had demanded bloody sacrifices, as published the Romans \. Life of the Druids was severe and uniform. They consisted of congregations or colleges in which they disciples formed to replace them. The two most famous establishments of this kind were placed on the island of Calonèse and in that of Uxantis. He was a third in the island of Sena, but it was exclusively reserved for the priestess Marine Consultants on the success of their travel, and who will always be addressed in heaven pray for their speedy return. The priests of the island had a Calonèse college in the Quiberon peninsula, just distance which we still see the huge monument where they performed annually one of their holiest ceremonies. At a time fixed, the Druids of throughout Britain, those of Belle-Ile, Ouessant, Douarnenez, the island of Batz and bars, Point du Raz or. promontory Gobe, met at Carnac, where he came from Cassiterides or deputations of Scilly, the islands of Mona and Anglesey, the Hebrides, Orkney and the coast of Ireland. Here, priestesses of the Isle of Sene, dressed in white, the his head adorned with a crown of vervain, sickle suspended from their sacred gold belt, the barefoot, the inspired air, brought in pump in a veil of dazzling whiteness, Sélage 'they had picked the sixth day ia the moon. The veil that contained this plant saving was deposited in an arch supported by two gold bull without blemish, one related the other by the horns. Bards, archives living history, telling the actions Recent princes and warriors, they were put in verse, and in these stories, they dispensed without fear of blame as praise. Grand Chief of the Druids uttered the words that the common has heard, and no actions performed profane eyes could not sully. In Memory This feast, a stone, a rock such that, today, it would seem impossible that the hand of men ébranlât, was high on the ground, and had to prove to the posterity piety of the people and ministers of religion. Tradition says that in ancient times, when fleets Armorican traded with Egypt, Persia, Phoenicia, the Druids gathered, the return of the vessels, to give thanks to heaven for their happy travel, and the head of the ship, which had led the fleet, erected a huge stone of who braved the centuries'. Brittany had lost its independence; travel had ceased, but the druids kept to increase annually the number of stones of remembrance. There are nearly four miles in the plain of Carnac.

Regardless of this extraordinary monument, there were other compounds several stones high, surmounted by a flat stone cross, the simplest still had only one stone pyramid, often located near a fountain. These monuments were not altars early as platforms for druids to speak to many disciples, the latter served as rallying points to the select audience, whose meetings were daily. It was always the grave of a man dear to the nation '.

For a long time druids do more mingled to make peace or war. Under this report, the Romans had taken their their influence on the minds of Armoricans. It was immense, for education youth they were entrusted, and among the Maximuss they taught, there were always the injunction to be brave, and to sacrifice all that can attach to the existence, for defend the motherland from the yoke of the alien. They were exempt from military service and taxes, but they never failed to follow armies to inspire warriors energy that could leave them in setbacks, and when they wanted to complete a combat, they only needed to appear on the battlefield. At the moment the two parties laid down their arms.

These powers and many others, there were only what Romaius they could not compete: respect for people, a great reputation for virtue and austerity, a fairly deep investigation in the exact sciences and astronomy, talent of eloquence they cultivated with care, medical knowledge and whose benefits were attributed to a power magical. In this regard, they fully seconded the popular error, by mixing with their prescriptions a lot of superstitious practices.

But what contributed most to the perpetuation their power over the minds of Britons, it is that public education was entirely their abandoned one. It is true that the edicts emperors had prescribed to remove them, by ordering the closure of all pagan temples. But these edicts remained without running, or had reached the followers of polytheism, since the Druids had neither temples nor statues, or representations of their deities'. Symmachus, Moreover, a supporter of idolatry, so powerful in the court of the emperors and patricians near Rome, was using all his influence to delay, at least, if it succeeded in prevent the fall of temples doomed; and most of the governors and commanders of cities were pagans or willing to support them in the interests of their ambition. This state of affairs was, for a moment, let Druids in the shadows, and they had kept to come out too strongly in the sattaquant new religion, but their destinies were completed.

Conan's will was not undecided. He had a firm determination to reverse in never the pagan temples, to break their idols, confused by all the debris Druid institutions, and policy agreed with his religious ideas, because he could not forget that the Druids were seemed to favor the establishment in Britain only by love for the ancient liberties. The days when all divisions i'Armorique formed so many republics ies whose leaders were eligible, and that the association, which seemed to have no other principle that a perfect equality, however, saw its action under their authority, did not erased the memory of these priests. Then it was they who ensured the conservation laws, reforming the customs, which the vice punished, they gave advice to captains, the judges asked them; and sometimes, their will prevail Services and the sanctity of elections, they laid down their heads and forced citizens' assemblies to return to the choice but to hit their disapproval void \. They had bent with difficulty usages of the Romans. They had to used to accept all the foreign gods, and increase the court of Jupiter changing some external forms. The Druids had lent to this whim, they had disguise their true worship, and were required to attend public rituals of idolatrous sacrifices and those of their divination; but they had abandoned at the time where Christianity was introduced into the legions guarding the Armorican peninsula. If the arrival of Conan had a moment shines in their eyes the hope of regaining their former dominance, deceived in their conjectures, they had become dangerous, and it suited them Conan destroy.

But Conan feared the consequences of tough measures he was prepared to use. The fate of Gratian appeared to him in all its horror. This emperor, in his religious enthusiasm, had repudiated the respect and dignity of sovereign pontiff, sent by Caesar Augustus to all his successors. Soon after, he had ordered the closure temples and the governors of the prescribed provinces to monitor the conduct of the Gentiles. The people, indignant, had left him, and Maximus, using cleverly aversion marked that this prince, had both off the throne and life. Conan resolved to shelter under the umbrella of the Catholic clergy.

The States General were summoned in Rennes. As before, he was allowed communities to cities to meet and to elect members. But nearly three centuries had elapsed since the last meetings, and they had lost the tradition of usual in the election rules. They inquired the Druids. They said that all votes were equal and free, that the vote the easiest defender of the country had as much weight as that of a count, a Duke, the King himself, and three classes men should call the States General, the people, the warriors or nobles, and priests. It was evident that the word priests they heard the Druids. Conan said they would follow their advice exactly; and the adopter to the letter, he ordered that the Christian priests would be eligible and that the bishops seem right in the assembly as the great leader of the Druids. The priestesses of the Isle of Sene claimed the same privilege, and they were granted '.

Dukes, earls, governors Gonan gathered around a majority of votes. They were formed in a land kind of court, composed of Britons committed to their interests, their quarrels and marrying friendship, bound by oath to fight and to live and die for them. These vassals received one hand in the fields of the lord, who for its part, undertook to protect them in any circumstances, to defend them and against all. Their number two established its dominance, and we saw this election: either belief or obedience to Conan invitations secret, they appointed, to represent the religious views, all Christian priests who were then in Britain. The Druids were reduced to a few community leaders.

The States-General opened, chaired by Conan, who showed himself dressed in his arms, girded with the sword, and holding in his hand a long white rod, whose end was decorated a silver flower similar to the lotus. A circle of gold around his helmet. He had prepared a throne under a canopy, he sat down, and most valiant captains took place his side.

Brittany was only two bishops: Modéran, who ruled the church of Rennes, Arise and that its virtues had been at the head of the church of Nantes, but they were accompanied by several learned people, such as Judicaël, Didier, Archdeacon of Nantes, which few years later, was anointed bishop the hands of St. Martin; Alethius, which St. Jerome has left us a touching eulogy Riotime that the Church has one of the saints; Elleran, John Abbot, and other learned preachers of the Gospel. Modéran Arise and appeared wearing the insignia of pompous Bishops, the miter on his head and butt hand, an acolyte preceded with a cross curiously carved boxwood. Conan rose when they appeared in the room. They went to the throne, where they laughed three genuflections, uttering a low voice short prayer, then they went to the stalls they had reserved.

Druids furentalors introduced. Leurchef, Eal-hirr-bad ", was covered with a coat of white wool extremely fine; his belt was of gold, and wore bracelets of the same metal: an oak wreath encircled his head venerable long white hair fell over his shoulders, and their rings were mingling with the silvery beard that covered his chest, his feet bare, and modestly hid his hands under the folds of a coat of the same material as his shirt. Like him, his companions were dressed in white wool, but they had no bracelets, nicouronne oak. They seemed immersed in meditation, and when they stopped Conan before, when their leader raised his hands in heaven, begging the God of their fathers, be known, to grant the king a long life and prosperity without end, they joined their voice to his, and uttered a hymn sacred, that their mouths for a long time had dared to pronounce. Conan only hear a slight bow with this patriotic song. The Virgin Island Sene appeared the last: they were nine in number. Uheldeda ', the high priestess, crowned with vervain, a golden sickle in hand, dressed, as the leader of the Druids, the belt and gold bracelets, advanced, followed by its eight companions, four of which were with respect ark that contained the precious gui sacred. Their garments were white, and their sails, a transparent, lightweight fabric, rejected gracefully over their shoulders, left APERC see the charms, which for the first time were exposed to profane eyes. A flattering murmur greeted them, and without doubt, they drew a good omen. The Bards, who formed their procession, lined up, hatchet in hand, behind the seats they had prepared.

The discussion was lively and impressive. There is likely that the bases of fundamental laws the kingdom, and general administration, There were laid. Tradition has preserved Remember that low most of the items that can be treated.

They began by examining the nature of taxes, or tribute, which rose over the people. Cou year we wanted destroyed those who seemed the most heinous, and that the distribution taxes that are retained, became more equity than in the past. The municipalities were allowed to impose their own citizens, and the lords of the earth to go pledges of their vassals, but to be reimbursed by them at their convenience. The latter measure had no other result than to irrevocably tie the peasant to the soil and to ensure its slavery to the future.

Conan had already tried to fix the civil court, ordering that the governors the cities themselves should render justice, or fissent to the delegates by educated and probes, and the lords had obtained important prerogative to judge themselves subjects of their land. But the bishops claimed that this right belonged to them, as having been granted to the Church by Christian emperors. Disputes were high between them and the lay judges, and priests have been kidnapped several prisoners hands of judges, they had retaliated. The meeting decided that the secular judges continue to experience civil and criminal cases, but might be called for their sentences to two counts Sovereign of Justice, established one in Rennes and one in Nantes, from among the clergy. Arise was responsible for these high functions for the county of Nantes, and Riotime, who was residing in the city of Rennes, which He became bishop the following year, was in its jurisdiction the rest of Britain.

The Druids, forced to take part in their deliberations were so foreign saw with sorrow that their reign was over. They tried in vain to escape their supporters to the jurisdiction of Christians. No comments were received that with murmurs, and came complete Modera n their defeat.

This holy man began by claiming strict enforcement of imperial edicts against pagans. He accused himself of the Druids opposed by dark intrigues, the closing of the temples of the polytheists, the destruction of statues and the elimination établisseniens the idolaters where we drew few young men seduced under the guise of teaching them. Their motives do not appear in the public eye, but they were easy to recognize. If Druids had been tolerated until now they had this excessive indulgence to the hope that they had designed for conversion to the faith of Jesus Christ '. They brought ever new delays in this regeneration, which was taking place only partially, and, with the intent to indefinitely delay the time it would need to be explained, they used a secret with all their credit to keep the remains a cult odious to true Christians and themselves, but whose fall would inevitably lead to them.

"For added Modéran, are they not as idolaters, those posters that are important to the worship of men, Esus, ïaranis, Teutates, Belenus, Nehalennia that others call in March, Jupiter, Mercury, Apollo and Diana? They have no temples, it is true, but they meet at the times marked in designated places, the crowd they die ceive unfortunate, and there before the unfortunate, but favored by the darkness, they engage in magical operations, they travel the air, carried by fantastic beings, raised the in the abyss, and if we are to believe rumors too repetitive, they shed the blood of men in an execrable ceremony! These are calumny perhaps? their hands are clean and they worship only one God like us? So that this moment is that of reconciliation with the sky as the land! They fall on their knees, the holy water of baptism ahead. "

Indefinable movement was noticed on the bench of the Druids, but they kept silence.

Modéran continued. He represented as of seditious enemies of all legal authority, and willing to conspire against the king's recent domination of early Britain. He complained of the ignorance of the people, that was so general that because their education was abandoned, and that prejudice permeated youth high in their colleges. He thundered against the priestesses Island Sene, who made use of charms to excite the storms of the sea, taking the figure to control noxious animals, and who boasted to predict the future. He asked that the ordinances proscribed idols and their priests, were applied to druids in all their rigor.

Eai-bad-hirr rose. The god of the Druids worship, he said, was not as had Modéran announced: it was unique and all-powerful, source of life and virtue, but unknown to mortals, it was only seen by his works, and if the eye of man had not received the gift of the look in his glory, the hand of man could not give a figure and dimensions. In order to obey the instructions of the Romans, it was true that Druids had hidden under the emblems qualities inherent in its sublimity; Esus was his strength, Taranis, revenge; Teutates, His providence; Belenus, the power of his word Nehalen, the symbol of his eternal light, but not the sacred caves, woods mysterious stone of the investigation, had heard those names that impure priests of Hy-ar-arms, the unknown god, do that looked like sacrilege. That could anyone object to the austerity of their lives? Their noble and holy Maximuss tendaientelles does not make men good, fair, religious and valiant? Worship God and honor by respect and silence, rather than by sacrifices, do not do evil, to obey the laws, and every sacrifice to his country, that the precepts they developed the youth in the shade forests and solitary places, so favorable to meditation. " If sometimes their stories, the examples they cited, seemed obscure and metaphorical, that they considered important to exercise the memory and intellectual faculties of their candid listeners. The Druids were aware that they were to present their peace colleges unable to fill them in without the instruction of young Britons, and they existed only by tolerance interested. However, no order, no threat, even persecution, did commit to give up this holy privilege. Eal-Bad-hirr then fought the part of the charge represented the Druids as impostors and seditious. He spoke with energy, but with caution and circumspection, and Christians seem to glimpse in his words means of conciliation who would have won many followers in Evangelical Church, where the high priestess interrupted him, and led by one vote anger:

"Who led your ships in the harbor, king Murdoch, said she? that gave you power over your enemies? that brought you up in the canopy proud? who? if are the prayers of the virgin Sene? They ensured nine nights, by the stone pyramidal shore, questioning the course the stars, looking for wholesome words in the murmur of the waves entering the first and the last cry of the birds at sunrise as the sun. To bend Hy-ar-arms in your favor, they, at midnight, despite the terror that the Continuation Vaite down the iron ax in the oak the grove where the light has never penetrated. Just yesterday, I gathered for you the mistletoe Carnac the tree, I draw from this vase gold life-giving water of the fountain Azeula dour. However, what are you doing? The worship professed your ancestors is threatened, and it is your sacrilegious hand which he wears with such mor! Go! can - you perish like this fragile plant that I destroy! to your life drain the water as I pour out! " And a frantic hand, grasping the branch that rested lightly into the ark, and the vase containing holy water, the senseless Priestess reduced one to dust, and poured the other on the floor of the room.

A cry of indignation arose from all parts of the assembly, and threatening words were heard. The venerable Eal-hirbad, who could oppose the motion Rapid priestess, covered his head from his coat, and was imitated by all the Druids. Uheldeda standing, staring, face burning, seemed to defy the power of Conan, and his companions had lowered their sails.

"Get out, said Conan the Druids, the homeland rejects you: I will withdraw my protection. I hesitated too long between inte "rets humans and those of the God I serve."

Druids retreated in silence. The priestesses, surrounded by their bards, through the crowd of people, who all bowed in their path, and they leave at once for the island of Sene.

The Assembly of States continued its work, n'éprouvèrent now that any interruption. Decrees ordered the closure of Colleges like the Druid temples Gentiles, and made them express prohibition to interfere in any way in the education of youth. Christian priests were given the order to specifically deal of public education. It was resolved to call in the cities of men's vans, which was assigned a reward for provide for their existence and reward penalties, and we charged the higher of the monasteries, which amounted in large numbers, to prescribe to their religious education Free science they could have, as an act pleasing to God, and useful the spread of the Catholic faith. " This Conan of the decrees of execution that did not receive long after.

The prince in this assembly confirmed the distribution of securities and governments he had made previously. He created the counties of Leon, Cornwall and valves; Judicaël he appointed to the bishopric of that city, which the Pope granted him an erection Siricius in Episcopal, and all seemed well contribute to the fulfillment of wishes it had arisen.

But Gaul was on fire, and weak Emperors of East and West had emboldened the people of several provinces take up arms. Those of the Poitou and Aquitaine coming together determined to fight King of Britain, and to remove the territories he possessed beyond the banks of the Loire, Under the conquest of Maximus. But Conan, experienced chef, the new ruler, had prepared for any emergency. His army, without continually exercised, was easy to assemble, and its frontier towns were well supplied, and although the enemy had penetrated to the gates Nantes, Loire he spent over the town with twenty thousand men commanded by skilled captains. He entered without sentence in the Poitou, met his opponents, defeated them in battle, continued the fugitives, had to do hands on those one could enter, and struck terror into all populations that would have been tempted to follow their example. He traveled in winning some of the Saintonge and Limousin, Berry returned, seized the city Bourges', placed a garrison, and returned in Britain, where he now lived in peace with its neighbors.

Despite his love for weapons, Conan took every opportunity to show a extreme piety. He made donations to the rich churches and monasteries that he ordered building in most cities Britain. The most powerful lords followed suit. That of Goetlo, who founded the abbey Quimperlé, made his religious snack fifteen villages or parishes, without in any way book. Other devoted to those pious establishments of the larger estates again.

Most leaders who followed the fortune of Conan converted to the Catholic faith. The natives did not need in this example, the number of Christians Armoricans already surpassed in the cities, the idolaters and pagans at the time of the invasion of Maximus. It was more difficult to introduce the worship of the gospel in the countryside, where ignorance was widespread, and superstition and prejudice were chosen for retirement, men, moved by grace God, devoted themselves to fight these fatal opponents. They established their homes in the woods, they built hermitages, and the wisdom of their preaching, as sanctity of their lives, brought prompt and sustainable success.

The Druids were not the last to recognize the futility of their doctrines is conviction, or love of honor and ambition, most caves Hyar left arm for the temples of Christ, and Conan rewarded by the honors and places. We saw many who truly affected, devoted themselves to the service of the altar, and finished in the retreat of the day sanctified by prayer. A monastery, who took later the name of Saint-Gildas, rose on the ruins of pagan Peninsula College Druis.

The virgin appeared Sene, alone, brave in their island, the power of Conan. They gave asylum to all the malcontents, and we said that the Druids, refugees near them, instructed in the secret cult of youth, and proposed to recover in Britain, for POERT the weapons and influence operations magic and the worship of their gods prohibited. Strange that the vase named Druidesses Azeuladour the fountain or the Sacrifice, was was placed on a cubic altar, and all the nights, the moonlight, they were performing mysterious rites. It seemed certain that evocations fatal had disturbed the echoes of the dangerous rocks Pehmarc'h. Sounds that rumbled in their dark caves, had redoubled in intensity, and the peasants continued talking as thunder and which escaped scare came at distances unusual. Finally, a terrible storm broke out: never the waves had made so much fury; the sky had never been crossed by flying in love so fast, never had winds caused so much havoc. There was not a house on the southern coast of the peninsula. The sea, which seemed to have severed barriers, carried off the remains of huts mixed with those of the ships it had swallowed; the harvest disappeared, and cattle perished under a hail of unprecedented size to date.

That could attract similar calamities the poor country people? The complained of no general outcry that the priestesses of the island of Sene. They were seen at the height of the storm clouds to control and direct the Lightning 'and they had talked about the demons and they had supplied Britain with a horrible joy. The Bishop of Rennes declared sacrilegious and Conan to get to the will of the people, pronounced their death sentence. He sent troops on the island of Sene, and ordered the brought before him.

The sea was so calm and the boats soldiers were landed with Conan ease. An imposing spectacle struck soon their eyes. The virgin Sene, disheveled, coated with a simple black tunic, mystique surrounded the vessel where they had introduced plants that were beneficial Water deal of inspiration. Their faces thin bore marks of their austerities. They had bare arms, and each holding a lighted torch in it revived from time to time by a strong earthquake in appearing around the cubic stone, a kind Dance was accompanied by a plaintive song and slow '. Some distance, a small number of Druids worshiped, prayed silently, bards and armed with an ax, seemed placed between them and the people who shared their contemplation, much less to defend as to add the pump to the fatal ceremony. Druids had Apeineles-ilsaperçu the envoys of Conan, they felt the their fate was reserved. They raised their hands to heaven, and the damning of curses, they called upon them the wrath of the god of vengeance. The people then uttered yells terrible and some men rushed on soldiers, whose imagination already shattered saw no other way of salvation, a leak rushed to the boats that had brought. They may be re-embark, and virgins were saved, so the bards had not unwisely used their ax combat. A thoughtless instinct began in defense soldiers who fled, but then they recognized the weakness of their opponents they counted, and, seized with shame and rage, they fell upon the bards, the people, the Druids and priestesses. Armed with torches abandoned, they brought the fire in the wood sacred asylum of these helpless unfortunates, whose the last cries echoed even the name of god they worshiped. Three of the virgin Sene perished with the Druids in the flames, and three others, among which there were Uheldeda, was stabbed by singing their hymn of death the last three were sought deliverance in the waves, but they managed to pull them alive, and conducted before the throne of Conan, he devoted to punishment without mercy or remorse. "

A violent fever came a few days later, dry up the sources of life in the bosom of conqueror of Britain. He died late clergy, warriors who owed their fortune, and the people he had flattered the passions. Proponents claimed the Druids that the justice of Heaven was manifested in a dead so quick. Their enemies claimed unfortunate that the priestess had SEUE cast a spell on him hell. "

Conan was buried in St. Pol de Leon. We he built a simple stone monument for inclusion was: "Hic jacet Conanus, Britonum rex."

All sovereigns and dukes of Brittany have brought honor to get out of Conan Mériadech or Cyning Murdoch. Genealogy of Princess Anne, twice queen of France, this strain was beginning to heroic.

SALOMON I (421 à 554 AD) LIVRE SECOND

Règne de Salomon I er . — Leçon qui lui est donnée par les grands de l'Etat. — Grallon ou Galaor. — Destruction de la ville d'Is. — Audren ou Aldroé'n. — Constantin, son frère, monte sur le trône de la Grande-Bretagne. — Budic. — Guerre des Anglo-Saxons et des Bretons. Vortigern; Myrddin; Uther-Pandragon. — Hoè'l-leGrand; Arthur. — Hoël II. — Invasion des Frisons en Bretagne. — Droits de bris et de sauvetage.

Conan Mériadech laissait une postérité nombreuse. Il avait eu quatre fils de sa première femme Huéline; deux d'entre eux portaient le titre de comtes de Cornouaille; mais ils moururent dans la première jeunesse. Un troisième, nommé Urbien, qui avait été désigné par son père pour lui succéder, laissa le trône à son fils Salomon; et ce fut ce descendant du conquérant de la Bretagne qui ceignit le diadème armoricain. La plupart des fils de Daréréa, sœur de Saint-Patrice, suivirent, en Irlande, leur mère et le prêcheur évangélique, arraché à un long esclavage; ils y devinrent évêques, et contribuèrent puissamment à la conversion des habitans de l'île. L'Eglise irlandaise les compte au rang des saints.

Salomon respectales institutions de son aïeul. Il renouvela le traité fait avec l'empereur Honorius, et employa toute sa sagesse à conserver la bonne intelligence qui existait entre ses sujets et les Romains. Ce monarque épousa la fille de Flavius, patrice de Rome, qui lui ménagea la considération de Placidie, mère du troisième Valentinien, et lui valut une alliance avec cet empereur encore enfant. Toutefois son règne ne fut pas exempt de trouble. Les débris des Visigoths et des Alains se réunirent pour lui enlever les places qu'il possédait dans le Poitou; ils parcoururent la marche Nantaise,et la ravagèrent jusqu'à la Loire: mais Salomon parvint à les atteindre, et ils furent défaits dans toutes- les occasions. A cette époque, une foule de hordes étrangères se précipitèrent sur l'Occident. Ces peuples portaient le nom de Goths, de Huns, d'Àlains, de Vandales, de Gépides, d'Hérules, d'Ostrogoths; et plusieurs parvinrent à s'établir dans les Gaules, jusqu'au temps où les Francs, plus heureux et plus puissans, les soumirent à leur tour, et fondèrent la monarchie française. Mais Clovis n'avait point encore paru, et Salomon sut défendre ses frontières, et maintenir en paix le peuple qu'il gouvernait '.

Le monarque breton donnait de grandes preuves de piété, faisant aux églises des largesses multipliées, érigeant des monastères et les dotant; mais ils'occupait assez peu de rendre la justice, de surveiller l'administration, de soulager ses sujets des charges dont la guerre les avait accablés. Les anciennes et bonnes coutumes tom baient en désuétude, tandis que les mauvaises n'étaient point abrogées. Le peuple gémissait et commençait à murmurer, lorsqu'un événement, qui parut extraordinaire % vint offrir aux grands, qui composaient le conseil de Salomon, la possibilité de lui donner des avis salutaires, dont, par malheur, il ne sut pas long-temps faire usage.

Le saint apôtre Mathieu, après avoir prêché l'Évangile au peuple juif, avait subi le martyre, et son corps avait été inhumé au Caire, sous le règne de Galba. Long-temps après, des marins bretons, qui trafiquaient en Egypte selon leur usage, se rendirent dans la capitale de cette contrée; et l'un d'eux, qui menait une vie exemplaire, raconta, le lendemain de son arrivée, à ses camarades, que saint Mathieu lui était apparu. Ils en doutèrent d'abord; mais ils se mirent en prière avec lui, et ils eurent tous la même vision. Saint Mathieu en obtint facilement la promesse d'honorer ses restes, et leur fit connaître le lieu où ils étaient déposés.

Ils trouvèrent le corps de l'apôtre encore sain et entier, le transportèrent avec respect sur leur vaisseau, et se bâtèrent de revenir en Bretagne, où ils prirent terre au port d'Abervrac'h en Léonais, alors nommé Q ^ueinven, non . loin du lieu où l'on a construit l'abbaye de Saint-Mathieu. Ils étaient à l'ancre depuis plusieurs semaines, et la foule venait religieusement s'agenouiller et prier au rivage, lorsque le bruit de cet événement parvint à Salomon, qui, suivi de ses barons et de son clergé, se hâta d'aller au devant du saint corps qu'il avait l'intention de faire apporter en sa cité royale. Mais ce fut en vain que l'on essaya de faire sortir le cercueil de la nef où il était déposé: une résistance plus qu'humaine rendait nuls les plus vigoureux efforts. L'étonnement était au comble; et comme le roi faisait appeler chacun pour donner son avis, Grallon, duc de Cornouaille et beau-frère de Conan, s'approcha et prit la parole: " Roi Salomon, lui dit-il, as-tu rempli envers tes peuples tes devoirs de souverain? As-tu écouté la plainte du pauvre? As-tu essuyé les larmes que font couler les exactions de tes argentiers? Sais-tu que dans le Léonais, ils ont l'exécrable coutume de vendre comme esclaves, à des étrangers pas sant la mer I, les enfans des malheureux qui ne peuvent parfaire leur contingent dans les tributs que tu imposes? Sais-tu que ce lieu même, où je te vois assis sous un dais tout brillant d'o - et de pourpre, est celui qu'ils ont choisi pour cet horrible trafic? C'est ici qu'ils traînent comme un vil bétail les ence fans ravis à leurs mères; c'est ici qu'elles les embrassent pour la dernière fois, au milieu des cris et des gémissemens. Ce lieu ne s'appelle plus Abervrac'h, mais Queinven,Lamentation! Ne sois donc pas surpris si le Ciel témoigne sa colère de ta coupable insouciance."

Le roi Salomon descendit du trône sans répondre; il prit Grallon par la main et s'achemina vers le navire, où il entra. Là, il leva son sceptre, posa la main sur le cercueil, et prononça ces paroles: " Glorieux apôtre Mathieu, je te donne, par concession de mon privilège, que cette coutume, laquelle a toujours été exercée dans mon royaume, soit, d'ores en avant, ostée, pour la révérence de toi; et, afin que moy ne mes successeurs ne puissent enfreindre ma présente volonté, jeté confirme ce privilège par l'impression de mon anneau. C'est à savoir, que ceux qui, pour accroître le trésor du prince, étoient vendus w aux étrangers, soient et demeurent sujets à ta seigneurie et à l'église en laquelle reposera ton corps. "

A peine le roi eut-il achevé, que la résistance éprouvée par les porteurs cessa tout à coup. La nef s'approcha d'elle-même du rivage, et l'on transporta les saintes reliques à Occismor. Salomon racheta de ses deniers tous les enfans qui avaient été vendus, et les attacha au service de l'apôtre, à qui l'on édifia une chapelle à colonnes dorées, dans la cathédrale même de Saint-Pol.

Le cruel abus que venait de détruire le roi de Bretagne n'était pas le seul dont ses peuples désirassent l'abolition. Les réclamations par vinrent jusqu'à lui; mais il négligea d'y apporter le remède nécessaire.

Les mécontentemens s'accrurent; les grands qui osèrent lui dire la vérité se virent accablés de vexations; et leurs révoltes partielles vinrent bientôt lui faire pressentir le sort qu'on lui réservait l . Des ordonnances qui blessaient la justice, qui compromettaient de nombreux intérêts, soulevèrent la totalité de la Bretagne, et le malheureux Salomon, cherchant un asile dans une des églises de la ville de Légionenses, fut massacré sur les marches de l'autel.

Ce fut Grallon, ou Galaor, duc de Cornouaille, qui lui succéda. L'extrême rigidité du caractère de ce prince effrayait d'abord ses sujets, qui craignirent de n'avoir obtenu par un crime que la substitution d'un tyran à un autre. Mais bientôt il déploya les éminentes qualités d'un chef de guerre, et montra, dans toutes les circonstances, autant d'équité que de bravoure. Le patrice Flavius, indigné de la mort de son gendre, parvint à inspirer ses haines à Valentinien, qui envoya des troupes, commandées par Litorius, pour venger Salomon '.Litorius remporta quelques avantages sur les Bretons; mais Grallon fit alliance avec les Gaulois mécontens, que l'on nommait Bagaudes, et même avec les Francs, qui commençaient à s'établir dans les Gaules a . Il repoussa les troupes romaines, défit en un seul jour vingt mille hommes, et rendit la paix à ses états. Il entretint long-temps des intelligences avec les princes francs, qu'il aida dans leurs entreprises, et dont il reçut des subsides. Mérovée même lui céda une partie des hordes qu'il commandait. GralIon s'engagea à leur donner des terres; il les établit à Rennes et dans les environs, et prit alors le titre de roi des Bretons et d'une partie des Francs.

Grallon, ayant défendu les frontières de son royaume contre les Gaulois mêlés aux Romains et aux Visigoths, se vit encore assailli par des Danois. Une grande révolution jetait alors les nations de l'orient et du nord sur l'occident de l'Europe, comme des torrens successifs. Les Danois commençaient à suivre par mer le mouvement qui s'opérait sur le continent. Montés sur des vaisseaux légers, ils parcouraient les côtes de l'Océan, se livraient au meurtre et au pillage, et ne se retiraient que lorsqu'ils avaient tout ravagé. Si l'on se défendait, et qu'ils se vissent trop pressés, ils se hâtaient de retourner à leurs vaisseaux, et couraient au loin porter leur criminelle audace. Ils rirent une descente sur les côtes de l'Armorique péninsulaire; mais le roi les chargeâmes mit en fuite, et les força de reprendre la mer. Malheureusement, ils n'apprirent que trop bien le chemin de la Bretagne, et nous les verrons, dans les siècles suivans, la couvrir de sang et la désoler par leurs rapines.

Rendu à l'administration de son royaume, Grallon se fît respecter par des ordonnances pleines de sagesse, s'occupa de la punition des malfaiteurs, et dispensa la justice à tous, en accueillant avec bonté ceux qui la réclamaient. On fut émerveillé de voir plier ainsi cet esprit fier et hautain; mais l'étonnement cessa quand on connut les trois hommes dont il avait composé son conseil intime. Ils se nommaient Corentin, Ronan et Wingaloc.

Corentin avait reçu dans son enfance des leçons du grand Druide Eal-hirr-bad, qui lui avait appris à mépriser les idoles, et lui avait fait connaître l'inanité des symboles honteux que des hypocrites offraient au respect des humains. Mais il s'était arrêté à un point que l'esprit de l'homme, abandonné à lui-même, ne saurait franchir.

Afin de se livrer à la recherche du vrai Dieu, Corentin, retiré dans un lieu nommé Ploumodiern, construisit un ermitage près d'une fontaine: il y fut souvent visité par un autre solitaire, que l'on appelait Primaël; et tous les deux, ayant reçu les eaux du baptême, menèrent une si sainte vie, que le bruit courut que Dieu renouvelait pour eux le miracle de la manne du désert, ou celui des corbeaux qui nourrissaient Elie. On disait que les prières de Corentin avaient obtenu du Ciel qu'une fontaine surgît près de l'ermitage de Primaël; et que ce bon vieillard, qni venait partager le repas de Corentin, avait, après son oraison, reconnu que la simple portion, préparée pour son ami, s'était suffisamment accrue pour les rassasier tous deux.

Ronan ' était né en Irlande. Envoyé par ses parens aux écoles druidiques de l'île de Man, et devenu fort docte en sciences profanes, il s'aperçut promptement de tout ce qu'il y avait de faux et d'indigne de l'homme dans les superstitions dont on avait abreuvé son enfance. Il prit la résolution de passer dans la petite Bretagne; et s'étant fait catéchiser, il mérita par ses vertus de parvenir au sacerdoce. Mais ses vertus mêmes, et les nombreux services qu'il rendait aux paysans voisins de la cellule qu'il avait bâtie dans la forêt de Nevet, près Quimper, ne le mirent point à l'abri de la calomnie. Il avait dit qu'un ange lui était apparu en Hybernie, et lui servant de guide à travers le Léonais et le golfe de Brest, l'avait conduit jusqu'au pied du chêne, à l'ombre duquel était placée sa cabane. On l'entendait quelquefois parler seul dans la forêt, quand il priait le ciel avec ardeur. Il n'en fallut pas davantage pour engager des méchants à l'accuser, devant le roiGrallon, de nécromancie et de sorcellerie \ Dès que la nuit paraissait, disait-on, il mettait en usage les préceptes de l'art magique, que les Druidesses de son pays lui avaient enseignés: il se changeait en loup, transformait en bètes brutes toutes les personnes sur lesquelles se fixait son regard; et, suivi de cette troupe de misérables, il parcourait la contrée et commettait des crimes épouvantables, jusqu'à ce que l'apparition du soleil le forçât à rentrer dans sa chaumière, où il reprenait la figure humaine. Une femme nommée Reban se jeta aux pieds du trône de Grallon, et déclara que Ronan, par ses sortilèges, avait détourné son fils de la maison maternelle et avait fini par lui ôter la vie. Le corps de l'enfant fut apporté devant le roi.

Ronan, conduit par les sbires royaux, raconta sa vie entière, et dissipa facilement les nuages dont on s'efforçait de couvrir son innocence: "O Dieu, dit-il en tombant à genoux près de l'enfant, il t'a plu de reprendre cette créature que tu avais formée; qui peut s'opposer à tes décrets? J'aurais donné la moitié des jours que tu me laisses pour le rendre à sa malheureuse mère; mais qui oserait te proposer de revenir sur ce que tu as une fois jugé?" En prononçant ces mots, Ronan se courba vers l'enfant pour lui donner un dernier baiser. Il sentit que son cœur battait encore: "Dieu, s'écria-t-il, Dieu ne veut pas que l'œuvre des médians s'accomplisse! Reprends ton fils, femme séduite et trompée', il peut adorer encore long-temps l'éternel qui lui conserve la vie." Il prit l'enfant par la main, et l'enfant se leva. Il était faible à la vérité, mais Grallon le fit porter dans son palais, où tous les soins lui furent prodigués.

Wingaloc, issu de la race de Conan Mériadech, était parent de saint Martin et neveu de saint Patrice, qui l'avait élevé. Ses vertus religieuses jetaient un si vif éclat, qu'on n'hésitait point à croire qu'à l'époque où il avait quitté son oncle, afin de venir, avec un certain nombre de disciples, fonder un monastère dans la petite Bretagne, Dieu avait permis que la mer s'ouvrît pour lui, comme autrefois pour Moïse,et qu'il l'avait traversée depuis l'Irlande jusqu'à la péninsule Armoricaine, en chantant des hymnes, et rendant des actions de grâce à la majesté divine. Tels étaient les conseillers qu'avait choisis Grallon. Il venait lui-même les consulter et leur soumettre les plus importantes affaires du royaume; et comme il aimait la vérité, il liri fut facile de persévérer dans la route de la droiture et des vertus. Il fit présent à Corentin de sa salle royale >, nommée Kemper, de la terre et des bois qui l'environnaient; et Corentin,qui venait alors d'être promu à l'épiscopat, et sacré par saint Martin, y établit le siège de son évèché. Il dit un jour à Wingaloc, en s'agenouillant devant lui: "Tu sais que j'ai nombre de châteaux et puissance de choses, grand espace de terres, abondance d'or, d'argent, de vètemens et autres; que puis-je t'offrir pour te satisfaire? parle; mes présens te resteront francs et quittes; nul n'a le pouvoir de retirer les dons du prince." Wingaloc releva le roi et le pria d'employer ses richesses à réparer les maux que pouvaient avoir causés son grand amour pour la guerre, ou trop de précipitation dans ses jugemens. Grallon mit ce conseil à profit: il devint meilleur; il se fit un devoir de secourir la veuve et l'orphelin; il embrassa constamment le parti des opprimés contre les grands qui abusaient de leurs richesses et de leurpuissance; il rechercha les indigens qu'il combla de largesses; il accomplit une foule de bonnes œuvres, et consacra ses loisirs à servir Dieu, à honorer ses ministres, et à ériger et doter des monastères.

Ni ses vertus, ni les prières de ses conseillers, ne fléchirent entièrement le Ciel en sa faveur. Une catastrophe épouvantable remplit ses derniers jours d'amertume; et quoique les admirateurs de Grallon se soient entendus pour jeter un voile officieux sur les causes qui la décidèrent, ils n'ont pu dérober entièrement à la postérité les désordres et le dernier crime de sa fille. A travers les nuages dont les siècles les ont couverts, on en reconnaît encore les traces; et le respect que les peuples ont voué à la mémoire de Grallon, n'a point influé sur les souvenirs qu'a laissés la princesse. Elle se nommait Ahès; et près du château qu'elle habitait s'était élevée une ville qui s'appelait Ker-Ahès, aujourd'hui Carhaix '. Grallon résidait ordinairement dans la ville d'Is ou Ker-is, située sur le bord de la mer, entre la pointe de Crozon et le cap Fontenai . Cette cité, qui occupait une plage sablonneuse très basse,était une conquête de l'industrie sur les flots de la mer, dont les irruptions la menaçaient. Des digues et des écluses, artistement construites, la garantissaient des inondations. Ces écluses étaient, en outre, disposées de manière à préserver la ville des approches d'un ennemi. On les ouvrait alors avec prudence, et l'on ne laissait pénétrer aux environs de la cité qu'une faible portion des eaux de l'Océan. Les clefs de ces terribles écluses étaient déposées dans une cassette de fer dont la serrure ne s'ouvrait qu'au moyen d'une clef d'or que le roi portait constamment au cou.

Grallon,si sévère dans lescommencemensde son règne, si pieux vers la fin de ses jours, aidé des lumières de tant de saint personnages, ue s'aperçut pas des désordres de sa fille Ahès, ou n'eut pas le courage d'y porter un remède efficace. Le bruit des honteuses amours de la princesse, ne l'arracha pointa sa sécurité. Les rives du ruisseau d'Hière retentissaient des accens de ses joyeux ébats; les indiscrets échos des montagnes Noires ■ racontaient vainement des actions qu'un silence éternel devait vouera l'oubli; il fallut la destruction complète de la ville royale, pour éclairer le malheureux Grallon.

Une obscure tradition a répété que la princesse Ahès, livrée à d'infâmes liaisons avec un ennemi de son père, s'était engagée à donner la couronne à son amant. Afin d'accomplir cette criminelle entreprise, elle se rendit dans la cité de Rer-is, accabla son père de caresses, lui rendit des soins qu'une fille pieuse compte parmi les plus chers de ses devoirs, et lui déroba la clef d'où dépendait les destinées d'un peuple. Peu d'instans après, l'Océan tout entier roulait en fureur sur la cité. Grallon, réveillé par un bruit affreux, vit entrer Wingaloc, qui, sans perdre un momentjl'entraîna vers une des portes de la ville, où il espérait trouver encore un passage. La chaussée, en effet, n'était pas entièrement cachée sous les eaux; et le monarque parvint à gagner une éminence, d'où sa vue plongea sur l'immense désastre que son imagination ne saisissait pas encore dans toute son étendue.

On assure qu'une voix céleste lui fit connaître le nom de l'auteur de ce grand crime, et que les dernières vagues, en atteignant le lieu qui leur était marqué, engloutirent la princesse, et cessèrent d'envahir le rivage. Un petit havre, entre des rochers, tous les jours baigné par la mer a, s'appelle encore le tombeau Grallon revint à Quimper pleurer sa fille et la ville d'Is. Il y fixa désormais sa résidence, consacra le reste de sa vie à la prière, combla Wingaloc de ses dons et lui fit ériger an monastère àLandevenech; il fonda également une abbaye près de Saint-Malo, pour le frère de ce saint homme, que Ton nommait Jacut.

Grallon mourut très regretté de ses sujets, qui lui donnèrent le surnom de Grand. Tl fut inhumé à l'abbaye de Landevenech. L'Église a placé Corentin, Ronan, Wingaloc, Primaèl et Jacut, au rang des saints qu'elle prescrit d'honorer '.

Grallon laissait un fils, de sa femme Tigride; mais il était en bas âge, et les états décernèrent la couronne à Audren ou Aldroen, l'un des enfans de Salomon.

Audren s'était distingué dans la guerre que Grallon avait eue à soutenir contre les troupes romaines, commandées par Litorius. La mort de Salomon avait servi de prétexte à cette guerre; mais Audren, s'apercevant que Litorius songeait beaucoup moins à le venger qu'à préparer sa propre élévation, réserva pour sa patrie le secours de son bras et l'assistance de ses nombreux amis. A peine assis sur le trône, il se vit forcé de repousser les nouvelles incursions des Alains et des Gaulois du Poitou; mais il parvint à les vaincre, et il obtint la paix après avoir courageusement combattu.

La Grande-Bretagne était alors ravagée par les Pietés et les Écossais. Deux fois ces ennemis des Bretons et des Romains avaient été rejetés au delà de leurs frontières; mais ils reparaissaient plus cruels que jamais, aussitôt que les légions étaient rappelées par les empereurs. Les princes bretons, au lieu de se rallier contre l'ennemi commun, semblaient jaloux les uns des autres, et consumaient dans leurs querelles particulières des forces qui, réunies, auraient suffi pour garantir l'intégrité du territoire. La victoire de i'alleluia n'avait eu d'autre résultat que d'humilier un moment les barbares, sans rien changer à leurs inclinations. Les peuples, accablés de misère, se retiraient dans les cavernes et dans les forets, où ils vivaient de la chasse. Ils supplièrent vainement les Romains de leur accorder du secours: "Les barbares, disaient-ils, nous repoussent vers la mer; la mer nous renvoie aux barbares. Pour éviter d'être égorgés, nous nous exposons à être engloutis par les flots; et pour nous sauver des abîmes, nous nous précipitons sous le glaive de nos ennemis. "

N'ayant rien obtenu des Romains, qui ne voyaient plus qu'un sacrifice inutile à faire dans l'occupation de la Grande-Bretagne, les Bretons insulaires, après leur avoir déclaré qu'ils renonçaient à les reconnaître comme suzerains, prirent la résolution de s'adresser à leurs frères les Bretons de l'Armorique, et députèrent vers Audren l'archevêque de Londres, Guethelin, accompagné de quelques sages vieillards. Les envoyés trouvèrent le monarque dans un château ', qu'il venait de faire construire dans une vallée nommée Hérile,au centre de la région de Trécor ou Tréguier. Le roi les accueillit favorablement, et Guethelin, appelé devant son conseil, exposa le sujet de son voyage.

"Les misères que nous, qui sommes Bretons comme toy, dit-il, avons souffertes depuis que Maximus dépouilla notre île de ses plus braves défenseurs, et qu'il leur commanda d'habiter ce royaume que tu gouvernes, peuvent bien te mouvoir à larmes; car contre nous se sont élevées toutes les nations voisines,et n'y a eu qui leur résistât. Nul homme puissant et belliqueux n'y est demeuré des nôtres, et nos pauvres habitans n'ont soûlas de pâture, fors ce qu'ils peuvent prendre par art de vénerie. Les Romains, tournés à ennuy de nous, nous ont, du tout, dénié envoyer secours. Pour ce, nous, reboutés de toute autre espérance, requérons ta miséricorde et te prions que tu nous veuilles donner aide et que tu défendes des assaults des étrangers le royaume de Bretagne insulaire, lequel t'est dû par droit successif; car nul, fors toy, n'est qui doive être couronné du diadème de Maximus. Appareille donc tes navires et t'en viens avec nous, et je baillerai le dit royaume de l'île entre tes mains". Guethelin peignit ensuite en détail, et sous les couleurs les plus vives, les misères du peuple, et déploya toute son éloquence pour toucher le cœur d'Audren et de ses conseillers, qu'il supplia, ne fut-ce que par pitié, d'intervenir afin d'arrêter leffusion du sang des Bretons.

Audren parut embarrassé. Il s'accoutumait à la paix, et se souciait peu d'échanger l'heureuse tranquillité dont il jouissait contre les travaux et les peines où l'entraînerait une entreprise d'autant plus épineuse, qu'il aurait à combattre des ennemis nourris dans la guerre, qui sortaient de leurs tannières par myriades, et disparaissaient sans qu'on pût les rejoindre, quand ils avaient commis leurs déprédations. Il chercha donc à éviter dans sa réponse de prendre un engagement positif. Il dit aux envoyés qu'il reconnaissait par leurs discours et par d'autres rapports qui lui étaient parvenus, combien leurs ennemis les avaient maltraités, et toutes les raisons qu'ils avaient deseplaindre; qu'il leur portait une entière compassion, et prenait part à leur malheur, bien que l'on pût dire qu'il n'était arrivé que par la division qui existait entre leurs princes et dont les ennemis avaient fait leur profit; qu'il avait été un temps où, sans doute, il n'eût pas hésité à recevoir la couronne qu'on lui offrait, car il estimait que l'île de Bretagne serait un pays fertile, si la paix y régnait, et dans lequel on pourrait vivre heureux, s'il était libre; mais que la puissance romaine l'avait tellement abaissé, que ses plus hauts dignitaires n'étaient plus que des esclaves, et que tout homme sage préférerait de moindres possessions avec la liberté, au plus riche royaume sous le joug de la servitude. D'ailleurs, ajouta-t-il, les affaires étaient si gâtées, qu'il ne pourrait essayer de les rétablir sans mettre en grand danger ses propres états. Il ne s'agissait pas d'une guerre dont un seul combat déciderait la fortune, il fallait se mesurer avec des gens qui n'entraient sur le territoire breton que tout à leur aise, et qui en ressort;iient après avoir commis leurs ravages, pour se mettre à l'abri dans les marais et les forts naturels de l'Ecosse, lieux inaccessibles, d'où, chaque jour, ils s'élançaient de nouveau et se gorgeaient de sang et de pillage. Il n'était pas lui-même sans ennemi. Des voisins jaloux n'attendaient peut-être que son absence pour traverser la Loire et s'emparer des villes qu'ils convoitaient, ce dont il avait à se garder. Toutefois, les malheurs des Bretons insulaires l'avaient atteint jusqu'au fond du cœur; il n'oubliait pas que les deux nations étaient alliées et parentes, et, rie pouvant y passer de sa personne, il allait prendre conseil avec ses bons serviteurs et aviser à ce qu'il serait possible de faire, sans négliger le soin de sa propre sûreté.

Les députés supplièrent humblement le roi de vouloir bien abréger les délibérations du conseil. Ils avaient hâte de retourner dans leur pays, où ils étaient impatiemment attendus, et ils oulaient,au moins, mourir avec leurs frères, s'ils ne pouvaient leur amener le secours qu'ils s'étaient flattés d'obtenir.

Peu de jours après, Audren les manda, et d'un ton pénétré leur annonça que ses sujets s'opposaient absolument à ce qu'il les quittât, Les malheureux envoyés fondirent en larmes. " Partons, s'écria Guethelin,et puisse notre mort ne pas retomber sur toy et ta postérité! Mais, dit Audren, considérez donc ma vieillesse et mes cheveux blancs, et ce bras énervé et travaillé par les batailles, qui me prohibent, triste chevalier que je suis, d'entreprendre à gouverner un aussi grand royaume. Le courage désire plus que la main ne permet. Toutefois, véez cy un homme légier, lequel sera moult soigneux de dompter les rebelles, et de compatier avec le pauvre peuple. C'est mon frère très cher, Constantin-le-Hardi. Prenez-le, s'il vous plaît, auxiliateur avec deux mille hommes, et il y aura espoir en meilleure fortune".

Guethelin et les députés se jetèrent aux pieds du jeune guerrier: "Le ciel soit loué, direntils, tu es Constantin, roi des Bretons, et par toi la Bretagne reprendra ses forces et aéra relevée".

Constantin accepta la charge et le titre de roi. On lui prépara un équipage convenable; on assembla de toutes parts des hommes et des capitaines, et l'on fréta des vaisseaux pour les transporter dans l'île britannique. Constantin s'embarqua sur le même navire que les députés, dont l'impatience comptait les jours et les heures, mais qui entretenaient une correspondance active avec leurs commettans, et qui les avaient prévenus de leur arrivée prochaine, en les engageant à réunir tout ce que l'île renfermait encore de jeunesse guerrière et patriotique. La flotte appareilla, et parvint au port de Totonésie ',où se trouvèrent quatre mille hommes et quelque peu de cavalerie qui l'attendaient. Constantin, reçu avec enthousiasme, vit bientôt accourir les princes, les chefs et leurs partisans. Son armée devint formidable. Les Ecossais, effrayés, se retirèrent au sein de leurs marais après les premiers engagemens, et furent forcés de renoncer aux excursions pendant lesquelles ils enlevaient les bestiaux et les femmes. Constantin, pour les mieux contenir, releva la muraille qui séparait l'Ecosse de la partie que l'on a depuis nommée l'Angleterre, y fit construire des tours, et y plaça de bonnes, gardes et des garnisons. Les chefs n'avaient reconnu ce prince que sous le titre de duc, à son arrivée; mais,après que la victoire eût couronné ses drapeaux, ils s'assemblèrent dans la cité de Cirestrie; et, par le vouloir des comtes et barons, le noble duc Armoricain fut élu roi de la Grande-Bretagne . L'armée le conduisit alors dans la cité de Londres, où une fête royale était préparée, et Constantin y ceignit le diadème, qu'il avait conquis en pacifiant la contrée sur laquelle il allait régner.

Aëtius, général des Romains dans la Gaule, avait témoigné du mécontentement aux insulaires bretons, lorsque leurs députés, au nom de la patrie, avaient renoncé à la suzeraineté de Rome qui lui refusait des défenseurs. Il apprit, avec plus de regret encore, que les habitans de la petite Bretagne avaient envoyé des troupes dans l'île; et, pour s'en' venger, il donna l'ordre à Eocharic, roi des Alains, de déclarer la guerre aux Armoricains. Les premiers évémens de cette injuste agression ne furent pas favorables à l'armée bretonne; mais saint Germain d'Auxerre, qui revenait de combattre l'hérésie péiagienne dans la Grande-Bretagne, et qui fut, à son passage, respectueusement accueilli par Audren, saisit avec joie, malgré son âge avancé, l'occasion de servir la cause de l'humanité, et d'ajoUther une bonne œuvre à toutes celles qui sanctifiaient sa vie: Le bon vieillard se rendit lui-même près d'Eocharic, en obtint la suppression des hostilités, et partit pour la résidence de l'empereur à Ravenne, où il espérait conclure une paix définitive. Mais, durant ce long voyage, Audren avait appelé près de lui ses fils, Erech et Eusèbe, le premier, duc de la petite Bretagne et comte de Vannes; le second, également duc, et comte de Cornouaille. Les nombreux vassaux qu'ils lui amenèrent, lui permirent de reprendre l'offensive, et de se refuser aux dures conditions qu'on prétendait lui imposer. Les Romains, que la perte de plusieurs provinces avait affaiblis, n'osèrent presser les Alains d'attaquer de nouveau les Bretons, qui conservèrent, à la faveur d'événemens étrangers à leur patrie, une indépendance entière. Trois années après, Aétius se trouva trop heureux de les avoir pour auxiliaires et pour alliés. Ce fut à l'aide des Bretons armoricains, des Francs, des Sarmates, des Bourguignons, des Celtes, etc., que ce grand général parvint à vaincre Attila sous les murs d'Orléans et dans les plaines Catalauniennes.

Les Bretons profitèrent d'une circonstance de cette guerre de désolation, pour se venger des Alains, et ils se rendirent maîtres d'une partie des villes que ces peuples occupaient au delà de la Loire! . Les Alains avaient encouru l'indignation des Romains, qui les accusaient d'avoir livré la cité d'Orléans au terrible Attila: poursuivis de toutes parts, ils commirent de grands ravages, et furent enfin exterminés dans les neiges et les défilés des Alpes, qu'ils cherchaient à traverser pour se rendre en Italie. Mais, tandis que les Armoricains se félicitaient d'être délivrés de ces cruels ennemis, Euric, roi des Visigoths, formait le projet de s'emparer du comté de Nantes, de refouler les Bretons à l'extrémité de la péninsule, et de partager les Gaules avec les Bourguignons. Une dépêche interceptée apprit à l'empereur Anthémius le complot qui menaçait sa puissance; il se hâta d'en prévenir Erech, qu'il croyait roi des Bretons parce qu'il commandait l'armée, et l'engagea à poursuivre Euric, en lui annonçant qu'il se proposait de le combattre lui-même. Le prince Erech marcha contre les Goths à la tête de douze mille hommes, et parvint jusqu'à Bourges. Il s'avança ensuite vers Bourg-Déols, en Berry, dans l'espérance de faire sa jonction avec les cohortes romaines; mais, entouré par l'armée entière d'Euric, il se vit forcé d'abandonner le champ de bataille, après avoir long-temps combattu. Il rallia le reste de ses troupes sur les bords de la Loire, en avant de la cité de Nantes, et y fut rejoint par son frère Eusèbe que lui envoyait Audren. Erech ne survécut pas long-temps à sa défaite: ce prince, qui entretenait une correspondance avec Sidoine-Apollinaire, évêque destie et de beaucoup de piété. Un jour qu il poursuivait vivement un cerf près d'un monastère, il fut surpris de voir sa meute s'arrêter et remplir l'air d'aboiemeus. Il entra dans l'église, et reconnut son cerf tranquillement couché aux pieds de la supérieure du monastère. Cette sainte fille, douée de la plus rare beauté, se nommait Nennock. Erech, après avoir ouï l'office, congédia ses domestiques, et passa huit jours entiers dans ce lieu vénérable, conférant avec la sainte, à laquelle il fit donation de plusieurs belles terres et revenus de son héritage. En foi de cette donation, il offrit sur l'autel un calice d'or plein de vin pur et sa patèn e, et frappa d'éternel anathème quiconque tenterait de violer ce don, ou d'en diminuer la quantité.

Eusèbe, second fils d'Audren, et l'un des ducs de la petite Bretagne, était loin de posséder les talens et les vertus de son frère; il mourut jeune encore, ne laissant à la postérité d'autre souvenir que celui d'une cruauté sans bornes, et de plusieurs crimes dont les présens qu'il fit à saint Melaine ne sauraient racheter l'atrocité. Le troisième fils d'Audren se nommait Budic. Le monarque son père l'avait confié à Constantin, sous lequel il faisait ses premières armes. Rappelé dans l'Armorique après la mort d'Eusèbe, il n'y arriva que pour recueillir le dernier soupir et les bénédictions d'Audren'. Neuf ans s'étaient alors écoulés depuis le couronnement de Constantin; et Budic, en âge de régner, ne trouva que des serviteurs fidèles parmi les Bretons péninsulaires. Ses premières années cependant furent pénibles, quoique glorieuses. Il alla prendre possession des cités que son père avait conquises sur les Alains, et fut obligé de confirmer encore ses droits par celui de l'épée. Childéric avait déjà porté ses armes jusqu'aux îles de la Loire; Clovis qui lui succédait, et qui ne perdait pas de vue le dessein de se rendre maître de toutes les Gaules •, envoya ses troupes sous les murs de Nantes; mais Marchil, qui les commandait, voulut en vain faire le siège de cette place importante, il en fut toujours repoussé. Les Bretons montrèrent, dans cette guerre, autant de valeur que de persévérance et de fidélité à leurs alliés romains. Quelle que fût l'inquiète jalousie de Clovis, qui jugeait dangereux le voisinage d'une nation si belliqueuse, il prit le sage parti de traiter avec un souverain qu'il ne pouvait abattre. Les Bretons accédèrent à cette alliance, d'autant plus volontiers que Clovis et la plupart de ses guerriers venaient d'embrasser la religion chrétienne. Les garnisons romaines, qui conservaient encore quelques places sur les limites des deux états, ne pouvant retourner à Rome sans tomber entre les mains des Goths leurs ennemis, se donnèrent, avec tous le pays qu'elles gardaient, aux Francs et aux Bretons armoricains.

Tandis que le roi Budic défendait son indépendance contre cette masse d'en vahisseurs,que le Nord refoulait jusque sur l'Armorique; et que, seul, il parvenait à préserver sa patrie du destin de la Gaule entière, Constantin, roi de la Grande-Bretagne, périssait sous les coups d'un assassin. Ce monarque, redouté des Pietés, avait, près de son trône et dans sa plus intime confiance, un homme de leur nation, que, par des promesses, ils induisirent à entreprendre de le tuer, de quelque façon que ce fût. Cet homme, qui avait un accès journalier près du roi, épia l'heure où Constantin se promenait seul en un verger, près du palais; il feignit d'avoir été demandé par le prince, afin de pénétrer dans le verger; et, se glissant d'arbre en arbre, il arriva près de lui à l'improviste, le frappa d'un coup mortel, et parvint à s'échapper '. Constantin laissait trois fils; l'aîné, Constans, avait vu le jour dans la petite Bretagne, avant ie couronnement de son père; les deux autres, Aurèle-Ambroise et Uther, étaient nés d'un second mariage de Constantin, avec une noble princesse du lignage des empereurs romains, et que Guethelin avait élevée. La politique de Constantin l'avait engagé à consacrer son fils aîné, Constans, au culte des autels, et ce prince vivait depuis son enfance dans un couvent de religieux, dont il portait l'habit. I /extrême jeunesse de ses deux frères amena des divisions parmi les grands, qui, tous, prétendaient au droit de les gouverner, ou plutôt de régner en leur nom. Mais Vortieern, l'un des principaux seigneurs de la cour, homme considéré, vaillant, et dévoré d'ambition, chercha dans cette circonstance même les moyens de s'élever au trône. Il ne pouvait s'emparer ouvertement de la couronne; s'il eût paru la convoiter, vingt rivaux la lui eussent disputée, et sa bravoure ne pouvait suppléer au petit nombre de ses amis dévoués et de ses partisans. Il imagina de se servir de la faveur qui entourait les enfans du roi, pour arriver à son but. Il quitta le conseil, où tous les chefs énonçaient des avis différent, prit un cheval rapide, se rendit sans perdre un moment au monastère où Constans était religieux, le trouva au milieu des moines, parvint à lui parler en secret, lui représenta qu'il était le fds aine du feu roi, l'engagea à montrer le noble caractère d'un prince et à s'armer du courage que devait lui inspirer sa haute naissance. Il le supplia de quittera l'instant le monastère, et lui promit de placer la couronne sur sa tète et de le faire roi, s'il voulait le suivre à la capitale, et se confier en lui pour toute chose. Il ne lui demandait qu'un peu de reconnaissance, et le priait de ne pas mettre en oubli ses services et de l'employer au gouvernement de ses États. Constans consentit à tout ce que voulut Vortigern, qui se hâta de le dépouiller de ses habits claustraux, le couvrit de vètemens qu'il avait apportés, convenables à son nouvel état, lui ceignit une épée, le fit monter à cheval, et marcha droit à Londres ' . Le peuple et les chefs, en grand émoi, ne s'accordaient ni sur la personne d'un roi, nisur les formes à donner à son gouvernement. Personne ne songeait à Constans. Il était fort jeune, et hors d'état de rien entreprendre par lui-même. On savait que son père avait voulu qu'il fût profès, à cause de son peu de jugement, et l'on ne supposait pas qu'il eût acquis du sens au fond d'un cloître, nourri parmi des moines, et plié à leurs pratiques minutieuses. Constans entra dans la salle où les grands étaient réunis, et, conduit par Vortigern, il alla s'asseoir sur le trône que la mort de son père avait laissé vacant. Les princes bretons crurent à peine ce qu'ils voyaient. La surprise paralysa tout esprit d'opposition. Vortigern fit reconnaître son pupille, fils de roi, et roi lui-même, sans éprouver d'obstacle; il le couronna, l'entoura de gardes, lui créa un conseil, se déclara gouverneur de sa personne et intendant de toutes les affaires du roi, s'empara des trésors du monarque décédé, prit en main la disposition générale de l'Etat, et reçut le serment des vassaux de la couronne et des capitaines, qu'il se hâta d'établir à sa dévotion, dans toutes les places importantes de la grande Bretagne.

C'était beaucoup pour Vortigern. Ce n'était cependant qu'un moyen d'accoutumer les peuples à son administration, afin qu'on ne vît rien d'étrange à ce qu'il occupât le trône, quand le moment de s'y asseoir serait arrivé. Il était roi de fait; mais, sous le nom d'un autre, il préparait de loin l'événement qui devait le servir, et sa victime était marquée.

Vortigern remplit la maison du roi d'officiers dévoués à sa propre fortune, et principalement de Pietés et d'Ecossais, en insinuant au jeune monarque que c'était un sûr moyen de se faire des amis à toute épreuve, qui se sacrifieraient pour sa personne, si l'on tramait quelque attentat contre lui. Le faible Constans n'avait rien à objecter à celui qu'il regardait comme son bienfaiteur ou comme un second père. Vortigern, qui disposait du trésor, combla ces gardes de largesses, leur donna des récompenses, des présens, les invita à ses festins, les flatta si bien, qu'il n'était bruit entre eux que de ce seigneur, si vertueux, si vaillant, si libéral, et bien plus digne de régner qu'un jeune évaporé, sans savoir ni intelligence. Vortigern, alors, changea de conduite; il feignit d'abord delà tristesse, puis du mécontentement, leur refusa le paiement de leur solde, et enfin leur confia qu'elle était retenue, par exprès commandement du roi. Il leur envoya des gens dont il était sûr, et qui les excitaient en secret. Ces vils agens les entretenaient des prodigalités du malheureux Constans, de son ardeur pour les plaisirs, de son ingratitude envers ses serviteurs. Vortigern, suivant eux, allait quitter la cour, afin de fuir le cruel spectacle des injustices journalières dont un prince inconsidéré ne craignait point d'accabler ses braves défenseurs. La ruse eut du succès. Le roi ne vit rien de ce qui se passait sous ses yeux; et quand il l'eût appris, il se serait trouvé dans l'impossibilité de prendre lui-même une résolution, et d'y porter remède. Une absence que feignit Vortigern, décida de la destinéede Constans. Les soldats résolurent de se défaire du prince qu'ils regardaient comme un obstacle à l'amélioration de leur sort; ils entrèrent, un matin, dans ses appartemens, repoussèrent les domestiques qui voulurent prendre sa défense, pénétrèrent dans un oratoire où il s'était retiré,et le tuèrent, sans qu'il leur opposât d'autre résistance que ses larmes. Ainsi périt ce roi fait à la hâte,qui regretta souvent la paix du cloître, dans son règne de courte durée. Vortigern parut accablé de douleur; mais il profita de la surprise et de la terreur générales pour s'emparer du trône et se faire couronner. Cependant le peuple murmurait de cet étrange incident; et quoiqu'il ne refusât pas d'obéir, on s'apercevait assez combien les cœurs étaient offensés. Vortigern, inquiet, se vit forcé de nier la part qu'il avait prise à cette odieuse action. Il se composa, en peu de jours, une garde nouvelle; et quand il se crut assez fort, il prétendit prouver son innocence, en dévouant aux tortures et condamnant au bûcher les Pietés qui avaient trempé leurs mains dans le sang de Constans. Il parvint, au moins, à inspirer des doutes sur sa participation au crime. L'attention du peuple fut détournée par d'autres événemens; et Vortigern conserva le sceptre, sans contradicteurs apparens.

L'histoire des descendans de Constantin est liée à celle de la petite Bretagne, non seulement à raison de la parenté des familles, mais parce que leurs guerres avec Vortigern déterminèrent une catastrophe qui ravit à la Grande-Bretagne jusqu'à son nom, et qui peupla la péninsule Armoricaine d'une nouvelle émigration des antiques races bretonnes, dépossédées par les Angles et les Saxons.

Les anciens serviteurs de Constantin, redoutant la perfidie de Vortigern, enlevèrent les deux frères de Constans, Aurèle-Ambroise et Uther, et les conduisirent à la cour de Budic, qui reçut ses cousins avec de grands honneurs, et les fit instruire dans tous les exercices guerriers, en attendant qu'ils fussent d'âge à réclamer leur héritage.

Il serait difficile de peindre l'état de misère dans lequel était tombée la Grande-Bretagne. Les champs restaient sans culture, les paysans avaient abandonné leurs chaumières. De nouvelles incursions des Écossais, qui ne marchaient que la torche à la main, et auxquels on n'opposait qu'une faible défense, causaient des maux incalculables. La famine et les maladies contagieuses vinrent ajoUther à tant de malheurs. Le découragement et la peur s'emparèrent de tous les esprits. Vortigern perdit deux batailles contre les Pietés; et une grande nation s'anéantissait tout entière, lorsque le hasard amena sur tes côtes de l'île bretonne trois navires Anglo-saxons, chargés de gens de guerre qui cherchaient aventure.

Le vaste édifice de la puissance romaine achevait de s'écrouler. L'empire, assailli par les Huns, les Hérules,les Visigoths, les Francs, les Vandales, tombait en dissolution; et la contrée saxonne ne pouvait plus nourrir la population qui refluait sur ses côtes. Il existait, dans cette partie de la Germanie, une coutume singulière: elle consistait à réunir annuellement les jeunes gens qui venaient d'atteindre leur vingtième année; on consultait les besoins du pays ou son opulence; et les vieillards arrêtaient qu'une portion de la jeunesse s'exilerait à jamais, et qu'elle irait fonder au loin des colonies, ou grossir les armées des puissances belligérantes. Le sort désignait les bannis; une cérémonie sainte les recommandait à la protection des dieux; et la jeune cohorte, à laquelle on donnait des chefs d'un âge mûr et que l'on nommait le ver sacré, était conduite en pompe aux vaisseaux qu'on lui avait préparés, et d'où elle envoyait un dernier adieu à la patrie.

Telle était la destinée de Hengist et de Horsa qui commandaient les navires saxons abordés à Ebbsfleet. Ils apprirent à Vortigern qu'ils étaient frères, issus de guerriers célèbres qui portaient le titre de ducs; et qu'eux-mêmes, élus pour diriger leurs jeunes compagnons, étaient ducs, ou chefs de guerre. La volonté des dieux les avait amenés sur les cotes de la Grande-Bretagne; ils étaient prêts à tirer l'épée pour le service de Vortigern, ou à continuer leur course aventureuse, s'il refusait leurs services. "Mais, dit Vortigern, de quelle religion êtes-vous? — Nous honorons les dieux de notre pays, Taranis et Fréya; ils gouvernent le monde, et nous n'avons pas entendu dire qu'il y en eût d'autres. — J'en suis très fâché, reprit Vortigern; toutefois, soyez les bien-venus dans mon royaume." Il leur offrit alors des terres et des gages; et les Anglo-Saxons se vouèrent à son service.

Ils étaient braves, et, peu de jours après, les Pietés ayant pénétré dans la Grande-Bretagne, se virent forcés de reculer devant les compagnons de Hengist. D'autres combats accrurent la réputation des Anglo-Saxons, que Vortigern combla de faveurs. Il leur accorda des places de sûreté, et leur permit de construire une forteresse que l'on nomma le château de la Courroie .

L'érection singulière de ce fort éclaira Vortimer, fils de Vortigern, sur les projets que pouvaient nourrir les Saxons. Ils n'avaient demandé, et le roi ne leur avait concédé que la portion de terrain qu'enfermerait un cuir de bœuf; mais en découpant ce cuir en lanières extrêmement minces, toute une colline en avait été entourée. Ce fut en vain que Vortimer et plusieurs seigneurs bretons communiquèrent leurs craintes au monarque, Vortigern leur répondit qu'il obéissait à la nécessité; et ils'abandonnaauxconseilsde Hengist, qui lui proposa de demander un nouveau corps d'auxiliaires, dans son pays. Autorisé par Vortigern le chef Anglo-saxon se hâta de faire venir des troupes que dix-huit grands navires débarquèrent bientôt dans l'île de Thanet l .

Sur ces vaisseaux arrivait en même temps Rovina, fille aînée de Hengist, accompagnée des femmes qui avaient dirigé son éducation. Hengist invita Vortigern à visiter les troupes qui venaient augmenter le nombre des défenseurs de la Grande-Bretagne, et lui fit préparer un splendide repas. Lorsque les têtes furent échauffées, on vit paraître Rovina, parée comme une déesse, et belle de toute perfection: elle s'avança vers le roi avec grâce, s'inclina, et, lui présentant une coupe de vin, elle lui dit en son langage: ÏFach hail. Vortigern enchanté se hâta de la demander en mariage à Hengist, qui n'hésita pointa la lui accorder. Le chef saxon, devenu beau-père du monarque breton, fut introduit dans le gouvernement de l'État; et Vortigern, ajoutant au territoire qu'il lui avait déjà concédé, lui fit présent du royaume de Kent.

Le mécontentement des Bretons était alors à son comble. Les plus puissans se retirèrent de la cour, abjurèrent les sermens qu'ils avaient faits à Vortigern, élurent roi son fils Vortimer, et réunirent des forces suffisantes pour combattre et vaincre les Saxons. Après quatre engagemens meurtriers, Hengist obtint, par un traité, la liberté de retourner en Germanie avec ses compagnons. Ils laissèrent leurs femmes et leurs enfans sous la protection de Vortigern et de Rovina; et Vortimer rendit aux seigneurs, dépossédés par son père, les terres et les châteaux dont ce monarque avait disposé en faveur des Saxons.

Mais Rovina valait seule une armée. Elle forma le projet de se défaire de Vortimer. Vortimer fut frappé d'un mal subit; et elle osa se vanter de l'avoir fait empoisonner. Le généreux prince, mourant, rassembla les seigneurs et les braves chevaliers qu'il avait conduits à la victoire contre les Saxons; il leur distribua ses biens, ses armes, ses vétemens; leur fit jurer de défendre leur pays contre les Pietés, les Angles, les Saxons, gens infidèles et barbares; et en exigea qu'ils élevassent sa sépulture sur des colonnes an bord de la mer, afin que, frappés à sa vue, ses ennemis y découvrissent des présages de mort, et que la terreur les repoussât du rivage.

Vortigern, rétabli sur le trône par la mort de son fils, se hâta de rappeler Hengist, qui revint avec une suite considérable, la vengeance dans le coeur. Le monarque, effrayé de la présence d'une armée aussi nombreuse, rassembla des gens de guerre pour s'opposer à la descente de ces funestes amis. Mais Hengist, averti par Rovina, se hâta de déclarer qu'il n'avait amené tant de soldats que parce qu'il ignorait la mort de Vortimer. Il prononça des paroles de paix; on le laissa prendre terre; et il proposa de réunir, dans un festin de réconciliation, les chefs bretons et les saxons. Le festin fut préparé dans l'aire quadrangulaire du temple de Hy ou Hior, célèbre monument druidique près de Salisbury. Ce temple n'était plus desservi par le grand collège de Druides qui en avait fait la gloire, et dont la réputation de savoir et de sainteté appelait des disciples de toutes les parties de la Grande-Bretagne; mais il était encore habité par les bar des, dépositaires de l'histoire des guerriers des anciens temps, et chantres de leurs exploits. Les Saxons se présentèrent avec des armes cachées; ils se placèrent entre les Bretons; chacun d'eux se choisit une victime, et, au signal donné parHengist, nemeth jure seaxl (saisissez vos poignards ' ), trois cents cadavres roulèrent sur le sol ensanglanté. Le premier qui périt fut le barde Bugdug, le gardien du temple, le poète le plus renommé de la GrandeBretagne. Sa mort fut long-temps pleurée par les bardes qui survécurent à cette catastrophe, et que les Anglo- Saxons dévouèrent à la persécution. Les corps des malheureux Bretons furent inhumés par les soins du supérieur du monastère d'Abury, l'abbé Eldat, et placés au pied des roches colossales qui composent le monument qu'on appela depuis le StoneHenge.

Vortigern seul avait été épargné. Accablé de honte et de douleur, il se retira dans la Cambrie, tandis que Hengist s'emparait du royaume de Kent; il y fit construire une forteresse, et s'y renferma.

Mais un orage se dirigeait vers les côtes de la Grande-Bretagne, et contenait la foudre qui devait frapper l'usurpateur. Aurèle-Ambroise et Uther, élevés à la cour de Budic, n'avaient point oublié l'attentat dont ils étaient victimes, ni la mort de leur frère aine. Ils supplièrent leur cousin Budic de les aider dans leur entreprise, et de leur prêter des troupes pour recouvrer leur héritage. Budic leur permit de faire une levée dans la petite Bretagne, qui depuis long-temps était paisible. Ils parvinrent à rassembler sept mille hommes de pied et trois mille chevaux. Budic leur donna des vaisseaux et des approvisionnemens, et ils passèrent dans l'île où ils allaient chercher un trône ou la mort.

Un homme de haute renommée vivait alors dans la Grande-Bretagne. Élevé par les Druides de l'île de Mona, instruit dans les sciences qu'ils n'enseignaient qu'à leurs plus chers disciples, il était parvenu, disait-on, à comman der aux élémens . 'tout lui obéissait dans la nature, qui n'avait plus de secret pour lui, et il prédisait l'avenir. Sa naissance paraissait aussi extraordinaire que son savoir. Il était né dans la Bretagne armoricaine; mais on assurait qu'il avait été engendré par une moniale T, fille du roi de Bernicie, et par un démon incube qui lui avait communiqué des facultés surnaturelles, dans l'espoir qu'il s'en servirait pour renverser la religion chrétienne. Il portait le titre de Juge suprême des régions du Nord, Chef de la doctrine des bardes au-delà des eaux de la Cluyde, Interprète des armées du dieu de la Victoire. Cet homme singulier se nommait Merlin ou Mirddyn; mais la larve infernale qui avait influé sur sa naissance, et qui lui avait conféré d'aussi grands pouvoirs, s'était abusée elle-même. Les eaux du baptême avaient régénéré Merlin; il était chrétien, et ne se ser vait de sa science que pour rendre gloire au Dieu dont il reconnaissait la loi.

Vortigern, enfermé dans sa forteresse, fit venir Merlin, et lui demanda quel sort lui était réservé: " Je vois, s'écria le prophète, deux aigles sortis des rochers de l'Armorique; un dragon flamboyant les précède; il arrive, et la tour formidable qui te couvre de ses épaisses murailles n'est plus qu'un monceau de cendres! Quelle gloire! quel éclat! mais aussi a quelle douleur et quel crime!... Ces deux aigles brillans sont couchés dans la poussière, ils dorment et ne se réveillent point!... Leur sang a produit un superbe guerrier; il s'avance, le ciel le favorise; les chevaliers de toutes les nations lui rendent hommage, la terre entière l'admire!... il disparaît, et ce n'est point la mort qui l'a frappé!... Moi-mème. .. ô savoir...! ô sagesse! qu'es-tu donc «si Merlin doit succomber?... » Le prophète se tut un moment, et reprit: Fuis, roi Vortigern, tes destins sont terminés! Souviens-toi que l'esprit de Dieu parle et dit ses mystères par la bouche qui lui plaît ."

Tout enclin à la superstition que fût Vortigern, il ne jugea pas convenable de suivre le conseil de Merlin. Il apprit, peu de jours après, le débarquement d'Aurèle-Ambroise et d'Uther, qu'avaient rejoints un grand nombre de mécontens. Il se hâta de marcher à leur rencontre, après avoir grossi ses troupes des bataillons d'Hengist. Les deux armées se heurtèrent, et l'on combattit de part et d'autre avec un extrême acharnement. Il y allait et de l'état de Vortigern et de celui des jeunes princes, et de la vie de tous. La lutte se renouvela trois jours durant; mais enfin les Bretons l'emportèrent; ils parvinrent à séparer les soldats de Vortigern des compagnons d'Hengist. AurèleAmbroise poursuivit le premier, qui se réfugia dans sa forteresse, où l'on mit le feu, et où il périt misérablement. Ainsi fut vengée la mort de Constans. Le second devint le prisonnier d'Uther; et le duc de Glocester, Eldol, l'immola aux mânes des Bretons massacrés au Stone-Henge.

Octa et Cosa, fils d'Hengist, Pascentius, fils de Vortigern, continuèrent de résister aux deux frères, descendans de Constantin. Mais Pascentius mit en œuvre les leçons qu'il avait reçues de sa mère Rovina, et Aurèle-Ambroise succomba au poison que lui donna son médecin Eopa, créature de Pascentius. Ce traître prépara le breuvage mortel, se munit d'un préservatif, et, suivant l'usage, ayant goûté la potion devant toute la cour, il la remit au roi, qui se trouvait légèrement indisposé. « Il dor«mira long-temps!..» dit Eopa; Aurèle-Ambroise ne se réveilla plus: ainsi l'avait prédit Merlin.

Uther, désespéré de la mort de son frère, combattît Pascentius, et le tua dans un combat; il rendit ensuite les plus grands bonneurs au corps d' Aurèle-Ambroise, et le fit placer sous la pierre principale du temple druidique d'Abury.

Ce fut dans le combat où périt Pascentius qu'une comète, semblable à un dragon de feu, parut s'élancer dans les airs, de l'armée d'Uther à celle de son ennemi. Merlin, barde d'Aurèle Ambroise, combattait alors dans les bataillons du roi, et contribuait à la victoire par ses conseils et la force de ses enchantemens. Uther Tappela près de lui et l'interrogea sur la signification de ce présage. "Il t'annonce un lils d'une haute et puissante renommée, lui dit Merlin. La figure de ce dragon doit être désormais ta bannière. Tu te nommeras Uther Pendragon, et les princes de Cymri et de Powis, qui seront tes descendans, s'hono« reront du titre de Pendragons de Galles. "

Uther Pendragon vainquit encore les fils d'Hengist, Octa et Cosa, les fit prisonniers, et leur donna généreusement la liberté.

Peu de temps après, il épousa Iguerne, veuve de Gorloïs, duc de Cornouaiile, et il en eut trois enfans; deux filles, dont l'aînée portait le nom d'Emine, et un fils, qui fut le célèbre Arthur ou Artus, le premier des chevaliers de la Table ronde.

Durant ces longs démêlés, Budic n'avait pas constamment maintenu son royaume en paix. Clovis, dans l'insatiable ambition de régner seul sur les Gaules, viola les traités les plus solennels. Il parvint à se délivrer, par le poison ou l'assassinat, de Sigebert, roi de Cologne, et de Cloderic son fils; de Cararic, autre roi des Francs; de Rignomer, roi du Maine; de Regnacaire, roi de Cambrai; et de plusieurs autres princes dont il usurpa les états '. Budic ne fut point à l'abri de ses attentats. Ce beau royaume qu'il possédait sur les bords de l'Océan, et qu'il avait défendu contre les courses des Saxons, les insultes des Goths, les attaques des Francs et des Alains, excita la jalousie de Clovis qui s'occupa de lui susciter de nouveaux ennemis. Les Frisons firent une irruption dans la Bretagne. Ces barbares étaient alliés des Francs, ou soumis à leur domination; et ils se rendirent maîtres de quelques villes, sur les frontières et sur la côte, où ils se maintinrent quatre années. Budic perdit les cités qu'il possédait dans le Maine; mais il défendit avec courage, et conserva jusqu'à sa mort, le territoire intact du royaume Armoricain. Les Français ne purent jamais forcer les limites que Maximus avait jadis posées; et Clovis ne plaça la Bretagne parmi les terres soumises à sa suzeraineté, que par une fiction que l'impartiale histoire ne saurait confirmer.

Budic avait épousé Adenisa, qui le rendit père d'un prince, connu par les Bretons sous le nom de Hoël-le-Grand; et de cinq autres enfaus, parmi lesquels on compte saint Oudocée, évêque de Landaf, Ismaël, évëque de Menevie, et Tiffeï que l'Eglise honore comme martyr. Budic mourut à l'âge de soixante-cinq ans, et la douleur publique le rangea parmi les victimes secrètement immolées à l'ambition de Clovis.

Uther Pendragon ne lui survécut que peu d'années. Octa et Cosa, qu'il avait traités avec tant d'égards, oublièrent ses bontés, et ramenèrent de nouvelles bandes de Saxons sur les côtes de la Grande-Bretagne. Uther, atteint d'un mal passager, se fit porter au combat dans une litière; la bataille eut lieu près de Vérulam, et le succès n'en fut pas douteux. Les deux rebelles y périrent. Les Saxons se retirèrent alors vers l'Ecosse, s'y fortifièrent, et préparèrent de nouveaux moyens d'attaque. Le poison leur parut un des plus prompts et des plus assurés pour se défaire de leur redoutable ennemi, et la mort coula bientôt dans les veines d'Uther Pendragon. La plupart des chevaliers, ses commensaux, et la reine Yguerne succombèrent avec lui. On les inhuma près d'Abury, sous la pierre druidique où déjà reposait Aurèle-Ambroise; et cette fois encore se vérifia la prophétie de Merlin.

Le prince Hoël monta sur le trône de la Bretagne armoricaine, et, comme la plupart de ses ancêtres, il passa ses premières années dans les combats. Doué d'une extrême vaillance et des plus éminentes qualités, il n'avait pu voir, sans une douleur profonde, le partage d'une partie de ses états entre les peuplades barbares que Clovis avait déchaînées sur ses frontières. Il obtint d'abord, contre les Frisons, quelques succès qui donnèrent de la réputation à ses armes. Les seigneurs que la crainte retenait dans leurs foyers, s'empressèrent de le rejoindre. Fort de leur présence, il attaqua successivement les garnisons que le roi des Francs entretenait sur les limites de la Bretagne orientale, il prit les forteresses qu'elles gardaient, les repoussa loin des frontières, et rendit aux princes bretons les terres que les Frisons leur avaient enlevées. Clotaire régnait alors sur la France. Frappé des exploits de Hoèl et du noble caractère que déployait ce monarque, il témoigna le désir d'acquérir son amitié. Des négociations s'ouvrirent. Les deux rois eurent une entrevue à Paris, où Hoèl se rendit avec une cour brillante. La paix y fut jurée au milieu des fêtes, et les princes ne se séparèrent qu'après s'être faits, l'un à l'autre, de riches présens.

Le preux Arthur, l'héritier d'Uther Pendragon, n'était pas aussi favorisé du sort dans la GrandeBretagne, que son cousin Hoël dans l'Armorique. Arthur possédait toutes les vertus et les qualités qu'à cette époque on pouvait désirer clans un chef. Sa force corporelle était extrême, sa générosité sans bornes. Hardi, entreprenant, actif, il était adoré des chevaliers, et l'aspect des plus effroyables dangers ne les eût pas ébranlés en sa présence. Sa grâce était si parfaite, qu'en lui décernant le prix de la valeur, aucune pucelle n'eût hésité à lui accorder le don d'amoureuse merci. On disait de lui qu'il était né sur un champ de bataille, qu'on l'avait allaité dans un heaume, et bercé dans un bouclier. Toutefois Colgrin, duc des Angles réunis aux Pietés et aux Ecossais, crut avoir bon marché de sa jeunesse- . Un premier engagement fut favorable au monarque breton; mais bientôt Baldruch, frère de Colgrin, et Childric, duc des Saxons, l'attaquèrent avec des forces supérieures. Les conseillers d'Arthur l'engagèrent à dépUther vers son cousin Hoël pour lui peindre sa situation. Hoël se hâta de faire préparer ses vaisseaux et parut bientôt dans la Tamise avec une armée formidable. Les deux rois allèrent ensemble combattre les Saxons qui assiégeaient la cité de Lincoln; ils en tuèrent un grand nombre, et les forcèrent de se réfugier dans la foret de Calédonie ', où ils les entourèrent et les réduisirent, par famine, à se rendre à discrétion. Les Saxons livrèrent des otages, abandonnèrent leurs armes et leurs richesses, et s'acheminèrent, un bâton blanc à la main, vers les vaisseaux qui devaient les transporter en Germanie. Tous les passages leur furent ouverts; mais, trahissant la foi jurée, ils vinrent débarquer à Totonésie a où ils commirent d'affreux ravages. En ce moment, Hoël était tombé malade dans la cité d'Asclud; et Arthur célébrait à Carlion les victoires qu'il avait remportées. Ses armées étaient dissoutes, el il n'avait près de lui qu'une partie de ses braves; heureusement, Merlin, qui ne l'abandonnait pas, lui rappela l'institution chevaleresque projetée par Uther-Pendragon, son père; et la célèbre Table ronde, que le barde chrétien et prophète avait préparée à Cramalot s'entoura des preux des deux Bretagnes, présidés par Arthur, qui les harangua énergiquement, et en obtint le serment de s'entr'aider et de se défendre mutuellement, à la vie et à la mort . On déposa les armures des chevaliers sur la table sacrée, où saint Colomban vint les bénir. La tradition a conservé la description des armes d'Arthur. Il portait un heaume d'or, dont le cimier représentait un dragon. Un écu richement peint et ciselé lui pendait au cou, et cet écu se nommait Pryvein. L'épée avait été forgée dans l'île invisible d'Avalon, c'était la fameuse Escalibor; et sa lance, dont le fer était doré, s'appelait Ron. Lorsque les chevaliers furent armés, ils mirent leur confiance dans la vierge Marie, mère de Dieu, qu'ils appelèrent trois fois à leur aide ', puis ils marchèrent vers les payens. Cette fois Colgrin et Baldruch payèrent de la vie leur trahison; et Childéric, qui s'était porté vers la cité d'Asclud, dans l'espoir de s'emparer du roi Hoël, tomba sous les coups de Gaudor, duc de Cornwall.

La paix étant rétablie dans les états d'Arthur, ce prince employa toutes ses heures à soulager ses peuples, à réparer les maux de la guerre, à récompenser ses guerriers, à reconstruire les églises détruites par les idolâtres. Il épousa, peu de temps après, la belle Guen-a-ran, plus connue sous le nom de Genièvre, princesse du sang royal des Romains. Puis, à l'aide de Hoël, il accomplit les merveilles que rapportent les chroniqueurs, mais que l'histoire ne saurait confirmer. Il soumit l'Hibernie, les Orcades, la Norwège, le Gothland et la Dacie, parcourut les Gaules, où nous nous garderons de le suivre, et revint dans ses états.

Son retour fut marqué par une fête splendide qu'il donna dans son palais de Windisilore '. Il y convoqua ses grands vassaux, et tint cour plénière a . Les barons et les chevaliers s'y rendirent de toutes parts, avec une suite si nom breuse et une telle magnificence, qu'on ne saurait le décrire. La belle Guénaran y parut brillante de tout l'éclat de sa beauté, qui effaçait celui des ornemens dont elle était parée. Quatre autres reines l'accompagnaient, vêtues de drap d'argent, et suivies d'une fouie de princesses et de femmes d'une haute naissance. Le banquet fut servi à la mode du temps, et sur huit cents chevaliers, séans à table, il n'y en eut aucun qui n'eût une dame ou une pucelle mangeant à son écuelle l . A cette réunion de preux, on renouvela cette cérémonie fameuse qui avait eu lieu à Carlion, et le nombre des chevaliers de la Table ronde fut complété. Les joutes, les tournois, les danses, les joyeux devis, durèrent l'espace de trente jours.

Mais ce fut en vain que l'on appela Merlin, afin de le récompenser des services qu'il avait rendus à la chevalerie. Merlin ne devait plus reparaître, ainsi qu'il l'avait prédit lui-même. Plusieurs preux s'engagèrent à le chercher; ils parcoururent, sans succès, la grande et la petite Bretagne. L'un d'eux entendit, une fois, l'écho de sa voix, mais aucun ne le rejoignit; et désormais, il fallut se contenter d'étudier le sens de ses prophéties, pour connaître les événemens qui menaçaient les Bretons, et suppléer à ses sages conseils.

Il courut alors, sur la destinée de ce barde chrétien, des bruits qui s'accréditèrent dans l'opinion des peuples; et douze siècles n'ont pas suffi pour détruire totalement une croyance fondée sur l'idée que l'on avait du grand savoir de Merlin, sur l'ignorance générale et sur la superstition héréditaire qui la suit. Merlin aimait depuis long-temps une jeune fille bretonne, de famille druidique, destinée à devenir prêtresse de Hy-ar-bras, si le temple de cette divinité payenne n'eût été détruit, et ses solennités abolies. La fermeté de son caractère égalait la beauté de ses traits; et son savoir dépassa bientôt celui que les descendans des Druides se transmettaient encore entr'eux: car Merlin se plut à la former et à lui communiquer tout ce qu'une longue étude et des talens surnaturels lui avaient dévoilé dans les mystères de la nature. Le prophète amoureux, esclave des volontés de la jeune Viviane, lui apprit un secret qui devait plonger ses parens dans le plus profond sommeil, lorsqu'il viendrait la visiter; mais, aussi chaste que belle, Viviane ne s'en servit que pour endormir Merlin lui-même, et se garantir de l'explosion d'un sentiment dont elle redoutait l'énergie. Entraîné par une séduction irrésistible, Merlin lui pardonna sa ruse quand il s'en fut aperçu, et n'en continua pas moins à la combler des dons de la fortune et des trésors de son savoir. Viviane enfin, poussa l'ingratitude jusqu'au crime. Elle engagea le barde à construire un tombeau qui devait contenir leurs dépouilles mortelles, et qu'aucune puissance humaine ne parviendrait à violer. Merlin construisit ce tombeau dans la foret de Brocéliande, non loin de la ville actuelle de Quintin. Il y conduisit Viviane, qui parut doUther que la longueur du monument fut suffisante. L'imprudent eut la faiblesse d'y entre et Viviane, abaissant le couvercle, l'y renferma pour jamais. Merlin cependant avait prédit lui-même le sort qui l'attendait; mais qui peut résister à la voix caressante et flatteuse de la beauté qui supplie?

Depuis ce temps, Arthur, Gauvain, Lancelot, Viviane, ont disparu; mais l'esprit de Merlin, toujours errant dans la forêt de Brocéliande, se dévoile parfois aux mortels qu'il protège, et sa voix leur annonce l'avenir. Le vallon qui renferme son tombeau se nomme le Val sans retour, ou la Vallée des pleurs '. Les chroniqueurs ont également couvert d'une teinte mystérieuse la mort d'Arthur. Ils rapportent que Lucius-Iberius, procurateur de Rome, parut à la cour plénière de ce prince, et réclama le tribut que la Grande-Bretagne avait coutume de payer aux empereurs, depuis Jules-César l . La colère d'Arthur et de Hoël ne peut se décrire; ils rassemblèrent à l'instant leurs chevaliers, et passèrent dans les Gaules, où la victoire fut fidèle au dragon de Cymri. Mais, au milieu des joies du triomphe, Arthur apprit que Mordret, son neveu, le frère du loyal Gauvain, s'était emparé de sa couronne, et qu'il avait épousé Guénaran; il se hâta de congédier les chefs qui le suivaient, et revint dans la GrandeBretagne. Mordret s'était allié aux Saxons. Arthur, traîtreusement attaqué par derrière, fut blessé. Gauvain reçut la mort en défendant, contre son frère, le roi son oncle et son ami. Mordret, renversé de son cheval, périt étouffé dans la poussière; Guénaran se retira dans un monastère, où elle prit le voile; et le grand Arthur, transporté dans l'île inconnue d'Avallon, ne reparut jamais parmi les chevaliers, qui pleurèrent son absence, mais non sa mort. Ainsi l'avait annoncé Merlin à Vortigern.

Hoël, rentré dans l'Armorique, donna des marques de sa générosité, en distribuant à ses serviteurs, à ses parens, à ses amis, les trésors qu'il rapportait; il enrichit de dotations importantes les églises de Dol et d'Aleth, et mourut comblé de gloire en 545.

Ce roi guerrier, que ses sujets ont surnommé le Grand, eut plusieurs enfans de la reine Aima Pompéa. Il laissa le trône à son fils aîné, qui portait comme lui le nom de Hoël; mais, avant sa mort, il créa ses autres fils comtes de Nantes, de Vannes et de Léon; disposition qui ne tarda pas à engendrer des guerres civiles.

Hoël II avait suivi son père dans les combats, et les guerriers le considéraient comme un digne général. Mais, au milieu des camps et parmi les soldats, il avait pris des mœurs grossières, qui dégénérèrent, en vices. Son impiété surtout se montra bientôt à découvert, et donna lieu d'accuser des mêmes erreurs toute la génération naissante, qui se rattachait à la cour par le rang quelle y occupait ou par l'espoir d'en obtenir des faveurs.

Hoël, envieux des riches propriétés que son père avait données à saint Malo, l'engagea vainement à les lui rendre . L'évêque d'Aleth s'y refusa constamment, et le roi ne vit d'autre moyen de venir à bout de ses desseins, que de renverser l'église du saint prêtre, et de le forcer à sortir de la Bretagne. D'autres évêques et leur clergé s'unirent au prince et aux grands du royaume; peut-être étaient-ils jaloux de l'ascendant que saint Malo semblait prendre sur eux, et que confirmait l'assentiment du peuple. Saint Malo ne put résister à tant d'ennemis, il quitta son diocèse et se retira vers le roi de France.

De ce moment, Hoël II ne passa que pour un méchant prince. Il avait donné l'espérance d'un meilleur règne; et quoique, en cette occasion, il n'eût fait peut-être que céder aux conseils de ses ministres, qui, selon les chroniqueurs eux-mêmes, eurent la plus grande part aux mesures qu'il prit, toutes les conséquences lui en furent attribuées. On accusa surtout sa faiblesse d'avoir toléré les guerres que les comtes de Nantes, de Vannes, de Cornouaille et de Léon, ses frères, se firent successivement, et qui plongèrent la Bretagne dans le deuil et la désolation.

Hoël II régnait depuis peu de temps, lorsque les Frisons revinrent sur les côtes Armoricaines pour venger les affronts qu'ils avaient reçus sous Hoèl-le-Grand. Ils descendirent dans la contrée que l'on nommait Donnonée; c'est la partie de la côte septentrionale de Bretagne qui s'étend de Dol au pays de Léon; et ils soumirent facilement les paysans qui ne furent point secourus . Ils s'y établirent,opprimèrent et ruinèrent les contrées voisines, et s'emparèrent d'une partie du Léonais. Le chef de ces guerriers, originaires d'une province de la basse Germanie, sur les rivages de l'Océan, se nommait Corsold. Il avait un frère, excellent négociateur et le plus habile de ses marins, que l'on appelait Coarchion. C'était lui qui courait les mers, afin de vendre ou d'échanger le produit des déprédations commises par Corsold, et de lui rapporter des approvisionnemens. Mais, tandis que Corsold était occupé d'une expédition contre les Bretons, Coarchion admira de trop près la beauté d'Alétha, femme de son frère, lui peignit son amour, la persuada, et parvint à l'enlever. Corsold apprit à son retour que sa femme avait disparu; il rassembla les plus braves de ses serviteurs et ses plus nobles compagnons, et se mit, sur ses vaisseaux, à la poursuite de Coarchion et d'Alétha. Le sort ne leur fut pas favorable; aucun d'eux ne regagna les côtes de la Bretagne, ni celles de la Frise; et il eut été facile au roi Hoél de recouvrer la portion de ses états qui n'était plus occupée que par de faibles restes de l'armée de Corsold, si ce monarque n'eût oublié toutes les grandes affaires, au sein de l'oisiveté. Il laissa aux Bretons insulaires les soins de purger sa patrie du débris des pirates de la Frise. Après la mort d'Arthur, le prince Constantin, qui lui avait succédé, tua dans une bataille les deux fils du traitre Mordred, et repoussa les Saxons. Des événemens tragiques se suivirent rapidement; un prince Aurèle assassina Constantin, se défit de son oncle, qui devait régner après ce monarque, fit égorger ses deux cousins, dans la crainte qu'ils ne devinssent ses compétiteurs, et mourut dès la première année de son règne. Vortipor, qui tint le sceptre après lui, eut encore à se défendre des Saxons, qui recevaient constamment des renforts de la Germanie. Il ne gouverna que quatre années. Malcolm ou Malgoc ne monta sur le trône que pour voir augmenter encore la puissance des Angles et des Saxons. Cldric, haï de Dieu et des hommes ', le remplaça; mais alors les ennemis de la Grande-Bretagne étaient devenus formidables, et une grande extermination commença. D'une mer à l'autre, lile fut ravagée par les combats qu'ils livrèrent aux Bretons. Des traits de valeur, de magnanimité, de dévouement, honorèrent quelques grands caractères. Le pillage, le meurtre, l'incendie, tous les crimes à la fois semblèrent des jeux pour les barbares. Les Bretons, vaincus et poursuivis de toutes parts, se retirèrent dans les montagnes du pays de Galles ou passèrent en Armorique. Les guerriers, les nobles, les vassaux, suivirent les princes du sang royal; les uns s'établirent en Donnonée, quelques autres débarquèrent dans la Cornouaille, où ils reçurent un accueil hospitalier. La ville de Penoc'h, aujourd'hui Penbœuf ', fut fondée au-dessous de Nantes, par un chef qui écouta les conseils de saint Armel. Le célèbre chevalier de la Table ronde, Caradoc Brech-bras, descendit à Vannes avec saint Paterne, y construisit un palais, et le donna ensuite pourfcervir d'église cathédrale. Les personnages les plus paisibles et les plus vertueux abandonnèrent une contrée qui cessait, pour eux, d'avoir les. charmes d'une patrie.

On vit arriver successivement l'archevêque d'Eborac!, saint Samson, qui devint archevêque de Dol; saint Paul, qui gouverna le diocèse de Léon; saint Tugdual, évèque de Tréguier, plus connu sous le nom de saint Pabut; saint Brieuc, qui donna son nom à une ville; saint Magloire, saint Meen, saint Gildas, saint Goul ven, saint Colomban, qui fondèrent des monastères; Munnoc'h, Vinoch; Félix, qui fut évèque de Nantes; et beaucoup d'autres qui, selon les historiens, prouvèrent la vérité des prophéties de Merlin; car il avait annoncé que le pasteur de l'église d'Eborac passerait en Armorique avec sept évèques; et, en effet, sept des compagnons de saint Samson reçurent) l'onction épiscopale.

L'émigration était si nombreuse que l'on eût dit que les peuples de la Grande-Bretagne se transportaient en masse dans la péninsule. Ils ne laissèrent pas même le nom qu'ils affectionnaient à la contrée qui ne devait plus être leur patrie. Déjà les Anglo-Saxons avaient appelé le territoire qu'ils occupaient, Estanglie, WestAngiie, Middle-Anglie; l'île entière prit la dénomination d'Anglia, England ou Angleterre, qu'elle conserve de nos jours, et la péninsule Armoricaine fut connue sous le nom de Bretagne. On remarquera que la langue bretonne n'a d'autre expression pour désigner les Anglais que le mot Saozon, Saxons.

Que faisait Hoèl tandis que les chefs aventuriers venaient s'emparer des terres de sa domination, quelques uns en supplians, mais la plupart à main armée? Enfermé dans sa ville de Rennes, il accueillait les premiers et leur confirmait la jouissance des propriétés qu'ils usurpaient, et qu'il ne faisait aucun effort pour recouvrer. Il s'alliait aux autres, et se trouvait heureux de tout ce qu'ils voulaient bien lui laisser. Il épousa la fille de Rhyno, fils luimême du roi Malcolm '. Ce prince s'était fixé

en Cornouaille. Un autre prince, du nom de Riwallo, et surnommé Murmaczon, qui avait régné dans un canton de l'Angleterre, était descendu en Donnonée,avec les familles de tous les hommes qui voulurent le suivre l . Il avait appris combien les peuples du Léonais et de Tréguier souffraient de la domination des Frisons, et il s'annonça comme un libérateur. Les habitans se joignirent à lui pour combattre les débris de l'armée de Corsold, qui se défendaient avec un grand courage. Mais les Bretons armoricains avaient en vue l'affranchissement de leurs foyers. Les insulaires étaient animés par l'espoir de se former des établissemens et de retrouver une patrie. Ils vainquirent les Frisons en rase campagne, en détruisirent la majeure partie, et contraignirent le reste à chercher son salut dans ses navires et à quitter pour toujours la Bretagne. Riwallo Murmaczon restitua ensuite aux grands du pays les terres et seigneuries que les Frisons avaient envahies, et, nonobstant quelques réclamations de Hoél, il prit le titre de roi, que le lâche descendant du compagnon d'Arthur lui laissa désormais porter paisiblement. La péninsule se trouva dès lors partagée en deux royaumes, celui de Bretagne, proprement dit, et le royaume de Donnonée,ou la division septentrionale, composée d'une portion du Léonais, du diocèse deTréguier, et de celui de Saint-Brieuc l . Le roi de Donnonée reconnut toutefois la suprématie du roi de Bretagne.

Hoèl II avait deux enfans de la reine sa femme, fille de llhyno. Un fils, du nom d'Alain, qui lui succéda, et une fille, appelée Aliénor, qu'il donna en mariage à l'héritier du comté de Léon, prince comme lui de la race de Conan. Ll lui concéda, en faveur de cet hymen, le droit de délivrer des brefs de sauvetage en sa terre, et les droits de bris.

Ces droits lucratifs avaient été établis par Conan lui-même, dans l'intérêt de ses sujets commerçans et navigateurs. Ce monarque législateur,en parcourant les côtes de la Bretagne, avait reconnu que de nombreux rochers, épars le long du rivage, rendaient l'abord de la terre difficile et dangereux. Les uns sont constamment sous les eaux, les autres ne sont couverts qu'aux heures des marées, d'autres encore, élevés au-dessus des flots, n'en sont pas moins à redoUther dans les tempêtes, parce qu'ils sont placés sur la route que doivent suivre les vaisseaux pour entrer au port. Afin d'obvier aux malheurs fréquens, causés par l'ignorance ou l'imprudence des marins, Conan et ses successeurs défendirent à leurs sujets de sortir des ports, soit pour suivre les côtes, soit pour gagner la haute mer, sans être conduits par des pilotes expérimentés, bien au fait des dangers qu'il fallait éviter. Le roi entretenait à cet effet des prud'hommes, qui visitaient les navires, leur fournissaient les vivres, munitions et armes dont ils avaient besoin, et les convoyaient jusqu'à ce que le lieu du danger fût dépassé. Les marchands et les voyageurs payaient de certains droits, proportionnés à la grandeur du vaisseau et aux difficultés du pilotage. Cette utile institution dégénéra bientôt en abus, et il sembla que la terre et la mer fussent lignées contre les malheureux qui confiaient leurs jours et leur fortune à l'inconstance des flots On perdit la coutume de donner des pilotes aux vaisseaux, mais on n'en exigea pas moins le paiement des droits royaux avec une extrême rigueur. Si les vaisseaux étaient jetés à la côte et que les possesseurs ne fussent pas munis d'un bref de conduite et de sauvetage, les navires et leurs cargaisons étaient confisqués au profit du roi. S'ils avaient rempli ces formalités, les voleurs s'emparaient des marchandises et les pillaient, sous prétexte de les sauver, parce qu'il était accordé à tous venans, comme salaire de sauvetage, une partie des objets qu'ils étaient censés arracher à une destruction certaine. Tels étaient les droits que Hoël II concéda à sou gendre dans tout le comté de Léon. Depuis cette époque, et lorsque la Bretagne devint française, les rois de France les rétablirent à leur profit, nonobstant l'énergique opposition des Etats, qui représentèrent inutilement le tort que de pareilles entraves causaient au commerce, et les vexations qu'éprouvaient les navires marchands, quand ils voulaient mettre en mer. Plusieurs seigneurs prétendirent à la propriété du droit de bris sur leurs terres, et abusèrent cruellement du malheur des naufragés. Les paysans, nourris dans une grossière ignorance, adoptèrent sans difficulté l'opinion manifestée par leurs seigneurs. Ils n'attendirent pas toujours le naufrage;mais ils le déterminèrent souvent, en attachant, la nuit, des torches allumées aux cornes d'un taureau, et attirant, ainsi sur les rochers les marins, qui croyaient reconnaître une terre hospitalière. On a vu des paroisses entières faire dire des messes, ordonner des jeûnes, pour amener des vaisseaux à la côte. De nos jours, celle de Saint-Jean-du-doigt, près de Morlaix, avait acquis, en ce genre, une triste célébrité!

SALOMON I (421-554 AD) BOOK II

Solomon I 's reign. - Lesson which is given by large state. - Grallon or Galaor. - Destruction Is the city. - Audren or Aldroé'n. - Constantine his brother, came to the throne of Great Britain. - Budic. - War of the Anglo-Saxons and Britons. Vortigern, Myrddin, Uther-Pandragon. - Hoè'l-Legrand, Arthur. - Hoel II. - Invasion of the Frisians in Britain. - Rights of damage and rescue.

Conan Mériadech left a numerous posterity. He had four of his first son Huelin wife and two of them carried the title of Earl of Cornwall, but they died in early youth. A third, Urbien named, who was appointed by his father to succeed him, left the throne to his son Salomon, and it was this descendant of the conqueror of Britain, which girded the diadem Armorican. Most of Daréréa son, sister St. Patrick, followed by Ireland, mother and evangelical preacher, torn from a long slavery, they became bishops, and contributed greatly to the conversion of the inhabitants of the island. The Church has the Irish among the saints.

Salomon respectales institutions of his grandfather. He renewed the treaty with the Emperor Honorius, and employed all his wisdom to preserve the good understanding which existed between its subjects and the Romans. This monarch married daughter of Flavius, patrician of Rome, which spared the consideration of Placidia, the mother of Valentinian the third, and earned him an alliance with the emperor as a child. However, its reign was not without trouble. Debris the Visigoths and Alans met to take away the places he had in the Poitou, they walked the walk Nantes, and the ravaged to the Loire, but Salomon managed to achieve them, and they were defeated in all-occasions. At that time, a crowd of foreign hordes rushed to the West. These people were called Goths, Huns, Alans, Vandals, Gepids, of Heruli, the Ostrogoths, and many managed to settle in Gaul until the time where the Franks, happier and more powerful, subjected them to turn, and founded the French monarchy. But Clovis had not yet published, and Solomon successfully defended his borders and maintain peace in the people he governed '.

The monarch Breton gave evidence of great piety, by the churches of largesse multiplied, erecting and endowing monasteries, but ils'occupait little to do justice, to monitor the administration of relief Topics of the charges which the war had overwhelmed. The ancient and good customs tom baient into disuse, while the bad were not repealed. The people groaned and began to murmur, when something that seemed extraordinary offer came% great, that made the board of Solomon the opportunity to give him good advice, which, unfortunately, he could not long use.

The Holy Apostle Matthew, after preaching the Gospel to the Jewish people, suffered martyrdom, and his body was buried in Cairo under the reign of Galba. Long after, the two Breton sailors, who traded in Egypt as their use, went to the capital of this country, and one of them, leading a life copy, told the day after his arrival, his comrades, that St. Mathieu had appeared. They doubted at first, but they began to pray with him, and they had All the same vision. Saint Mathieu obtained easy promise to honor his remains, and showed them where they were deposited.

They found the body of the apostle still healthy and over, carried him with respect to their ship, and returning to bâtèrent Britain, where they took land in the port of Abervrac'h Leoneans, then named Q ^ ueinven not. far from where we built the Abbey Saint-Mathieu. They were at anchor for several weeks, and the crowd was religiously kneel and pray to the shore, where the sound of this event came to Solomon which, followed by his barons and his clergy, hurried to the front of the holy body that he had intend to bring in his royal city. But in vain we tried to the coffin out of the nave where it was filed: resistance more than human made null and void more vigorous efforts. The surprise was in height, and as the king was to call each to advise, Grallon, Duke of Cornwall and brother of Conan, and approached spoke: "King Solomon, he said, have you fulfilled your duties to your people as sovereign? Have you listened to the complaints of the poor? Have you wiped the tears are running the abuses of your bankers? Do you know that in Leon, they have an awful habit of sold as slaves to foreigners not ing the sea I, the children of the unfortunate can complete their quota in the taxes you impose on others? Do you know that very place where I see you sitting under a canopy o all brilliant - and purple is they have chosen for this horrible traffic? This is they hang around here like cattle ence the fans delighted with their mothers, it is here that the embrace for the last time in the middle cries and groans. This place is no longer called Abervrac'h but Queinven, Lamentation! Do not be surprised if the Sky shows his anger from your guilty indifference. "

King Solomon descended from the throne without answer, he took Grallon by the hand and walked towards the ship, which he entered. There, he raised his scepter, put his hand on the coffin, and uttered these words: "Glorious Apostle Matthew, I give you, for my concession privilege, that this custom, which has been exercised in my kingdom, or, From now forward, Oste, reverence for the you, and so does my successors than I do this can break my will, threw confirms that privilege by printing my ring. Namely, that those who, to increase the treasure of the prince, were sold w to strangers, be and remain subject to your lordship and to the church in which to build your body. "

As soon as the king had he finished, the resistance proven by the holders suddenly ceased. The nave itself approached the shore, and they carried the holy relics to Occismor. Solomon bought with his own money all the children who had been sold, and tied to service of the apostle, to whom we built a chapel gilded columns in the Cathedral of Saint-Pol.

The cruel abuse that had destroyed the King Brittany was not the only one its people desiring abolition. Claims by came up to him, but he neglected to make the necessary remedy.

The discontent increased; large who dared to tell him the truth found themselves overwhelmed of harassment, and their partial revolts came soon make him anticipate the fate that he s reserved. Orders that the wounded Justice, which compromised many interests, raised all of Brittany Solomon and the poor, seeking asylum in one of the churches of the city of Légionenses, was murdered on the steps of the altar.

It was Grallon or Galaor, Duke of Cornwall, who succeeded him. The extreme rigidity the character of the prince's first frightened subjects, who feared that he had obtained a crime that the substitution of one tyrant to another. But soon he displayed outstanding qualities of the a war leader, and showed in all circumstances, both equity and bravery. The patrician Flavius, indignant at the death of his son, managed to inspire his hatred to Valentinian, who sent troops, commanded by Litorius to avenge Solomon '. Litorius gained some advantages over the Britons; Grallon but made an alliance with disaffected Gauls, who were called Bagaudes, and even with the Franks, who began to settle in Gaul was. He rejected the Roman troops, defeated in one day twenty thousand men, and restored peace to his dominions. He maintained long communication with the princes francs, he helped in their businesses, which he received subsidies. Merovech even he gave some of the hordes he commanded. GralIon promised to give them land, he established in Rennes and the surrounding area, and took then the title of King of the Britons and part the Franks.

Grallon, who defended the borders of his Kingdom against the Gauls to the Romans mixed and the Visigoths, found himself beset by yet Danish. A great revolution then threw nations of the east and north of the West Europe, as successive torrents. The Danes began to be followed by sea movement that was taking place on the continent. Mounted on light vessels, they roamed the shores of the ocean, were engaged in murder and plunder, and not retired as when they were all destroyed. If we defended, and they are screwed in a hurry, they hurrying back to their ships, and ran off wearing their criminal boldness. They laughed a descent on the coast of Brittany peninsula, but the king loaded them put to flight, and forced them back to sea Unfortunately, they did not learn too well the way of Britain, and we shall see, in the following centuries, the blood and cover confusion by their depredations.

Made to the administration of his kingdom, Grallon became comply with orders full of wisdom, took care of the punishment of criminals, and dispensed justice to all, welcoming those who kindly asked for. They were amazed to see that spirit as well fold proud and haughty, but the astonishment ceased when we knew the three men he had composed his privy council. They called themselves Corentin, Ronan and Wingaloc.

Corentin had received as a child of lessons of the great Druid-Eal hirr-bad, which had learned to despise the idols, and had made known the futility of shameful symbols provided that compliance with the hypocrites humans. But he had stopped at a point the spirit of man, left to itself, can not cross.

To engage in research of the true God, Corentin, retired to a place called Ploumodiern, built a hermitage near a fountain: he was often visited by another solitary Primaël was called, and all the two, having received the waters of baptism, led a holy life, that the rumor God renewed for them the miracle of manna in the desert, or that of the crows fed Elijah. It was said that the prayers of Corentin had obtained a fountain of Heaven arises near the hermitage of Primaël, and that old man, had IM share a meal of Corentin had, after prayer, recognized than just serving, prepared for his friend, had increased sufficiently to satisfy both.

Ronan 'was born in Ireland. Sent by his parents to the schools of druidic Isle of Man and become very learned in secular sciences, it quickly realized all that was false and unworthy of man in the superstitions which had watered his childhood. He resolved to pass into the little Britain and having had catechism, it earned by his virtues of reaching the priesthood. But his virtues, and the many his services to the neighboring farmers cell he had built in the forest of Nevet, near Quimper, do not put away from slander. He said he was an angel appeared in hibernation, and he serves as a guide Leone and across the Bay of Brest, had leads to the foot of the oak in the shade which was placed his hut. Was heard sometimes talking alone in the forest, when he the sky praying fervently. This was enough more to engage in evil to accuse him before the roiGrallon of necromancy and sorcery \ As soon as the night appeared, said, he put in use the precepts of the art of magic, that his country Druidesses taught him: he turned into a wolf, turned into beasts all persons on which fixed his gaze, and, monitoring of this troop of miserable, he traveled the country and committing appalling crimes, until the appearance of the sun forced him to return to his cottage, where he took up the human figure. A woman named Reban fell down from the throne of Grallon, and said that Ronan, by his spells, his son had turned away from home Maternal and had come to kill him. The child's body was brought before the king.

Ronan, led by the royal henchmen, told his whole life, and easily dissipated clouds that are trying to cover his innocence: "O God, he said, falling on his knees near the child, it pleased you to take this being that you had formed, which may oppose your orders? I would have given half the day that you leave me to make his unhappy mother, but who would dare you offer to return to what you have a Once judged? "With these words, Ronan bent toward the child to give a last kiss. He felt his heart beat again: "God, he cried, God does not the work of Median done! Take your son, wife seduced and deceived ' he can still love a long time the eternal which preserves life. "He took the child by hand, and the child stood up. He was weak in truth, but Grallon sent it in palace, where all the care he lavished.

Wingaloc, from the breed of Conan Mériadech, was a relative of St. Martin and nephew of St. Patrick, who had brought him. Its virtues religious cast so brightly, they did not hesitate to believe that when he left his uncle to come with some number of disciples, founded a monastery in Early Britain, God had allowed the sea ​​opened for him, as before for Moses, he had crossed from Ireland to the Armorican peninsula, singing hymns, and making actions with the divine majesty. These were the advisers had chosen Grallon. He had himself read and submit their most important business the kingdom, and as he loved the truth, liri was easy to persevere in the road righteousness and virtue. He presented to his royal hall Corentin, "named Kemper, of land and woods that surrounded it, and Corentin, who had just been promoted to the Episcopate, and consecrated by St. Martin, it establishes the seat of his bishopric. He once said to Wingaloc, kneeling before him: "You know I have many castles and power things, large area of ​​land, abundance of gold, silver, clothes and others; what can I offer you to satisfy you? speaks; my presents you remain free and clear; no one has the power to withdraw the gifts of prince. "Wingaloc rose and begged the king to use his wealth to fix the ills that could have caused her great love for war, or too much precipitation his judgments. Grallon put this advice to use: it became better, there was a duty to help the widow and the orphan, he always embraced the party of the oppressed against the major who abused their wealth and leurpuissance, he sought the natives he showered largesse, he performs a variety of good works, and devoted his leisure to serve God, to honor his ministers, and to erect and establish monasteries.

Neither his virtues nor the prayers of his advisers, Heaven does not fully bent in his favor. A terrible catastrophe fills his days with bitterness, and although the fans have agreed to Grallon draw a veil on unofficial causes which decided they could not entirely escape to posterity the latest crime and disorder daughter. Through the clouds whose ages have covered, we still recognize the traces, and the respect that people have committed to Grallon memory, has no influence on the memories left by the princess. It Ahes was called, and it near the castle had lived in a town called high Ker-Ahes today Carhaix '. Grallon ordinarily resident in the city of Ker-Is or Is, located on the edge of the sea between the tip of Sligo and Cape Fontenai. This city, which occupied a low sandy beach, was conquest of the industry on the waves of the sea, which threatened the outbreaks. Of dams and locks, artfully constructed, guarantee flooding. These locks were also arranged so as to preserve the city approaches of an enemy. We then opened them cautiously, and no one left entering around the city a small portion of the waters of the ocean. The keys of these terrible locks were placed in an iron box with the lock opens only using a golden key that the king was constantly around his neck.

Grallon, so severe in lescommencemensde his reign, so pious towards the end of his days, helped so many lights saint characters ue not notice her daughter's disorder Ahes, or had not the courage to be a cure effective. The sound of shameful loves Princess, do tore pointed his safety. The banks of the creek rang Hières the accents of his merry antics, the prying echoes of the Black Mountains ■ told vain actions that eternal silence was consigns to oblivion, he had the complete destruction the royal city, to enlighten the poor Grallon.

An obscure tradition reiterated that the princess Ahes, delivered to a nefarious links enemy of his father, was committed to giving the crown to her lover. To accomplish this criminal enterprise, she went to the City of Rer-is, overwhelmed his father caresses, gave him a girl pious care account among the most expensive of his duties, and he stole the key on which depended the destiny of a people. A few moments later, the whole ocean was rolling furious over the city. Grallon, awakened by a terrible noise, saw him enter Wingaloc, who, without momentjl'entraîna to lose one of the doors of the city, where he hoped to find another way. The floor, in fact, was not entirely hidden under water, and the monarch was able to win a hill, hence its order plunged the huge disaster that his imagination does not know yet in all its extent.

This ensures that a heavenly voice made him know the name of the author of this great crime, and the last waves, reaching the place that They were marked, swallowed the princess and ceased to invade the shore. A small haven among rocks, bathed every day by the sea, is still called the tomb Grallon returned to her daughter and crying Quimper Is the city. There are now fixed his residence, devoted the rest of his life to prayer, filled Wingaloc of his gifts and he erected the monastery àLandevenech year, he also founded a abbey near Saint-Malo, the brother of holy man, Thy name was Jacut.

Grallon died very late in his subjects, who gave him the nickname of Grand. Tl was buried in the abbey of Landevenech. The Church placed Corentin, Ronan, Wingaloc, Primaèl Jacut and, among the saints it prescribes to honor '.

Grallon left a son, his wife Tigrid; but he was very young, and states decreed the crown or Audren Aldroen, one of children of Solomon.

Audren had distinguished himself in the war Grallon had had to support against the troops Roman-controlled Litorius. Death Solomon served as a pretext for this war, but Audren, perceiving that Litorius thought much less than the revenge prepare his own elevation, reserved for its home the aid of his arms and assistance from his many friends. Just sitting on the throne he was forced to push the new incursions of the Alans and the Gauls of Poitou; but he managed to defeat them, and obtained peace after having fought bravely.

Britain was then destroyed by the Picts and Scots. Twice these enemies of the Britons and Romans were driven beyond their borders, but they reappeared more cruel than ever, as soon the legions were recalled by the Emperors. The British princes, instead of rally against the common enemy, seemed jealous of each other, and consumed in their private quarrels of the forces, together, were sufficient to ensure the integrity planning. The victory of i'alleluia had no other result than to humiliate a time the barbarians, without changing their inclinations. The people, overcome with misery, retired to the caves and in forests, where they lived by hunting. They begged vain the Romans to grant them the aid: "The barbarians, they said, we push toward the sea, the sea takes us back the barbarians. To avoid being slaughtered, we expose ourselves to be engulfed by waves, and to save us from the depths, we we rush under the sword of our enemies. "

Having received nothing of the Romans, who saw more than a useless sacrifice to make in the occupation of Britain, the Bretons island, after having declared that they renounced to recognize them as overlords, took the resolution to go to their brothers the Britons of Armorica, and sent a deputation to Audren the Archbishop of London, Guethelin, accompanied by some wise old men. The envoys found the monarch in a house ', he had to build a Hérile valley called the center of the region Trécor or Tréguier. The king welcomed and Guethelin, called before the board bring the subject of his journey.

"The misery that we who are Bretons as a toy, he says, have suffered from Maximus that our island stripped of its most brave defenders, and he commanded them to live as you rule the kingdom, may well move you to tears, as against we totaled all the neighboring nations, and there has been resisted them. No man powerful and aggressive there remained the ours, and our poor inhabitants have solace grazing, save what they can be taken by art of hunting. The Romans turned to bored us, we have, at all, denied sending help. For this, we, bone setters of all other hope, and mercy required pray that you help us please and that you defend the assaults of foreign the island kingdom of Britain, which thee caused by successive right, for no one, save thee, is who should be crowned with the tiara Maximus. So sail your ships and worry Come with us, and I said bailiff of the island kingdom in your hands. "Guethelin then painted in detail, the colors and the more vivid, the miseries of the people, and displayed all his eloquence to touch the heart of Audren and his advisers, he begged, Will was out of pity, to intervene to stop leffusion blood of the Britons.

Audren seemed embarrassed. Accustomed to it peace, and did not care to share the happy peace he enjoyed the work against and penalties which would result in a company even more difficult, it would have to fight fed the enemy in the war, which came out of their lairs in myriads, and disappeared without anyone being able to join them when they committed their depredations. So he sought to avoid in its response to positive engagement. He said envoys he recognized by their speech and other reports which had reached him, how their enemies had abused, and they had every reason deseplaindre; that they carried a full compassion, and took part in their misfortune, although one could that it had happened by the division existed between their princes, and whose enemies had made their profit, it was a time where, no doubt, he would not have hesitated to receive the crown offered to him, because he felt that the island of Britain is a fertile country, if the Peace reigned, and where we could live happy if he was free, but the power Roman had so lowered, that his most dignitaries were only slaves, and that any wise man would prefer fewer possessions with freedom, the richest kingdom under the yoke of servitude. Besides, he added, the cases were so spoiled, he could try to recover without great danger to his own states. It was not a war which only one battle would decide the fortune he had to measure people who were outside the territory Breton all at ease, and who resort; iient after committing their ravages, to shelter in the marshes and Scotland's natural strengths, inaccessible places, where every day they rushed back and gorged with blood and pillage. It was not himself without an enemy. Neighbors jealous waiting maybe for his absence cross the Loire and seize the cities they coveted, what he had to keep. However, the misfortunes of the Britons island had reached to the heart, and he not forget that the two nations were Allied and relatives, and series that can go from there his person, he would take counsel with his good servants and advise that it could be done, without neglecting the care of his own safety.

MPs humbly begged the king to be good enough to shorten the proceedings of board. They were eager to return to their countries, where they were eagerly awaited, and oulaient they at least die with their brothers, if they could bring them the help they had flattered to get.

A few days later, Audren constituents and in an impressive tone told them that his subjects absolutely opposed to what he's quit, Sent the unfortunate burst into tears. "Let us go, said Guethelin, and may our death does not fall on thee and thy seed! But, says Audren, so consider my age and my white hair, and angry that arm and worked by the battles, which prohibit me, I'm sad knight, to undertake to govern such a large kingdom. Courage wants more than the hand does. However, a man Légier Veez cy, which will be moult careful to tame the rebels, and Compatiable with the poor people. This is my dear brother, Constantine the Bold. Take it, please, with auxiliation two thousand men, and there will be hope better fortune. "

Guethelin and deputies rushed to the feet the young warrior, "Heaven be praised, direntils, you're Constantine, King of the Britons, and Britain will take you the strengths and aeration raised. "

Constantine accepted the position and title king. He prepared a suitable crew; is assembled from all quarters of men and captains, and one of the vessels chartered for transport in the British island. Constantin embarked on the same ship that members, whose impatience was counting the days and hours, but who maintained a correspondence active with their constituents, and who had warned of their impending arrival, and urging them to bring all that the island contained still young and patriotic war. The fleet sailed, and arrived at the port of Totonésie ', which found four thousand and some cavalry who were waiting. Constantine, enthusiastically received, was soon hastening the princes, chiefs and their supporters. His army became formidable. The Scots, frightened, retreated into their marshes after the first engagements, and were forced to abandon during excursions which they carried off the cattle and women. Constantine, to better contain raised the wall separating Scotland from the part that was named for England he built the towers, and placed good, guards and garrisons. The leaders had recognized as the prince under the title of duke, his arrival, but after that victory would have crowned his standards, they assembled in the City of Cirestrie and, by the will of the counts and barons, the noble Duke was elected Armorican King of Great Britain. The army then took him to the city of London, where a party Royal was prepared, and girded Constantine the crown, he had conquered in pacifying the land on which he would reign.

Aetius, Roman general in Gaul, had shown dissatisfaction with Breton Island, where their members, on behalf of the fatherland, had renounced the suzerainty Rome refused it advocates. It learned with regret over again, that the inhabitants of early Britain had sent troops on the island, and for them 'revenge, he gave order to Eocharic, king of the Alans, to declare war on the Bretons. The first évémens this unjust aggression were not support the Breton army, but St. Germain of Auxerre, who was returning from combat péiagienne heresy in Britain, and was, in its passage, respectfully hosted by Audren, seized with joy, despite his advanced age, the opportunity to serve the cause of humanity, and add a good work to all those sanctified life: Good old man surrendered himself almost Eocharic, obtained the suppression of hostilities, and went to the residence of the emperor in Ravenna where he hoped to conclude a final peace. But during this long journey, Audren had called at his son, Erech and Eusebius, the first, the little Duke of Brittany and Earl of Valves, the second also Duke and Count Cornish. The numerous vassals they brought him, allowed him to resume the offensive, and to deny the harsh conditions argued that to impose. The Romans that the loss of several provinces had weakened, the press did not dare to attack Alans new Britons, who kept at the favor of foreign events in their homeland, full independence. Three years later, Aetius was found too happy to have them auxiliaries and allies. It was with the Armorican Britons, Franks, Sarmatians, Burgundians, Celts, etc.. That this great general was able to defeat Attila in the walls of Orleans and the plains Catalauniennes.

Britons took advantage of a circumstance this war of desolation, to avenge Alans, and they made themselves masters of of the cities that these people occupied the Beyond the Loire! . Alans had incurred the indignation of the Romans, who accused to have delivered the city of Orleans to the terrible Attila pursued on all sides, they committed great damage, and were finally exterminated in the snow and the passes of the Alps, they trying to cross to go to Italy. But while welcomed Armoricans to be delivered from these cruel enemies, Euric, king of the Visigoths, formed the project take over the county of Nantes, return the Bretons at the end of the peninsula, and Gaul share with the Burgundians. Intercepted a telegram to the Emperor learned Anthemius conspiracy that threatened his power, he hastened to prevent Erech, it believed King of the Britons because he commanded the army, and urged him to continue Euric, telling him he intended to fight it himself. The prince walked Erech against the Goths at the head of twelve thousand men, and came to Bourges. He advanced then to Bourg-Déols, in Berry, in the hope of making a junction with the cohorts Roman, but surrounded by the whole army of Euric, he was forced to abandon the field battle, having long fought. He rallied his remaining troops on the banks of the Loire, in front of the city of Nantes, and there was joined by his brother sent him by Eusebius Audren. Erech did not survive long in defeat: the prince, who corresponded with Sidonius Apollinaris, bishop destination and a lot of piety. One day that he strongly pursuing a deer near a monastery, he was surprised to see his pack stop and fill the air aboiemeus. He entered the church, and recognized his deer quietly lying at the feet of the superior of the monastery. This holy woman, endowed with the rarest beauty, was called Nennock. Erech after have heard the motion, dismissed his servants, and spent a whole week in this venerable place, conferring with the saint, which he donation of several beautiful land and income its legacy. In witness of this donation, it offered on the altar a golden chalice full of wine e pure and paten, and eternal curse struck anyone who tried to violate this gift, or reduce the amount.

Eusebius, second son of Audren, and one of Dukes of early Britain, was far from possessing the talents and virtues of his brother, he died young, leaving to posterity other than a memory without cruelty terminals, and several crimes including the presents he made to Saint Melaine can not buy the atrocity. The third son was named Audren Budic. The king his father had told Constantine, under whom he made his first weapons. Recalled in Armorica after death Eusebius, there came to pass that to collect the last breath and blessings of Audren '. Nine years had passed since then coronation of Constantine and Budic in age rule, found only servants faithful among the Bretons peninsular. Its early years were difficult, however, though glorious. He took possession cities that his father had conquered the Alans, and still had to confirm its rights by the sword. Childeric had carried his arms to the islands of the Loire Clovis who succeeded him, and did not lose for the purpose of making himself master of all • Gaul, sent his troops under the walls Nantes, but Marchil, who commanded them, tried in vain to lay siege to the important place, he was always pushed. The Britons showed in this war, as value of perseverance and loyalty to Roman allies. Whatever the restless jealousy of Clovis, who judged the dangerous vicinity of a belligerent nation when he took the wise course of dealing with a sovereign that could not shoot. Acceded to the Bretons this alliance, the more readily than Clovis and most of his warriors came to embrace the Christian religion. The Roman garrisons, which still retained a few places on the limits of the two states, will can return to Rome without falling into the hands of their enemies Goths, gave themselves, with all the countries they keep, Armorican Bretons and Franks.

While the king Budic defended its independence against the mass to vahisseurs that drove up on the North Armorica, and that alone, he managed to preserve his country from the fate of the Gaul, Constantine, King of Britain, perishing under the blows of an assassin. This monarch, feared the Picts, was close to his throne and in his more intimate trust, a man of their nation, that, promises, they induced to undertake to kill him in any way whatsoever. This man who had almost daily access King, watched the time when Constantine was walking alone in an orchard near the palace, he pretended have been asked by the prince to into the orchard, and, gliding from tree tree, he came close to him unexpectedly, struck a mortal blow, and managed to escape. " Constantine left three son, the eldest, Constans, was born in early Britain, ie before the coronation of his father's two others, and Uther Aurelius Ambrose, were born of a second marriage of Constantine, with princess of a noble lineage of the emperors Roman and Guethelin was high. The policy of Constantine had committed to spending his eldest son, Constans, the cult of the altars, and this prince lived since childhood in a religious convent, which he wore the dress. I / extreme youth of his two brothers brought divisions among the great, who all claimed the right to govern them, or rather to rule on their behalf. But Vortieern, one of the principal nobles of the court, man considered, brave, and consumed with ambition, sought in this circumstance means to ascend the throne. He could not take openly about the crown, though he appeared the lust, twenty of his rivals had played, and bravery could not compensate for the small many of his devoted friends and supporters. He thought of using the surrounding support the children of the king, to reach his goal. He left the board, where all the leaders stated of different opinion, took a fast horse, is made without losing a moment in the monastery when Constans was religious, found in the middle monks, came to speak to him in secret, it represented that he was the eldest son of the late king, urged him to show the noble character of a Prince and arm themselves with the courage that he had inspire her high birth. He begged now leave the monastery, and promised to place the crown on his head and make him king, if he wanted to follow him to the capital, and trust him for everything. He only asked a little gratitude, and begged him to not to forget its services and to use the government to its states. Constans consented to all that wanted to Vortigern, who made haste to strip him of his clothes cloistered, covered him with clothes he had brought, suitable to its new state, it girded with a sword, made him to ride, and walked straight up to London '. The people and leaders, in great excitement, not not agreed on the person of a king, nisur forms to give his government. No one thought of Constans. He was very young and incapable of anything undertaken by itself. We knew that his father had wanted he was professed, because of his lack of trial, and we did not assume that it had acquired meaning to the bottom of a cloister, fed from the monks, and folded their practices minute. Constans came into the room where the great gathered and led by Vortigern, it sat on the throne as the death of his father had left vacant. The British princes just believed what they saw. Surprise paralyzed any spirit of opposition. Vortigern did acknowledge his pupil, the son of King and King itself, without experiencing any obstacle, he crowned him, surrounded by guards, he created a board, declared himself governor of the person and superintendent of all affairs of the king, seized the treasures of the deceased monarch, took over the general provision of the state, and received the sworn vassals of the crown and the captains, he hastened to establish his devotion, in all important places of the great Britain.

It was a lot to Vortigern. It was However, one way to accustom the people to his administration, so that no one saw nothing strange that it should occupy the throne, when the time to sit would have happened. It was King of fact, but under the name of another, preparing for the event by far was the serve, and the victim was pronounced.

Vortigern filled the house of the king of officers devoted to his own fortune, mainly of Picts and Scots, by suggesting to the young monarch that it was a sure way to get Friends foolproof, who would sacrifice for him, if we plotted a terrorist attack against him. Constans was the low no objection to that he considered his benefactor or as a second father. Vortigern, who had the treasure, filled the guards largesse, gave them rewards, presents, invited them to his feasts, so flattered that he was sound as each of the Lord, so virtuous, so valiant, so liberal, and far more worthy to rule that a young evaporated, without knowing or understanding. Vortigern, then changed his conduct, he pretended at first beyond sadness and discontent, their refused payment of their salaries, and finally entrusted to them that she was chosen, on purpose command of the king. They sent people he was sure, and who secretly excited. These vile agents maintained the extravagance of the unfortunate Constans, in his zeal for the pleasures of his ingratitude towards his servants. Vortigern, according to them, would leave the courtyard to escape the cruel spectacle of the daily injustices that an inconsiderate prince feared not to overwhelm its brave defenders. The ruse was successful. The king saw nothing was happening before his eyes, and when he had learned, he would have been unable to make himself a resolution and remedy. An absence that pretended Vortigern, decided to destinéede Constans. The soldiers resolved to get rid of the prince whom they regarded as an obstacle to improving their lot, they came one morning in her apartments, drove the domestic who wanted to defend him, entered in a chapel where he had retired, and killed him, without their opposât other resistance tears. Thus fell the king made in haste, which often regretted the peace of the cloister, in his short reign. Vortigern seemed overwhelmed pain, but he took advantage of surprise and general terror to seize the throne and to be crowned. But the people whispered the strange incident, and although do not refuse to obey, we noticed quite How many hearts were offended. Vortigern, worried, was forced to deny his share this odious action taken. It consisted in few days, a new guard, and when he thought himself strong enough, he claimed to prove his innocence, condemning torture and devoting to the stake the Picts who had dipped their hands in the blood of Constans. It succeeded, at least, to inspire doubts about his involvement in the crime. The attention of the people was diverted by other events, and Vortigern kept the scepter, but opponents apparent.

The history of the descendants of Constantine linked to that of early Britain, not only on the basis of kinship families, but because their wars with Vortigern determined a catastrophe that delights in Britain up to its name, and that populated the peninsula Armorican a new migration of the ancient races of Brittany, dispossessed by the Angles and Saxons.

The old servants of Constantine, fearing the treachery of Vortigern, kidnapped two brothers Constans, Aurelius Ambrose and Uther, and led the court to Budic, who received his cousins ​​with large honors, and was educated in all warlike exercises, until they were age to claim their inheritance.

It would be difficult to describe the state of misery which had fallen Britain. The fields lay uncultivated, farmers had abandoned their huts. New incursions of the Scots, that did the torch in hand, and who were opposed but a feeble defense, causing incalculable evils. Famine and diseases came to add to both misfortunes. Discouragement and fear took hold of all minds. Vortigern lost two battles against the Picts, and great annihilated whole nation, when the chance brought on your coast of the island Breton Anglo-Saxon three ships loaded with people war seeking adventure.

The vast edifice of Roman power finished collapsing. The Empire, beset by Huns, Heruli, Visigoths, Franks, Vandals, fell in solution and Saxon country could not feed the population that flowed on its shores. There was in this part of Germania, a custom unique: it was to bring together year young people who came to reach their twentieth year, we consulted the needs of the country or its opulence, and the old stopped a portion of the youth into exile forever, and it would rely off of colonies, or swell the armies of belligerent powers. The fate of the designated banished the holy ceremony recommended the protection of the gods and the younger cohort, which were given a heads of mature and that the worm was called sacred was conducted in vessels that pump had prepared, and when she sent a farewell to the country.

Such was the fate of Hengist and Horsa who commanded the ships approached Saxon at Ebbsfleet. They learned to Vortigern they were brothers, from famous warriors who bore the title of dukes, and they, elected to lead their young companions, was dukes or warlords. The will the gods had brought on the ratings of Great Britain, they were ready to draw the sword in the service of Vortigern, or to continue their adventurous course, if he refused their services. "But, says Vortigern, what religion are you? - We honor the gods of our country, Taranis and Freya, and they rule the world, and we have not heard say that there were others. - I am very angry, replied Vortigern, however, be the well come to my kingdom. "He offered them then land and wages, and the Anglo-Saxons devoted themselves to its service.

They were brave, and a few days later, the Picts who have entered Britain, were forced to retreat before the companions of Hengist. Other accrurent fighting reputation of the Anglo-Saxons, Vortigern that showered favors. He gave them places of safety, and allowed them to build a fortress known as the Castle of Belt.

The erection of this very singular Vortimer enlightened son of Vortigern, on projects that could feed the Saxons. They had asked, and the king had granted them the shut up a portion of land of leather beef, but by cutting the leather into strips extremely thin, a hill was surrounded. It was in vain that Vortimer and many Breton lords communicated their fears to the king, Vortigern replied that he obeyed necessity; ils'abandonnaauxconseilsde and Hengist, who proposed to apply for a new corps of auxiliaries in his country. Authorized by Vortigern Anglo-Saxon leader hastened to bring in troops eighteen large ships arrived soon in the Isle of Thanet.

Of these vessels arrived at the same time Rovina, eldest daughter of Hengist, with women who had directed her education. Hengist Vortigern invited to visit troops were increasing the number of defenders of Britain, and made him prepare a splendid meal. When the heads were heated, there appeared Rovina, dressed as a goddess, and beautiful of all perfection: she approached the king with grace, bowed, and, presenting him with a glass of wine, she said in her language: Ifach hail. Vortigern delighted hastened to propose marriage to Hengist, who did not hesitate to grant it. The Saxon chief, who became the stepfather Monarch Breton, was introduced into the state government, and Vortigern, adding to territory he had already conceded him now the kingdom of Kent.

The discontent of the Britons was then at its height. The most powerful retired of the court, the oaths they had abjured made Vortigern, elected king her son Vortimer, and gathered sufficient forces to combat and defeat the Saxons. After four bloody engagements, Hengist obtained by a Treaty, the freedom to return to Germania with his companions. They left their wives and children under the protection of Vortigern and Rovina, and went to Vortimer lords, dispossessed by his father, the land and the castles which the king had had for the Saxons.

But Rovina was worth only one army. It formed the project of getting rid of Vortimer. Vortimer was struck with a sudden illness, and she dared to boast of having him poisoned. The generous prince, dying, summoned the Lords and the brave knights that he had taken to victory against the Saxons, he distributed his property, his weapons, his clothes, made them swear to defend their country against the Picts, the Angles, Saxons, people infidels and barbarians; and they insisted on raising his burial Columns year by the sea, so that struck at the sight of his enemies discovered there omens of death and terror to repulse the shore.

Vortigern, restored to the throne by the death his son, hastened to recall Hengist, who returned with a considerable following, revenge in the heart. The king, alarmed at the presence of an army as numerous, gathered the men of war to oppose the descent of these fatal friends. But Hengist, warned by Rovina, hastened to declare that he had brought so many soldiers because he unaware of the death of Vortimer. He spoke of words of peace, he was left to land, and he proposed to unite in a feast of reconciliation, the British chiefs and Saxon. The feast was prepared in rectangular area Temple Hy Hior or famous monument Druid near Salisbury. This temple was longer served by the large panel of Druids who had the glory, and whose reputation for learning and holiness called disciples of all parts of Britain, but it was still inhabited by the bar of, holders of the history of the warriors of ancient times, and champions of their exploits. The Saxons came forward with concealed weapons, they placed themselves between the Bretons; each of them chooses a victim, and, parHengist given signal, nemeth swear seaxl (Enter your knives'), three hundred corpses rolled on the ground bleeding. The first who perished was the bard Bugdug, goalkeeper temple, the most famous poet of the Great Britain. His death was mourned by long bards who survived the disaster, and the Anglo-Saxons devoted themselves to persecution. The bodies of the unfortunate Britons were buried in the care of higher Abury of the monastery, Father Eldat, and placed at the foot of huge rocks that make up the monument was called from Stonehenge.

Vortigern alone had been spared. Overwhelmed shame and pain, he retired in Cambria, while seized of Hengist kingdom of Kent, where he built a fortress, and it shut.

But a storm was heading for the coast of Great Britain, and contained lightning that was hitting the usurper. Aurelius Ambrose and Uther, the high court Budic, had not forgotten the attack which they were victims, nor the death of their elder brother. They Budic their cousin begged for help in their business, and lend them troops to recover their heritage. Budic allowed them to make a small lift in Britain that for a long time was peaceful. They managed to collect seven thousand foot and three thousand horse. Budic gave them vessels and approvisionnemens and they passed the island where they were searching a throne or death.

A man of high reputation was then living in Great Britain. Raised by the Druids of Mona Island, educated in the sciences they did not teach that their dearest disciples, he had succeeded, they said, to command der to the elements. 'All obeyed the nature, which had no secrets for him, and he predicted the future. Her birth seemed as extraordinary knowledge. He was born in Armorican Brittany, but was assured that was generated by a nun T, daughter of King of Bernicia, and incubated by a demon that had given him supernatural abilities in the hope that it would use it to overthrow the Christian religion. He wore the As the Supreme Judge of the northern regions, Head of the doctrine of the bards beyond water Cluyde the Performer of the armies of god Victory. This singular man was called Merlin or Mirddyn but the larva infernal who had influenced his birth, and which had given such great powers, had abused herself. The waters of baptism had Merlin regenerated, he was a Christian, and do ser VAIT of his knowledge to give glory to God that he recognized the law.

Vortigern, locked in his castle, was Merlin coming, and asked him what fate was reserved: "I see, said the prophet, two Eagles out of the rocks of Brittany, a flaming dragon above; it happens, and Tower formidable cover you with its thick walls is a heap of Ash! What glory! What brilliance! but also what pain is and what crime! ... These two brilliant eagles are lying in the dust they sleep and not wake point! ... Their blood produced a great warrior he advances, promotes the sky, the Knights of all nations pay tribute to him, the whole world to admire! ... it disappears, and this is not death that has struck! ... Myself. .. ... oh know! O wisdom! So what are you "If Merlin must die? ... "The prophet was silent for a moment and replied: Flee, King Vortigern, your destiny is complete! Remember that the spirit of God speaks and says its mysteries through the mouth as he likes. "

While prone to superstition as was Vortigern, he did not think proper to follow the Merlin board. He learned a few days later, the landing of Aurelius Ambrose and Uther, which had been joined a large number of malcontents. He hastened to walk to meet them, swelled after troops of the battalions of Hengist. The two armies clashed, and we fought for both sides with extreme tenacity. He went there and the state of Vortigern and the young princes, and of life for all. The fight was renewed three days, but at last the Britons prevailed, they were able to separate the soldiers Vortigern to Hengist companions. AurèleAmbroise continued the first, who took refuge in his fortress, where they set fire, and where he perished miserably. Thus was avenged the death Constans. The second became the prisoner by Uther, and the Duke of Gloucester, Eldol, sacrificed to the manes of Britons killed in Stone-Henge.

Cosa and Octa, the son of Hengist, Pascentius, son of Vortigern, continued to resist two brothers, descendants of Constantine. But Pascentius put out the lessons he had Rovina received from his mother, and Aurelius-Ambroise succumbed to the poison given to him by his doctor Eopa, Pascentius being. The traitor prepared the deadly thing, armed himself with a condom in the throat, and, as usual, having tasted the potion before the whole court, he gave it to the king, who was slightly indisposed. "It dor" mira long! .. "Said Eopa; Aurelius Ambrose only woke up: as Merlin had predicted.

Uther, was desperate from the death of his brother, that Pascentius should have fought, and killed him in a fight; He held a large funeral over the body of Aurelius Ambrose, placing him under the main druidic stone temple of Avebury.

It was in the battle that where Pascentius was killed, a comet, like a fire dragon, seemed to glide through the air from the army of Uther to that of his enemy. Merlin, Bard of Aurelius Ambrose, then fighting in the battalions the king, and contributed to the victory by his advice and the strength of its enchantments. Uther Tappela close to him and asked about the significance of this omen. "We announce to you a son a high and mighty fame", said Merlin. "The figure of the dragon must now be your banner. You name him Uther Pendragon, and the princes of Cymri and Powis, who will be your descendants, who will honor the title of Pendragon Wales. "

Uther Pendragon still defeated son of Hengist, Octa, and Cosa, made them prisoners, and generously gave them freedom.

Soon after, he married Iguerne, widow Gorlois of, Duke of Cornouaiile, and he had three sons, two daughters, the eldest of whom was Emine's name, and a son, who was the famous Arthur Arthur and the knights of the first the Round Table.

During the long conflict, had Budic not consistently maintained in his kingdom peace. Clovis, in the insatiable ambition reign alone over the Gauls, violated treaties the most solemn. He managed to free themselves, by poison or assassination, Siegbert, King Cologne Cloderic and his son of Cararic, another king of the Franks of Rignomer king Maine; of Regnacaire king of Cambrai, and several other princes that he usurped the states'. Budic was not immune to his attacks. This beautiful kingdom he had on the edges of the ocean, and he had defended Race against the Saxons, the insults of Goths, Franks and attack Alans, excited the jealousy of Clovis who took care of him create new enemies. The Frisians made an irruption into Brittany. These barbarians were allies of the Franks, or subject their domination, and they made themselves masters some cities, the borders and the coast, where they held four years. Budic he had lost cities in Maine, but he defended it with courage, and kept until his death, the territory of the kingdom intact Armorican. The French could never force limits that Maximus had once asked, and placed the Clovis among Britain land under its suzerainty, as a fiction that impartial history can not be confirmed.

Budic Adenisa married, which made him father of a prince, known as the Britons the name of Hoel the Great, and five other enfaus, who include Oudocée saint, bishop of Landaf, Ishmael, Bishop of Menevie and Tiffeï the Church honors as martyr. Budic died at the age of sixty-five years, and pain ranks among the public victims secretly sacrificed to the ambition of Clovis.

Uther Pendragon survived him little years. Octa and Cosa, he had treated with so many ways, forgot his kindness, and brought back new bands on the Saxons coast of Britain. Uther, reached a passing evil, was carried into battle in a litter, the battle took place near Verulam, and success was not doubtful. The two rebels perished. The Saxons then retired to Scotland, it fortified, and prepared for new ways to attack. The poison seemed to them a quicker and of the insured to get rid of their formidable enemy, and death soon sank the veins of Uther Pendragon. Most knights, his companions, and the queen Yguerne died with him. They are buried near of Abury under the druidic stone which already rested Aurelius Ambrose, and once again is verified the prophecy of Merlin.

The prince ascended the throne Hoel of Brittany, and, like most of his ancestors, he spent his early years in fighting. Endowed with extreme valor and of the most eminent qualities, he could see, without a deep pain, sharing one of its states between the barbarian tribes that Clovis was raging on its borders. He obtained first, against the Frisians, a few success that gave to his reputation weapons. Lords that fear kept their homes, hastened to join him. With their presence, he successively attacked the garrisons that the king of the Franks maintained on the boundaries of eastern Britain, he took the fortresses that guarded, repelled away from the border and surrendered to the British princes land that their Frisians were removed. Clotaire reigned on the France. Hit the exploits of Hoel and noble character than the deployment of this monarch, he expressed a desire to gain his friendship. Of negotiations were opened. The two kings had an interview in Paris, where Hoel went with a brilliant court. There was sworn peace in the middle parties, and the princes separated after having made, one to the other, rich presents.

The valiant Arthur, the heir of Uther Pendragon, was not as favored by fate in Great Britain, his cousin Hoel in Armorica. Arthur had all the virtues and qualities that at that time could be desired a clan chief. His physical strength was extreme, his boundless generosity. Bold, enterprising active, he was loved knights, and appearance of the most appalling dangers they had not been shaken in his presence. His grace was so perfect, in awarding him the prize of valor, no maiden would have hesitated to give him the thank you gift of love. It is said that he was born on a battlefield, that he had nursed in a helmet and cradled in a shield. However Colgrin, Duke of Angles together the Picts and the Scots, thought he had his youth cheap. An initial commitment Breton was favorable to the monarch, but soon Baldruch, brother Colgrin and Childric, Duke Saxons, attacked him with superior forces. Arthur advisers urged him to depute to his cousin for him to paint Hoel his situation. Hoel hastened to prepare ships and soon appeared in the Thames a formidable army. The two kings went together to fight the Saxons besieging the city of Lincoln, they killed many, and forced to take refuge in the forest Caledonian ', where they surrounded them and reduced by famine to surrender at discretion. The Saxons fought the hostages, abandoned their weapons and wealth, and made their way, a white stick in hand, to vessels which were transported in Germania. All their passages were opened; but, betraying his oath, they came to land at a Totonésie where they committed dreadful ravages. Right now, Hoel was ill in the city of Asclud, and Arthur Carlion celebrated at four victories he had won. His armies were disbanded, el He had with him a part of his brave; Fortunately, Merlin, who abandoned not reminded him of the institution of chivalry projected by Uther-Pendragon, his father and famous Round Table, the bard Christian prophet had surrounded himself prepared Cramalot Britains valiant of the two, chaired by Arthur, who addressed them vigorously, and received the oath to help each other and defend each other, life and death. We placed the armor of the knights of the table sacred, where St. Columba came to bless them. The Tradition has preserved a description of the weapons Arthur. He wore a gold helmet, which crest was a dragon. A richly painted and engraved shield him hanging around his neck, and this Pryvein shield was called. The sword was forged invisible on the island of Avalon was the famous Escalibor, and his spear, the iron was golden called Ron. When the knights were armed, they put their trust in the Virgin Mary, Mother of God, they called three Once their help 'and then they walked to the pagans. This time Colgrin and paid Baldruch their betrayal of life, and Childeric, who had ported to the city of Asclud, in the hope of seize the King Hoel, fell under the blows Gaudor of, Duke of Cornwall.

Peace is restored in the states of Arthur, the prince employed all his hours to relieve its people, to repair the evils of war, to reward his warriors, to rebuild churches destroyed by the idolaters. He married, shortly after, the beautiful Guen-a-ran, more known as Juniper, Princess of royal blood of the Romans. Then, using Hoel, He performs wonders that relate the columnists, but history can not confirm. He submitted the Hibernia, Orkney, of Norway, the Gothland and Dacia, traveled Gaul, where we will keep following him, and returned to his dominions.

His return was marked by a splendid festival he gave in his palace Windisilore '. He summoned his vassals, and held court plenary. The barons and knights went there on all sides, with a name later if many and such magnificence, that it not describe it. The beautiful Guénaran appeared there brilliant all the splendor of its beauty, which eclipsed that of which she was adorned with ornaments. Accompanied four other queens dressed of cloth of silver, followed by the fouie princesses and women of high birth. The banquet was served in the fashion of the time, and of eight hundred knights, Sean table, there was none who had a lady or a maid to eat her bowl the. At that meeting the brave, we repeated the ceremony which took place famous for Carlion, and the number Knights of the Round Table was completed. The jousts, tournaments, dances, cheerful estimate, lasted the space of thirty days.

But it was in vain that they called Merlin, to reward the services he had rendered to the knighthood. Merlin was no longer reappear, as he himself predicted. Several gallant undertook to look for and they scoured, without success, large and small Britain. One of them heard, once the echo of his voice, but no one joined him, and now it was not just study the meaning of his prophecies, to know the events threatening the Britons, and supplement its wise counsel.

He ran on the fate of the Bard Christian noises that s'accréditèrent in the opinion of the people, and twelve centuries have not enough to totally destroy a belief based on the idea that we had great knowledge of Merlin, on the general ignorance and the hereditary superstition which follows it. Merlin loved for a long time a girl Breton family druid, destined to become priestess of Hy-ar-arms, if the temple of the pagan deity had been destroyed, and its solemnities abolished. The firmness of his character was equal the beauty of his features, and passed his knowledge soon as it is the descendants of the Druids yet passed between them, for Merlin pleased with the form and send it all a long study and supernatural abilities he had revealed the mysteries of nature. Love the prophet, slave to the wishes of the young Vivian, told him a secret which was to plunge his parents in the most deep sleep, when he came to visit; but, as chaste as fair, no one Viviane Merlin served as sleep itself, and guard against the explosion of a feeling that she feared energy. Driven by an irresistible attraction, Merlin forgave her ruse when it was seen, and still continued not least to fill the gifts of fortune and treasures of his knowledge. Viviane finally pushed to the crime of ingratitude. She hired the Bard to build a tomb had to contain their remains, and no human power would reach to rape. Merlin built the tomb in the Broceliande forest, near the present town of Quintin. He led Viviane, who seemed doubtful that the length of the monument was sufficient. The rash was weak to between and Viviane, lowering the cover, shut it there forever. Merlin, however, himself had predicted the fate that awaited him; but who can resist caressing voice and flattering beauty that beg?

Since then, Arthur, Gawain, Lancelot, Viviane, have disappeared, but the spirit of Merlin, still wandering in the forest of Brocéliande is revealed to mortals sometimes it protects, and his voice tells them the future. The valley which contains his tomb is called the Valley of No return, or the Valley of tears'. The chroniclers also covered with a shade of Arthur mysterious death. They report that Lucius-Iberius, procurator of Rome, appeared at the full court of this prince, and asked for the tribute that Britain was in the habit of paying the emperors, from Julius Caesar l. Anger Arthur Hoel and can not be described, they gathered at the time their knights, and went to Gaul, where victory was faithful the dragon Cymri. But amid the joy of triumph, Arthur learned that Mordred, his nephew, the loyal brother of Gawain, had seized his crown, and he had married Guénaran, he hastened to dismiss the heads who followed him, and returned to Great Britain. Mordred had allied with the Saxons. Arthur, treacherously attacked from behind, was wounded. Gawain received death by defending against his brother, the king his uncle and friend. Mordred, thrown from his horse, died stifled in the dust Guénaran retired a monastery, where she took the veil, and the Arthur large, carried in the unknown island Avallon, never reappeared among the knights, who mourned his absence, but not his death. And had said to Merlin Vortigern.

Hoel, returned to Brittany, gave marks for his generosity in distributing its servants, her parents, friends, treasures he brought, he adds significant endowment of churches and Dol Aleth, crowned with glory and died in 545.

The warrior king, his subjects were called the Great, had several children of the queen Alma Pumped. He left the throne to his eldest son, who as he was called Hoel, but before his death, he created his other son Counts of Nantes, Vannes and Leon, which soon available not lead to civil war.

Hoel II had followed his father in combat, and considered him a warrior worthy general. But in the midst of the camps and among the soldiers, he had coarse manners, which degenerated in vices. His impiety especially soon appeared in the open, and gave Instead of accusing the same mistakes all the rising generation, which was connected with the court by the rank which it occupied or the hope of obtain favors.

Hoel, envious of his wealthy properties father had given to St. Malo, vainly urged to return them one. The Bishop of Aleth it constantly refused, and the king saw no other way to overcome his designs, as overturn the church of the holy priest, and to force out of Britain. Other bishops and clergy united to the prince and the great Kingdom, maybe they were jealous of the influence that St. Malo seemed to take on them, and confirmed the consent of the people. Saint Malo could not resist so many enemies, he left his diocese and retired to the king of France.

From that moment, Hoel II spent only for an evil prince. He had given hope a better rule, and although on this occasion, he would have done maybe give advice of his ministers, who, according to the chroniclers themselves, had the largest share measures he took, all the consequences were attributed to him. Was accused especially its weakness of having tolerated the wars that Counts of Nantes, Vannes, Quimper area and Leon, his brothers, became successively and Britain plunged into mourning and desolation.

Hoel II reigned for a short time, when Frisians came on the coasts Armoricaine to avenge the affronts they had received in Hoel the Great. They went down in the land we called Donnonée; is the part the northern coast of Brittany, which extends Dol de Leon in the country, and they easily subdued the peasants who were not rescued one. They settled there, oppressed and ruined the neighboring countries, and took a part of Leoneans. The chief of these warriors, from a province of Lower Germania, on the shores of the ocean, was named Corsold. He had a brother, an excellent negotiator and the cleverest of his sailors, who were called Coarchion. It was he who ran the seas to sell or exchange the product of Corsold depredations, and to approvisionnemens report. But while Corsold that was occupied by a shipping against the Britons, Coarchion admired too about the beauty of Aletha, wife of his brother, he painted his love, persuaded, and managed to remove. Corsold learned that on his return his wife had disappeared, he gathered the most worthy of his servants and his noble companions, and started on his ships in pursuit of Coarchion and Aletha. The spell does their was not favorable, none of them returned to the coast of Brittany, nor those of Friesland, and it would have been easy to recover the King Hoel portion of his statement which was not occupied by small remnants of the army Corsold, though the monarch had forgotten all major business in idleness. He left Breton Island to care purge his country from the ruins of the pirates of Friesland. After the death of Arthur, Prince Constantine who had succeeded him, killed in battle the son of the traitor Mordred two, and drove the Saxons. The tragic events following quickly murdered a prince Aurelius Constantine took off his uncle, who was to reign According to the monarch, slew his two cousins, in fear they might become competitors, and died in the first year of his reign. Vortipor, who held the scepter after He still had to defend the Saxons, who constantly receiving reinforcements from the Germans. It ruled that only four years. Malcolm Malgoc or not ascended the throne as to see further increase the power of Angles and Saxons. Cldric, hated by God and men ', replaced him, but then enemies of Great Britain had become great, and great extermination began. On a coast to coast, was ravaged lile by the battles they fought the Britons. Features of value, of magnanimity, devotion, honored some great characters. Looting, murder, fire, all crimes both games seemed to the barbarians. The Britons, defeated and pursued from all sides, withdrew to the mountains of Wales and went to Brittany. The warriors, nobles, vassals, followed the princes of royal blood, one Donnonée settled in, some others landed in Cornwall, where they received a hospitable welcome. City Penoc'h, Today Penbœuf ', was founded under Nantes, a leader who listened to the advice Saint Armel. The famous knight of the Round Table: Caradoc Srong Arm (Caradog Freichfras), went down to Vannes with St. Paterne, built a palace, and then gave pourfcervir Church Cathedral. The characters most peaceful and most abandoned a virtuous country that ceased, for them to have. charms of a country.

There arrived successively Archbishop of Eborac!, St. Samson, who became archbishop of Dol, St. Paul, who ruled the diocese Leon; Tugdual saint, bishop of Treguier better known under the name of St. Pabut; saint Brieuc, who gave his name to a city holy Magloire, St. Meen, St. Gildas, St. Goul Fri, Saint Columba, who founded monasteries Munnoc'h, Vinoch, Felix, who was Bishop of Nantes, and many others, According to historians, proved the truth of prophecies of Merlin, for he announced that the pastor of the church in Armorica Eborac pass with seven bishops, and, in fact, seven companion of St. Samson received) anointed bishop.

The migration was so large that we had said that the people of Great Britain mass transport in the peninsula. They did not leave even the name they loved the country, which should no longer be their homeland. Already the Anglo-Saxons had called the territory they occupied, East Anglia, WestAngiie, Middle Anglia, the entire island took the name of Anglia, England or England it retains today, and the peninsula Armorican was known as Brittany. Note that the Breton language no other term for the English Saozon the word, Saxon.

Hoel was that while the adventurers were leaders seize the land of his dominion, in some supplicants, but the Most armed? Locked in his town Rennes, he hosted the first and confirmed the enjoyment of their properties usurpation, and he made no effort to recovered. He allied himself with others, and was happy whatever they wanted him well leave. He married the daughter of Rhyno, son of King Malcolm luimême '. This prince had set in Cornwall. Another prince, named Riwallo and nicknamed Murmaczon, who had prevailed in a district of England, was Donnonée descended, with the families of all men who wanted to follow the. He had learned how the people of Leon and Tréguier suffered from the domination of the Frisians, and he announced himself as a liberator. The people joined him to fight the remnants of the army Corsold, who defended themselves with great courage. But the Britons Armorican had for postage from their homes. The islanders were animated by the hope of forming establishments and to find a home. They defeated the Frisians in open country, by destroying the most, and forced the rest to seeking salvation in its ships and leave Britain forever. Riwallo Murmaczon then restored to the country's major land Frisians and lordships that had invaded and, notwithstanding some claims Hoel, he took the title of king, the descendant loose Arthur's companion left him now be peaceful. The peninsula is therefore divided into two kingdoms, that of Britain itself, and the Kingdom of Donnonée, or northern division, consisting of a portion of Leone, the diocese deTréguier, and that of the Saint-Brieuc. The King acknowledged, however Donnonée supremacy of the king of Britain.

Hoel II had two children of the Queen's wife, daughter llhyno. A son, named Alain, who succeeded him, and a daughter called Eleanor, he gave in marriage to the heir to the County Leo, prince like him from the race of Conan. It granted him in favor of this marriage, the right to issue writs rescue his land, and human damage.

These valuable rights were established by Conan himself, in the interests of his subjects merchants and sailors. This monarch legislators, traveling the coast of Brittany, acknowledged that many rocks scattered along the shore, made the first land difficult and dangerous. Some are constantly under water, others are covered as tide times, others, high above the waves, are nonetheless to fear the storms, because they are placed on the road to be followed by vessels to enter port. In order to obviate the frequent disasters caused by ignorance or the imprudence of sailors, Conan and his followers defended their subjects out of ports, or to follow the coast, or to gain the open sea, without being driven by experienced pilots, well aware of the dangers should be avoided. The king kept for this purpose Labour Court, who visited the ships, provided them with food, ammunition and weapons they needed, and ferrying place until the danger was past. Merchants and travelers were paying certain rights, in proportion to the size of ship and the difficulties of flying. This useful institution degenerated into abuse, and seemed that the earth and the sea lines were against the unfortunate people who entrusted their days and their fortunes to the fickleness of the sea We lost the custom of giving drivers the vessels, but it still requires the payment of the royal prerogatives with extreme rigor. If the vessels were cast ashore and that the owners were not equipped with a short of conduct and rescue ships and their cargoes were forfeited to the king. If they had completed these formalities, the robbers seized the goods and looting under the pretext of saving, because it was granted to all comers, such as salary rescue some of the objects they were supposed to pull certain destruction. These were the rights conceded Hoel II often in-law in the county of Leon. Since that time, and when Britain became French, the kings of France restored to the their benefit, notwithstanding the energetic opposition States, which represented an unnecessary harm that such barriers to trade caused, and oppression felt by merchant ships, when they wanted to Wed Several lords claimed to property law is broken on their land, and cruelly abused the misery of survivors. Peasants, brought up in a rough ignorance, readily adopted the view manifested by their lords. They waited not always the sinking, but they often determined by attaching the night, torches burning the horns of a bull, and attractive, on the rocks and the sailors, who believed recognize a hospitable land. We have seen entire parishes have masses said, order fast, to bring the vessels to coast. Today, Saint-Jean-du-finger near Morlaix, acquired in such a sad celebrity!

ALAIN I (554 à 825 AD) LIVRE TROISIÈME

Alain I er ou Alwen. — Comtes de Vannes; Conao, Macliave. — Comtes de Nantes; Conobert. — Mort de Chramne. — Comtes de Cornouailie; Biirîic, The'odoric. — Guerre des Bretons contre Chilpe'ric et Gontran. — Royaume de Donnone'e. — Comtes de Le'on; Conamor. — Saint Gildas; Judhaël; l'archevêque Samson. — Hoël III. — SalomonlI. — Judicaë'l. — Concile de Nantes. — Extinction de la première race des rois de Bretagne.

Alwen, ou Alain, fils de Hoël II, lui succéda sur le trône; mais ce monarque n'eut pas assez d'énergie pour maintenir son autorité sur les comtes que son aïeul avait créés, et le sceptre ne fut dans sa main qu'un jouet inutile. Les guerriers qui avaient combattu sous Hoël le-Grand, les seigneurs, qui avaient composé sa cour, portaient encore quelque respect à HoëlII,par souvenir et reconnaissance; mais ils dédaignèrent le pusillanime Alain, méprisèrent ses ordres, et, s'éloignant de sa personne, s'emparèrent de la puissanceroyale dans leurs comtés respectifs, qu'ils gouvernèrent comme des souverains. Leurs querelles, les guerres qu'ils soutinrent, les crimes qu'ils commirent, occupèrent seuls les voix de la renommée. Ainsi la Bretagne eut ses rois fainéans, comme la France depuis Dagobert II jusqu'à Pépin.

Conao, comte de Vannes, l'un des princes les plus puissans, ayant fait assassiner trois de ses frères, dans la crainte qu'ils ne réclamassent une portion de l'héritage qu'il tenait de son père, voulut se défaire du quatrième, nommé Macliave. Ses émissaires parvinrent à l'arrêter, et le chargèrent de chaînes; mais Conao se rendit aux prières de Félix, évêque de Nantes, et mit son frère en liberté, après lui avoir fait jurer sur les saints évangiles qu'il n'entreprendrait rien contre son autorité. A peine Macliave fut-il relâché, qu'il éluda ses sermons, sous prétexte que la violence les lui avait arrachés. L'éloquence persuasive de Félix intercéda vainement en sa faveur; Conao poursuivit son frère avec acharnement; et Macliave, ne trouvant plus d'asile, même parmi ses vassaux, dans les terres de son patrimoine, implora un refuge chez le comte de Léon, Conamor, qui consentit à lui accorder l'hospitalité. La voix publique en instruisit le comte de Vannes, qui fit partir des messagers pour le comté de Léon, en réclamant son frère avec hauteur. Conamor, touché de l'infortune de Macliave, essaya de tiéchir le comte de Vannes, et lui envoya des paroles de conciliation; mais il apprit bientôt que de nouveaux messagers se dirigeaient vers ses terres, et qu'ils lui apportaient une déclaration de guerre. Le comte de Léon ne se trouvait pas en état de résister à main armée au prince qui le menaçait; et cependant, sa générosité ne lui permettant pas de livrer à des bourreaux un infortuné qui lui avait confié sa vie, il s'avisa d'un stratagème, bien digne de ces temps barbares. Il supposa le décès de Macliave, et lui fit rendre les honneurs funèbres. On célébra un service mortuaire sur son cercueil; et, pour achever les obsèques du proscrit, on construisit un tombeau dans lequel on le plaça. Le tombeau fut publiquement scellé, selon la coutume; mais on y avait réservé un passage secret, au moyen duquel on portait des vivres au prisonnier. Les messagers du comte de Vannes arrivèrent. Ils avaient appris que Macliave s'était fait voir au palais de Conamor; ils exigèrent qu'on le leur remît. Le comte de Léon les introduisit dans le lieu de la sépulture, et leur dit, en montrant le tombeau: "Macliave n'est plus; voilà sa dernière demeure; je ne saurais vous le remettre: dites à Conao qu'il n'a plus rien à redoUther de la part de son frère. " Les messagers en crurent sa parole; ils se firent porter un repas sur le tombeau; ils y burent et mangèrent, ce qu'on ne regardait pas encore comme un sacrilège, et se hâtèrent d'annoncer cette nouvelle au comte de Vannes, qui se mit en possession de toutes les terres qu'il n'avait pu jusqu'à ce jour ravir à son frère. Echappé à ce danger, Macliave quitta la cour du prince de Léon, se retira dans un monastère, y renonça, en apparence, au monde, se fit raser les cheveux, entra dans les ordres sacrés, et parvint à l'épiscopat en peu d'années. Il affecta un tel extérieur de piété, qu'il s'attira la vénération du peuple et les suffrages du clergé, et qu'il occupa le siège même de Vannes, sans craindre désormais l'autorité de son frère. Sa conduite parut régulière, et la pureté de ses mœurs en faisait un objet d'admiration, lorsque Conao vint à mourir. Un changement complet s'opéra dès lors dans le caractère de Macliave. Il s'empara du comté de Vannes, joignit le titre de prince temporel à celui de prince spirituel; ceignit l'épée sans déposer la mître; reprit la femme qu'il avait abandonnée quand il embrassa l'état ecclésiastique, et se montra désormais ce qu'il avait sans doute été de tout temps, fourbe, ambitieux, violent et dissimulé. Les évèques de la province l'excommunièrent; mais il fit peu de cas des foudres de l'Église, et n'en continua pas moins à gouverner son peuple et son clergé, levant des troupes, et disposant des sacremens, prêtre dans sa cathédrale, et général sous la tente. L'histoire rapporte que la comtesse de Vannes s'enorgueillissait bien plus des honneurs qu'on lui rendait comme femme d'évèque, que de ceux qu'elle devait au rang héréditaire de son époux.

Le comte de Nantes, Conobert, avait eu quelque peine à se défendre des entreprises de l'ambitieux Conao; mais il y était parvenu, et il s'était allié à Vilicaire, duc d'Aquitaine, dont il avait épousé la seconde fille nommée Caltée . La première avait donné sa main au prince Chramne, fils de Clotaire et petit-fils de Clovis, L'hymen de Conobert et de Caltée s'était conclu à Nantes, avec une pompe toute royale; et il n'avait pas tenu au prince breton, que sa belle épouse ne le jugeât égal, en puissance et en richesses, aux plus grands monarques du monde; aussi s'empressa-t-elle d'offrir un asile à sa sœur et à son beau-frère, lorsque Clotaire poursuivit son fils Chramne et sa famille. Clotaire, qui avait partagé les Gaules avec ses frères, Théodoric,Clodomir et Childebert, avait confié le gouvernement d'Aquitaine à son fils Chramne ou Cramire, qui s'était révolté plusieurs fois contre lui. Ce prince rebelle, réfugié à la cour de son oncle Childebert, en avait reçu des secours pour combattre son père; mais Childebert mourut; la France tout entière se trouva soumise à Clotaire, et Chramne fut vaincu dans les combats qu'il osa lui livrer, soutenu par Vilicaire. Celui-ci périt dans le monastère de Saint-Martin de Tours, que Clotaire, animé par la vengeance, dévoua, sans pitié, aux horreurs de l'incendie, avec toutes les personnes qu'il contenait.

Ce fut alors que Caltée, dans la douleur que lui causa la mort de son père, appela près d'elle la princesse sa sœur, et fit promettre à Conobert de sacrifier, s'il le fallait, sa vie et ses états, pour dérober Chramne et sa famille au sort que leur préparait la fureur de Clotaire. Le caractère passionné du roi de France ne laissait au malheureux Chramne aucun espoir de pardon. Si le prince s'était montré superbe, dédaigneux et désobéissant, le roi son père était outrageux, dur et vindicatif . Il somma de nouveau son fils de comparaître aux pieds du troue; mais Ghramne ne voulut pas courir au devant d'une mort qu'il jugeait certaine et ignominieuse: il aima mieux la recevoir, en guerrier, dans les combats. Conobert l'accueillit à Nantes avec les plus grands égards.

Quatre années, cependant, s'écoulèrent. Chramne et sa jeune famille, sous la protection de Conobert, étaient parvenus à déjouer quelques trames honteuses, ourdies pour s'emparer traîtreusement de leurs personnes. On commençait à croire que Clotaire, occupé des soins du gouvernement, avait oublié sa colère, lorsque des hérauts arrivèrent. Ils réclamaient, en son nom, Chramne et ses enfans, avec menace de chasser Conobert de sa terre, s'il ne s'empressait de les remettre en leurs mains. "Qui, moi! s'écria Conobert, que je manque à la foi jurée! que, pour satisfaire à la haine insensée du roi de Paris, j'abandonne un prince aux bourreaux qui l'attendent! Votre roi s'est mépris. Dites-lui que les Bretons n'ont jamais violé les lois de l'hospitalité: quand ils ont des amis, ils meurent pour les défendre. "

Les hérauts ne reçurent pas d'autre réponse. Ils retournèrent au roi de France, et l'on se prépara à la guerre.

La fureur de Clotaire ne se peut décrire; il en perdit le boire et le manger. Avec une armée nombreuse, il traversa le Maine, et alla prendre logement au monastère de Javron, dont l'abbé s'occupa de remettre un peu de calme dans son ame; il lui prédit la victoire, le consola, lui fit prendre quelques alimens. Clotaire continua sa route; il entra en Bretagne par l'extrémité du territoire de Rennes, et bientôt les Français et les Bretons se trouvèrent en présence.

Conobert était un vaillant chevalier,et digne, selon l'opinion du peuple, de se mesurer avec Clotaire, tout roi qu'il était. Il le lui apprit dans la journée suivante. La bataille fut sanglante, et la nuit seule put séparer les combattans. Les troupes françaises avaient plié sur plusieurs points, mais la victoire ne s'était cependant rangée d'aucun parti. Durant cette nuit, qui fut la dernière pour tant de braves, bien étrangers aux querelles de Chramne et de Clotaire, le comte de Nantes, agité par un pressentiment funeste, se rendit sous la tente du prince français et lui dit: "Je t'ai regardé comme un frère, et je suis toujours à toi, à la vie et à la mort. Mais tu ne dois point combattre contre ton père; ta cause est injuste, elle blesse les lois de la nature. La mienne, au contraire, est approuvée de Dieu. Clotaire s'est fait mon ennemi sans motif; dans l'excès de son animosité, il a envahi ma terre, il a tué plusieurs de mes sujets, il en a réduit à l'esclavage, et il a méchamment mis à ruines le monastère de Taurac. Si je le combats seul, Dieu l'abandonnera. Retire-toi donc à quartier. Je vais, avec mes chevaliers, l'attaquer cette nuit; ils sont armés, prêts à bien faire, et demain Clotaire et ses gens seront morts ou prisonniers. " En écoutant ces paroles, Chramne pensa que Conobert voulait lui ravir l'honneur de la victoire; et, sans doute par la volonté de Dieu, comme on le croit, il rejeta la proposition du prince Breton. Le lendemain, au lever du soleil, les deux armées retournèrent sur le champ de bataille, prirent leurs rangs, et le combat recommença plus terrible que jamais. Entourés de l'élite de leurs guerriers, Chramne et Conobert s'avancèrent vers Clotaire, qui avait appelé tout ce que sa puissance pouvait lui fournir de soldats, et qui recevait à chaque moment de nouveaux renforts. Le danger qui grossissait montra bientôt combien ces grands cœurs avaient de courage. Il mourut des milliers d'hommes, et des plus vaillans. Les Bretons qui défendaient la cause de l'hospitalité ne manquèrent point à leur foi; les Français combattaient avec fureur, animés de l'esprit que Clotaire avait su leur inspirer; et, de part et d'autre, on vit bien que le différend serait jugé dans cette bataille. Le roi de France, incertain du succès, répandit des larmes amères; il se fit absoudre par son évêque-chapelain, devant les deux armées, et, se mettant en oraison, il prononça hautement ces paroles : "Dieu Jésus-Christ, qui seul connois les cœurs des hommes, sois présent à mes prières, et exerce en cet endroit juste examen de juge. Je suis certain que tu connois toutes choses; je te prie que lu veuilles entendre la félonie de mon fils Chramne. Ce qu'il n'a pu faire par fraude et machination, il s'efforce actuellement à l'accomplir par bataille, et n'a pas hésité d'exposer à la mort d'innumérables gens, quiérant hâter celle d'un vieillard décrépit. Et, certes, je lui avois donné grande espérance, car de mon vivant je lui eusse baillé la sollicitude de gouverner Aquitaine, mais il n'a pas attendu le règne, s'il ne l'y prenait par parricide. Regarde-moi donc, Seigneur du ciel, et juge justement selon le jugement que jadis tu fis contre Absalon. Je ne suis pas David, je le confesse, mais aussi ne suis-je pas dégénéré de foy. Il crut que le rédempteur du monde viendroit, et moy je crois qu'il est jà venu!"

Dieu qui réservait à Clotaire la punition de ses crimes, la commença, disent les historiens, en exauçant sa prière impie. Une partie des troupes de Chramne ayant été forcée, le vaillant Conobert s'élança pour la soutenir et rallier ses hommes. Mais, atteint d'un javelot, il fut tué à la tête des siens. Ce coup décida de la bataille. Quelques détachernens de l'armée bretonne se retirèrent sur Nantes pour défendre leurs foyers, d'autres se dirigèrent vers les vaisseaux préparés le long du rivage pour assurer la retraite en cas de revers, et Clotaire, qui les poursuivait avec acharnement, en fit périr un grand nombre.

Une éternelle pitié se rattache au sort de l'infortuné Chramne. Ce prince, toujours combattant, touchait aux vaisseaux qui devaient le sauver, lorsqu'un murmure s'éleva parmi les troupes, qui se rallièrent et firent face aux ennemis. De nouveaux coups sont portés, des cris d'horreur se font entendre, le prince s'élance; il arrive, ses derniers défenseurs succombaient; mais des accens trop connus ont pénétré jusqu'à son cœur, qu'ils ont brisé. C'est sa femme, ce sont ses enfans qui l'appellent l En vain ses amis, ses serviteurs, ses guerriers, s'opposent aux résolutions de son désespoir, il les repousse, il les écarte l'épée à la main, il les fuit, il presse les flancs de son coursier, il brave des nuées de flèches et de javelots, il traverse des bataillons, et, couvert de sang et de poussière, il tombe devant une tente, en criant: "me voilà! C'était la tente de son père! Épuisez sur moi votre vengeance, sauvez ma femme et mes enfans " disait le malheureux prince! "Meurs, répondit Clotaire, et périsse avec toi la race impie que tu procréas! "

Les soldats avisèrent une chaumière près du camp. Toute une pauvre famille l'habitait. Encore effrayée du bruit des combats, elle priait, agenouillée, n'opposant à la force que l'inertie et des larmes. Chramne fut attaché sur un banc; sa femme, ses quatre enfans, furent chargés de liens, près de lui. "Sauvez-les, sauvez mes enfans!" s'écriait -il encore dans les angoisses du sort affreux qu'on lui préparait; et les fils du pauvre embrassaient ceux du prince, pour les consoler! Mais déjà la chaumière, entourée de fascines, était livrée aux flammes; et les derniers pétillemens de l'incendie apprirent au roi de France que sa vengeance était consommée.

Ainsi périt le fils de Clotaire. Ce monarque avait commencé son règne par le meurtre de ses neveux; il acheva, dit-on, son horrible vie, une année après, bourrelé de remords et demandant à Dieu pardon de sa victoire l .

La mort de Conobert avait laissé les débris de son armée sans chefs, et la ville de Nantes sans défenseurs. Ses principaux citoyens avaient péri. Clotaire parut, et la cité n'essaya pas de se soustraire à son autorité. La comtesse et son fils cherchèrent un asile à la cour de Macliave, comte-évèque de Vannes. Le roi des Francs mit une garnison dans la tour de Nantes, et confia l'administration de la ville et de la contrée à l'évêque Félix. Il se retira ensuite sur Rennes, où végétait l'indolent Alain, qui se retira dans la partie occidentale de la Cornouaille. Les citoyens remirent la ville à Clotaire, par les conseils de saint Melaine, leur évèque. Le roi de France donna des gouverneurs à cette cité, et plaça saint Melaine, qui voulut bien le suivre, au nombre de ses conseillers.

Durant cette guerre impie, Macliave, comte de Vannes, et Budic, comte de Cornouaille, s'étaient engagés, par un pacte solennel, à défendre réciproquement leurs états, et s'étaient mutuellement promis la tutèle de leurs enfans. Budic vint à mourir, et Théodoric son fils, qui connaissait le caractère perfide de Macliave, jugea convenable de prendre la fuite. Macliave s'empara de ses états; mais Théodoric, après avoir long-temps erré, trouva des Bretons fidèles, qui lui vouèrent leurs services; il attaqua Macliave, le combattit personnellement, et le tua, ainsi que son fils aîné Jacob ». Théodoric se contenta de reprendre le comté de Cornouaille, et laissa celui de Vannés à Guérec'h ', ou Waroch, second fils de l'évèque Macliave.

La vie de ce comte Théodoric est peu chargée d'événemens. Il apprit un jour que WigNial, fils de Clyddon, l'un des rois de l'Irlande, se présentait sur les côtes de Cornouaille, suivi d'un grand nombre d'hommes, et qu'il opérait son débarquement. Redoutant des étrangers qui ne se faisaient précéder d'aucun message, Théodoric assembla ses chevaliers, se précipita sur cette troupe d'infortunés, qui ne firent aucune résistance, et les massacra jusqu'au dernier. Il ne tarda point à savoir que les Irlandais qu'il avoit détruits ne se réfugiaient en Bretagne, que pour y pratiquer en paix la religion de Jésus-Christ; qu'ils avaient été baptisés par saint Patrice, et que l'on comptait parmi eux sept évèques. Le peuple les honora comme des martyrs. Théodoric en mourut de douleur; et son fils Junoc, renonçant à son noble héritage, consacra ses jours à Dieu dans un monastère.

Théodoric laissait deux frères, Melanius et Rinode. La succession appartenait de droit à Melanius; mais Rinode parvint à s'en défaire par un assassinat, et s'empara de ses états, au préjudice de Melaire son fils, dont l'existence ne tarda pas à faire naître ses craintes, et à exciter sa haine. Rinode, afin de rendre ce jeune prince inhabile à gouverner, lui fit trancher le pied gauche et la main droite. Le malheureux enfant ne succomba point à cet horrible attentat; et sa mère, ayant invoqué les états particuliers du comté de Cornouaille, obtint, par l'intermédiaire de l'évèque de Quimper-Corentin, et de quelques uns des seigneurs qui s'assemblèrent, que le jeune Melaire fût placé sous la tuièle de Kyoltan, l'un des anciens serviteurs de Melanius. La compassion qu'excitait le sort du prince agita violemment le tyran, qui voulut en prévenir les résultats. Il fit venir Kyoltan, et lui promit de grandes richesses, s'il parvenait à donner secrètement la mort à son pupille. L'avare tuteur y consentit, et confia son projet à son épouse Arisia, qui feignit de l'approuver; mais qui profita du retour des ténèbres, pour s'enfuir avec l'innocente victime clans les forêts qui couvraient alors les montagnes d'Arèz, d'où elle espérait arriver sûrement au château de Conamor, comte de Léon; mais Kyoltan les atteignit. Il tua, dans un accès de rage, la généreuse Arisia, et coupa la tète du prince Melaire, qu'il se hâta d'aller offrir à l'usurpateur Rinode. De ce moment, la vengeance divine s'appesantit sur ces infâmes. Austin, fils de Kyoltan et son complice, ne put éviter, au milieu de la nuit, un précipice, au fond duquel il périt. Kyoltan, frappé d'aveuglement, tomba du haut d'un rocher dans la mer, qui l'engloutit; et Rinode, saisi de terreur, en apprenant le châtiment de ses sicaires, mourut, le même jour, dans les plus insupportables douleurs. Le prince Melaire et son père Melanius furent bientôt invoqués comme des saints . Les peuples, à cette époque, se vengeaient ainsi des tyrans qui les opprimaient, et cette vengeance devenait souvent terrible; car, au bruit des miracles opérés sur la tombe des victimes, ils s'armaient, se donnaient de nouveaux chefs, et, selon l'opinion du temps, Dieu même combattait avec eux pour la cause qu'ils embrassaient.

Mais déjà Duvalc'h, ou Doualc'h, fils de Conobert ', avait atteint l'âge où l'on connaît sa position, où l'on pressent son avenir. Guérec'h, fils de. Macliave, et comte de Vannes, vaillant et généreux chevalier, avait protégé le jeune Doualc'h, son cousin, et lui avait donné l'éducation qui convenait à l'héritier des comtes de Nantes. Chilpéric, successeur de Clotaire, occupait encore les villes de Nantes et de Rennes, et l'on assurait qu'il avait manifesté l'intention d'exiger des tributs et des actes de soumission du comte de Vannes. Doualc'h, à laide de Guérec'h, trouva des partisans parmi les habitans des territoires de Rennes et de Nantes. Il eut bientôt une armée, et vint ravager tous les lieux occupés par des garnisons françaises. Il espérait les faire sortir des murs qui les couvraient, et les combattre en rase campagne, ou les affamer et les obliger à se rendre. Chilpéric, averti, se hâta de réunir des Tourangeaux, des Manceaux, des Poitevins, des Angevins et des Bajocasses ou Bagasses, restes d'une tribu saxonne fixée à Bayeux '. On se donna rendez-vous pour une bataille générale, vers les marches de Bretagne; et, à jour déterminé, l'armée de Chilpéric, au nombre de plus de vingt mille hommes, commença le ravage et le pillage des terres bretonnes, sans considération d'amis ou d'ennemis. Guérec'h, ayant eu connaissance du point par lequel Chilpéric avait pénétré, chevaucha toute la nuit, et attaqua les Français au point du jour, comme ils étaient campés au delà de la Vilaine, près de Messac. Satisfaits des dépouilles qu'ils avaient arrachées aux malheureux paysans, ils étaient occupés à les partager, ne songeant ni à l'ennemi ni à la possibilité d'une résistance. Guérec'h les repoussa en désordre sur la rivière, en détruisit un grand nombre, et rejeta le reste dans les marais, qui engloutirent des bataillons entiers. Cinq mille hommes au plus repassèrent la Vilaine, à la nage ou sur de mauvais bateaux. L'avantage remporté par Guérec'h était de telle nature, que, le lendemain, les généraux de Cliilpéric proposèrent une trêve: les préliminaires de la paix furent arrêtés; on se donna de part et d'autre des otages, et les Français se retirèrent .

Guérec'h, vainqueur, dépêcha près de Chilpéric, Ennuis, évêque de Vannes, afin de traiter des conditions d'une paix définitive; mais Chilpéric, après avoir essayé de corrompre Ennius, le traita comme un ecclésiastique rebelle, et l'envoya en exil dans la ville d'Angers, afin d'y vivre aux dépens de la charité publique, avec défense de retourner jamais en Bretagne. Lorsque Guérec'h connut les procédés C1U roi de France envers son ambassadeur, rien ne put calmer son ressentiment. Ses troupes, réunies à celles de Doualc'h, parcoururent incessamment les territoires de Rennes et de Nantes, fatiguant les garnisons, surprenant les détachemens, protégeant les récoltes que les soldats de Chilpéric avaient la coutume de ravir aux paysans, et recueillant si bien les fruits de la terre, que la famine réduisit bientôt les Français aux dernières extrémités. Chilpéric expédia, pour les secourir, un de ses ducs nommé Beppolène, qui tenait un des premiers emplois dans sa maison. Beppolène, au lieu de chercher Guérec'h afin de le combattre, porta le fer et la flamme dans la Bretagne, ravagea les campagnes, incendia les bourgs et villes ouvertes, et emmena captifs les paisibles cultivateurs, pour les mettre à rançon. Guérec'h usa de représailles. L'évèque Félix, qui gardait la ville de Nantes pour Chilpéric, envoya au comte de Vannes des députés, qui lui représentèrent combien étaient dignes de pitié les pauvres habitans de son diocèse; mais Guérec'h lui déclara qu'il ne cesserait les hostilités, que lorsque les cités lui seraient restituées. Sur ces entrefaites, Chilpéric vint à mourir, et dès que Guérec'h et Doualc'h en reçurent la nouvelle, ils se hâtèrent de mettre le siège devant Rennes, qui se rendit sans combattre, tant les habitans avaient à cœur de redevenir Bretons l . Beppolène les assiégea de nouveau; mais, cette fois, ils se défendirent vaillamment; et comme l'opération traînait en longueur, ce chef partit pour Angers, où il commandait au nom du roi, et laissa son armée et la conduite du siège à l'un de ses bis. Les assiégés, avertis de son absence, firent une sortie; ils trouvèrent leurs adversaires en désordre, pénétrèrent jusqu'au centre du camp, forcèrent les gardes du jeune général, et le tuèrent.

Les assiégeaus, épouvantés, s'enfuirent, et la place fut délivrée. Il restait à recouvrer la ville de Nantes. Beppolène, revêtu du titre de référendaire de la reine Frédégonde, veuve de Chilpéric, était revenu en grande hâte, et i! avait amené une armée nombreuse; mais un événement, où il prit une part active, le rendit en horreur aux Nantais. Une grande dame, nommée Donnole, fille de Victorius, évèque de Rennes, et femme de Nectaire, frère de Baudegisile, évêque du Mans, possédait des vignes considérables sur le territoire de Nantes. Elle avait l'usage de se rendre, tous les ans, dans ses propriétés, et de surveiller elle-même ses vendanges. Beppolène, dont l'insatiable cupidité prétendait s'emparer de tous les produits qu'il jugeait à sa convenance, lui écrivit pour lui défendre de faire acte de possession. Donnole méprisa des lettres si étranges. Cette terre était la sienne; elle la tenait, par héritage, de son oncle; eu conséquence, elle y arriva, et se mit à la tête des vendangeurs. Beppolène, conduisant une troupe de soldats, pénétra dans les vignes, massacra Donnole avec la plupart de ses gens, et s'empara de la vendange. Un cri général s'éleva contre lui; on refusa partout de lui obéir et de lui rendre les honneurs auxquels son rang lui donnait des droits. Le roiGontran, informé de cette violence, craignit que la ville de Nantes ne se soulevât, et il se hâta d'envoyer sur les lieux des commissaires chargés de prendre connaissance des faits, et de procéder à la punition des coupables. Antistius se convainquit facilement que Beppolène était l'auteur du désordre; il confisqua ses biens, et se rendit à Nantes, dans l'intention de sévir contre le fils de Nonnechius, éveque de cette ville, successeur de Félix. Le jeune homme, que sa conscience accusait, s'était retiré à la cour du roi Clotaire. Antistius somma l'évèque de se rendre, à jour marqué, par devant le roi Gontran, dans la ville de Saintes, afin de se soumettre à son jugement. Nonnechius comparut en effet; mais il fit au roi des présens considérables: il calma sa colère, et les peuples furent les seuls à souffrir de cette sanglante désunion '.

Guérec'h et Doualc'h reconnurent tout ce que la circonstance avait d'avantageux pour leur cause; ils redoublèrent d'activité, parvinrent à grossir leur armée, rencontrèrent souvent des détachemens français qu'ils mirent en fuite, firent beaucoup de prisonniers, et ramenèrent à Vannes de riches dépouilles.

Gontran prit alors la détermination d'envoyer des députés au comte de Vannes et à l'héritier du comté de Nantes. Il choisit, pour ambassadeurs, Namascius, évèque d'Orléans, et Bertran, évèque du Mans. Ils étaient accompagnés de plusieurs comtes, dignitaires de la maison du roi, et de grands seigneurs, suivis d'un train magnifique. Les confins du territoire de Nantes furent désignés comme le lieu de l'entrevue. Les envoyés de Contran avaient pour instructions, d'obtenir des soumissions de Guérec'h et de Doualc'h; de leur imposer un tribut de mille sous d'argent chacun, et de conserver l'une des deux villes de Rennes ou de Nantes, afin d'avoir un pied dans la Bretagne, et de pouvoir y rentrer avec facilité, si l'occasion s'en présentait.

Les conférences s'ouvrirent avec hauteur de la part des députés de (iontran, avec déférence de la part de Doualc'het de Guéree'h. Les évèques Namaseius etBertran prétendirent qu'on devait adopter leurs propositions; qu'ayant passé par leur bouche, et reçu, par cela même, la sanction de l'Eglise, elles n'étaient susceptibles d'aucune discussion. Les princes bretons répondirent qu'ils respectaient les décisions de l'Église; mais qu'ils avaient combattu pour recouvrer leur patrimoine injustement ravi, et que Dieu les avait rendus vainqueurs, ce qui prouvait qu'il favorisait leur cause; qu'ils étaient prêts à beaucoup de sacrifices pour rétablir une paix ardemment désirée par les peuples et par eux-mêmes, et qu'ils engageaient les ambassadeurs à demander de nouveaux pouvoirs pour traiter sur d'autres bases. Guéree'h alors fit rendre à Namaseius de grands biens situés sur le territoire de Nantes, et détendit qu'aucune insulte fut faite à ses fermiers.

Les députés de Gontran retournèrent près de leur maître, et trouvèrent dans la modération des princes de Bretagne des motifs sufûsans pour affirmer au roi que Guéree'h et Doualc'h reconnaissaient sa suprématie. Les deux comtes avaient assuré qu'ils étaient prêts à tous les sacrifices pour obtenir la paix; les envoyés rapportèrent qu'ils avaient dit: "Nous savons, comme vous, que ces deux villes appartiennent de droit aux enfans du roi Clotaire, et nousreconnaissonsquenous devons être leurs sujets; ainsi nous ne tarderons pas à réparer tout le dommage que nous avons fait sur leur terre, contre le droit et la raison." Les députés ajoutèrent que les princes s'étaient engagés à payer chacun mille sous aux rois Contran et Clotaire .

Des historiens français seuls ont raconte ces faits, et affirme' que la paix avait été signée à ces conditions. Il suffit de les examiner attentivement pour reconnaître l'absurdité de ce récit. Guérec'h et Douale'h, vainqueurs, n'ont certainement pas déclaré qxie l'héritage pour lequel ils combattaient ne leur appartenait pas. L'ambassadeur de Contran, Namascius, avait reçu de leurs mains des terres qu'ils avaient confisquées; il ne l'eût pas fait sans doute, s'il n'eût reconnu qu'ils en avaient le droit. Doualc'h, qui n'était alors qu'un prince dépossédé, ne pouvait pas s'engager à payer un tribut de mille sous, somme immense à cette époque, et qu'il n'aurait su où prendre, et à la payer précisément en renonçant à la principauté qu'il était au moment de recouvrer. Ces invraisemblances sautent aux yeux. De nos jours, on fait uni' pension aux princes que l'on depos sède; et si l'on n'agissait pas ainsi du temps de Gontran et de Frc'dégonde, c'est qu'on jugeait plus convenable de les priver de la vie. Au reste, on doit être prévenu que Grégoire de Tours, copie par la plupart des historiens modernes, ne perd jamais l'occasion de fausser une vérité' quand il si question d'établir la suzeraineté des rois Francs sur tons les princes voisins.

Quelles que fussent, en effet, les concessions de Guérec'h et de Doualc'h, ils n'en continuèrent pas moins le siège de Nantes. Gontran s'occupait alors d'apaiser une sédition qui s'était élevée à Tours. Il attendit en vain l'effet des promesses de ses envoyés. Quand il voulut leur en demander compte, Namascius était mort, et Bertran, voué, sans retour vers le monde, au culte des autels, ne se souvenait plus du passé. Le roi français, qui craignait que les Bretons ne donnassent l'assaut à sa ville, et qu'elle ne se rendît, fit faire de nouvelles levées, et nomma pour commander son armée le comte Ebracaire, l'un des premiers hommes de guerre de son royaume, et Beppolène, auquel il rendit toute sa faveur. Il leur conféra les pouvoirs les plus étendus.

Ces deux capitaines, jaloux l'un de L'autre, ne songèrent qu'à se nuire mutuellement. Ebracaire craignait que les succès de Beppolène n'engageassent le roi Gontran à lui restituer le duché qu'il lui avait jadis assigné sur le territoire de Nantes. Tous deux s'enviaient réciproquement les fonctions dont ils étaient chargés. Ils discutèrent d'abord avec aigreur, se querellèrent, passèrent des reproches aux injures, puis aux blasphèmes et aux malédictions, et se refusèrent, dans leur marche, les secours que leurs divisions attendaient l'une de l'autre. Enfin ils traversèrent la Vilaine audessus de Ptedon,puis se rendirent sur la rivière d'Aougst l, qui passe à Josselin et vient se jeter dans la Vilaine; ils démolirent les maisons des villages voisins, et construisirent des ponts avec leurs débris.

La reine Frédégoncle, veuve de Chilpéric, n'avait point approuvé la guerre que ses enfans faisaient à la Bretagne. On assure qu'elle nourrissait une haine invétérée contre Beppolène, et qu'elle n'omettait rien de ce qui pouvait amener sa perte. En conséquence, elle prévint Guérec'h de ses intentions; et faisant couper les cheveux de ses Saxons Bajocasses,à la mode des Bretons, elle leur donna des vêtemens semblables à ceux que portaient les Armoricains, des chausses larges et plissées, des vestes tombantes et superposées, et les envoya bien armés à Guérec'h l . Si la mémoire de Frédégonde est entachée de cette trahison peu croyable, c'est que les historiens français ont supposé que des Bretons, livrés à eux-mêmes, n'auraient pu, sans cloute, combattre avec avantage les troupes de Gontran, et qu'apparemment il était plus glorieux d'être battu par des Saxons que par des Bretons.

Ébracaire, séparé de son collègue, marchait avec sa division directement sur Vannes, et l'ennemi ne s'était montré nulle part, lorsqu'un prêtre se présenta devant Beppolène et lui dit: « Si tu veux me suivre, je te conduirai jusqu'à « Guérec'h, et tu verras le camp des Bretons. » Beppolène en ce moment se trouvait enfermé entre les deux rivières. Guérec'h avait, quitté le siège de Nantes, et, revenant à grandes journées sur ses pas, il avait traversé un gué qu'il connaissait; il s'était avantageusement posté, et n'avait laissé que des marais à son adversaire. Beppolène vit en effet le camp des Bretons; mais sa position était si difficile, qu'il ne put faire usage de sa cavalerie. Il se défendit avec un courage digne d'une meilleure cause. Durant trois jours, les deux partis se chargèrent réciproquement. Les Français se trouvèrent enfin si resserrés, qu'ils ne pouvaient déployer leurs rangs; ils périssaient de faim et de soif, n'échappant à ces misères que pour tomber sous le glaive de leurs ennemis. Le troisième jour, Beppolène, déjà blessé d'un coup de lance, combattit personnellement contre Guérec'h, et succomba. Dès que sa mort fut connue, ses soldats s'enfuirent de toutes parts; les uns périrent dans les marais, d'autres au passage des rivières, et Guérec'h fit un grand nombre de prisonniers.

Ebracaire,voyant ce prince engagé avec Beppolène, poursuivit sa route, sans s'inquiéter du sort de son collègue, et parut devant la ville de Vannes, dont l'évèque, nommé Regalis, vint à sa rencontre, précédé de la croix et suivi de ses clercs en grande procession. Regalis voulait probablement épargner au peuple de Vannes les horreurs d'un pillage; mais il est impossible de s'expliquer les motifs du discours qu'il tint au général français, au nom du clergé et du peuple. "Nous n'avons jamais manqué, lui dit-il, à la fidélité que nous devons aux rois, nos seigneurs, et nous ne nous sommes jamais élevés contre le bien de leur service, mais nous sommes réduits dans la captivité des Bretons, qui ne nous permettent pas de faire ce que nous souhaiterions. " Ce Regalis n'occupa qu'un instant le siège épiscopal sur lequel il se regardait comme un captif .

Ebracaire ne tarda pas à s'apercevoir qu'il s'était imprudemment avancé. Il se fit payer des contributions de guerre, reçut des présens magnifiques, et, menacé par l'armée de Guérec'h, qui s'approchait, il se hâta de repasser la Vilaine. opération fut interrompue par une vive attaque des troupes bretonnes, qui précipitèrent une partie des Français dans la rivière. Les colonnes qui étaient parvenues à traverser, pressèrent leur marche vers la ville d'Angers, où elles espéraient se mettre à l'abri d'une nouvelle atteinte, derrière le pont de la Mayenne; mais un fils de Guérec'h les avait devancées; attaquées à l'improviste, elles furent défaites, dépouillées, et totalement anéanties. Les malheureux qui parvinrent à s'échapper, accusèrent Ebracaire et Viliacaire, leurs chefs, de s'être laissé corrompre par les présens des Bretons. Viliacaire se condamna lui-même, et ne reparut plus à la cour. Ebracaire, qui voulut s'excuser, fut privé de tous ses biens, dont on distribua la valeur, comme le prix du sang, aux familles qui avaient les plus grandes pertes à déplorer.

Il parait que la punition de ses généraux fut suffisante pour calmer la colère de Gontran. La garnison de Nantes, perdant l'espoir d'être secourue, se rendit au comte Doua le h; et les habitans accueillirent avec joie ce fils du brave Conobert, qui bientôt devint également gouverneur du comté de Rennes. Le jeune Clotaire tomba dangereusement malade à cette époque. Frédégonde, sa mère, perdant pour lui tout espoir de guérison par les procédés des médecins, supplia le comte Guérec'b de mettre en liberté les prisonniers de l'armée française qui se trouvaient encore en Bretagne, afin d'obtenir du ciel un rétablissement si désiré. Guérec'hhésita,craignantque cette altière princesse ne lui tendit un piège. Mais la comtesse de Vannes, dont le cœur était rempli d'bumanité, les délivra, et leur remit à chacun un cierge, avec assez d'argent pour se rendre à l'église de Saint-Martin de Tours . Le vaillant Guérec'h maintint long-temps en paix et en prospérité les peuples sur lesquels il régnait. En mémoire deses hauts faits, ils donnèrent à la portion de la Bretagne qu'il avaitsi bien défendue, le nom de Bro-Eree'h, terre d'Erec'h ou de Guérec'h, dénomination qu'elle a conservée jusqu'à nos jours. A cette époque mourut l'inutile roi de Bretagne, Alain I er . Loin d'embrasser la cause des comtes qui reconnaissaient sa suzeraineté, et qui descendaientcomme lui de Hoèl-le-Grand; loin de s'interposer pour arrêter les envahissemens des rois de France; loin d'ordonner aux comtes de Gornouaille et de Léon de se réunir à ceux de Vannes et de Nantes, afin de montrer une masse de forces, dont le déploiement eût suffi peut-être pour empêcher les incursions des Français, il ne semblait occupé qu'à restreindre l'ardeur des Bretons, qu'à retenir les princes qui lui donnaient asile et qui pouvaient redoUther que l'assujétissement de leurs voisins n'amenât sur leur territoire une guerre de conquête. Il les suppliait de concentrer, pour sa garde personnelle, des troupes qui gémissaient de leur inaction, et qui brûlaient de voler à la défense de la commune patrie. Il donna de grands biens aux églises, et fonda des monastères. Mais aucun événement remarquable ne se rattache ni à son nom, ni à sa puissance, et ce roi, comme Hoël II, son père, n'aurait pas même de rang dans l'histoire, si, par reconnaissance, les saints personnages dont il enrichit les couvens, n'eussent déposé son nom dans leurs archives. Il n'est pas étonnant que des historiens étrangers à la nation bretonne, aient supposé qu'elle n'était alors gouvernée que par des comtes.

Le royaume de Donnonée, fondé sous Hoël II par Riwallo Murmaczon, n'était pas plus heureux que celui qui avait conservé le nom de royaume de Bretagne. Riwallo avait cultivé l'amitié de Clotaire, et brigué son alliance, et il maintint jusqu'à sa mort la paix dans ses états. Son fils Deroc'h lui succéda; il eut quelque peine à conserver l'intégrité de son territoire, que lui disputaient les comtes de Léon, et fut remplacé sur le trône par Ryathan, dont le règne fut court, et qui laissa les rênes de l'État au prince Iona, son fils. Iona périt sous les coups de Conamor, comte de Léon, qui résidait à Rer-Ahès «, et Conamor reprit la portion de la principauté que les Frisons avaient enlevée à ses ancêtres, et que Kiwallo s'était appropriée; il y ajouta bientôt les autres cantons du royaume de Donnonée, que la mort d'Iona laissait sans chef en âge de gouverner. Judhaèl, fils d'Iona, trop jeune encore pour se mesurer avec un adversaire aussi formidable, s'enfuit à la cour de Childebert, qui l'accueillit, mais qui ne lui donna aucun secours utile.

La politique du monarque français tendait à obtenir sur la Bretagne des droits qu'il fût impossible de méconnaître dans la suite. Il n'ignorait pas combien Conamor était détesté de ses sujets, à raison de son injustice et de sa cruauté, mais il se garda de fournir à Judhaèl les moyens de se former un parti, qui serait devenu redoutable pour lui-même au moment où il eût voulu accomplir ses desseins. Il se déclara tuteur de Judhaèl, et en même-temps il avoua Conamor de toutes ses actions. Les légendes rapportent de ce comte de Léon des crimes épouvantables '. Il avait épousé plusieurs femmes, qui toutes étaient mortes dans les premiers mois de leur mariage, et l'on assurait qu'il les avait égorgées. Triphine, tille de Guérec'h, comte de Vannes, était une princesse d'une beauté parfaite. Conamor se rendit à Vannes, admira les charmes de la belle Triphine, en devint éperduement épris, et la demanda à son père, qui jugea prudent de reconduire. Mais Conamor, dont la passion s'accrut par le refus même, supplia saint Gildas, qui prêchait alors la foi catholique en Bretagne, d'intercéder auprès de Guérec'h en sa faveur. Le saint abbé, dans le désir de maintenir la paix entre ces deux princes, et de conserver un peu de tranquillité aux peuples, encore fatigués des guerres précédentes, accepta l'ambassade, fut honorablement reçu du comte de Vannes, et lui donna de si bonnes raisons, queGuérec'h accorda sa filleau comte Conamcr, sous la condition que l'abbé s'obligerait personnellement à la rendre à son père, dans le cas où la princesse aurait à se plaindre de son mari. Gildas le promit, et l'hymen s'accomplit à Vannes, avec magnificence. La comtesse de Léon suivit son époux dans ses terres, où elle se vit entourée de soins et de respects. Après quelques mois de mariage, Triphine reconnut qu'elle était enceinte; et c'était précisément l'époque où toutes les femmes de Conamor avaient successivement expiré. Elle désira se retirer à Vannes, pour y faire ses couches; et, craignant de n'en pas obtenir la permission, elle quitta le château, avec peu de suite. Mais son mari, furieux de ce départ clandestin, se hâta de la poursuivre, l'atteignit près d'un petit bois, et, fermant l'oreille à ses touchantes supplications et les yeux à ses charmes, il la frappa d'un grand coup d'épée. Cela fait, il reprit le chemin de son château.

Peu d'heures après, Guérec'h pleurait sur le corps de sa fille. Gildas le consola; et ses ardentes prières obtinrent du ciel le retour de la princesse à la vie. Triphine, dans l'excès de sa reconnaissance, fit vœu de ne jamais abandonner Gildas. " Non pas, dit le comte Gué« rec'h; messéant seroit-il voir une fille suivre un moine; mais, après vos couches, je vous consacrerai à Dieu dans un moustier de vierges." La comtesse Triphine eut un fils, qui fut élevé par l'abbé Gildas, et que l'église bretonne honore sous le nom de saint Tremeur ou Tréver. Le comte de Vannes fit présent à saint Gildas du beau monastère de l'île Druis.

D'après ce trait de Conamor, on peut concevoir facilement l'idée que les peuples de Léon et de Tréguier s'étaient faite de ce tyran. Les évèques se réunirent en un lieu retiré de la montagne de Menez-Bré, car ils n'eussent osé s'assembler en aucune ville, et ils l'excommunièrent. On montre encore aujourd'hui, dans la commune de Pedernec'h,les ruines du château de Conamor ar Miliguet, Conamor le maudit: il ne croit, aux environs, que des herbes vénéneuses; les plantes salutaires y perdent leur vertu bienfaisante; les troupeaux, si avides d'ombre et de pâturages, s'en éloignent malgré l'appel du berger, dont le chien n'y fait entendre que des hurlemens lugubres; et le chariot de la mort, carrikel an ancou, s'y montre deux fois l'an, dans son appareil terrible. Les laboureurs du voisinage sont avertis de sa présence par le cri rauque de ses roues, et son apparition est toujours d'un mauvais augure pour celui qui l'aperçoit.

L'excommunication de Conamor n'empêcha pas ce prince de vouloir conférer aux évèques et dignitaires de l'Eglise, les bénéfices et les emplois qui devenaient vacans; mais le clergé refusa de recevoir l'investiture de ses mains; et les impétrans se retirèrent, à cet effet, par devant Childebert, qui les accueillit comme tuteur de Judhaël, et qui s'empressa de les satisfaire. Il faisait des fondations, il octroyait des privilèges aux églises, et délivrait des cédules pour les mettre en possession. ' Il en arriva, parla suite, que le roi de France, ayant fait une concession de terres, qui ne dépendaient en rien de sa couronne, les rois bretons cassèrent ses actes illégaux, confirmèrent les donations en leur propre nom, et firent rayer de tous les titres celui de Childebert.

La Bretagne insulaire se trouvait alors dans le plus misérable état. Le nom d'Angleterre avait définitivement prévalu, et l'émigration des familles chrétiennes amenait successivement dans la péninsule armoricaine, les premiers et les plussaints personnages de l'ile. Tels étaient saint Samson, saint Tugdual, proche parent de Riwallo-Murmaezon, saint Tenenan, fiancé à la comtesse d'Arundel, saint Effiam, prince hybernois, saint Paul ou Paulinien, saint Meen, saint Brieuc, saint Maclove ou Malo. La plupart étaient du sang des rois; et le clergé breton parut si touché de leurs hautes vertus, que tous les sièges épiscopaux leur furent immédiatement offerts. Comme leurs diocèses faisaient partie du royaume de Donnonée, où ils avaient pris terre, ils dépendaient nécessairement de Conamor, qui devait les mettre en possession des propriétés temporelles. Samson, l'archevêque d'Eborac (York"), avait trop de sagesse pour ne pas commencer par se faire instruire de la puissance réelle des princes, de leur génération et de leurs droits réels aux trônes qu'ils occupaient; car il était appelé à user près d'eux les jours qui lui étaient comptés. Un vieux Breton, à barbe blanche, dit, en soupirant, au saint archevêque: "O très révérend père, la contrée où le ciel t'envoie, est bonne et fertile; mais elle est affligée de grande tribulation et tristesse. Nous avions un prince assez apte à régner, nommé Iona, à qui, par droit patrimonial, revenoit la principauté de nos terres; mais il s'est élevé un félon, cauteleux et malicieux tyran, nommé Conamor, qui, par un abominable u crime, a tué l'innocent, et n'a pas eu honte de s'approprier ses châteaux. Judhaël, fils d'Iona, encore enfant, afin d'éviter le sort de son père, s'est enfui près du royde France; il est du moins nourri à la table d'un roy. Tu vois donc, très révérend père, que nous sommes opprimés par un seigneur abusif, et que cette terre souffre d'un si cstrange gouverneur."

Instruit par ce vieillard de la situation des choses et de l'esprit général du peuple, qui regrettait Judhaël et maudissait Conamor, Samson prit d'abord la résolution de refuser obéissance au tyran, et, en cela, il fut imité par tout le clergé; puis il partit pour la cour de France, d'où il espérait ramener Judhaël, afin de l'opposer à Conamor. La réclamation de l'archevêque dérangeait les plans de Childebert; et ce monarque, voulant remettre sa détermination à une autre époque, engagea Samson à séjourner quelque temps à sa cour. Le saint y consentit, et employa ses loisirs à chasser des diables, qui s'étaient mis dans le corps des principaux officiers de la maison de Childebert.

La reine Ultrogothe s'était éprise d'un tendre intérêt pour le beau Judhaël, et les inspirations de la politique de Childebert, provenaient, sans qu'il s'en doutât, des volontés secrètes de la princesse. Les ennemis de celte reine l'ont accusée d'avoir voulu se délivrer de la surveillance de Samson, par un crime. Un jour, elle lui fit présenter du poison par un échanson; une autre fois, son grand-écuyer, chargé d'inviter, de sa part, l'archevêque, lui amena un cheval superbe, mais indomptable; enfin, lorsqu'il passait près de la ménagerie royale, elle fit ouvrir la cage d'un lion terrible. Ces attentats n'eurent aucun succès; le vase qui contenait le poison se brisa, le cheval fougueux montra toute la douceur d'un agneau, et le lion affamé tomba mort aux pieds du prélat. Les détracteurs de la reine Ultrogothe rapportent encore que cette princesse, la plus grande magicienne de son siècle, assistant à l'office divin que célébrait Samson, s'y conduisit avec si peu de décence, qu'elle s'attira des réprimandes de la part de l'archevêque; et que, saisie d'une maladie terrible, elle mourut peu de jours après, dans des souffrances intolérables. Il paraît que, sous ce rapport du moins, Ultvogothe fut calomniée; sa magie n'était que l'amour qu'elle inspirait à Judhacl, et qu'elle partageait, tout en rougissant de sa faiblesse. Le prélat lui donna de sages conseils; et ses prières instantes, la sainteté de son caractère, l'autorité qu'il avait su prendre sur les esprits les plus prévenus, obtinrent enfin la liberté de Judhaël. Samson le ramena en Bretagne, le conseilla, l'instruisit, le cacha dans un monastère, tandis qu'il préparait ses partisans, et que l'on s'armait de toutes parts pour sa cause. Le prince enfin se vit entouré d'un grand nombre de braves chevaliers, et marcha vers Conamor, dans l'intention de recouvrer son héritage ou de périr. Conamor avait rassemblé une armée, et les prétendans se trouvèrent bientôt en présence. Deux combats n'amenèrent aucun résultat; mais, au troisième, Sam son leva les mains au ciel, comme autrefois Moïse; Dieu fit aide à justice, et Conamor fut vaincu. Il se sauva du champ de bataille; mais la malédiction des évêques le suivit au fond de sa retraite. Brûlé d'une fièvre ardente, il ne trouva de soulagement ni dans les bois, ni près des fontaines, et il périt de douleur et de désespoir sur le mont Rumba.

Judhaël recouvra le royaume de Donnonée, le territoire de Saint-Brieuc, celui de Tréguier, le comté de Léon, et il y ajouta une partie du comté de Cornouaille, qui avait appartenu à Conamor ». Il gouverna ses peuples avec sagesse, et leur laissa un fils nommé Judicaël, que ses vertus apostoliques ont mis au rang des bons rois et des saints.

Dans ces temps d'ignorance et de crédulité, les événemens les plus simples prenaient une teinte de merveilleux, qui n'a été nulle part aussi généralement répandue, ni aussi remarquable qu'en Bretagne. Rapporter les faits nus comme les produit la nature, c'est dépouiller l'homme du vêtement qu'il affectionne, et qui donne un caractère à ses formes. Je ne saurais me résoudre à supprimer ces traces curieuses du génie primitif de la nation bretonne; et je raconterai les prodiges qui annoncèrent la naissance de Judicaël, lorsque Dieu voulut le donner à la terre.

Judhaël, entraîné par son ardeur, dans une partie de chasse, et séparé de sa suite, alla réclamer l'hospitalité au manoir d'un seigneur châtelain nommé Ausoc'h. Cet Ausoc'h était de race royale, et sa terre s'appelait Landili . Judhaël, accueilli avec tous les égards que méritait son rang, fut servi, au repas du soir, par la jeune Pritelle, fille unique du châtelain Ausoc'h. Les charmes de Pritelle touchèrent le cœur de Judhaël, auquel advint cette nuit un songe extraordinaire. Il lui sembla qu'il était assis sur un trône d'ivoire, au sommet d'une montagne escarpée et d'un abord difficile. Devant lui s'élevait une colonne d'une merveilleuse grandeur, dont la base sortait de terre, et dont le chapiteau se perdait dans le ciel, en forme de rameaux. La première moitié de la colonne était d'acier poli, et brillait d'un tel éclat, qu'on pouvait à peine la regarder. Tout à l'entour étaient suspendus des .heaumes, des hauberts, des glaives, des épées, des lances, des dards bien trempés, et des boucliers. La seconde moitié, celie qui s'élevait au ciel, paraissait entourée d'une auréole angélique: cette partie était d'or, et ornée de calices, d'ostensoirs, de flambeaux, d'étoles, d'évangiles, d'encensoirs couverts de pierres précieuses; des milliers de lumières, qui ressemblaient aux plus belles étoiles, ajoutaient encore à leur beauté. Près de cette colonne se tenait la fille d'Ausoc'h, avec une grâce inimitable. Elle prit la parole, et, d'un ton de voix ravissant, elle dit à Judhaël, qu'elle avait été prédestinée à la garde de cette colonne; mais que le moment était venu où elle devait la lui rendre. Judhaël, à ces mots, s'éveilla, mais ce fut en vain qu'il chercha l'explication de sa vision. Dans sa perplexité, il chargea l'un de ses serviteurs dont il connaissait la prudence, de se rendre à la presqu'île Druis, où saint Gildas venait de construire un monastère sur les terres du comte Guérec'h. Là, sous les débris d'un temple druidique, vivait le Larde Thaliessin, fils d'Onis, exilé d'outre-mer, et qui, par une divination miraculeuse, prédisait le bonheur ou l'infortune des hommes. Thaliessin était d'autant plus digne de foi, que Merlin avait bien voulu lui rendre son tombeau visible au milieu de la foret de Brocéliande, et que les deux bardes s'étaient engagés dans de longs entretiens. Depuis ce temps, le vallon qui renfermait le tombeau de Merlin avait perdu le nom de Val-sans-Retour; mais aucune parole n'était sortie de la bouche de Thaliessin, et les rochers de la presqu'île avaient oublié les chants que le barde se plaisait jadis à leur confier au lever du soleil.

Le serviteur de Judhaël n'attendait aucun bon résultat de son voyage. Il se rendit, toutefois, sur la plagesablonneuse où Thaliessin avait fixé son séjour. Le barde l'aperçut; et, sans lui laisser le loisir de s'expliquer, il s'écria: "Judhaël épousera la fille d'Ausoc'h! Un fils naîtra de cet hymen, qui sera plus heureux et meilleur que son père, non seulement sur la terre, mais an royaume céleste; et de lui sortiront de vaillans rejetons, qui serontRois, Comtes royaux, et Prêtres servant le Seigneur; ce fils aura un commencement séculier; il conquerra los et renom parmi les chevaliers, et combattra ensuite pour le ciel, sous le cilice et au pied des autels." Plus nen entendit le messager; Thaliessin disparut entre les pierres colossales du Cromlec'h.

Les paroles du barde étaient si favorables aux sentimens secrets de Judhaël, que le roi de Donnonée n'hésita point à faire connaître sa tendresse à la charmante Pritelle; il apprit avec joie qu'elle partageait son amour, et il demanda la main de la pucelle à ses parens. Judhaël et Pritelle reçurent la bénédiction nuptiale, et bientôt la reine conçut un fils, qui lut baptisé par l'évèque Gnesdoii, et nommé Judicaël. Pritelle donna encore le jour à un grand nombre de princes, parmi lesquels on distingue saint Eumaël, saint Indganoc, imploré par les habitans du Vimeu en Picardie, où son corps fut inhumé; saint Guennoc ou Vinoc; saint Josse; saint Guemmaël, que Dieu frappa de la lèpre; et beaucoup d'autres, tels que Doethuval, Vorhaël, Larghaël, Indhumored, Haëlon. Les princesses, aussi vertueuses, aussi pieuses que leurs frères, sont connues sous les noms de sainte Eurélie, sainte Onesme, Guen, Breda, Cléore et Pruste.

Hoël III, fils d'Alain I er, occupait le trône de Bretagne depuis la mort de son père. Les talens de ce prince rappelèrent les beaux jours de Hoël-le-Grand. Il sut se faire respecter des comtes de Vannes, de Cornouaille et de Nantes; et Judhaël ne méconnut point sa suzeraineté. Hoël fixa son séjour à Rennes, et se vit bientôt revêtu d'une autorité que n'avaient eue ni sou père ni son aïeul.

Le roi de France, Gontran, qui tenait sa cour à Orléans, vint à mourir, et laissa le trône à Childebert, son neveu. Celui-ci prétendit, àson avènement, recouvrer les villes de Rennes et de Nantes, et il commença par l'attaque de Nantes, avec une nombreuse armée. Le comte Doualc'h, qui existait encore, appela le roi Hoël à son aide. Hoël convoqua le comte de Vannes, Conao, qui remplaçait dignement Guérec'h, son père; le prince Judhaëi, auquel il ne donna d'autre titre que celui de duc de Donnonée; les comtes de Cornouaille et de Léon, et d'autres grands vassaux de Bretagne. De toutes parts, on se rendit vers lui. Hoël eut avis de la route que prenaient les Français: il se plaça dans la forêt de Chevré, à trois lieues de Rennes, et les laissa pénétrer dans la Bretagne, entre Fougères et Vitré. Ils s'avancèrent sans précaution, et vinrent chercher les Bretons, qui les attendaient de pied ferme, protégés par la forêt, sur le ruisseau de NoireOnde, entre deux collines. Les Français traversaient les landes de Vitré à Rennes, quand les Bretons les aperçurent. Ceux-ci sortirent du bois qui les cachait, se mirent en ordre, et commencèrent à charger l'ennemi, dans un lieu que l'on nomme aujourd'hui le Champ de l'Assaut. Les Français étaient les plus nombreux; ils attaquèrent droit en tète; et, soutenus par leur cavalerie, qui prit les Bretons en flanc, ils épouvantèrent l'avantgarde bretonne, et la rejetèrent jusqu'aux collines, où se trouvaient les bagages; mais le corps d'armée reçut les fuyards, parvint à les rallier, et les Bretons, faisant face à leur tour, accueillirent si bien les ennemis, qu'ils les forcèrent à reculer, puis les divisèrent, les enveloppèrent partiellement, et en firent un grand massacre. Après un long combat, l'armée française fut complètement défaite. Un prieuré ' ^construit sur le champ de bataille, a long-temps marqué la place où périrent tant de braves: on y découvre encore une multitude de tombeaux, et la charrue y met souvent à découvert des casques, des épées et des ossemens humains.

Hoël III régna dix-huit années, et nid ne lui contesta le titre de roi de Bretagne, pas même Judhaël, qui n'en reçut jamais que celui de duc de Donnonée. Son fils,Salomon II, lui succéda. Ce roi passa pour un homme vertueux; il fonda et dota l'abbaye de Saint-Melaine, dans la ville de Rennes; et personne, disent les historiens, n'osa l'attaquer, "parce qu'il usoit, à la fois, d'armes, d'oraisons et de prières, et que Dieu, qui l'écoutoit, prenoit lui-même la direction de ses affaires. "

Deux princes de l'Angleterre avaient été reçus, jeunes encore, à la cour de Salomon. Ils se nommaient Edwin et Ceadwalla. Admis à l'intimité du roi breton, ils acquirent près de lui les connaissances nécessaires à des princes destinés à régner. Ceadwalla se convertit à la foi chrétienne; mais Edwin persista dans son idolâtrie. Une amitié sincère semblait les unir. Cependant ils furent à peine sur le trône, que l'ambitieux Edwin blessa les plus chers intérêts de Ceadwalla, roi de Nord-Galles, et qu'une guerre terrible éclata entre les deux monarques. Ceadwalla, vaincu par le Northumbre », se réfugia en Irlande, d'où il essaya, mais en vain, de rentrer dans ses États. Un enchanteur espagnol fixé près d'Edwin a, donnait connaissance à son maître de toutes les tentatives de Ceadwalla, et ce prince prenait à l'instant les mesures nécessaires pour s'y opposer.

Ceadwalla recourut à Salomon, et vint lui demander aide et conseil. Il était accompagné d'un parent, nommé O'Brien. Salomon les accueillit avec magnificence et crut devoir leur faire des remontrances sur le peu d'union des peuplades anglaises, qui semblaient tenir si faiblement à leur patrie, et qui la défendaient si mal. Il leur promit toutefois de ne pas les abandonner. "Je te rends grâce, noble roy," répondit Ceadwalla, "du secours que tu m'oc« troyes pour recouvrer mon royaume, comme ont fait jadis les roys tes pères aux miens. Si ma nation n'a pas gardé la dignité de ses aïeux, c'est que les meilleurs d'entre nous sont venus habiter dans ton domaine. Nos roys aujourd'hui sont sacrés, non pour leur justice et mansuétude, mais pour le nombre de leurs crimes, puis ils sont tués parleurs promoteurs, et d'autres plus cruels élus en leur lieu. Les séculiers, et même le peuple de Dieu dans les moustiers, et les pasteurs d'ames, ont souillé le pays de leurs vices, et des peuples étrangers nous ont exterminés dans nos champs. Mais Dieu permettra que les citoyens soient rendus à leurs vertus et premier honneur. Toy etmoy, Salomon,nous eûmes un même aïeul; tous deux nous descendons de Malcolm par Rhyno, dont la fille donna le jour à Alain, d'où naquit Hoél ton père, qui, toute sa vie, se fit redoUther de la France. C'est en leur nom que je reçois l'aide que franchement je t'ay demandée. "

O'Brien fut chargé de passer dans l'île britannique, et de s'emparer ou de force ou par ruse, de l'enchanteur du bretwalda « Edwin; il y parvint; et dès que Ceadwalla l'eut appris, il se rendit dans ses états, avec une armée de dix mille hommes, que lui avait confiée Salomoii. Penda, roi des Merciens, joignit ses armées à celles du roi de Nord-Galles. Ils traversèrent le Yorkshire,et rencontrèrent Edwin entre le Don et le Torre, dans un champ nomnié Hatfiekî. Le bretwalda y périt avec la plus grande partie de ses défenseurs. Osfrid, fils d'Edwin, partagea le destin de son père.

Oswald, qui devint bretwalda après la mort d'Edwin, poursuivit ses vainqueurs, et parvint à tuer Ceadwalla. Penda se réserva pour le venger un jour.

Judicaël régnait alors en Donnonée. Ce prince avait reçu la meilleure éducation que l'on pût donner à cette époque. Il était robuste, de belle stature, adroit à tous les exercices du corps; il avait le visage agréable, le regard accueillant, le plus doux parler, et il savait l'Oraison dominicale et le Symbole des Apôtres.

A peine Judicaël eut-il saisi les rênes de l'Etat, que le roi de France lui déclara la guerre. Les causes n'en sont pas parfaitement connues. On prétend que Judicaël avait envoyé des secours aux Gascons et Aquitains révoltés contre Dagobert On dit encore, et ce récit est plus vraisemblable, que les Français et les Bretons limitrophes commencèrent d'eux-mêmes les hostilités, par le motif que certaines ordonnances, émanées de Dagobert, gênaient le commerce des deux nations . Une famine effrayante décimait alors la France, et l'on ne trouvait dans les champs et sur les routes que des malheureux morts de faim et privés de sépulture. La Bretagne, au contraire, abondait en blés et denrées de toute espèce; et cette contrée avait attiré tout le trafic de la France, et même d'autres pays étrangers, à raison de la supériorité du titre de ses monnaies d'or et d'argent, que l'on recherchait avec soin. Les princes, d'ailleurs, avaient accordé aux commcrçans des franchises et des libertés qui leur ouvraient tous les ports des côtes de la Bretagne. Dagobert eut l'imprudence d'élever par un édit la valeur de ses monnaies au taux des monnaies de Bretagne, sans en améliorer le titre. Il prononça des peines graves contre ceux qui favoriseraient l'entrée ou la circulation dans ses États, de pièces d'or ou d'argent de la péninsule armoricaine, et il défendit à ses sujets de négocier ou trafiquer avec lesBretons. A l'apparition de ces édits,de grands murmures s'élevèrent en France, et plusieurs marchands mécontens vinrent s'établir en Donnonée, sous la protection de Judicaël. Dagobert, irrité, fit inviter ce prince à lui renvoyer les Français réfugiés et à rappeler ses sujets, à défaut de quoi il le regarderait comme ennemi, donnant asile à des révoltés. Judicaël, blessé de tout l'orgueil qui régnait dans les missives de Dagobert, répondit qu'il s'étonnait fort qu'étant roi lui-même, et ne reconnaissant en rien la suzeraineté du roi de France, ce prince lui parlât avec une telle présomption; qu'il avait une puissance que Dieu saurait maintenir, autant de titres que Dagobert, et une égale prééminence sur la terre; et que, tant qu'il vivrait et qu'il aurait les armes à la main, il ne se soumettrait à d'autre souverain qu'au roi du ciel; qu'au reste, il usait en son pays de ses droits comme bon lui semblait, et croyait n'avoir de compte à rendre à personne, fors à Dieu; qu'il était chargé de protéger et tenir en sauvegarde tous les hommes qui venaient dans ses états, en quelque partie du monde qu'ils fussent nés, qu'il engageait le roi de France à se départir de la fantaisie de lui faire la loi, et que, s'il était attaqué, il saurait se défendre, en son pays et au dehors.

Dagobert, qui pensait n'avoir affaire qu'à un prince de peu de considération, trouva fort étrange qu'un roi secondaire de Bretagne se permît d'avoir raison contre lui. Il envoya sur ses frontières quelques troupes, qui ravagèrent les campagnes et saccagèrent les villes ouvertes. Judicaël . contraint de prendre les armes, fit courir sus aux fourrageurs, et les ayant atteints, les chargea et les força de fuir à pointe d'éperon, etd'abandonner le butin qu'ils avaient rassemblé. Puis, ayant augmenté son armée, etreçu des auxiliaires que lui envoyait Salomon, il entra dans le Maine et pénétra jusqu'aux portes du Mans. Dagobert confia plusieurs milliers de Français au comte Guy de Chartres, qui fut suivi d'un grand nombre de chevaliers. Ils joignirent leurs adversaires entre le Mans et Laval. Une partie des Bretons s'étaient cachés dans un chemin creux formé par un ravin. Le reste de l'armée marcha au devant des Français, sur le haut de la colline, et tout en combattant avec vigueur, entreprit d'attirer les bataillons ennemis jusqu'au point où l'embuscade était disposée. Au signal convenu, les Bretons rompirent leurs rangs, et les Français s'empressèrent d'user de l'avantage qu'ils croyaient avoir obtenu; mais Budic, comte de Cornouaille, qui menait trois mille hommes de pied, sortit tout à coup d'un petit bois où il s'était placé, recueillit les braves amis dont la retraite donnait tant d'espoir aux Français, et tous ensemble recommencèrent le combat, et firent tête aux ennemis. La lutte fut longue, et il périt de part et d'autre nombre de généreux chevaliers. Mais enfin le comte de Cornouaille voyant ses hommes trop pressés, se jeta au fort de la mêlée avec quelques gens de cheval, et enfonça si bien les Français, qu'il les força de reculer. Au milieu du conflit, Henri du Pont-l'Abbé, seigneur breton, s'attacha au général ennemi, Guy comte de Chartres, qui d'un grand courage soutenait les siens, les exhortait, et leur enseignait à bien combattre. Henri l'ayant défié comme un noble adversaire, fournit sa course jusqu'à lui, et lui asséna sur le heaume un coup de hache qui le fit chanceler; mais sa hache étant tombée, le comte de Chartres, sans descendre de cheval, saisit au corps l'assaillant, et tous deux roulèrent à terre, en se débattant. La bataille devint terrible autour de ces vaillans champions. Les Bretons se serrèrent si bien, qu'il fut impossible aux Français de les entamer, et le baron de Pont-l'Abbé ayant enfin saisi le comte de Chartres par son nasal ', et l'ayant forcé de crier merci, les Bretons se mirent à chanter victoire. Les Français, surpris, hésitèrent d'abord; puis, leurs phalanges éclaircies s'ébranlèrent et prirent la fuite. Judicaël, arrivant avec des troupes fraiches, se mit à leur poursuite et fit un nombre considérable de prisonniers. Le sire du Pont-l'Abbé lui présenta le comte de Chartres, puis il envoya ce capitaine, sous bonne et sûre garde, à Rennes, près de Salomon, en attendant le paiement de sa rançon.

Après cette victoire signalée, Judicaèl pourvut à la sûreté de ses frontières et ramena ses troupes en Bretagne. Dagobert, à cette époque, avait mis un terme à toutes ses querelles avec les Gascons. Ce prince était entouré d'hommes pieux, qui lui inspirèrent des sentimens pacifiques. Il apprit que Judicaèl était lui-même très religieux; et, fatigué des lenteurs et des interminables discussions qu'entraînaient les ambassades ordinaires, il imagina d'envoyer au roi de Donnonée l'évêque de Noyon, Eligius, que l'Eglise honore sous le nom de saint Éloi, et que Dagobert savait assez insinuant pour entrer en peu de temps dans l'intimité de Judicaèl, et parvenir à connaître ses véritables intentions l . Éloi quitta la cour de Dagobert et parut à celle de Judicaèl, où sans affecter aucun langage hautain, mais avec toute l'onction qui caractérisait ses discours, il parla de paix au monarque breton, et l'adjurant par les commandemens de Dieu, il le disposa à la réconciliation. Judicaèl prit la plus haute opinion de saint Eloi, et celui-ci pénétra si bien dans le cœur du prince, qu'aucune demande, même la plus étrange, ne lui eût été refusée. Éloi parvint à lui inspirer le désir de se rendre à la cour de Dagobert; et pour le déterminer plus sûrement, ce que n'eussent jamais fait des considérations politiques, il lui promit la communication de saintes et doctes personnes, qui devaient éclairer son esprit et corroborer sa foi. Judicaël partit avec une armée et un train royal, et l'ambassadeur le conduisit à Creil, où les attendait Dagobert. La réception fut des plus magnifiques. Un splendide appartement était préparé pour Judicaël; et les deux rois n'eurent pas conversé tout un jour, qu'ils se trouvèrent d'accord. De part et d'autre, en effet, aucune ville n'avait été prise, aucune province perdue ou usurpée. Le passé leur déplaisait; on le mit en oubli, et l'on se promit une indissoluble amitié. Il ne fut question ni de soumission, ni d'hommage, ni de rien qui y ressemblât, ou qui en dépendît, et le traité de paix, préparé d'avance, fut ratifié sans aucune contradiction.

Un seul fait pourra peindre les mœurs du temps. Lorsque tout fut réglé, Uagobert invita Judicaël à un repas somptueux qu'il avait fait préparer; mais le bon roi breton le remercia. Il sortit du palais, et s'en alla souper chez le référendaire Dadon, que l'évèque Éloi lui avait représenté comme un homme de sage et sainte conversation I; il voulait lui communiquer ses pensées et se nourrir de sa doctrine. Dadon, plus connu sous le nom de saint Ouen, devint, peu de temps après, archevêque de Rouen, et fut ensuite canonisé. Dagobertne s'étonna nullement du choix de Judicaël. Le lendemain, le roi de Donnonée prit congé du roi de France; ils échangèrent des présens de grand prix, et se quittèrent avec des démonstrations publiques d'estime et d'amitié.

Judicaël vécut désormais en paix avec ses voisins, et rendit ses sujets heureux. Ses inclinations le portaient vers la vie spirituelle. Il honorait les ecclésiastiques, consolait les affligés, donnait aux pauvres, logeait les pèlerins, protégeait les veuves; c'était enfin le père du peuple, le soutien des malheureux, et \e/'ractear des orgueilleux '. Il édifia des monastères, répara ceux qui tombaient en ruine, et s'abstint, pendant sept années, de boire du vin. Son échanson seul était dans le secret; mais il avait donné sa parole de n'en point parler.

Un jour que Judicaël revenait d'une maison de plaisance située dans la forêt de Montfort, il eut une vision, qu'on ne doit point passer sous silence, car elle a servi de motif au SaintSiège pour canoniser ce bon roi. Il fallait passer devant une église, où beaucoup de peuple était agenouillé. Les gens de Judicaël poursuivirent leur chemin, et se rendirent à un gué de chariot, dans la rivière de Meu, près du château. Le roi s'était arrêté un instant pour prier; et quand il vint à l'entrée du gué, il vit que presque toute sa suite l'avait traversé. Sur les bords de la rivière se tenait un pauvre lépreux, qui, d'une voix enrouée, demandait avec instance qu'on lui accordât le passage; mais tous les gens du roi le repous saient et s'en éloignaient avec horreur et abomination; car il n'est pas de maladie plus épouvantable que la lèpre. Judicaël retint son cheval, et resta le dernier sur la rive, comme s'il eût voulu compter les personnes qui l'accompagnaient, puis il fit monter le lépreux derrière lui, et le posa sur l'autre bord. A peine le pauvre souffreteux eut-il touché du pied la terre, qu'il devint tout resplendissant de lumière, et que notre Seigneur Jésus-Christ se manifesta, disant à Judicaël: « Pour ce que tu « ne m'as pas desprisé en terre, tu y seras ex« haïsse, et, en après, le seras en paradis. » Et quand il eut achevé, il monta au ciel, entouré d'une inestimable clarté.

Après un long règne, Judicaël fit raser ses cheveux et sa barbe, et, quittant le siècle et les honneurs mondains, il prit la résolution, de descendre du trône, et de s'ensevelir dans l'obscurité d'un cloître. Mais il fallait pourvoir aux soins du gouvernement, et il proposa la couronne à son frère Judoc, second fils de Judhaël, qui portait le titre de Juveigneur de Bretagne. Jiuloc demanda huit jours pour examiner cette proposition. Le SaintEsprit, qui le conseillait, lui inspira l'idée de s'associer à des pèlerins, et de quitter secrètement la cour. Il se rendit dans le comté de Ponthieu, où le duc Aymon le reçut honorablement. Il se fit prêtre, puis ermite, puis il bâtit un monastère, où, après sa mort, on l'a longtemps invoqué sous le nom de saint Josse. Son frère, saint Vinoc, alla l'y trouver et partager ses travaux apostoliques.

La fuite de Judoc dérangea les mesures de Judicaël, mais ne changea rien à ses desseins. Il adopta le mépris de son frère pour les grandeurs mondaines, et se donna tout entier à la pénitence dans le monastère de Gaël. Il ne se distingua des autres religieux que par son humilité, et il fut inhumé sous le portail de l'église, à côté de saint Meen, son premier abbé.

Salomon régnait encore à Rennes à l'époque de la mort de Judicaël, avec lequel finit la race de Riwallo Murmaczon. Celle de Conan recueillit, sans secousse, sans opposition aucune, la souveraineté générale de la Bretagne, et le royaume de Donnonée disparut pour jamais. Six princes l'avaient successivement gouverné.

Salomon II, roi de Bretagne, ne tarda pas lui-même à payer tribut à la nature. Alain II, surnommé le Long, occupa le trône après lui. Ce fut sous le règne de ce prince que les Bretwaldas anglo-saxons de la Grande-Bretagne, achevèrent l'expulsion ou la destruction des races bretonnes de celte île. La famine et la peste désolaient ce pays, et la plupart des familles qui échappaient à ces fléaux réunis, abandonnaient leur patrie et. se réfugiaient dans les Gaules.

Ceadwallader,que les chroniqueurs nomment Cadvaladrus, vint, comme ses prédécesseurs, solliciter des secours dans la Bretagne armoricaine. Il était accompagné de nombreux bâlimens, sur lesquels une foule de malheureux entassés frappaient l'air de gémissemens, en chantant des psaumes, avec les religieux qui cherchaient à les consoler. Ct; fut dans cet appareil qu'ils abordèrent à Guy d'Aleth '. Les Bretons acquittèrent généreusement envers eux les devoirs de l'hospitalité.

Après dix années de séjour en Armorique, Ceadwallader, apprenant que ses anciens sujets reprenaient des forces, et qu'ils désiraient sa présence, demanda des vaisseaux au roi Alain. Il obtint une flotte considérable. Mais tandis qu'on la préparait, Ceadwallader annonça qu'une voix angélique, qui s'était fait entendre pendant la nuit, lui avait ordonné de se désister de son entreprise. Dieu voulait que la race bretonne cessât de régner sur l'île, jusqu'à ce que les temps funestes prédits par Merlin au grand Arthur, fussent écoulés. La voix lui recommandait en outre de se rendre à Rome, près du pape Sergius, et d'y consacrer ses jours à la pénitence.

Lorsque Ceadwallader eut raconté cette étrange vision au monarque breton, Alain rassembla les évèques et les sages de son royaume, et après leur avoir fait exposer, dans tous ses détails, le récit du prince expatrié, il leur ordonna de rechercher, dans tous les anciens écrits, quels événemciis avaient prophétisé les sybilles de Sène et le barde Merlin. Les sentences que les sages rapportèrent, se trouvèrent parfaitement concordantes à la révélation faite à Ceadwallader, et sans nulle différence '. Alain l'engagea donc à obéir à la voix de la providence. Quelques Bretons seulement accusèrent de lâcheté Ceadwallader; et, sous la conduite de son fils et d'Inis, son neveu, ils passèrent dans l'île qui avait cessé de porter le nom de Bretagne. Après plusieurs combats, ils se retirèrent au territoire de Cymri, où leurs descendais furent long-temps honorés sous le titre de Pendragons de Galles, selon les paroles de Merlin.

Les libéralités des rois, des seigneurs, et même du peuple, envers les églises et le clergé, avaient accumulé des richesses dont l'usage n'était pas toujours sagement réglé. Quelques personnages irréprochables s'attiraient sans doute l'estime et la considération publiques; mais en général les mœurs des ecclésiastiques étaient irrégulières; ils montraient peu de désintéressement, et n'observaient aucune discipline. Le désordre devint tel, qu'il fallut un concile pour y porter remède; et ce concile, présidé par l'archevêque de Reims, Nivard, se réunit dans la ville de Nantes, la première année du règne d'Alain-le-Long. Les canons réglementaires de ce concile défendirent aux prêtres toute cohabitation avec des femmes, et leur ordonnèrent de renvoyer celles qui demeuraient dans leurs maisons comme domestiques, ou à quelque litre que ce fût; ils ne firent pas même d'exception pour leurs mères ou leurs sœurs. Ils proscrivirent l'usage abusif d'enterrer certaines personnes dans les églises, et de prendre des rétributions pour réciter les prières des morts. Ils blâmèrent fortement l'esprit de cupidité qui entraînait des curés à desservir plusieurs églises à la fois, et, ce qui était plus détestable encore, à demander ou faire demander ces bénéfices aux collateurs. Un article de ces canons prescrivait de partager les décimes et offrandes en quatre portions, l'une pour la fabrique de l'église, la seconde pour les pauvres, la troisième pour les prêtres et leurs clercs, la quatrième pour l'évèque. On remarquait encore, parmi les canons de discipline intérieure, l'ordre de distribuer des eulogies,ou pain béni, aux personnes qui n'étaient pas en état de communier, et celui demettreen pénitencelesgrandspécheurs, savoir: les adultères, pendant sept ans; les fornicateurs, pendant trois ans, les homicides volontaires, pendant quatorze ans; et les homicides involontaires, durant cinq années.

Après la mort d'Alain-le-Long, la Bretagne devint le partage de quelques seigneurs puissans, qui se lassèrent d'obéir à des fantômes de rois, comme le faisaient en France les maires du palais, et qui se déclarèrent incîépendans. La plupart de ces princes descendaient de la race de Conan, d'autres de celle de Judicaël. Ils étaient comtes de Nantes, de Vannes, de Léon, de Cornouaille. Quelques uns prirent le titre de Roi, mais aucun ne réunit la Bretagne entière sous son autorité. On connaît ceux qui se distinguèrent par des exploits personnels, ou qui résistèrent avec le plus de persévérance aux attaques des Français, sous les noms de Daniel Drem-ruz ou Face-rouge, de Budic, de Jean Reith, de Vuna, de Grallon-Flam. Les archives ecclésiastiques du comté de Cornouaille les décorent du nom de rois; mais on ne leur attribue en général que des actions peu dignes de croyance. S'ils ont fait quelque chose de notable, tout est retombé dans l'oubli. Les chroniqueurs ont confondu les règnes, ont interverti les dates, et n'ont rapporté que des traditions confuses qu'on tenterait vainement de débrouiller. La seule vérité qui ressorte de leurs récits contradictoires, c'est que les peuples étaient accablés de misère.

La France, incomparablement plus forte que la Bretagne, par son étendue et sa population, ne jouissait pas de plus de prospérité. Ses rois n'étaient que des enfans timides qui obéissaient aux maires du palais; et bientôt les Français, fatigués d'une race d'êtres sans énergie, inutile fardeau du trône, "s'avisèrent de changer l'ordre de succession, tonsurèrent en moine Hildéric, le derrain de la lignée Clovis; puis fut le prince Pépin, par l'élection desdits François et l'autorité apostolique, oingt et consacré roy de France, par saint Boniface, évèque de Magunce, l'an de nostre Seigneur sept-cent cinquante."

Pépin fut promptement instruit de la discorde qui régnait entre les Bretons; il se hâta d'en profiter et s'empara des villes de Nantes, Rennes, Dol et Saint-Malo. Les Comtes qu'il préposa au gouvernement de ses conquêtes accablèrent les peuples de vexations. Des révoltes partielles en furent le résultat, et Pépin accourut lui-même pour les apaiser, avec une armée qui pénétra jusqu'à Vannes.

Le fils de Pépin, Charlemagne, envoya demander aux Bretons le paiement du tribut que son père leur avait imposé. Les Bretons s'y refusèrent; et le comte Astolphe, grand-maître de la maison de l'empereur, et sénéchal des Marches de Bretagne, poursuivit leurs princes jusque dans les forêts et au sommet des rochers, s'empara de plusieurs châteaux et forteresses, prit des otages, et s'empressa d'aller les présenter à Charles qui tenait alors une diète générale à Worras.

Les Bretons reconnaissaient parfois combien leur étaient funestes les dissentions civiles. Ils se rallièrent entr'eux, non pour jurer obéissance à l'empereur, mais pour se secourir et se défendre mutuellement, s'il envoyait encore ses ducs dans leur contrée. Quatorze années s'écoulèrent, pendant lesquelles ils vécurent en paix et ne payèrent aucune imposition à la France, tandis que Charlemagne combattait Hérigius, duc deBénévent,Tassilon, duc de Bavière, les Abares, les Saxons et les Lombards. Mais, si les animosités, si les ambitions particulières avaient un instant cédé à l'intérêt public, elles reprirent leur cours, plus furieuses que jamais; et le comte Guy, gouverneur des Marches, rentra de nouveau dans la Bretagne, pour en soumettre les habitans révoltés. C'est à tort que l'on assigne pour motif à celte guerre le refus de solder des tributs consentis par les Bretons. Jamais ils n'avaient accédé à des conditions pareilles. On ne saurait y trouver de cause plus réelle que la désolation de celte nation malheureuse, la destruction de ses chefs, la division de ses peuples, privés de conducteurs, et l'ambition de Charlemagne, qui profitait avec adresse de la discorde que savaient fomenter ses agens, pour attacher à ses états cette belle province occidentale. Les principaux seigneurs, en guerre les uns contre les autres, semblaient alors tellement acharnés, qu'on disait qu'ils se fussent plutôt donnés aux Sarrasins, afin d'augmenter leur parti personnel, que de se réunir contre l'ennemi commun. Le duc Astolphe et le comte Guy ne rencontrèrent d'autre obstacle à leur marche que l'amour indomptable du peuple pour la liberté, et la vaillance généreuse de quelques seigneurs qui n'avaient pas subi la loi du vainqueur, et qui préféraient la mort à la tyrannie. liberté, toujours malheureuse et nourrie au sein des dissensions, dégénéra souvent en fureur indiscrète et sans résultat. Mais en quelque nécessité que fussent réduits les Bretons, ils n'oubliaient pas ce qu'elle valait, et dès qu'une lueur d'espoir brillait à leurs yeux, ils se relevaient de leur abaissement et recommençaient leur défense avec plus d'énergie que jamais '. Cliarlemagne, que ses historiens ont peint si sage et si juste, n'usa de ces vertus que pour asservir des peuples sur lesquels la nature, l'hérédité, les traités mêmes, ne lui avaient conféré aucun droit. Tel est l'usage des princes absolus; leur volonté, leur caprice, leur ambition, sont leur équité; leurs titres, leur conscience . Toutefois, les Bretons conçurent enfin que leur faiblesse n'était que le résultat de leur division. Cliarlemagne semblait ignorer les excès de ses lieutenans, ou, du moins, il feignait de ne les considérer que comme un châtiment que la justice divine exerçait envers des rebelles et des parjures. Les grands se réunirent et se choisirent un chef nommé Arastang, qui prit le titre de roi. Ses premiers combats lui furent défavorables; mais l'empereur proposa des conditions de paix qu'il se hâta d'accepter; et le prince breton suivit Cliarlemagne, avec huit mille hommes, contre les Sarrazins qui menaçaient d'envahir le midi de la France. Hoél, comte de Nantes, y conduisit deux mille soldats. Leurs faits d'armes furent si beaux, si nombreux, si chevaleresques, dit l'archevêque Turpin, qu'on les chantait partout en belles romances. Ces deux héros à qui Charlemagne avait don né la Navarre et la Biscaye, périrent à Ronc%vaux avec Roland, Olivier, et la fleur de la chevalerie française.

Le comte de Cornouaille, Grallon-Flam, prenait aussi le titre de roi. Il descendait de Daniel Drem-ruz. Charlemagne lui envoya trois messagers, Médard, Philibert et Florent, très saints hommes, qui le prièrent « en l'honneur de « la Trinité, chrétienté et baptême,» de venir l'aider à venger l'opprobre des Français, leur misère et leur captivité. Ils lui offrirent en retour quatorze cités, du nombre de celles que les Français occupaient en Bretagne par le commandement de l'empereur. Grallon le promit; mais la mort de Charlemagne vint bientôt le dégager de sa parole.

Sous Louis-ie-Débonnaire, l'opinion générale de la nation bretonne désigna, comme digne de la gouverner, Morvan, comte de Léon, issu de la race qui portait ce nom. Il fut élu, couronné roi, et la Bretagne respira. Les talens de Morvan étaient dignes des grandes espérances qu'il avait fait concevoir. Louis-le-Débonnaire lui envoya l'abbé Witchar, sous le titre d'ambassadeur, pour l'exhorter à reconnaître sa suzeraineté l, MorYan lui répondit qu'il ne faisait point valoir les domaines de l'empereur; qu'il ne réclamait rien du gouvernement des Français, et qu'il ne céderait pas celui des Bretons; qu'il ne devait d'ailleurs aucun tribut à la France; et qu'il saurait se défendre, si le roi Louis lui déclarait la guerre.

Louis-le-Débonnaire marcha lui-même à la tète de ses troupes; il ordonna de faire mainbasse sur tout ce que l'on rencontrerait, et de n'épargner que les églises et les couvens.

Les deux armées se rencontrèrent près de la foret de Brisiac. Les Français, incertains de la position des ennemis, ne s'avançaient qu'avec précaution. Une nuit, tandis qu'ils étaient campés, Morvan voulut examiner par lui-même comment il pourrait surprendre l'armée française, mais il fut aperçu et tué par des gardes avancées. La mort de leur chef consterna les Bretons, qui se séparèrent et rentrèrent dans leurs habitations. Il devint impossible de se défendre. Louis pénétra jusqu'à Vannes. Il y rassembla quelques barons, et le clergé toujours prêt à recevoir la loi du vainqueur. Là, il ordonna ce qu'il voulut, sans trouver de contradicteur; mais, comme il était encore plus religieux qu'homme de guerre, il fit de grands avantages à l'état ecclésiastique. Il reçut ensuite, en son camp, sur la rivière d'Ellé, l'abbé Matmonoc, supérieur de l'abbaye de Landevenech. La forme de la tonsure de cet abbé, celle de son vêtement, surprirent l'empereur, qui lui demanda quelle règle on suivait dans son monastère. L'abbé lui répondit que ses moines tenaient leurs coutumes et leurs rites des anciens Bretons insulaires, et principalement de saint Wingaloc, Écossais, fondateur de son abbaye, sous le roi Grallon. Le roi de France lui témoigna qu'il n'approuvait nullement de tels usages, et lui ordonna d'adopter la règle de saint Benoît «. L'abbé Malmonoc ne trouva rien de mieux à faire que d'obéir à un roi qui se connaissait si bien en tonsure et en vètemens de moines. Depuis cette époque, Landevenech devint une abbaye de bénédictins, et conserva même sa forme intérieure et ses réglemens, après que les ordonnances de Louis-le-Débonnaire eurent été cassées et anéanties par les Bretons.

Ces points importans arrêtés, Louis-le-Débonnaire reprit le chemin de ses états. En passant à Redon, il admira la discipline et la règle suivies par les moines, les embrassa tendrement, et leur confirma la donation d'un vaste territoire qui leur venait de Ratewills, l'un des petits tyrans que les guerres civiles avaient engendrés.

Deux princes, descendans de l'antique race de Conan, existaient alors en Bretagne; ils se nommaient Riwallo et Noniénoé. Ils étaient frères. Riwallo, l'aîné, mourut, et laissa, sous la tutèle de Noménoé, un héritier appelé SaIomon, que son oncle éleva comme son propre fils. Noménoé avait déployé de grands talens à la guerre et dans le conseil. Il s'était montré l'un des plus redoutables adversaires du roi de France; mais, afin d'éviter de plus grands maux à son pays, il s'était soumis à l'empereur, qui lui avait conféré le titre de gouverneur et grand justicier de Bretagne. Il faut dire que Noménoé, dans ces hautes fonctions, n'oubliait pas le sang qui coulait dans ses veines, et qu'il gouvernait plutôt comme souverain que comme délégué; mais les Bretons, à qui rien ne pouvait arracher le sentiment de leur liberté, incertains de ses vues réelles, ne lui pardonnant pas d'avoir "accepté son commandement des mains d'un prince étranger, se réunirent, et, d'un commun accord, élurent un nouveau roi, nommé Guy-ô-Marc'h l, fils ou neveu de Morvan, et vicomte de Léon. La perte de ce roi fut bientôt décidée. Les lieutenans chargés de garder les Marches de Bretagne entrèrent en armes sur les terres de Guyô-Marc'h, qu'ils ravagèrent par le fer et la flamme; puis, ils pénétrèrent dans les propriétés des grands qui l'avaient élu. Louis-le-Débonnaire résolut de venir commander en personne son expédition. Il attendit l'automne, à cause de la famine qui désolait la France; il entra ensuite en Bretagne, et prit la ville de Rennes, qu'il brûla. Il divisa son armée en trois parties, donna le commandement de Tune à Charles, celui de la seconde à Louis, ses deux fils, et se réserva la direction de la troisième. Durant quarante jours, ces trois divisions commirent dans la Bretagne tous les excès imaginables. Les Bretons se virent réduits au désespoir; mais leur soumission ne fut que partielle et momentanée.

Louis-le-Débonnaire se retira riche des dépouilles de quelques malheureux, et traînant à sa suite des otages. Guy-ô-Marc'h et plusieurs représentans des cités bretonnes se trouvèrent aux états que l'empereur tint à Aix-la-Chapelle, et il leur fut permis de retourner dans leurs foyers; mais à peine eurent-ils touché la terre natale, qu'ils reprirent les armes. Guyô-Marc'h ne cessa qu'à la mort de combattre les partisans du Débonnaire. Elle lui fut donnée dans son propre château par le comte Lambert, gouverneur des Marches de Bretagne '.

ALAIN I (554-825 AD) BOOK III

Alain I or Alwen. - Counts of Vannes; Conao, Macliave. - Counts of Nantes Conobert. - Death of Chramne. - Counts of Cornouailie; Biirîic, The'odoric. - War against the Britons and Chilpe'ric Gontran. - Kingdom of Donnone'e. - Counts of Le'on; Conamor. - Saint Gildas; Judhaël; Archbishop Samson. - Hoel III. - SalomonlI. - Judicaë'l. - Council of Nantes. - Extinction of the first race of the kings of Britain.

Alwen, or Alain, son of Hoel II, succeeded him on the throne, but the monarch did not have enough energy to maintain its authority over the Counts that his grandfather had created, and the scepter in his hand was a toy useless. The warriors who had fought under Hoel the Great, the lords, who composed his court, were still in some respect HoëlII, for remembrance and recognition, but they Alain disdained the cowardly, despised his orders, and away from his person, seized the puissanceroyale in their counties respectively, they ruled as sovereign. Their quarrels, they supported the wars, the crimes they committed, occupied only the voice of fame. Thus the Britain had its indolent kings, such as France from Dagobert II to Pepin.

Conao, Count of Vannes, one of the princes the most powerful, having murdered three his brothers, lest they claim a portion of the legacy he inherited from his father, wanted to get rid of the fourth, named Macliave. His emissaries were able to arrest him and charged him with chains, but Conao went to the prayers of Felix, bishop of Nantes, and set his brother free, after having sworn on the Holy Gospels that he would do nothing against his authority. Just Macliave he was released, he eluded his sermons, on the grounds that the violence had torn. The persuasive eloquence of Felix vainly interceded in his favor Conao pursued his brother fiercely, and Macliave, finding no refuge, even among his vassals, in the land of his heritage, implored a refuge with the Count de Leon, Conamor, who agreed to give him hospitality. The public voice instructed Count Vannes, who sent messengers for Leon County, claiming his brother height. Conamor, touched by the misfortune of Macliave, tried Tièche Count of Vannes, and sent him words of conciliation; but he soon learned that new messengers were heading for their land, and that he brought a declaration of war. The Count Leon was not able to armed resistance to the prince who threatened him, and yet, his generosity does not allow him to engage in an unfortunate executioners who had entrusted his life, he thought of a scheme, worthy of the Dark Ages. It assumed the death of Macliave, and made him go funeral honors. We celebrated a service death of his coffin, and to complete the funeral of the outlaw, was built a tomb in which he was placed. The tomb was publicly sealed, according to custom; but it was reserved for a secret passage in the means of which the prisoner was food. The messengers of the Count of Vannes arrived. They had learned that Macliave shows at the Palace of Conamor, they demanded we gave them the. Count Leo introduced them to the place of burial, and said, pointing to the grave "is Macliave more, this is his final resting place, I can not give it to you: tell it has Conao nothing more to fear from his brother. " The messengers believed his word, they became bring a meal at the tomb, where they drank and ate, what you do not look like a sacrilege, and hastened to announce the new Count of Vannes, which took possession of all lands that had been unable to date rob his brother. Having escaped this danger, left the court Macliave Prince de Leon, retired to a monastery, gave up, apparently the world is shaved hair, entered holy orders, and succeeded to the episcopate in a few years. He affected this out of piety, he attracted the veneration of the people and the votes of clergy, and he held the same seat of Vannes, now without fear of his authority brother. His behavior seemed steady, and the purity of his manners made him an object of admiration, when Conao came to die. A change Full therefore took place in the character of Macliave. It took the county of Vannes joined the title of prince to that time Prince spiritual girded the sword without removing the miter, said the woman he had abandoned when he embraced the ecclesiastical state, and now showed that he had probably been at all times, treacherous, ambitious, violent and concealed. The bishops of the province excommunicated him, but he made little of the wrath of the Church, and nevertheless continued to govern its people and clergy, raising troops, and having the sacraments, priest in his cathedral, and usually in the tent. History records that the Comtesse de Vannes boasted that more honors gave him as a woman bishop, as those it had inherited the rank of its husband.

The Count of Nantes, Conobert, had some difficulty in defending companies Conao of the ambitious, but he succeeded, and he allied himself with Vilicaire, Duke of Aquitaine, he had married the second daughter named Caltée. The first gave her hand to Chramne prince, son of Clotaire's son and grandson Clovis, Hymen and of Conobert Caltée had concluded in Nantes, with a pump any Royal, and he had not taken the British prince, as does his beautiful wife judged equal in power and wealth, the greatest monarchs of the world, so she hastened to offer asylum to his sister and his brother, when his son went Clotaire Chramne and family. ALAIN I. 554-825. BOOK III.

Alain I or Alwen. - Counts of Vannes; Conao, Macliave. - Counts of Nantes Conobert. - Death of Chramne. - Counts of Cornouailie; Biirîic, The'odoric. - War against the Britons and Chilpe'ric Gontran. - Kingdom of Donnone'e. - Counts of Le'on; Conamor. - Saint Gildas; Judhaël; Archbishop Samson. - Hoel III. - SalomonlI. - Judicaë'l. - Council of Nantes. - Extinction of the first race of the kings of Britain.

Alwen, or Alain, son of Hoel II, succeeded him on the throne, but the monarch did not have enough energy to maintain its authority over the Counts that his grandfather had created, and the scepter in his hand was a toy useless. The warriors who had fought under Hoel the Great, the lords, who composed his court, were still in some respect HoëlII, for remembrance and recognition, but they Alain disdained the cowardly, despised his orders, and away from his person, seized the puissanceroyale in their counties respectively, they ruled as sovereign. Their quarrels, they supported the wars, the crimes they committed, occupied only the voice of fame. Thus the Britain had its indolent kings, such as France from Dagobert II to Pepin.

Conao, Count of Vannes, one of the princes the most powerful, having murdered three his brothers, lest they claim a portion of the legacy he inherited from his father, wanted to get rid of the fourth, named Macliave. His emissaries were able to arrest him and charged him with chains, but Conao went to the prayers of Felix, bishop of Nantes, and set his brother free, after having sworn on the Holy Gospels that he would do nothing against his authority. Just Macliave he was released, he eluded his sermons, on the grounds that the violence had torn. The persuasive eloquence of Felix vainly interceded in his favor Conao pursued his brother fiercely, and Macliave, finding no refuge, even among his vassals, in the land of his heritage, implored a refuge with the Count de Leon, Conamor, who agreed to give him hospitality. The public voice instructed Count Vannes, who sent messengers for Leon County, claiming his brother height. Conamor, touched by the misfortune of Macliave, tried Tièche Count of Vannes, and sent him words of conciliation; but he soon learned that new messengers were heading for their land, and that he brought a declaration of war. The Count Leon was not able to armed resistance to the prince who threatened him, and yet, his generosity does not allow him to engage in an unfortunate executioners who had entrusted his life, he thought of a scheme, worthy of the Dark Ages. It assumed the death of Macliave, and made him go funeral honors. We celebrated a service death of his coffin, and to complete the funeral of the outlaw, was built a tomb in which he was placed. The tomb was publicly sealed, according to custom; but it was reserved for a secret passage in the means of which the prisoner was food. The messengers of the Count of Vannes arrived. They had learned that Macliave shows at the Palace of Conamor, they demanded we gave them the. Count Leo introduced them to the place of burial, and said, pointing to the grave "is Macliave more, this is his final resting place, I can not give it to you: tell it has Conao nothing more to fear from his brother. " The messengers believed his word, they became bring a meal at the tomb, where they drank and ate, what you do not look like a sacrilege, and hastened to announce the new Count of Vannes, which took possession of all lands that had been unable to date rob his brother. Having escaped this danger, left the court Macliave Prince de Leon, retired to a monastery, gave up, apparently the world is shaved hair, entered holy orders, and succeeded to the episcopate in a few years. He affected this out of piety, he attracted the veneration of the people and the votes of clergy, and he held the same seat of Vannes, now without fear of his authority brother. His behavior seemed steady, and the purity of his manners made him an object of admiration, when Conao came to die. A change Full therefore took place in the character of Macliave. It took the county of Vannes joined the title of prince to that time Prince spiritual girded the sword without removing the miter, said the woman he had abandoned when he embraced the ecclesiastical state, and now showed that he had probably been at all times, treacherous, ambitious, violent and concealed. The bishops of the province excommunicated him, but he made little of the wrath of the Church, and nevertheless continued to govern its people and clergy, raising troops, and having the sacraments, priest in his cathedral, and usually in the tent. History records that the Comtesse de Vannes boasted that more honors gave him as a woman bishop, as those it had inherited the rank of its husband.

The Count of Nantes, Conobert, had some difficulty in defending companies Conao of the ambitious, but he succeeded, and he allied himself with Vilicaire, Duke of Aquitaine, he had married the second daughter named Caltée. The first gave her hand to Chramne prince, son of Clotaire's son and grandson Clovis, Hymen and of Conobert Caltée had concluded in Nantes, with a pump any Royal, and he had not taken the British prince, as does his beautiful wife judged equal in power and wealth, the greatest monarchs of the world, so she hastened to offer asylum to his sister and his brother, when his son went Clotaire Chramne and family. Clotaire, who had shared with the Gauls brother, Theodoric, and Clodomir Childebert had entrusted the government of Aquitaine to his son or Chramne Cramire who had rebelled several times against him. The rebel prince, refuge at the court of his uncle Childebert in had received help in its fight father, but Childebert died, while in France whole is subjected to Clotaire, and Chramne was defeated in the battles that he dared to deliver, supported by Vilicaire. It died in the monastery of St. Martin of Tours Clotaire that, animated by revenge, devoted, without pity, the horrors of the fire, with everyone in it.

It was then that Caltée in the pain he caused the death of his father, called near her sister the Princess, and made promise Conobert to sacrifice, if necessary, his life and statements, and to steal his family Chramne the fate prepared for them that the fury of Clotaire. The passionate nature of the king of France does let the unfortunate Chramne no hope of forgiveness. If the prince had shown himself great, and contemptuous disobedience, King's father was outrageous, harsh and vindictive one. It summoned again his son to appear at feet from the hole, but would not Ghramne running in front of a death which he considered certain and ignominious: he preferred to receive it, a warrior in combat. Conobert welcomed in Nantes with the greatest respects.

Four years, however, passed. Chramne and his young family, under the protection of Conobert, managed to thwart few frames shameful, treacherously plotted to seize their persons. We began to believe that Clotaire, held care of the government, had forgotten his anger, when the heralds came. They demanded, on behalf Chramne and his children, and threatened to expel Conobert of his land, if it eager to put them back in their hands. "Who, me Conobert said that I lack Sworn to the faith! that, to meet hatred mad king of Paris, I give a Prince the executioners that lie ahead! Your King was mistaken. Tell him that the Britons never violated the laws of hospitality: when they have friends, they die for defend. "

The heralds did not receive any other answer. They returned to the King of France, and it is prepared for war.

Clotaire's fury can not be described and it lost in the eating and drinking. With a large army, he crossed the Maine, and went take shelter in the monastery of Javron, Father took care of that back a little calm in his soul, he predicted victory, comforted him, made him take some nourishment. Clotaire went his way, he entered Britain by the end of the territory of Rennes, and soon the French and the Britons found themselves in presence.

Conobert was a valiant knight, and dignified in the opinion of the people, to measure Clotaire, king he was. He told him in the next day. The battle was bloody, and the night could only separate the combatants. The French troops were bent on several points, but victory did, however, of any party line. During this night, which was the last to so many brave, foreign to many quarrels and Chramne Clotaire, Count of Nantes, agitated by a fatal, went under the tent of French prince and said: "I watched a brother, and I am always to you, life and death. But you ought not fight against your father, your cause is unjust, it hurts the laws of nature. The mine, however, is approved of God. Clotaire became my enemy without cause; in the excess of his animosity, he invaded my land, he killed many of my subjects, it has reduced to slavery, and has viciously made ruins of the monastery Taurac. If I fighting alone, God will abandon him. Get thee So neighborhood. I go with my knights, attack that night and they are armed, ready to do well, and tomorrow Clotaire and his people be dead or prisoners. "Listening these words, thought Chramne Conobert wanted to rob him of the honor of victory, and, probably by the will of God, as believed, he rejected the proposal of the prince Breton. The next day, at sunrise, the two armies returned to the battlefield, took their ranks, and fight again worse than ever. Surrounded the elite of their warriors, and Chramne Conobert advanced to Clotaire, who had called all his power he could provide soldiers, who received each When reinforcements. The danger grew soon showed how these great hearts had courage. He died thousands men, and the bravest. The Bretons who defended the cause of hospitality does lacked a point to their faith, the French fought furiously, animated by the spirit Clotaire had known that inspire them, and share and secondly, we saw that the dispute would considered in this battle. The King of France, uncertain of success, spread bitter tears; there was absolved by his bishop, chaplain, to the two armies, and, putting himself in prayer, He spoke highly of these words: "God Jesus Christ, who alone know him the hearts of men, be present in my prayers, and exercises at this point just examining judge. I sure that thou knowest all things, I will please pray that read hear the felony of Chramne my son. What he could do so by fraud and conspiracy, he is currently trying to accomplish by battle, and has not hesitate to expose the death of innumeracy people, hastening the banker of a decrepit old man. And, of course, I had given him great hope, for in my lifetime I should have yawned the care of governing Aquitaine, but he did not wait for the kingdom, if it be assumed by parricide. Look at me, Lord of heaven and judge justly according to the once you made that decision against Absalom. I 'm not David, I confess, but also I'm not degenerate faith. He believed that the Redeemer of the world would come, and me I ja think it's come! "

God reserved Clotaire to the punishment of his crimes, began, historians say, fulfilling its wicked prayer. Part of the troops had been forced Chramne, the valiant Conobert rushed to support and rally his men. But suffering from a javelin, he was killed at the head of own. This blow decided the battle. A few détachernens the Breton army withdrew Nantes on to defend their homes, others headed for the ships prepared along shoreline to ensure the retreat in case of setbacks, and Clotaire, who continued with hard, made many perish.

An eternal pity is related to the fate of the unfortunate Chramne. The prince, still fighting, touched the vessels which were save when murmur arose among troops, who rallied and faced with enemies. New shots are included, the cries of horror are heard, the Prince rushes, sometimes, its last defenders succumbed; accents too well known but have penetrated her heart, they have broken. It is his Women are his children who call l vain his friends, his servants, his warriors, opposed to the resolutions of despair, he pushes it aside the sword in his hand, he the leak, he presses the sides of his steed, he braved clouds of arrows and spears, he through the battalions, and covered in blood and dust, he falls in front of a tent, shouting "I am! was the tent of his father! Exhaust your revenge on me, save me wife and my children "said the unfortunate Prince! "Die, said Clotaire and perish with you, you godless race procreation! "

The soldiers caught sight of a cottage near the camp. A poor family lived. Still scared of the noise of battle, she praying, kneeling, only opposed to the force inertia and tears. Chramne was attached to a bench, his wife, four children, were loaded with links to him. "Save them, save my children! "he cried again in the anguish of the terrible fate that awaited him, and the son of poor people embraced the prince, to console! But already the cottage surrounded by brushwood, was set on fire; and the last of the fire pétillemens learned that the King of France was his revenge consumed.

Thus fell the son of Clotaire. This monarch began his reign with the murder of his nephews, he finished, they say, his horrible life a year later, racked with remorse and asking God for forgiveness of the victory.

Conobert's death had left debris of his army without leaders, and the city of Nantes without defenders. Its leading citizens had perished. Clotaire appeared, and the city did not try not evade its authority. The Countess and his son sought refuge at the court of Macliave, Count-Bishop of Vannes. The king of Franks put a garrison in the tower of Nantes, and entrusted the administration of the city and the land to Bishop Felix. He then retired of Rennes, where the vegetated indolent Alain, who retired in the western part of Cornwall. Citizens handed the city to Clotaire, by the boards of St. Melaine, their Bishop. The King of France gave to the city of Governors, and placed Saint Melaine, which was willing to follow him, among his advisers.

During this impious war, Macliave, Earl Vannes and Budic, Earl of Cornwall, were committed by a solemn compact, to defend each other's states, and had promised each other the tutelage of their children. Budic died, and his Theodoric son, who knew the treacherous nature of Macliave, thought fit to escape. Macliave seized statements, but Theodoric, after long wandering, found Faithful Bretons, who vowed their services Macliave attacked, fought him personally, and killed him, and his eldest son Jacob. " Theodoric was content to return to County of Cornwall, and left that of valves Guérec'h 'or Waroch, second son of the Bishop Macliave.

The life of Count Theodoric is not responsible for events. He learned one day that WigNial son of Clyddon, one of the kings of Ireland, appeared on the coast of Cornwall, followed by a large number of men, and that operated his landing. Fearing foreigners who were being preceded by any message, Theodoric assembled his knights, rushed the crowd of unfortunates, who made no resistance, and slaughtered to the last. It was not long that he had destroyed the Irish do took refuge in Britain, as in peace to practice the religion of Jesus Christ, they had been baptized by St. Patrick, and there were seven of them bishops. The people honored them as martyrs. Theodoric died of grief, and his son Junoc, waiving its noble heritage, devoted his day to God in a monastery.

Theodoric left two brothers, and Melanius Rinode. The estate belonged by right to Melanius but managed to get rid Rinode a murder, and took statements at Mélaire prejudice to his son, whose existence soon to give birth to her fears, and excite his hatred. Rinode to make this prince incompetent to govern, made him cut the left foot and right hand. The unfortunate child died in this horrific attack point, and his mother, having invoked the particular states of the County of Cornwall obtained, through the Bishop of Quimper-Corentin, and some of the lords who assembled, that the young was Mélaire under the tuièle of Kyoltan, one of the old servants of Melanius. Compassion excited by the fate of the prince shook violently the tyrant, who wished to prevent the results. He brought Kyoltan, and promised great wealth, if he could give secretly death to his ward. The miser guardian consented, and gave his project to his wife arisia, who pretended to approve, but who took advantage of return of the darkness, running away with the innocent victim clans forests covering then the mountains of rez, where she hoped surely arrive at the castle of Conamor, Count de Leon, but the Kyoltan reached. It killed in a fit of rage, the generous arisia, and cut off the head of Prince Mélaire, it hastened to offer the usurper Rinode. From that moment divine vengeance dwells on those infamous. Austin, son of Kyoltan and his accomplice, could not avoid the middle of the night, a precipice, at the bottom of which he died. Kyoltan, struck blind, fell from the top a rock in the sea, which swallowed up, and Rinode, seized with terror, by learning the punishment of his assassins, died the same day, in the most unbearable pain. The Mélaire prince and his father were Melanius invoked soon as saints. The people at that time, and took revenge on tyrants who oppressed them, and that revenge often became terrible because of the noise miracles at the grave of the victims, they armed themselves, gave themselves new leaders, and, in the opinion of the time, God himself was fighting with them to the cause they embraced.

But already Duvalc'h or Doualc'h son of Conobert ', had reached the age when one knows his position, where we sense the future. Guérec'h, son of. Macliave, and Count of Vannes, brave and generous knight, had protected Doualc'h the young, his cousin, and gave education suited to the heir of the Counts of Nantes. Chilperic, Clotaire's successor, was still in the cities of Nantes and Rennes, and was assured that he had expressed the intention to demand tribute and acts of submission of the Earl of Vannes. Doualc'h to Guérec'h of ugly, found supporters among the inhabitants of the territories of Rennes and Nantes. He soon had an army, and came to destroy all the places occupied by French garrisons. He hoped to get them out of covered the walls, and fight in open country, or starve them and force them to surrender. Chilperic, warned, hastened to meet of Touraine, of Le Mans, the Poitou, Anjou and the Bajocasses or bagasse, the remains of a Saxon tribe set at Bayeux '. We made an appointment for a general battle, to the marches of Brittany, and at certain day, the army of Chilperic, the number of over twenty thousand men, began ravaging and pillaging the land Breton, regardless of friend or foe. Guérec'h, being aware of point through which had entered Chilperic, rode all night, and attacked the French at daybreak, as they were encamped beyond the Vilaine, near Messac. Satisfied with the spoils they had torn to the poor peasants, they were busy share, thinking neither the enemy nor to the possibility of resistance. Guérec'h repulsed in disorder on the river, destroyed many, and threw the rest in marshes, which swallowed whole battalions. Five thousand men at re-crossed the Vilaine, swimming or bad boats. The advantage gained by such Guérec'h was nature, that the next day, the general Cliilpéric proposed a truce: the preliminaries of peace were arrested, we gave of both sides of the hostages, and the French withdrew.

Guérec'h, winner, sent almost Chilperic, Trouble, Bishop of Vannes, to address the conditions for lasting peace, but Chilperic, after trying to bribe Ennius, treated him as a rebel cleric, and sent into exile in the city of Angers, in order to live at the expense of charity public with defense never go back Britain. When Guérec'h experienced processes C1U King of France to his ambassador, nothing could calm her resentment. His troops, together with those of Doualc'h, traveled incessantly and the territories of Rennes Nantes, tiring the garrisons, surprising detachments, protecting the crops that Chilperic soldiers were accustomed to rob the peasants, and so the gathering fruits of the earth, that the French famine soon reduced to extremities. Chilperic sent to rescue them, one of his Dukes Beppolène appointed, who held one of the first jobs in his home. Beppolène at Instead of trying to fight Guérec'h, carried the fire and sword in Britain, ravaged the countryside, towns and burned open cities, and took captive the peaceful farmers, to put them to ransom. Guérec'h retaliated. The Bishop Felix, who kept the city of Nantes for Chilperic, sent to the Earl of valves of Deputies, which represented to him how many were worthy of pity the poor inhabitants of his diocese, but Guérec'h told him that it would cease hostilities, as when he mentioned would be returned. In the meantime, came to Chilperic die, and once in Doualc'h Guérec'h and received the news, they hurried to put the siege of Rennes, which surrendered without a fight, as the inhabitants were at heart to become the Bretons. Beppolène of the besieged again, but this time they defended themselves bravely, and as the operation dragged in length, head left for Angers, where he for the king commanded, and left his army and conduct of the seat in one of its aa. The besieged, aware of his absence, made a sortie; they found their opponents in disarray, penetrated to the center of the camp, forced the guards of the young general, and killed him.

The assiégeaus, terrified, fled, and the square was issued. It remained to recover the city Nantes. Beppolène, with the title of Queen Fredegund referendum, widow of Chilperic, had returned in great haste, and i! had brought a large army, but a event, where he took an active part, made him abhor the Nantais. A great lady Donnola named, daughter of Victorius, bishop Rennes, and wife Nectaire, brother Baudegisile, bishop of Le Mans, possessed considerable vineyards in the territory of Nantes. She use to go every year, in its properties and to monitor itself its harvest. Beppolène whose insatiable Greed claimed possession of all the products it considered at its option, wrote to forbid him to act of possession. Donnola despised letters strange. This land was hers and she held it by inheritance from his uncle, was a result, she arrived, and began to head for harvesters. Beppolène, leading a troop of soldiers, entered in the vineyards, massacred Donnola with most of its people, and seized the harvest. A general cry arose against him; everywhere they refused to obey him and to report honors to which his rank gave him rights. The roiGontran, informed of this violence, fearing that the city of Nantes did soulevât, and immediately sent to the scene commissioners to get the facts, and make the punishment the guilty. Antistius be easily convinced that Beppolène was the author of confusion; he confiscated his property and went to Nantes, with the intent to take action against the son of Nonnechius, bishop of this city, successor Felix. The young man, his conscience accused, had retired to the court of King Clotaire. Antistius summoned the bishop to go to day marked by before the king Guntram, in the town of Saintes, in order to undergo his trial. Nonnechius indeed appeared, but he made large presents to the king: he calmed anger, and the people were the only ones to suffer from this bloody disunity '.

Guérec'h Doualc'h recognized and all that the fact had beneficial their cause, they redoubled their activity, were able to grow their army, met often they started detachments French on the run, made many prisoners, and brought back to Vannes rich spoils.

Gontran then took the determination to send deputies to the Earl of Vannes and the heir to the county of Nantes. He chose to Ambassadors Namascius, bishop of Orleans, and Bertran, bishop of Le Mans. They were accompanied by several counts, dignitaries house of the king and nobles, followed a beautiful train. The confines of the territory of Nantes were designated as the place the interview. The envoys had Contran instructed to obtain bids of Guérec'h and Doualc'h; to impose a tribute of one thousand in money each, and retain one of the cities of Rennes or Nantes, to get a foot in Britain, and be able to go with ease, if the opportunity arose.

The conference opened with height from members of (iontran, with deference from Doualc'het of Guéree'h. The bishops claimed that Namaseius etBertran were to adopt their proposals, having passed through them, and received, by that very the sanction of the Church, they were likely to no discussion. The British princes replied that they respected the decisions of the Church, but they had fought for recover their property unjustly delighted and that God had made them winners, this which proved that he favored their cause, they many were willing to sacrifice to restore peace ardently desired by the people and by themselves, and they incurred ambassadors to seek new powers to deal on other bases. Guéree'h then had to go to great Namaseius property situated in the territory of Nantes, and relaxed no insult was made to its farmers.

The deputies returned to close Gontran of their master, and found in moderation princes of Britain reasons sufûsans to assert that the king and Guéree'h Doualc'h acknowledge its supremacy. Both Counts had ensured that they were ready at all sacrifices for peace envoys reported they had said: "We know Like you, these two cities rightfully belong to the children of King Clotaire and nousreconnaissonsquenous must be their subjects and we will soon repair all the damage we have done on their land, against law and reason. "MPs added that the princes were committed to pay for each mile as the kings and Contran Clotaire.

French historians have only told the facts and says' that peace had been signed with these conditions. It just have to look carefully to recognize the absurdity of this story. Guérec'h and Douale'h, winners have certainly not qxie said the legacy for which they fought was not theirs. Ambassador Gontran, Namascius, had received from their hands the lands they had confiscated and he would not have been likely, had he not acknowledged that they were entitled. Doualc'h, which was while a dispossessed prince, could not commit to pay tribute in a thousand, immense sum at that time and knew where he would take, and pay just by giving up the principality he was at the time to recover. These incongruities are obvious. Of Today it is united 'pension to the princes, which is deposited Sède, and if we fail to act and time and Gontran of Frc'dégonde is that considered most suitable to deprived of life. Besides, one must be warned that Gregory Tours, copy by most modern historians, never loses an opportunity to distort the truth 'when it If question of establishing the suzerainty of the kings of the Franks tones the neighboring princes.

Whatever, in fact, the concessions of Guérec'h and Doualc'h, they nevertheless continued the siege of Nantes. Gontran then dealt to appease a sedition had high Tours. He waited in vain for the effect of promises of his envoys. When he tried them to account, was Namascius death, and Bertran, dedicated, no return to the world, the worship of shrines, could not remember most of the past. The French king, who feared that the Britons might give the assault to his city, and she went, he made a new lifted, and appointed to command his army Count Ebracaire, one of the first men war in his kingdom, and Beppolène, in which he gave all his support. They conferred the most extensive powers.

Both captains, jealous of the other, only thought to affect one another. Ebracaire feared that the success of Beppolène Gontran to bind the king to restore that the Duchy had previously assigned the territory of Nantes. Both s'enviaient functions each of which they were loaded. They talked first with bitterness, quarreled, passed the blame to insults and blasphemies and curses to, and refused, in their march, the Relief that their divisions were waiting one on the other. Finally they crossed the Vilaine audessus of Ptedon then went on the river Aougst of l, which passes and threw herself Josselin in the Vilaine, they demolished the houses of villages, and built bridges with their debris.

Queen Frédégoncle, widow of Chilperic, had not endorsed the war that his children were in Britain. This ensures that it harbored an inveterate hatred against Beppolène, and that she omitted nothing of what might bringing its loss. Consequently, it warned Guérec'h of his intentions, and being cut the hair of his Saxons Bajocasses, fashionable Britons, it gave them clothes like those worn by the Bretons, wide, pleated breeches, jackets hanging and overlapping, and sent well-armed to the Guérec'h. If the memory is Frédégonde tainted by this betrayal hard to believe it that French historians have assumed that Britons, left to themselves, could not, without studded, combat troops with advantage Gontran, and apparently it was more glorious to be defeated by the Saxons only by Bretons.

Ébracaire, separated from his colleague, walked with his division directly on valves and the enemy had not shown anywhere, when Beppolène priest stood before him and said: "If you want to follow me, I will lead you to "Guérec'h, and you will see the camp of the Britons. " Beppolène now was locked between the two rivers. Guérec'h had left the siege of Nantes, and returning to the great days of his steps, he had crossed a ford that knew, he was advantageously posted, and had left the swamp to his opponent. Beppolène lives in the camp because of the Britons; but his position was so difficult that he could not make use of his cavalry. He defended himself with a courage worthy of a better cause. For three days, both parties undertook vice versa. The French were Finally, when tightened, they could deploy their ranks, and they perished from hunger and thirst, escaped this misery only to fall under the sword of their enemies. The third day Beppolène, already wounded by a spear, fought personally against Guérec'h, and died. When his death became known, its soldiers fled in all directions: some perished in the marshes, others pass rivers, and Guérec'h made many prisoners.

Ebracaire, seeing the prince engaged with Beppolène, went his way, without worrying about fate of his colleague, and appeared before the town of Valves, including the bishop, named Regalis came to meet him, preceded and followed by the cross his clerks in grand procession. Regalis wanted probably save the people of Vannes the horrors of pillage, but it is impossible to explain the reasons for the speech he held French General, on behalf of the clergy and the people. "We never missed him he said, the loyalty we owe to kings, our lords, and we did not up against the good of their service, but we are left in captivity Britons, who do not allow us to do what we like. "The Regalis occupies only a moment on the Episcopal which he considered himself a captive.

Ebracaire soon realize that had rashly advanced. There was paid contributions of war, received presents beautiful, and threatened by the army of Guérec'h, approaching, he hastened to board Vilaine. operation was interrupted by a sharp attack by the troops of Brittany, which threw a party in the French river. The columns had reached through, pressed their march towards the city Angers, where they hoped to shelter a new attack, behind the bridge of the Mayenne, but a son of Guérec'h had forestalled; attacked without warning, they were defeats, stripped, and completely destroyed. The unfortunates who managed to escape, Ebracaire Viliacaire and accused their leaders, of having been corrupted by the presents of Bretons. Viliacaire be condemned himself, and did not appear again in court. Ebracaire, who wanted apologize, was deprived of all his property, which value distributed, as the price of blood, families who had the greatest losses in deplored.

It seems that the punishment of his generals was sufficient to calm the anger of Gontran. The garrison of Nantes, losing the hope of being rescued, went to the Count Doua h, and the inhabitants will welcome the son of the brave Conobert, which soon also became County Governor of Rennes. The young Clotaire fell dangerously ill at the time. Fredegund, his mother, losing for himself hope of recovery by the methods of doctors begged the count to Guérec'b release prisoners of the French army who were still in Britain, to obtain a recovery from the sky if desired. Guérec'hhésita, the haughty princess craignantque tricked him. But the Countess of Gates, whose heart was filled with bumanité, saved them and gave them each a candle, with enough money to go to church St. Martin of Tours. The valiant Guérec'h long maintained in peace and prosperity people on which he ruled. In Memory despair deeds, they gave to the portion of Britain that avaitsi well defended, the name Bro-Eree'h, land or Erec'h Guérec'h, name it kept until the present days. At that time died the king of useless Britain, Alain I.. Far from embracing the cause Counts who recognized his suzerainty, and descendaientcomme him Hoel the Great; far to intervene to stop the encroachments of the kings of France, far to order Counts of Gornouaille and Leon to meet those of Vannes and Nantes, in order to show a mass of forces, whose deployment had may be sufficient to prevent incursions the French, it seemed busy as restricting the ardor of the Britons, to retain princes who gave him asylum and could fear that the subjugation of their neighbors their territory might lead a war of conquest. He begged them to focus, for his personal guard, the troops who groaned their inaction, and burning to fly the defense of their common country. He gave great property to churches, and founded monasteries. But no remarkable event not belongs neither to his name, nor his power, and the king, as Hoel II, his father would not even rank in history, if, for recognition, the holy people whom he enriches the convents, had not filed his name in their archives. It is not surprising that foreign historians in the nation Breton have assumed that it was then governed by the counts.

The Kingdom of Donnonée based on Hoel Riwallo Murmaczon II, was no more pleased that one who had kept the name the kingdom of Britain. Riwallo had cultivated Clotaire's friendship, and ran for his alliance, and he maintained until his death in his peace states. Deroc'h his son succeeded him, and he had some difficulty in maintaining the integrity of its territory, as he fought the counts of Leon and was replaced on the throne by Ryathan which reign was short, and left the reins of State Iona to Prince, his son. Iona died in Conamor strokes, Count de Leon, who Rer-Ahes lived in ", and resumed the Conamor portion of the principality that the Frisians had abducted from his ancestors, and had Kiwallo appropriate, he soon added other townships of the kingdom of Donnonée that death Iona left without a leader-age rule. Judhaèl son of Iona, still too young to compete with an opponent as formidable, fled to the court of Childebert, who received but did not give him any help useful.

The policy of the French monarch tended Britain to get on the rights he was impossible to ignore in the sequel. It knew what was hated Conamor of his subjects, because of its injustice and its cruelty, but he was careful to provide Judhaèl the means to form a party, which would become dangerous to himself at the time where he wished to accomplish his purposes. It Judhaèl declared guardian and at the same time Conamor he confessed all his actions. The Legends relate that the Count de Leon horrendous crimes. " He had married several women, who all died in the first months of their marriage, and was assured that he had murdered. Triphine, daughter of Guérec'h, Count of Vannes, was a princess a perfect beauty. Conamor went to Valves, admired the charms of the beautiful Triphine, became madly in love, and asked his father, who thought it prudent to renew. But Conamor, whose passion increased by the refusal even begged Saint Gildas, who preached the Catholic faith while in Britain, to intercede with Guérec'h for it. The Holy Father, in the desire to maintain peace between the two princes, and to maintain a little peace to the peoples, yet tired of wars past, accepted the embassy, ​​was honorably received the Earl of Valves, and gave such good reasons, queGuérec'h granted his Filleau Count Conamcr, under the condition that the abbot would undertake personally to visit his father in the If the princess would have to complain about his husband. Gildas promised, and the marriage takes place Vannes, magnificently. The Countess of Leo followed her husband to his estate, where she found himself surrounded with care and respect. After few months of marriage, recognized Triphine she was pregnant, and it was precisely when all women Conamor had successively passed. She wanted to remove in Vannes, to do its layers, and, fear of not obtaining permission, she left the castle, with little result. But her husband, furious at this clandestine depArthure, is hastened to continue, reached almost a small wood, and, closing his ear touching supplications and eyes to her charms, he struck a large sword. This done, he went back to his castle.

A few hours later, crying on the Guérec'h body of his daughter. Gildas consoled, and his ardent prayers of the sky obtained the return of princess to life. Triphine in excess gratitude, vowed to never give up Gildas. "No, Ford said the count" rec'h; unseemly would it take to see a girl a monk, but after your layers, I devote to God in a monastery of virgins. " Countess Triphine had a son, who was raised by Father Gildas, and the Breton church honors as the saint or Tremeur Trier. The Count of Vannes was present at St Gildas the beautiful monastery island Druis.

According to this line of Conamor, one can easily conceive the idea that the people of Leon and Tréguier had made of this tyrant. The bishops met in a secluded mountain of Menez-Bre, because they had not dared to assemble in any city, and they excommunicated him. Is still shown today in the common Pedernec'h, the castle ruins Conamor of ar Miliguet, Conamor cursed: he believes in the vicinity, that poisonous herbs, plants lose their healthy under beneficent herds, so eager Shadow and pastures, away from it despite the call of the shepherd, whose dog is there to hear that mournful howl, and the wagon of death, carrikel ancou year, it shows twice a year, in its terrible camera. The laborers in the neighborhood are aware of its presence by the screech of wheels, and its appearance is always a bad omen for one who sees it.

The excommunication of Conamor did not prevent not want to give the prince bishops and Church dignitaries, benefits and jobs that became vacant, but the clergy refused to receive the nomination of his hands and retreated impétrans in this Indeed, the front Childebert, who received Judhaël as guardian, and hastened to satisfy them. It was the foundation, it granting privileges to the churches, and delivered of schedules to put them in possession. 'It came in, spoke later that the King of France, having made a concession of land, which depended in any of his crown, the kings Brittany broke her illegal acts, confirmed the donations for themselves, and did wipe all titles that of Childebert.

The British Isles was then in the most miserable condition. The name of England had finally prevailed, and emigration Christian families brought successively in the Armorican peninsula, the first and plussaints characters of the island. Such were St. Samson, St. Tugdual close parent-Riwallo Murmaezon St. Tenenan, engaged to the Countess of Arundel, St. Effiam, Prince hybernois, St. Paul or Pauline St. Meen, St Brieuc, St Malo or Maclovie. Most were from the blood of kings and the clergy Breton was so touched with their highest virtues, that all their episcopal sees were immediately available. As their dioceses were part of the kingdom of Donnonée where they landed, they depended necessarily Conamor, which was put possession of temporal properties. Samson, Archbishop of Eborac (York "), was too wise not to start by getting investigate the real power of princes, their generation and their rights to real thrones they occupied, for he was called to use them almost daily to him counted. An old Breton, with a white beard, said, sighing, the holy archbishop, "O Reverend father, the country where the sky send you, is good and fertile, but is afflicted with sorrow and great tribulation. We Prince had a fairly fit to rule, named Iona, to whom, property law, returned the principality of our land, but he high a felon, crafty and malicious tyrant Conamor appointed, who, by abominable u crime, killing the innocent, and was not ashamed to capture castles. Judhaël, son Iona, a child, to avoid the fate his father, fled almost Royde France; it is at least nourished at the table of a king. You see, then, Reverend Father, that we are oppressed by an abusive master, and that the earth is suffering from so cstrange Governor. "

Instructed by the old man of the situation of things and the general spirit of the people who lamented and cursed Judhaël Conamor, Samson first took the resolution to refuse obedience to the tyrant, and in this he was followed by all the clergy, then he went to the court of France, where he hoped to bring Judhaël to to oppose Conamor. The claim Archbishop upset plans Childebert, and this monarch, wanting to make his determination in another era, hired Samson spend some time at his court. The saint consented, and employed his leisure in hunting devils, who had put in the body principal officers of the house of Childebert.

Queen Ultrogothe fell in love with a tender concern for the beautiful Judhaël, and the dictates of policy Childebert, came, without his knowledge, the will secret of the princess. The enemies of that Queen accused her of trying to get rid of monitoring of Samson, by a crime. A day she presented him with a poison butler, another time, his grand equerry, responsible for inviting his part, Archbishop, he brought a beautiful horse, but indomitable; Finally, when passing near the menagerie Royal, she opened the cage of a lion terrible. These attacks were unsuccessful and the vessel which contained the poison broke, the spirited horse showed all the softness of a lamb, and the hungry lion fell dead at the foot of the prelate. Critics of the Queen Ultrogothe still report that the princess, the most great magician of his time, attending celebrating the divine office as Samson, conducted himself with so little decency, she attracted reprimands from the archbishop; and, hearing a terrible disease, she died a few days later, in suffering intolerable. It seems that in this respect the least Ultvogothe was slandered, his magic was that the love she inspired in Judhacl, and she shared, blushing its weakness. The prelate gave him wise counsel, and his entreaties, the sanctity of his character, the authority he had acquired on the most prejudiced minds, obtained Finally, freedom of Judhaël. Samson brought him back in Britain, advised, instructed, hid in a monastery, while he prepared his supporters, and that is arming all sides for his cause. Finally the prince was surrounded a large number of brave knights and Conamor marched with the intention of recovering his inheritance or perish. Conamor had gathered an army, and the pretenders were soon involved. Two fights led to no result, but at third, Sam raised his hands to heaven, as old Moses, God help him justice, and Conamor was defeated. He fled the battlefield, but the curse of the bishops followed him to his retreat. Burned with fever ardent, he found no relief in the woods or near the fountains, and he died of pain and despair on Mount Rumba.

Judhaël recovered the kingdom of Donnonée, the territory of Saint-Brieuc, that of Treguier Leon County, and he added some County of Cornwall, which had belonged Conamor to. " He ruled his people with wisdom, and left a son named Judicaël, his apostolic virtues have the rank of good kings and saints.

In these times of ignorance and credulity, the events took the simplest one wonderful color, which was nowhere as widespread, nor as remarkable in Britain. Report the facts naked as the product of nature, stripping man of his favorite clothing, and gives a character to its forms. I can not bring myself to remove these traces curious the primitive genius of the Breton nation, and I recount the miracles which announced the Judicaël birth, when God wanted the give the land.

Judhaël, driven by his zeal in a hunting party, and separated from his suite, went claim hospitality at the mansion of a lord lord named Ausoc'h. This was Ausoc'h of royal blood, and his land was called Landili. Judhaël, welcomed all the respect deserved his rank, was served at dinner, by the Pritelli young, only daughter of the lord Ausoc'h. The charms of Pritelli touched the heart of Judhaël, which happened the night a extraordinary dream. It seemed he was seated on a throne of ivory, on top of a steep mountain and a difficult first. Before him stood a column of a wonderful grandeur, the base came from earth, and whose capital was lost in the sky, form of branches. The first half of the column was of polished steel, and shone with such a brightness, we could hardly watch it. All round were suspended. helms, hauberks, swords, swords, spears, well soaked darts and shields. The second half, Celie who was in heaven, surrounded by a halo seemed angelic this part was gold, and adorned chalices, a monstrance, torches, stoles, gospels, covered censers of precious stones of thousands of lights that resembled more beautiful stars, added to their beauty. Near this column was the daughter of Ausoc'h, with inimitable grace. She spoke, and a lovely tone, she told Judhaël, she was predestined to custody of this column, but the time was came when she was restored to him. Judhaël to these words, awake, but it was in vain that The explanation of his vision. In his perplexity, he charged one of his servants which he knew the caution to go to Druis Peninsula, where St. Gildas had to build a monastery on land Count Guérec'h. There, under the debris of a Druidic temple, lived Lard Thaliessin, Onis son of exiled overseas, and, by miraculous divination, predicted happiness or misfortune of mankind. Thaliessin was more reliable, as Merlin had kindly return his tomb visible middle of the forest Brocéliande, and that two bards were engaged in long interviews. Since then, the valley which contained the tomb of Merlin had lost the name of Val-no-return, but had no word from the mouth of Thaliessin, and the rocks of the peninsula had forgotten the songs the bard once enjoyed in their entrust the sunrise.

The servant of any waiting Judhaël good result of his journey. He went, however, the plagesablonneuse which had Thaliessin fixed his residence. The bard saw, and without give him time to explain himself, he exclaimed: "Judhaël marry the daughter of Ausoc'h! A son born of this marriage, to be happier and better than his father, not only on the earth, but heavenly kingdom year, and to valiant offspring come out of that serontRois, Counts royal priests and serving the Lord; the son has a beginning secular it los conquer and name among the knights, and then fight for heaven, in sackcloth and at the foot of the altar. "nen heard more the messenger Thaliessin disappeared between the huge stones Cromlec'h.

Bard's words were so favorable the sentiments of Judhaël secrets, the king of Donnonée did not hesitate to make known his love to the charming Pritelli, he learned with joy that she shared her love, and asked the hand of the maiden to her parents. Judhaël Pritelli and received the blessing Bridal and soon the queen conceived a son; who read Gnesdoii baptized by the bishop, and appointed Judicaël. Pritelli gave birth to a still large number of princes, among them Eumaël distinguished saint, saint Indganoc, implored by the inhabitants of Vimeu in Picardy, where his body was buried, or holy Guennoc Vinoc; Saint Josse, Saint Guemmaël, God struck with leprosy, and many others, such that Doethuval, Vorhaël, Larghaël, Indhumored, Haëlon. The princesses, too virtuous, pious as their brothers, are known under the names of Eurelis holy, holy Onesme, Guen, Breda, Cléor and Prust.

Hoel III, son of Alain I, occupied the throne in Britain since the death of his father. The talents of this prince recalled the heyday of Hoel the Great. He knew how to enforce Counts of Vannes, and Nantes in Cornwall, and not misunderstood point Judhaël suzerainty. Hoel fixed his stay in Rennes, and lived soon covered with an authority that had had neither his father nor his grandfather.

The King of France, Gontran, who held his court in Orleans, died, leaving the throne Childebert to his nephew. It claimed, Ason advent recover the cities of Rennes and Nantes, and he began by attacking Nantes, with a large army. Count Doualc'h, which still existed, called the King Hoel to its aid. Hoel called Count Valves, Conao, replacing dignity Guérec'h his father, Prince Judhaëi, which He gave no other title than that of the Duke of Donnonée; the counties of Cornwall and Leon, and other great vassals of Britain. On all sides, we went to him. Hoel was notice of the route that took the French: it stood in the forest of goats, three leagues Rennes, the left and enter the Kingdom, between Vitre and Fougeres. They advanced without precaution, and came for the Britons, who were waiting at a halt, protected by the forest, the stream of NoireOnde, between two hills. The French crossed the moors of Rennes, glass, when Britons saw them. They came out of the woods that hid them, began in order, and began to charge the enemy, in a place that is now called the Field of the assault. The French were more, they attacked right in front; and, supported by their cavalry, which took Bretons in flank, they frightened the forefront of Brittany, and even rejected hills, where were the bags, but the corps received the fugitives managed to the rally, and the Britons, facing their turn, welcomed the enemies so that they forced them to retreat, then divided the partially wrapped, and made a great slaughter. After a long battle, the French army was completely defeated. A Priory ^ built on the battlefield, a long marked the spot where both died brave: we discover even a multitude of tombs, and often puts the cart in the open helmets, swords and human bones.

Hoel III reigned eighteen years, and nest did contested the title of king of Britain, not even Judhaël, who never received that of Duke of Donnonée. His son, Solomon II, succeeded him. The king went to a virtuous man; He founded and endowed the Abbey of St. Melaine, in the city of Rennes, and one, say historians, dared to attack, "because it usoit both, weapons, and prayers prayers, and God, who listened, prenoit himself the direction of its affairs. "

Two princes of England had been received, still young at the court of Solomon. They were named Edwin and Ceadwalla. Admitted to the intimacy of the British king, they acquired nearly his knowledge to the princes destined to reign. Ceadwalla converted to the Christian faith, but persisted in his Edwin idolatry. Sincere friendship seemed to unite them. But they were barely on the throne, as the ambitious Edwin wounded dearest interests Ceadwalla of the king of North Wales, and that terrible war broke out between the two monarchs. Ceadwalla, defeated by the Northumbrian, "fled to Ireland, where he tried, unsuccessfully, to return to his kingdom. A charming Spanish fixed near Edwin gave informed his master of all attempts to Ceadwalla, and the prince took in the moment necessary measures to oppose it.

Ceadwalla appealed to Solomon, and came to seek help and advice. He was accompanied a relative named O'Brien. Salomon received them with their magnificence and thought it to remonstrate about the lack of union British tribes, who seemed to take if weakly to their homeland, and who defended so bad. However, he promised not to give up. "I thank you, noble King," Ceadwalla said, "the relief you m'oc" troyes to recover my kingdom, as were once the kings thy fathers to mine. If my nation has not kept the dignity of its ancestors is that the best of us came to live in your area. Our Kings today are sacred, not for their justice and mercy, but the number their crimes, then they are killed Speakers developers, and others more cruel elected their place. The seculars, and even the people of God in Moustiers, and pastors Ames, have polluted the land of their vices, and foreign nations have exterminated in our fields. But God will allow citizens to be returned to their virtues and first honor. Toy etmoy, Solomon, we eûmes same ancestor, we both descend from Rhyno by Malcolm, whose daughter gave birth to Helen, from your birthplace Hoel father, who all his life, became afraid of France. On their behalf I get help frankly I t'ay requested. "

O'Brien was charged with passing in the British island, and capture or force or ruse, the enchanting Bretwalda "Edwin, he succeeded, and as soon as he heard the Ceadwalla, he went to his state, with an army of ten thousand men, entrusted to him by Salomoii. Penda, king of the Mercians, joined her Armed with those of the king of North Wales. They crossed the Yorkshire, and met Edwin between the Don and Torre, in a field NSName Hatfiekî. The Bretwalda perished with the most many of its defenders. Osfrid, son Edwin, shared the fate of his father.

Oswald, who became Bretwalda after death Edwin, continued his victorious and succeeded Ceadwalla to kill. Penda is reserved for revenge one day.

Judicaël reigned in Donnonée. This prince had received the best education we could give at that time. He was strong, of great stature, cunning in all exercises body, his face was pleasant, the look welcoming the sweetest talk, and he knew the Lord's Prayer and the Apostles' Creed.

No sooner had he Judicaël seized the reins of the state, that the King of France declared war. The causes are not well known. It is claimed that Judicaël had sent relief to Gascony and Aquitaine revolted against Dagobert is said again, and this story is more probable that the French and Bretons border began to themselves hostilities on the ground that certain orders, emanating from Dagobert, hindered the a trade of both nations. A fearful famine decimated then France, and it is not found in fields and on roads that of the poor starved and deprived of burial. Brittany, on the contrary, abundant in wheat and foodstuffs of all kinds, and this country had attracted all the traffic from France, and even other foreign countries, because of the superiority of the title of his gold coins and money, we were looking carefully. The princes, moreover, had given to commcrçans franchises and freedoms they opened all ports of the coast of Britain. Dagobert was imprudent to raise an edict by the value of its currency at the rate the currencies of Britain, without improving the title. He pronounced severe penalties against those who favor the entry or movement in his dominions, of gold and silver of Armorican peninsula, and he defended his subjects to bargain or trade with lesBretons. At the onset of these edicts, great murmurs arose in France, and several merchants malcontents came to settle in Donnonée under Judicaël protection. Dagobert, irritated, made invite the prince to send back the French refugees and to remind his subjects, in the absence of what it would look like the enemy, giving asylum to the rebels. Judicaël, injured while pride that existed in the missives of Dagobert, said he was surprised that being strong King himself, and not acknowledging in any way suzerainty of the King of France, the prince himself speak with such a presumption, he had a power that God can maintain as many titles as Dagobert, and equal precedence over the earth, and that as long as and that he would live with arms in hand, he would not submit to other sovereign than the king from heaven as the rest, he used in his country of its rights as he pleased, and thought he had to account to anyone, save for God, he was responsible for protecting and maintaining backup in all men who came in statements in some of the world they were born, he urged the king of France to get rid of the fantasy of him law, and that, if attacked, he would be defend its country and outside.

Dagobert, who thought a deal only Prince of little consideration, was greatly strange that a king of Britain is secondary would permit to be right against him. He sent its borders some troops, who ravaged plundered the countryside and open cities. Judicaël. forced to take up arms, did fall upon the foragers, and that achieved, the loads and forces to flee advanced spur, the booty they had etd'abandonner together. Then, having increased his army, etreçu assistants sent to him by Solomon he entered and went up to Maine gates of Le Mans. Dagobert gave several thousands of French Count Guy de Chartres, which was followed by a large number of knights. They joined their opponents from Le Mans and Laval. Part of the Britons had hidden in a hollow formed by a ravine. The rest of the army marched in front of the French on top of the hill, and while fighting vigorously, began to attract the battalions enemies to the point where the ambush was ready. At the signal, the Britons broke their ranks, and the French were eager to use the advantage they believed have obtained, but Budic, Earl of Cornwall, who led three thousand foot, suddenly came a little wood where he had placed, received the good friends whose retirement gave so much hope to the French, and all together the fight began again, and made head to the enemy. The struggle was long, and died on both sides of many generous knights. But the Earl of Cornwall Seeing his men hurry, threw himself thick of the fight with a few horsemen, and so drove the French, he forced them retreat. In the midst of the conflict, the Henri Pont-l'Abbe, Breton lord, attached to the enemy general, Guy Count of Chartres, who great courage supported her own, the exhorted and taught them to fight well. Henry had defied a noble adversary, provides his run up to him and struck him on the helmet with an ax, which made him stagger, but the ax had fallen, the count Chartres, without dismounting, seized the assailant to the body, and both rolled to ground, struggling. The battle became terrible about these valiant champions. The Brittany shook so much that it was impossible the French to begin, and Baron Pont-l'Abbe having finally seized the Count of Chartres with its nose ', and having forced to shout thank you, the Britons began to sing victory. The French, surprised at first hesitated, and then moved off their knuckles cloudy and fled. Judicaël, arriving with troops fresh, started in pursuit and made a considerable number of prisoners. The sire of Pont-l'Abbe handed him the Count of Chartres, then he sent the captain, under good and safe custody, Rennes, near Solomon, pending payment of his ransom.

After this signal victory, Judicaël appealed to the security of its borders and brought his troops in Britain. Dagobert, at that time had put an end to all his quarrels with the cadets. This prince was surrounded by men pious sentiments which inspired him peaceful. He learned that he himself was Judicaël very religious, and, tired of delays and lengthy discussions that will follow Embassies ordinary, he thought to send Donnonée the king of the Bishop of Noyon, Eligius, that the Church honors the name of St. Eloi, Dagobert and knew enough to insinuating come in a short time in the privacy of Judicaël and get to know his true s intentions. Eloi left the court of Dagobert and appeared to that of Judicaël where without affecting no haughty language, but with all the unction that characterized his speeches, he spoke of Peace monarch Breton, and by imploring the commandments of God, he arranged to reconciliation. Judicaël took the highest opinion of St. Eloi, and it went so well in the heart of the prince, that no request even more strange to him had been refused. Eloi managed to inspire the desire to go at the court of Dagobert, and for determining most surely, that had never made political considerations, he promised the communication of learned and holy people who enlighten his mind and would support its faith. Judicaël went with an army and a train Royal Ambassador and led to a Creil, where waiting Dagobert. The reception was the more beautiful. A splendid apartment Judicaël was prepared for, and the two kings had not talked all day, they found in agreement. From both sides, in Indeed, no city had been taken, no province lost or misused. In the past they disliked, they put him into oblivion, and we promised an indissoluble friendship. There was no question submission, or honor, or anything that it resembled, or depends on it, and the Treaty peace, prepared beforehand, was ratified without any contradiction.

One is able to paint the manners of time. When everything was settled, Uagobert Judicaël invited to a sumptuous meal he had had prepared, but the good king thanked Breton. He left the palace, and went supper Dadon in the referendum, which Bishop Eligius he was portrayed as a wise man holy conversation and I, he wanted to communicate his thoughts and feeding of his doctrine. Dadon, better known by the name of St. Ouen, became soon after, Archbishop Rouen, and was later canonized. Dagobertne s' not surprised of the choice of Judicaël. The next day the king took leave of Donnonée King of France, they exchanged presents of great price, and parted with public demonstrations of esteem and friendship.

Judicaël now lived in peace with its neighbors, and made his subjects happy. His inclinations were towards the spiritual life. It honored the church, consoling the afflicted, gave to the poor, housed pilgrims, protected the widows was the father of the last people, the support of the poor, and \ e / 'ractear the proud'. He built monasteries, repair those who fell into ruin, and abstained for seven years, to drink wine. His butler was only in secret, but he had given his word not to speak.

One day when returning from a house Judicaël Pleasure located in the forest of Montfort he had a vision, we must not pass ignored because it served as a basis for SaintSiège to canonize this good king. He had to pass a church where many people was kneeling. The people of Judicaël continued on their way, and went to a ford Trolley in the River Meu near the castle. The king had stopped for a moment pray, and when he came to the entrance of the ford, he saw that most of his suite had crossed. On the banks of the river stood a poor leper, who, in a hoarse voice, asked earnestly to be allowed the pass, but everyone in the king pushed back saient and away from it with horror and abomination, for it is no disease more terrible than leprosy. Judicaël held his horse, and remained behind on the shore, as if wished to mention the people who were with him, then they raised the lepers behind him, and put it on the other side. Just the poor sickly, had he touched the foot land, he became resplendent with light, and our Lord Jesus Christ manifested, telling Judicaël: "For what you "Me no desprisé earth, you will be there ex" hate, and, later, will be in paradise. " And when he had finished, he ascended into heaven, surrounded by priceless clarity.

After a long reign, his shaved Judicaël hair and beard, and, leaving the century worldly honors, he resolved, down from the throne, and buried in the dark of a cloister. But it was necessary taking care of the government, and offered the crown to his brother Judoca second Judhaël's son, who bore the title of Juveigneur of Britain. Jiuloc asked eight days to review the proposal. The Holy Ghost, who counseled, gave him the idea of associated with the pilgrims, and leave secret court. He went in the county of Ponthieu, where the Duke received him honorably Aymon. He became a priest and hermit, and he built a monastery, where, after his death, was long cited as the Saint Josse. Its brother, St. Vinoc, went to find and share his apostolic labors.

The leak Judoca disturbed measures Judicaël, but did not change his plans. He adopted his brother's contempt for worldly greatness, and gave himself entirely to penance in the monastery of Gael. It does stands out by its religious humility, and he was buried under the gate the church, next to St Meen, his first Abbot.

Solomon reigned again in Rennes at the time the death of Judicaël with which ends the race of Riwallo Murmaczon. That of Conan collected, without shock, without any opposition, general sovereignty of Brittany, and Donnonée kingdom disappeared for ever. Six princes had ruled in succession.

Solomon II, King of Britain, soon himself to pay tribute to nature. Alain II nicknamed Long, occupied the throne after him. It was during the reign of this prince that Bretwalda Anglo-Saxon Britain, achevèrent expulsion or destruction of Brittany races of that island. Famine and plague laid waste the country, and most families who escaped these evils combined, abandoned their homeland. fled in Gaul.

Ceadwallader, the chroniclers call Cadvaladrus, came, like its predecessors, seek relief in Brittany. He was accompanied by many bâlimens, on which a lot of unhappy hit crowded air groans in singing psalms, with religious trying to console them. Ct; was in this device they landed at Guy Aleth '. The Britons acquitted generously to them the duties of hospitality.

After ten years of living in Armorica, Ceadwallader, learning that his former subjects regained strength, and they wanted her presence, asked the king Alain vessels. He obtained a considerable fleet. But while that the preparation, announced Ceadwallader an angelic voice that was heard during the night, he was ordered to withdraw his business. God wanted the race Brittany ceased to rule the island until the time predicted by Merlin in fatal Arthur great, had passed. The voice also recommended to go to Rome, of Pope Sergius, and to devote his life to penance.

When Ceadwallader had told the monarch that strange vision Breton, Alain gathered the bishops and elders of his kingdom, and after making their exhibit, in all its details, the story of Prince expatriate, he ordered them to search in all ancient writings, which événemciis had prophesied the Sybille Sene and the bard Merlin. The sentences that sages reported, found themselves completely consistent with the revelation to Ceadwallader, and without any difference '. Alain therefore urged to obey the voice of providence. Some Britons accused only Ceadwallader of cowardice, and, under the leadership his son and Inis, his nephew, they passed the island that had ceased to bear the name of Britain. After several battles, they withdrew to the territory of Cymri, where their descendants were long honored as as Pendragons of Wales, in the words Merlin.

The gifts of kings, lords, and of the people, to the churches and the clergy, had accumulated wealth that the use not always wisely settled. A few mutually attracted not blameless characters probably the public esteem and consideration; but in general the customs of the church were irregular, they showed little disinterestedness, and observed no discipline. The disorder became so great that it took a Council to remedy, and this council, chaired by the Archbishop of Reims, Nivard, is meets in the city of Nantes, the first Alain years of the reign of the Long . Guns regulations of this council forbade the priests any cohabitation with women and ordered them to return those who remained in their homes as domestic servants, or that it was a liter, they not even made an exception for mothers or sisters. They proscribed misuse of burying people in churches, and make payments for recite the prayers for the dead. They blamed strong spirit of greed that caused priests to serve several churches at once, and, what was even more detestable, to request or to ask for these benefits to patrons. An article in the canons prescribed share the tithes and offerings into four portions, one for the factory of the church, seconds for the poor, the third for priests and clerics, for the fourth Bishop. Note again, among the canons of internal discipline, order and distribute eulogies, or blessed bread, people who were not able to communicate, and the demettreen pénitencelesgrandspécheurs, are: adultery, for seven years, the fornicators, for three years, homicide volunteers, for fourteen years, and manslaughter, for five years.

After the death of Alain-le-Long, Brittany fell to the lot of a few powerful nobles, who grew tired of obeying the ghosts of kings, as did the mayors in France the palace and declared themselves incîépendans. Most of these princes descended from the breed of Conan, from that of other Judicaël. They were the counts of Nantes, Vannes, Leon, Cornwall. Some took the title of King, but none meets Britain right under his authority. We know who distinguished themselves through personal achievements or who resisted with more perseverance to attack the French, under the names of Daniel Drem-ruz or Face-red, Budic of John Reith, the Vuna of Grallon-Flam. Ecclesiastical archives of the County of Cornwall decorate the name of kings, but they do their generally attributed as unworthy actions belief. If they have done something significant, but fell into oblivion. The writers have confused the reigns, have swapped dates, and have reported that confused traditions that try in vain to unravel. The only truth that comes out of their contradictory accounts is that the people were overcome with misery.

France, incomparably stronger that Britain, for its size and population, did not enjoy more prosperity. Its Kings were just shy children who obeyed the mayors of the palace, and soon the French, tired of a race of beings without energy, unnecessary burden on the throne, "thought proper to change the order of succession, tonsurèrent Hilderic monk in the lineage of derrain Clovis and then was Prince Pippin, the election of said Francis and apostolic authority, and devoted Oingt King of France, for St. Boniface, bishop of Magunce, the year of our Lord seven to one hundred and fifty. "

Pépin was promptly informed of the discord that prevailed among the Bretons, he hastened to enjoy it and captured the cities of Nantes, Rennes, Dol and St. Malo. Counts that the government overseer of his conquests overwhelmed the people of oppression. Partial revolts were the result, and Pepin ran himself to appease them with a army penetrated to Vannes.

The son of Pepin, Charlemagne, the Britons sent to demand the payment of tribute his father had imposed. Britons refused; and Count Astolphe, Grand Master the house of the emperor, and the seneschal Marches de Bretagne, continued their princes into the forests and on top of rocks, seized several castles and fortresses, took hostages, and hastened to the introduced to Charles who was then a diet General Worries.

Britons recognize how they were sometimes disastrous civil dissensions. They rallied each other, not to swear allegiance to the emperor, but to rescue and defend each other, even if he sent his Dukes in their country. Fourteen years passed, during which they lived in peace and not paid any tax at France, while Charlemagne was fighting Hérigius, Duke deBénévent, Tassilo, Duke of Bavaria, the Abares, the Saxons and the Lombards. But if animosities, if specific ambitions were given a moment in the public interest, they resumed their course, most furious than ever, and Count Guy, governor of Steps, went back into Britain to submit the inhabitants revolted. This is incorrectly that the pattern is assigned to this war refusal to settle the tribute made by Bretons. They had never attained such conditions. It is impossible to find cause more real than the desolation of that unfortunate nation, the destruction of its leaders, the division of its people, private drivers, and ambition of Charlemagne, who skillfully took advantage of the discord that knew foment its agents, to attach to statements this beautiful western province. The principal lords at war against each other, then looked so fierce, that said they were instead given to the Saracens, to increase their party personnel, but to unite against the common enemy. The Duke and Count Guy Astolphe not met further obstacles to their progress as indomitable love of the people for freedom, generosity and courage of a few nobles who had not been the law of the victor, and preferred death to tyranny. freedom, always unhappy and fed in the divisions, often degenerated into a rage and indiscreet to no avail. But in a reduced need for the Britons were, they did not forget what it was worth, and as soon as glimmer of hope shone in their eyes, they were within their lower and began again their defense with more energy than ever '. Charlemagne, as historians have painted if wise and just, only uses these properties for enslave the people on whom nature, heredity, the treaties themselves, only had conferred no rights. Such is the use of absolute princes, their will, their caprice, ambition, are their fairness, their titles, their conscience. However, the Britons finally conceived as their weakness was the result of their division. Cliarlemagne seemed to ignore the excesses of his lieutenants, or at least he pretended not consider them as a punishment that Divine justice exercised against rebels and perjury. Large met and chose a chief called Arastang, who took the title of king. His early fights were unfavorable to him, but the Emperor proposed conditions peace he hastened to accept, and the British prince followed Charlemagne, with eight thousand men, against the Saracens who were threatening to invade the south of France. Hoel, Count of Nantes, it took two thousand soldiers. Their exploits were so beautiful, so numerous, so chivalrous, says Archbishop Turpin, they are sang beautiful songs throughout. Both Charlemagne had heroes who donate born in Navarre and Biscay, perished Ronc% worth with Roland, Oliver, and the flower of French chivalry.

The Earl of Cornwall, Grallon-Flam, also took the title of king. He was descended from Daniel Drem-ruz. Charlemagne sent him three Messengers, Médard, Philibert and Florent, most holy men, who prayed "in honor of "The Trinity, Christianity and baptism," to come help him avenge the disgrace of the French, their misery and captivity. They offered him back fourteen cities, the number of those the French occupied by Britain in command of the emperor. Grallon promised, but the death of Charlemagne was soon the release of his word.

Under Louis-ie-Pious, the general opinion of the nation Breton appointed as worthy of governing, Morvan, Count de Leon, from the race that name. He was elected, crowned king, Britain and the breath. The talents of Morvan were worthy of high expectations he had designed. Louis the Pious Witchar Father sent him, under the title of ambassador, urging him to recognize the suzerainty, MorYan replied that he did point represent the areas of the emperor that was asking for no government of the French, and he would not give the Britons; it was also no tribute to the France, and that he would defend itself if the king Louis declared war.

Louis the Pious himself marched to the head of his troops he ordered to mainbasse on everything they encounter, and spare the churches and convents.

The two armies met near Brisiac the drill. The French, uncertain the position of enemies, advancing with caution. One night, while they were encamped, Morvan would be considered by himself how he could surprise the French army, but he was seen and killed by Advanced guards. The death of their leader dismayed the Britons, who separated and returned to their homes. It became impossible to defend themselves. Louis went to Vannes. He assembled some barons, and clergy always ready to receive the law of the winner. There, he ordered what he wanted, without finding opponent, but as he was still most religious man of war, he made great advantages for the Church. He was then in his camp on the river from her, Father Matmonoc, superior of the abbey of Landevenech. The shape of the tonsure of the Father, that of his garment, surprised the Emperor, who asked him what rule we followed in his monastery. The priest replied that his monks kept their customs and rites of the ancient British island, and especially of St. Wingaloc, Scottish founder of the abbey, under King Grallon. The King of France himself testified that he disapproved no such uses, and ordered him to adopt the rule of St. Benedict ". Father Malmonoc found nothing better to do than to obey a king who knew so well tonsure and clothes of monks. Since that time, became an abbey Landevenech Benedictine, and kept the same shape internal regulations and, after the orders of Louis the Debonair had been broken and destroyed by the Britons.

These important points arrested, Louis the Pious took the road of its states. Passing Redon, he admired the discipline and the rule followed by the monks, kissed him, and confirmed the donation of a large territory that they had Ratewills, one of petty tyrants that civil wars had generated.

Two princes, descendants of the ancient race Conan, then existing in Britain, they were called and Riwallo Noniénoé. They were brothers. Riwallo, the eldest, died, and left under the tutelage of Nomenoe, SaIomon called an heir, his uncle brought him up as his own son. Nomenoe had made great talents to war and in the council. He had been one of the most formidable opponents of the King de France, but in order to avoid greater pain in his country, he had submitted to the emperor, who had conferred the title of governor and chief justice of England. Must Nomenoe that in these high positions, not forget the blood that flowed in its veins, and he ruled as sovereign rather than as a delegate, but the Britons, to whom nothing could tear the sense of freedom, uncertain of his actual views, not not forgive him for having "accepted the command of the hands of a foreign prince, is met, and, by agreement, elected a new king, named Guy-O-Marc'h l, son Morvan or nephew, and Viscount of Léon. The loss of this king was soon decided. The lieutenant in charge of keeping markets of Britain went into weapons on land-Marc'h Guyo, they ravaged by iron and flame, and then they entered the properties major who elected him. Louis the Pious decided to come in person to order shipment. He waited for the fall, because of famine which desolated France, he entered Then in Britain, and took the city of Rennes, it burned. He divided his army into three parts, Tune gave the command of Charles, that of the second to Louis, his two son, and reserved the direction of the third. Forty days, these three divisions as in Britain all too imaginable. Britons found themselves reduced to despair, but their bid was only partial and momentary.

Louis the Pious retired rich with the spoils of some unfortunate, and dragging after him hostage. Guy-O-Marc'h and several representatives of the cities found themselves Breton states that the emperor held in Aix-la-Chapelle, and they were allowed to return their homes, but scarcely had they touched the homeland, they took up arms. Guyo-Marc'h did not stop fighting until the death of supporters of the Pious. It was given to his own castle by Count Lambert, Governor of the Marches of Brittany '.

NOMENOE (825 à 877 AD) LIVRE QUATRIÈME (not included)

Noniénoe se déclare roi de Bretagne. — Guerre contre Charles-le-Chauve. — Le comte Lambert. — Pirates normands. — Bataille de Bailon. — Nomc'noe' poursuit les e'vêques simoniaques. — Appel en cour de Rome. — Saint Convoyon. — Institution de nouveaux e'vêques. Couronnement de Nome'noe'. — Le Roi de Bretagne re'siste au cierge'. — Erispoe'. — Nouvelle incursion des Normands. — Assassinat d'Erispoé. — SalomonlII. — Querelles ecclésiastiques. — Complot d'évêques contre la vie de Salomon. — Assassinat, de Salomon III. — Fin de la royauté' en Bretagne.